{"id":236,"date":"2011-03-05T17:46:37","date_gmt":"2011-03-05T16:46:37","guid":{"rendered":"https:\/\/plouguerneau.net\/mgr-de-poulpiquet-de-brescanvel\/"},"modified":"2011-03-05T17:46:37","modified_gmt":"2011-03-05T16:46:37","slug":"mgr-de-poulpiquet-de-brescanvel","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/mgr-de-poulpiquet-de-brescanvel\/","title":{"rendered":"Mgr de Poulpiquet de Brescanvel"},"content":{"rendered":"<div align=justify>\n<a id=\"#hdp\"><\/a> <\/p>\n<div align=center><b><font color=#0000ff><font size=3>UN \u00c9V\u00caQUE BRETON <\/p>\n<p>JEAN\u2013MARIE-DOMINIQUE <br \/>\nDE POULPIQUET DE BRESCANVEL <br \/>\n\u00c9V\u00caQUE DE QUIMPER <\/p>\n<p>(1759 &#8211; 1840) <\/font><\/p>\n<p>Henri Perennes (1875-1951)<\/font><\/p>\n<p>Quimper, impr. Cornouaillaise \u2013 1932<\/b><\/p>\n<p>ARMOIRIES<BR><br \/>\nde Monseigneur de Poulpiquet de Brescanvel<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/personnages_poulpiquet_poulpiquetblason.jpg\"><br \/>\n<i><font size=1>R\u00e9f\u00e9rence : <a href=\"http:\/\/catholique-quimper.cef.fr\/\" target=blank>Dioc\u00e8se de Quimper et L\u00e9on<\/a><\/font><\/i><\/p>\n<p><i>A Monsieur Charles de Poulpiquet de Brescanvel,<br \/>\nrespectueux hommage de l&rsquo;auteur.<\/i><\/div>\n<p><b>Sommaire <i>interactif<\/i> :<\/b><br \/>\n<a href=\"#1\">Chapitre I &#8211; La Naissance. Les \u00c9tudes. Le Vicaire G\u00e9n\u00e9ral de L\u00e9on. Le Cur\u00e9 de Plouguerneau.<\/a><br \/>\n<a href=\"#2\">Chapitre II &#8211; La R\u00e9volution. L\u2019abb\u00e9 de Poulpiquet en Angleterre. Quiberon. Retour \u00e0 Plouguerneau.<\/a><br \/>\n<a href=\"#3\">Chapitre III &#8211; L\u2019abb\u00e9 de Poulpiquet Cur\u00e9 de Plouguerneau, puis Vicaire G\u00e9n\u00e9ral de Quimper. (1802- 1823)<\/a><br \/>\n<a href=\"#4\">Chapitre IV &#8211; L\u2019Ev\u00eaque de Quimper sous la Restauration. (1823-1830)<\/a><br \/>\n<a href=\"#5\">Chapitre V &#8211; L\u2019Ev\u00eaque de Quimper, sous la Monarchie de Juillet. (1830-1840)<\/a><br \/>\n<a href=\"#6\">Chapitre VI &#8211; La mort et les fun\u00e9railles.<\/a><br \/>\n<a href=\"#7\">Chapitre VII &#8211; L&rsquo;Oraison fun\u00e8bre.<\/a><\/p>\n<p><\/p>\n<p><b><font color=#0000ff><a id=\"#1\">CHAPITRE I<\/a><\/p>\n<p>La Naissance. Les \u00c9tudes. Le Vicaire G\u00e9n\u00e9ral de L\u00e9on. Le Cur\u00e9 de Plouguerneau.<\/b><\/font><\/p>\n<p>Jean-Marie-Dominique de Poulpiquet vit le jour au ch\u00e2teau de Lesmel, en Plouguerneau (Finist\u00e8re), le 4 Ao\u00fbt 1759. Ce manoir existe encore, cach\u00e9 au sein des bois, si rares en cette r\u00e9gion aride et battue par les vents du large ; il se trouve sur l&rsquo;estuaire de l&rsquo;Aber-Wrach, \u00e0 deux kilom\u00e8tres et demi au Sud-Ouest du bourg. <\/p>\n<div align=center><img decoding=\"async\" src=\"IMG\/jpg\/brescanvel.jpg\" alt=\"brescanvel.jpg\" \/><\/div>\n<p>L&rsquo;enfant naquit de l&rsquo;union de messire Louis Raymond de Poulpiquet et de Marie-Perrine-C\u00e9cile Denys, seigneur et dame de Brescanvel, Lesmel et autres lieux. N\u00e9 lui-m\u00eame \u00e0 Plouguerneau, le 24 Novembre 1723, son p\u00e8re avait \u00e9pous\u00e9, le 28 Mai 1755, Marie Denys, fille de messire Joseph-Michel Denys, chevalier seigneur de Lesmel, et de Marie-Jeanne de Kerven de Kersulec. Il fut conseiller au Parlement de Bretagne, de Janvier 1772 \u00e0 1789. Arr\u00eat\u00e9 comme suspect \u00e0 Saint-Pol de L\u00e9on, incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 Morlaix, du 3 Novembre 1793 au 3 D\u00e9cembre 1794, il mourut \u00e0 Saint-Pol, le 9 Septembre 1810. Sa femme avait d\u00e9j\u00e0 disparu de ce monde avant le 3 Novembre 1793. <\/p>\n<p>Baptis\u00e9 par son oncle maternel, l&rsquo;abb\u00e9 de Lesmel, recteur de Plouguerneau, Jean-Marie-Dominique fut tenu sur les fonts du bapt\u00eame par messire Jean-Pierre-Marie Gilart de Keranflech et Marie-Marguerite Le Corre, dame de Kersulec. Avec le recteur, le p\u00e8re de l&rsquo;enfant, ses parrain et marraine, sign\u00e8rent au registre : Fran\u00e7ois-Michel et Claude-Fran\u00e7ois de Poulpiquet, &#8211; De Carn\u00e9-Tr\u00e9cesson, &#8211; A. G. Kervendel, &#8211; Jeanne de Kerven, &#8211; Marie-Renn\u00e9e Mayl. <\/p>\n<p>Jean-Marie-Dominique avait un fr\u00e8re, Claude-Marie-Nicolas, n\u00e9 le 5 D\u00e9cembre 1757. Deux autres fr\u00e8res devaient venir plus tard : Emilien-Marie-Claude, n\u00e9 le 9 Novembre 1770 et Jean-Baptiste-F\u00e9lix, n\u00e9 le 29 Ao\u00fbt 1774. <\/p>\n<p>L&rsquo;enfant commen\u00e7a ses \u00e9tudes dans la maison paternelle, sous la direction d&rsquo;un pr\u00e9cepteur, et entra, tr\u00e8s jeune encore, vers l&rsquo;\u00e2ge de neuf ans, au coll\u00e8ge de Saint-Pol de L\u00e9on. N\u00e9 avec un go\u00fbt particulier pour les \u00e9tudes s\u00e9rieuses, il comprit de bonne heure la n\u00e9cessit\u00e9 de s&rsquo;instruire et de bien employer son temps. Aussi, contre l&rsquo;ordinaire des enfants de son \u00e2ge, ne se permettait-il jamais aucun amusement enfantin, qu&rsquo;apr\u00e8s avoir fait les devoirs de sa classe et appris les le\u00e7ons de son professeur (*). <br \/>\n<i><font size=1>(* Sur le coll\u00e8ge de Saint-Pol, voir Abb\u00e9s Saluden et Kerbiriou : Jean P\u00e9ron et le Coll\u00e8ge de L\u00e9on, Brest, 1927, p.15 ss.)<\/i><\/font><\/p>\n<p>Pour remplir ses fonctions de conseiller au Parlement de Bretagne, son p\u00e8re alla habiter Rennes, vers 1772. Ce fut dans cette ville que le jeune de Poulpiquet fit ses humanit\u00e9s. Guy-Toussaint-JuIes Carron, n\u00e9 \u00e0 Rennes le 23 F\u00e9vrier 1760, et qui publiera plus tard <i>Les Confesseurs de la foi pendant la R\u00e9volution<\/i>, pr\u00e9ludait \u00e0 cette \u00e9poque dans la capitale de la Bretagne aux admirables \u0153uvres qui feront \u00e0 jamais b\u00e9nir sa m\u00e9moire  tant sur la terre de son exil, l&rsquo;Angleterre, qu&rsquo;en France, sa patrie (*). La pi\u00e9t\u00e9 peu commune du jeune de Poulpiquet sympathisa avec celle du jeune Carron. Ils se li\u00e8rent d&rsquo;une \u00e9troite amiti\u00e9, et on les vit souvent ensemble visiter les familles indigentes et les \u00e9l\u00e8ves les moins r\u00e9guliers, pour soulager et consoler les uns, et gagner les autres \u00e0 l&rsquo;amour de la vertu et de l&rsquo;\u00e9tude. <br \/>\n<i><font size=1>(* Abb\u00e9 Kerbiriou, Jean-Fran\u00e7ois de La Marche, \u00e9v\u00eaque comte de L\u00e9on (1729-1806), Paris, picard, 1924, p.445)<\/i><\/font><\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir termin\u00e9 avec succ\u00e8s sa Rh\u00e9torique, sa Philosophie et sa Physique \u00e0 Rennes, Jean-Marie-Dominique alla faire ses \u00e9tudes \u00e0 Paris, au S\u00e9minaire de Saint-Sulpice (*). Il passa sa \u00ab bacheli\u00e8re \u00bb avec distinction, et entra en Sorbonne, o\u00f9 il se trouva de la m\u00eame licence que les abb\u00e9s Fournier, mort \u00e9v\u00eaque de Montpellier, Nicolon de Gu\u00e9rines, mort \u00e9v\u00eaque de Nantes, Auger, vicaire g\u00e9n\u00e9ral de Paris vers 1840. Il se lia \u00e9galement avec l&rsquo;abb\u00e9 Pr\u00e9mord qui devint chanoine de Saint-Honor\u00e9, et mourut en Angleterre en 1837, puis avec l&rsquo;abb\u00e9 Le Pappe de Tr\u00e9vern, originaire de Morlaix, \u00e9v\u00eaque d&rsquo;Aire, puis de Strasbourg sous la Restauration et qui entretiendra avec lui un charmant commerce \u00e9pistolaire (**). Avec quel bonheur il s&rsquo;est rappel\u00e9, pendant sa longue carri\u00e8re, les ann\u00e9es qu&rsquo;il avait pass\u00e9es dans cette illustre maison ! Quelle haute estime il a toujours conserv\u00e9e pour les Aseline, les La Nergue, les Saint Martin !<br \/>\n<i><font size=1>(* Saluden et Kerbiriou, op.cit., p.21 ss.)<br \/>\n(** Pilven, Correspondance de M. Le Pappe de Tr\u00e9ven (1816-1839), Quimper, 1917.)<\/i><\/font><\/p>\n<p>Promu au sacerdoce en Septembre 1783, il \u00e9tait encore en licence lorsque Mgr de La Marche, \u00e9v\u00eaque de Saint-Pol de L\u00e9on, le nomma chanoine de sa cath\u00e9drale ; mais il ne prit possession de son canonicat qu&rsquo;\u00e0 la fin de sa licence. Le rang si honorable qu&rsquo;il avait obtenu d\u00e9termina son \u00e9v\u00eaque \u00e0 le prendre pour l&rsquo;un de ses grands vicaires. Comme vicaire g\u00e9n\u00e9ral, il fut, dit-il lui-m\u00eame. dans une lettre conserv\u00e9e aux Archives municipales de Plouguerneau, \u00ab charg\u00e9 de fort peu de chose \u00bb, car il \u00e9tait le plus jeune des auxiliaires de Mgr de La Marche, et l&rsquo;\u00e9v\u00eaque \u00ab faisait presque tout par lui m\u00eame \u00bb. Il accompagna son \u00e9v\u00eaque \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e provinciale de Tours en 1788, puis, au mois d&rsquo;Avril de cette m\u00eame ann\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du clerg\u00e9 \u00e0 Paris. Au cours de la deuxi\u00e8me s\u00e9ance, le 14 Mai, il fut nomm\u00e9 membre du Bureau pour la juridiction (*). <br \/>\n<i><font size=1>(* Kerbiriou, op.cit., p.89-91, 277, 283)<\/i><\/font><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 sa jeunesse et sa modestie, l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet se fit remarquer dans cette auguste et savante Assembl\u00e9e. <\/p>\n<p>Le cardinal de Boisgelin, alors archev\u00eaque d&rsquo;Aix, et sans contredit l&rsquo;une des grandes lumi\u00e8res du Clerg\u00e9 de France \u00e0 cette \u00e9poque, ayant \u00e9mis et soutenu un avis qui ne paraissait pas \u00e0 l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet avoir rigoureusement toutes les conditions de la plus compl\u00e8te exactitude, le jeune grand vicaire de L\u00e9on ne craignit pas de se lever contre, et de faire remarquer \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e ce qui lui paraissait de moins exact dans le sentiment de l&rsquo;illustre Archev\u00eaque. La justesse de ses observations fut reconnue par toute l&rsquo;Assembl\u00e9e et accueillie de la mani\u00e8re la plus flatteuse pour le jeune abb\u00e9 breton. <\/p>\n<p>L&rsquo;abb\u00e9 Dombideau de Crouseilhes, vicaire g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;Aix, ne fut pas le moins \u00e9merveill\u00e9 de la justesse d&rsquo;esprit de son confr\u00e8re. Il ne put s&#8217;emp\u00eacher de le lui exprimer et con\u00e7ut d\u00e8s lors la plus haute id\u00e9e de sa science th\u00e9ologique comme la plus haute estime pour sa personne. Aussi, en 1805, lorsqu&rsquo;il fut nomm\u00e9 l\u00a0&lsquo;\u00c9v\u00each\u00e9 de Quimper, se promit-il de prendre pour grand vicaire l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet, s&rsquo;il le trouvait dans le dioc\u00e8se. <\/p>\n<p>Mais n&rsquo;anticipons pas sur les faits. En 1788, M. l&rsquo;abb\u00e9 de Lesmel, recteur de Plouguerneau, et oncle maternel de l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet, demanda son neveu pour successeur. <\/p>\n<p>Mgr de La Marche fit d&rsquo;abord les plus grandes difficult\u00e9s. L&rsquo;abb\u00e9 de Lesmel insista, mit en avant son grand \u00e2ge, l&rsquo;importance de la paroisse et les titres qu&rsquo;elle avait \u00e0 \u00eatre gouvern\u00e9e par un eccl\u00e9siastique sorti de son sein, et enfin Mgr l&rsquo;\u00c9v\u00eaque de L\u00e9on se rendit \u00e0 ses d\u00e9sirs. <\/p>\n<p>C&rsquo;est en breton que le nouveau pasteur de Plouguerneau parlait \u00e0 son peuple. A peu pr\u00e8s rien ne nous a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9 de sa pr\u00e9dication bretonne. Voici une pi\u00e8ce assez curieuse de nos Archives \u00e9piscopales dont il est l&rsquo;auteur ; elle a comme titre : <i>Exhortation pour un malade presque sans connaissance<\/i>. Nous la transcrivons telle quelle : <\/p>\n<p><i><br \/>\nToc&rsquo;hor ouc&rsquo;h va breur christen, a toc&rsquo;hor bras, emouc&rsquo;h marteze var ar point da vervel. Recommandit ta oc&rsquo;h \u00e9ne da zou\u00e9 er moment ma quen important a quen decisif evit o silvidigues. Goulennit diganta pardoun eus an oll pehejou o cheus commettet epad o puez.<br \/>\nA possubi eve no pet quet eur quir glac&rsquo;har da vesa offanset un dou\u00e9 pehini a so bet quer carantesus en oc&rsquo;h andret, un dou\u00e9 pehini en deveus o crouet ac&rsquo;h o furmet erves e imarch, un dou\u00e9 pehini pa o poa meritet an ivern, pa oac&rsquo;h collet dre ar pe&rsquo;het en deveus o prenet dre ar goad oc&rsquo;h ar maro eus e vap unic. En em dolit gat fissians \u00e9tr\u00e9 e douarn. Ne ello quet refusi deoc&rsquo;h o gra\u00e7 o pardoun e goulen en ano e vap muia caret a dre ar vertus eus ar goad precius en deveus scuillet evidoc&rsquo;h var ar groas.<br \/>\nMar deus ive unan bennac&rsquo;h oc&rsquo;h offanset pardounit deza a galoun vad. Rac ne zeus pardoun ebet nemet evit ar re pardoun ive eus o gastes do nessa.<br \/>\nEn enm adressit da Jesus en eur lavaret deza. Jesus pa salver o pet truez ousin. Va jesus o pastor carantesus, recevit va ene etre o laouarn. Ar bues a poa roel dign o rentan deoc&rsquo;h oc&rsquo;h en em soumetti do volont\u00e9 divin. Guerc&rsquo;hes sacr, mam eus ar pecheurien deut dam sicour a dam assista en heur eus va maro. A chui va paeron santed chui oll sent ac oll senteset eus ar barados, intercedit evidon ach obtenit va gra\u00e7 a va fardoun digant va zou\u00e9.<br \/>\nGrit ganenme va breur christen a chaloun an act ber ma a gontrition epad e ro\u00efn deoc&rsquo;h an absolven eus o pechejou. C&rsquo;heus a meus da veza oc&rsquo;h offanset va dou\u00e9 dign da veza caret, me a bromet den em virel dre o gra\u00e7 diouc&rsquo;h peb p\u00e9chel.<br \/>\nVa breur christen, roct emeus deoc&rsquo;h an absolven. Grit brema var va lerc&rsquo;h un act a garantes, un act a esperan\u00e7, un act a feiz. (Suivent ces trois actes, puis le pr\u00eatre ajoute : ) <br \/>\nVa breur christen, offrit ar poaniou eus o clenvet da zou\u00e9 en eur speret a binigen, a duit do unissa gant ar poaniou en deveus souffret evidoc&rsquo;h or Salver o vervel var ar groas. <\/i><\/p>\n<p><font size=1><a href=\"#hdp\"><i>Haut de page<\/i><\/a><\/font><\/p>\n<p><b><font color=#0000ff><a id=\"#2\">CHAPITRE II<\/a><\/p>\n<p>La R\u00e9volution. L&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet en Angleterre. Quiberon. Retour \u00e0 Plouguerneau(*). <\/b><\/font><br \/> <br \/>\n<i><font size=1>(* Pour ce chapitre, on a utilis\u00e9 la Notice n\u00e9crologique sur Mgr de Poulpiquet, parue en Mai 1840 dans l&rsquo;Univers.)<\/i><\/font><\/p>\n<p>Les circonstances ne tard\u00e8rent pas \u00e0 prouver que l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet ne poss\u00e9dait pas \u00e0 un moins haut degr\u00e9 le z\u00e8le et la force qui font les bons pasteurs, que l&rsquo;habilet\u00e9 et la sagesse qui font les grands vicaires.<\/p>\n<p>Tout le monde conna\u00eet le d\u00e9cret du 27 Novembre 1790, par lequel l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale exigea des Archev\u00eaques, \u00c9v\u00eaques et autres eccl\u00e9siastiques, un serment de fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la Constitution civile du Clerg\u00e9. Aussit\u00f4t que ce d\u00e9cret eut \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet, il se rendit \u00e0 la t\u00eate de son clerg\u00e9 paroissial au sein de l&rsquo;Assembl\u00e9e Municipale de Plouguerneau, le 20 Janvier 1791. Il demanda \u00e0 pr\u00e9senter quelques  observations et la Municipalit\u00e9 lui ayant t\u00e9moign\u00e9 le d\u00e9sir de l&rsquo;entendre, il pronon\u00e7a le discours suivant qui respire une foi et un courage digne des premiers confesseurs :<\/p>\n<p><i>\u00ab MESSIEURS,<\/p>\n<p>La d\u00e9marche que nous faisons aupr\u00e8s de vous n&rsquo;est pas l&rsquo;effet de la d\u00e9termination du moment, qui dicte souvent des volont\u00e9s incertaines, des r\u00e9solutions pr\u00e9cipit\u00e9es, c&rsquo;est le fruit des plus s\u00e9rieuses r\u00e9flexions sur nos devoirs les plus sacr\u00e9s. Depuis longtemps, nous ne vivons plus que pour la douleur. Chaque jour, chaque heure, nous en apporte une nouvelle, en nous apprenant les p\u00e9rils de l&rsquo;\u00c9glise de France, les atteintes port\u00e9es par l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale \u00e0 la Religion d&rsquo;un Dieu dont nous avons l&rsquo;honneur d&rsquo;\u00eatre les ministres. Assez longtemps nous avons d\u00e9vor\u00e9 nos larmes, assez longtemps nous avons pleur\u00e9 dans le secret de nos maisons ; maintenant nous venons pleurer au milieu de vous. Si vos larmes viennent se m\u00ealer \u00e0 celles que nous r\u00e9pandons devant le Seigneur pour d\u00e9sarmer sa col\u00e8re, nous rel\u00e8verons de la poussi\u00e8re nos fronts abattus, et notre tristesse se changera en joie \u00e0 la vue de ces pr\u00e9cieuses larmes qui attesteraient le plus tendre attachement \u00e0 la Religion de nos P\u00e8res. <br \/>\nDes d\u00e9crets de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale nous ordonnent de pr\u00eater le serment d&rsquo;\u00eatre fid\u00e8les \u00e0 la Constitution d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par elle et sanctionn\u00e9e par le Roi, relativement \u00e0 l&rsquo;organisation, dite civile, du Clerg\u00e9 ; ils nous prescrivent de prononcer ce serment \u00e0 la face des Saints Autels, et dans l&rsquo;Assembl\u00e9e du peuple sous peine d&rsquo;\u00eatre priv\u00e9s de notre traitement et d&rsquo;\u00eatre d\u00e9chus du gouvernement des \u00e2mes. Notre serment le voici : c&rsquo;est de renoncer \u00e0 un traitement qui ne peut \u00eatre que le salaire du crime ; nous ne vendrons pas aux nouveaux C\u00e9sars nos \u00e2mes, le prix du sang d&rsquo;un Dieu, mais nous vous d\u00e9clarons, pour le salut des v\u00f4tres, que nous ne pouvons cesser d&rsquo;\u00eatre vos pasteurs et vos conducteurs dans la foi en vertu des d\u00e9crets d&rsquo;une Assembl\u00e9e purement politique. Que serait devenue la primitive \u00c9glise si la d\u00e9sob\u00e9issance aux volont\u00e9s des Empereurs avait suffi pour faire dispara\u00eetre les pasteurs auxquels J\u00e9sus-Christ avait confi\u00e9 les int\u00e9r\u00eats de la Religion, pour \u00f4ter et suspendre la juridiction spirituelle. Nous vous r\u00e9p\u00e9tons ce que nous avons d\u00e9j\u00e0 enseign\u00e9 dans la chaire de v\u00e9rit\u00e9, qu&rsquo;il n&rsquo;appartient pas \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise d&rsquo;\u00e9tablir les r\u00e8gles de sa discipline et de les modifier suivant les divers int\u00e9r\u00eats des diff\u00e9rents peuples ; que tout pasteur qui ne vous serait pas donn\u00e9 par votre seul et l\u00e9gitime \u00c9v\u00eaque, l&rsquo;\u00c9v\u00eaque de L\u00e9on, ne serait qu&rsquo;un instrus, un loup dans le Bercail ; qu&rsquo;un pasteur ne peut \u00eatre priv\u00e9 de la juridiction que Dieu lui a donn\u00e9e sur les \u00e2mes que par sa d\u00e9mission volontaire et accept\u00e9e, ou par le jugement de ses Sup\u00e9rieurs eccl\u00e9siastiques. <br \/>\nNous ne parlerons pas de la spoliation du Clerg\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par la m\u00eame Assembl\u00e9e dite Nationale. N&rsquo;aurions-nous pas \u00e0 craindre qu&rsquo;au moment m\u00eame o\u00f9 le refus du serment exig\u00e9 nous fait renoncer \u00e0 tout int\u00e9r\u00eat temporel, vous ne vinssiez \u00e0 soup\u00e7onner que nos r\u00e9clamations sont dict\u00e9es par les regrets de nos jouissances personnelles ? Nous nous bornerons \u00e0 vous manifester le d\u00e9sir le plus sinc\u00e8re de faire le sacrifice de toutes nos fortunes \u00e0 la chose publique. Que les individus actuels du Clerg\u00e9 de France soient priv\u00e9s, s&rsquo;il le faut, de l&rsquo;usufruit de leurs b\u00e9n\u00e9fices pour all\u00e9ger le poids immense d&rsquo;imp\u00f4ts qui menace le peuple ; mais nous ne pouvons \u00e9tendre plus loin nos v\u0153ux et nos sacrifices sans devenir coupables. Nous demandons que les biens de l&rsquo;\u00c9glise soient rendus \u00e0 nos successeurs. Ce ne sont point des propri\u00e9t\u00e9s dont nous puissions disposer \u00e0 notre gr\u00e9 ; ce sont de saintes substitutions que nous devons \u00e0 la pi\u00e9t\u00e9 de nos p\u00e8res, et dont il ne nous est pas permis d&rsquo;entreprendre ni de d\u00e9tourner le cours. <br \/>\nNos chers paroissiens, de quel pesant fardeau nos c\u0153urs se trouvent d\u00e9j\u00e0 soulag\u00e9s ! Nous avons fait notre devoir, notre conscience nous en rend le doux et consolant t\u00e9moignage. Maintenant nous nous croyons dignes de d\u00e9poser dans vos mains notre profession de foi. Recevez-la pour \u00eatre la r\u00e8gle de votre conduite et de votre croyance dans ces temps difficiles, et comme un t\u00e9moignage du d\u00e9vouement de vrais Pasteurs qui ne craignent pas de donner leur vie pour leurs ouailles. \u00bb <\/i><\/p>\n<p>Puis il d\u00e9posa entre les mains du digne Maire de Plouguerneau, A.-B. Abjean, la profession de foi qui suit : <\/p>\n<p><i>\u00ab Nous, soussign\u00e9s, Recteur, Vicaires et Pr\u00eatres de la paroisse de Plouguerneau, pleins de confiance dans la bont\u00e9 et la mis\u00e9ricorde de J\u00e9sus-Christ, notre Sauveur, d\u00e9clarons que la crainte de nous voir priv\u00e9s de notre traitement, que l&rsquo;aspect m\u00eame des dangers dont nous environne la force publique, ne nous arrachera jamais un serment que la Religion catholique, apostolique et romaine nous d\u00e9fend de prononcer. Plut\u00f4t endurer les tourments de toute esp\u00e8ce que de renoncer \u00e0 la foi, que de jurer le maintien d&rsquo;une constitution qui en renverse les premiers fondements. <br \/>\nIl est de foi qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00c9glise seule, c&rsquo;est-\u00e0-dire au Souverain Pontife uni au corps des \u00c9v\u00eaques, appartient le gouvernement de l&rsquo;\u00c9glise. <br \/>\nIl est de foi qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00c9glise seule a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e la puissance des clefs, qu&rsquo;\u00e0 elle seule et non \u00e0 une Assembl\u00e9e politique, il a \u00e9t\u00e9 dit :<\/i> \u00ab\u00a0Ce que vous aurez li\u00e9 sur la terre sera li\u00e9 dans le ciel et ce que vous aurez d\u00e9li\u00e9  sur la terre sera d\u00e9li\u00e9 dans le ciel\u00a0\u00bb.<i><br \/>\nIl est de foi que l&rsquo;\u00c9glise seule peut \u00e9tendre ou restreindre les bornes de sa juridiction spirituelle. <br \/>\nIl est de foi qu&rsquo;aucun pasteur ne peut tenir sa mission que de l&rsquo;\u00c9glise. <br \/>\nIl est de foi que les \u00c9v\u00eaques seuls sont juges de tout ce qui concerne la foi, les m\u0153urs et la discipline ; que par cons\u00e9quent les pasteurs du second ordre ne peuvent dicter des d\u00e9crets sur ces mati\u00e8res et que leurs fondions se bornent \u00e0 donner aux peuples qui leur sont confi\u00e9s l&rsquo;exemple de la soumission la plus enti\u00e8re \u00e0 tous les d\u00e9crets qui \u00e9manent des premiers pasteurs. <br \/>\nTous ces principes sont ou m\u00e9connus ou attaqu\u00e9s par les diff\u00e9rents d\u00e9crets qui composent la constitution civile du Clerg\u00e9. Nous trahirions donc notre conscience, nous deviendrions donc des apostats de la foi en souscrivant au renversement des v\u00e9rit\u00e9s catholiques. Non, les paroles de notre vertueux \u00c9v\u00eaque de L\u00e9on, dans sa circulaire du 28 Juillet 1790, de ce Pr\u00e9lat digne des plus beaux jours de l&rsquo;\u00c9glise et que nous regardons toujours comme notre seul et l\u00e9gitime \u00c9v\u00eaque, ne cesseront de retentir \u00e0 nos oreilles et au fond de nos c\u0153urs : <\/i>nous esp\u00e9rons de la gr\u00e2ce de Dieu de demeurer fid\u00e8les jusqu&rsquo;\u00e0 la mort et de sceller s&rsquo;il le faut de notre sang le refus du serment exig\u00e9. <i><\/p>\n<p>Sign\u00e9: de Poulpiquet, recteur de Plouguerneau, chanoine du L\u00e9on, licenci\u00e9 en th\u00e9ologie de la Facult\u00e9 de Paris et de la Maison de Sorbonne, vicaire g\u00e9n\u00e9ral du Dioc\u00e8se; J. Botorel, G. Roudaut, F. Balcon, F. Bleunven, vicaires de Plouguerneau ; G. Appamon, Le Goff, pr\u00eatres de Plouguerneau. \u00bb <\/i><\/p>\n<p>La Municipalit\u00e9, apr\u00e8s avoir entendu les consid\u00e9rations de M. l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet, re\u00e7ut sa profession de foi sign\u00e9e  par lui et par ses pr\u00eatres adjoints, et d\u00e9clara que s&rsquo;en tenant aux d\u00e9crets pr\u00e9c\u00e9dents de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, qui proclamaient la libert\u00e9 de toutes les opinions religieuses dans toute l&rsquo;\u00e9tendue de l&rsquo;Empire fran\u00e7ais, elle n&rsquo;exigerait pas du Clerg\u00e9 de la paroisse le serment demand\u00e9 par le d\u00e9cret du 27 Novembre 1790 ; en outre, qu&rsquo;elle-m\u00eame inviolablement attach\u00e9e aux principes de la Religion catholique, apostolique et romaine, qu&rsquo;elle avait toujours profess\u00e9 et qu&rsquo;on venait, de lui rappeler, elle refusait d&rsquo;adh\u00e9rer \u00e0 la constitution dite civile du Clerg\u00e9, \u00e0 moins que toute l&rsquo;\u00c9glise de France n&rsquo;y adh\u00e9r\u00e2t et qu&rsquo;elle ne f\u00fbt approuv\u00e9e par le Saint-Si\u00e8ge. <\/p>\n<p>Le discours de M. l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet et la profession de foi du Clerg\u00e9 de Plouguerneau furent lus au pr\u00f4ne de la grand&rsquo;messe, le mercredi suivant, 2 F\u00e9vrier, f\u00eate de la Purification. Cette lecture fut souvent interrompue par les applaudissements, les larmes et les sanglots des fid\u00e8les. <\/p>\n<p>Le 10 Avril suivant, le District s&rsquo;occupa du remplacement des Recteurs non asserment\u00e9s de son ressort. II donna pour cur\u00e9 \u00e0 la paroisse de Plouguerneau un nomm\u00e9 Le Gall, vicaire de Ploun\u00e9vez. Ce cur\u00e9 constitutionnel s&rsquo;y rendit le dimanche 15 Mai, accompagn\u00e9 de plusieurs membres du District et du Club de Lesneven. <\/p>\n<p>A la vue du faux Pasteur, les religieux habitants de Plouguerneau jet\u00e8rent un cri d&rsquo;indignation; la consternation fut g\u00e9n\u00e9rale. Les officiers municipaux calm\u00e8rent cette agitation des esprits en repr\u00e9sentant \u00e0 leurs concitoyens les cons\u00e9quences f\u00e2cheuses que pourraient avoir pour eux des actes peu mesur\u00e9s. L&rsquo;heure de la grand&rsquo;messe sonne, tout est pr\u00e9par\u00e9 pour le sacrifice : les ornements, le pain, les cierges &#8230; La Municipalit\u00e9 avait cru devoir prendre ces pr\u00e9cautions pour \u00e9loigner tout soup\u00e7on d&rsquo;une r\u00e9sistance physique. Le cur\u00e9 constitutionnel sort de l&rsquo;auberge, se rend \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, mais elle est d\u00e9serte, pas un municipal, pas un fid\u00e8le. L&rsquo;intrus, d\u00e9concert\u00e9 par cette solitude, sort sans dire la messe et part avec ses compagnons.<\/p>\n<p>Le District, furieux d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 ainsi jou\u00e9, ordonne une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de tous les habitants et notables de Plouguerneau pour l&rsquo;\u00e9lection d&rsquo;un Pasteur. Elle est fix\u00e9e au 19  Mai, dans la chapelle notre-Dame du Val (Traon). Deux membres du District s&rsquo;y rendent ; ils intriguent, ils menacent, mais rien n&rsquo;\u00e9branle les habitants de Plouguerneau ; ils demeureront fid\u00e8les \u00e0 leur Dieu, attach\u00e9s \u00e0 leur Pasteur l\u00e9gitime. L&rsquo;intrus Le Gall est rejet\u00e9 de nouveau, et M. l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet est l&rsquo;\u00e9lu \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 moins une voix. <\/p>\n<p>Jou\u00e9 de nouveau, le District emploie la force arm\u00e9e pour l&rsquo;installation de son cur\u00e9 constitutionnel : 600 hommes de troupe de ligne, et autant de nationaux, partirent de Brest avec quatre pi\u00e8ces de canon et ce fut au milieu de cet appareil militaire que l&rsquo;instrus Le Gall prit possession. Par ordre du District, les municipaux de Plouguerneau furent arr\u00eat\u00e9s, et M. l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet fut oblig\u00e9 de s&rsquo;enfuir ; il partit pour Saint-Pol de L\u00e9on. Une dame de ses parentes, ayant su qu&rsquo;on devait l&rsquo;arr\u00eater, lui en donna avis par un billet \u00e9crit en ces termes : <i>\u00ab Monsieur l&rsquo;Abb\u00e9, toutes les personnes qui portent int\u00e9r\u00eat \u00e0 votre position, croient comme moi, que vous n&rsquo;avez rien de mieux a faire que de prendre les eaux \u00bb<\/i>. L&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet comprit tr\u00e8s bien le sens de ce billet ; il se rendit imm\u00e9diatement \u00e0 Roscoff, s&#8217;embarqua \u00e0 Pors-ar-Bascon, le 6 Juillet 1791, sur un navire faisant voiles pour Jersey, et trouva ainsi par le fait son salut, en prenant les eaux de la Manche. <\/p>\n<p>Au d\u00e9but de Mars 1794, il quitta Jersey pour se rendre \u00e0 Londres par Southampton. Son passeport porte qu&rsquo;il a 34 ans, 5 pieds et 6 pouces de hauteur et des cheveux sombres &#8230; Dans la capitale anglaise, il habite un faubourg : n\u00b0 188, Great Russel Streat, Bloomsbury. &#8211; Plus tard, on le retrouve \u00e0 Clumber-Park, pr\u00e8s d&rsquo;Oxford, chez la Duchesse de Newcastle. <\/p>\n<p>Une lettre de lui, conserv\u00e9e aux Archives paroissiale de Plouguerneau, nous apprend qu&rsquo;au cours de son \u00e9migration il trouva des moyens de subsistance dans les le\u00e7ons de grammaire fran\u00e7aise qu&rsquo;il allait colportant d&rsquo;une maison \u00e0 l&rsquo;autre. Il semblerait qu&rsquo;il ait  \u00e9galement donn\u00e9 des le\u00e7ons de latin et d&rsquo;italien ; nous avons, en effet, not\u00e9 parmi les livres de langue anglaise ; qu&rsquo;il acquit alors, quelques grammaires, l&rsquo;une fran\u00e7aise, deux latines, une quatri\u00e8me italienne (*). <br \/>\n<i><font size=1>(* De L\u00e9vizac : A theorical and practical Grammar of the French Tongue&#8230;, London, 1799 : An Introduction to the latine tongue for the use of Youth, Eton, 1797 : Walker : English Examples of the Latin Syntaxis, London, 1719 ; Veneroni : The Complete Italian Master, London, 1786. &#8211; Comme grammaire anglaise, M. de Poulpiquet poss\u00e9dait Bicknell : The grammatical Wreath or a complete system of english grammar, London, 1790.)<\/i><\/font><\/p>\n<p>En 1795, eut lieu l&rsquo;exp\u00e9dition de Quiberon. D\u00e9sireux d&rsquo;op\u00e9rer en France le r\u00e9tablissement des Bourbon, bon nombre d&rsquo;\u00e9migr\u00e9s d&rsquo;Angleterre prirent place dans dix  vaisseaux anglais. En comprenant les prisonniers r\u00e9publicaines, qui devaient plus tard les trahir, ils \u00e9taient 5.000 hommes, repartis en cinq r\u00e9giments. L&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet s&#8217;embarqua comme aum\u00f4nier du r\u00e9giment d&rsquo;Hector, form\u00e9 de 700 marins.<\/p>\n<p>Le 25 Juin 1795, ce convoi se trouve devant Quiberon. Quelques jours plus tard, le d\u00e9barquement a lieu \u00e0 Carnac, et le corps d&rsquo;Hector campe pr\u00e8s de la bourgade. Il participe, dans la nuit du 2 au 3 Juillet \u00e0 la prise de la  presqu&rsquo;\u00eele de Quiberon. Le 6 Juillet, par suite du d\u00e9saccord entre leurs leurs chefs, les royalistes doivent se replier sous la pouss\u00e9e des troupes r\u00e9publicaines. <\/p>\n<p>Le 15 Juillet d\u00e9barque \u00e0 Carnac un second convoi venu d&rsquo;Angleterre, sous les ordres de SombreuiI. Trouvant devant lui des troupes r\u00e9publicaines, il doit se rembarquer presque aussit\u00f4t. Le 16, \u00e0 une heure du matin, Puisaye, \u00e0 la t\u00eate des \u00e9migr\u00e9s, s&rsquo;attaque au fort Sainte-Barbe, situ\u00e9 non loin de Plouharnel. Une fus\u00e9e partie de Carnac lui annonce que le d\u00e9barquement du second convoi est chose faite, Il \u00e9tait entendu qu&rsquo;une nouvelle fus\u00e9e indiquerait \u00e9ventuellement le rembarquement ; on oublia de la tirer. Les r\u00e9publicains laissent approcher les troupes de Puisaye et de d&rsquo;Hervilly, et quatre batteries les foudroient. Malgr\u00e9 l&rsquo;h\u00e9ro\u00efque r\u00e9sistance du corps d&rsquo;Hector, dont 60 officiers et beaucoup de marins succombent, d&rsquo;Hervilly doit ordonner la retraite. Comme les autres aum\u00f4niers, l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet, pendant la bataille, procura aux bless\u00e9s et aux mourants les secours corporels et spirituels. <\/p>\n<p>Le 17 Juillet, avec 1.500 hommes, Sombreuil d\u00e9barque devant Quiberon. Mais il ne peut s&rsquo;opposer \u00e0 la marche de Hoche, qui s&rsquo;est empar\u00e9, le 20 Juillet, du fort Penthi\u00e8vre, gr\u00e2ce \u00e0 la trahison des prisonniers r\u00e9publicains amen\u00e9s d&rsquo;Angleterre par le premier convoi. Les royalistes sont refoul\u00e9s au fond de la presqu&rsquo;\u00eele, et les voici accul\u00e9s \u00e0 la mer. Des malheureux se pr\u00e9cipitent \u00e0 l&rsquo;eau, pour gagner les chaloupes envoy\u00e9es par l&rsquo;escadre anglaise. Ceux qui ne peuvent y trouver place s&rsquo;y cramponnent, mais quand la barque est pleine, force est de les repousser \u00e0 coups de rame. L&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet, excellent nageur, se pr\u00e9sente \u00e0, l&rsquo;une des chaloupes ; des paysans bretons le reconnaissent et le hissent sur la barque. Il a toujours assur\u00e9 que loin d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9 \u00e0 coups d&rsquo;aviron, on lui procura toutes les facilit\u00e9s pour entrer dans la premi\u00e8re embarcation qu&rsquo;il atteignit (*). C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il put gagner la terre hospitali\u00e8re de la Grande-Bretagne (**).<br \/> <br \/>\n<i><font size=1>(* Notice n\u00e9crologique, publi\u00e9e dans l&rsquo;Univers.)<br \/>\n(** Mgr de Lamarche \u00e9tait oppos\u00e9 \u00e0 tout projet d&rsquo;intervention arm\u00e9e de la Grande-Bretagne sur nos c\u00f4tes de l&rsquo;Ouest. Kerbiriou, op.cit., p. 473 ss.)<\/i><\/font><\/p>\n<p>Cern\u00e9 au Fort-Neuf, son dernier asile, Sombreuil dut capituler. Il fut fusill\u00e9, avec un grand nombre de ses soldats, non loin d&rsquo;Auray, sur le terrain que l&rsquo;on appelle <i>le Champ des Martyrs<\/i>. Depuis 1824, une chapelle expiatoire se dresse \u00e0 cet endroit. A la Chartreuse d&rsquo;Auray, un monument en marbre blanc, de la m\u00eame \u00e9poque, renferme les ossements des victimes. <\/p>\n<p>Pourvu de son certificat d&rsquo;amnistie, le 15 F\u00e9vrier 1802, l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet rentre en France, et reprend possession de son ancienne paroisse, qui, demeur\u00e9e fid\u00e8le \u00e0 son Dieu et \u00e0 ses principes, accueille son ancien et l\u00e9gitime pasteur avec les transports de la plus vive joie (2 juin 1802).<\/p>\n<p>Plus tard, en 1824, dans sa premi\u00e8re lettre pastorale, Mgr de Poulpiquet tracera un sanglant tableau des crimes de la R\u00e9volution, et en montrera la cause dans les errements de cette fausse philosophie que l&rsquo;on a pr\u00e9tendu substituer \u00e0 la vraie religion. <\/p>\n<p><font size=1><a href=\"#hdp\"><i>Haut de page<\/i><\/a><\/font><\/p>\n<p><b><font color=#0000ff><a id=\"#3\">CHAPITRE III<\/a><\/p>\n<p>L&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet Cur\u00e9 de Plouguerneau, puis Vicaire G\u00e9n\u00e9ral de Quimper<br \/> (1802- 1823). <\/b><\/font><\/p>\n<p>A Plouguerneau, le nouveau venu allait bient\u00f4t retrouver avec plaisir quatre de ses anciens collaborateurs : MM. Bothorel, Bleunven, Le Goff et Appamon. Par une lettre du 2 Janvier 1804, Mgr Andr\u00e9, \u00e9v\u00eaque de Quimper, lui promettait de les lui conserver, \u00e0 titre de vicaires. Les trois derniers lui \u00e9taient d&rsquo;autant plus chers que, n\u00e9s \u00e0 Plouguerneau m\u00eame, ils avaient \u00e9t\u00e9 faits pr\u00eatres par les soins et aux d\u00e9pens de son oncle de Lesmel, ancien recteur de la paroisse. Au d\u00e9but de 1804, vivait aussi \u00e0 Plouguerneau un pr\u00eatre habitu\u00e9, l&rsquo;abb\u00e9 Yves Laot, originaire de l&rsquo;endroit, et tellement infirme qu&rsquo;il fallait l&rsquo;assister pour lui permettre de monter \u00e0 l&rsquo;autel.<\/p>\n<p>Nomm\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00each\u00e9 de Quimper, le 30 Janvier 1805, Mgr Dombideau de Crouseilhes choisit comme grands vicaires MM. de l&rsquo;Arc&rsquo;hantel et Frollo. A peine avait-il eu le temps de se mettre au courant des affaires du dioc\u00e8se qu&rsquo;il les perdait coup sur coup, en F\u00e9vrier et Mars 1806. Connaissant d\u00e9j\u00e0 de longue date l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet, il lui demanda de vouloir bien prendre la place de M. Frollo, \u00e0 titre de vicaire g\u00e9n\u00e9ral. Cette nomination ne fut rendue d\u00e9finitive qu&rsquo;\u00e0 la suite de pourparlers laborieux, ainsi que l&rsquo;atteste l&rsquo;\u00e9change de correspondance entre l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet et l&rsquo;Ev\u00eaque. L&rsquo;ancien vicaire g\u00e9n\u00e9ral de Mgr de La Marche ne quitta qu&rsquo;\u00e0 regret sa paroisse ch\u00e9rie de Plouguerneau, et sur les instances r\u00e9it\u00e9r\u00e9es de Mgr Dombideau.<\/p>\n<p>Il retrouva \u00e0 Quimper son vieil ami l&rsquo;abb\u00e9 Le Dall de Tromelin, nomm\u00e9 \u00e0 la place de M. de l&rsquo;Arc&rsquo;hantel. <i>\u00ab Tous deux \u00e9taient L\u00e9onards et \u00ab bons L\u00e9onards \u00bb, ayant s\u00e9journ\u00e9 \u00e0 L\u00e9on, \u00ab la Terre promise, o\u00f9 l&rsquo;on a du z\u00e8le pour la gloire de Dieu \u00bb. Avec MM. Costiou et Le Clanche, sp\u00e9cialement charg\u00e9s du secr\u00e9tariat, ils constituaient la famille \u00e9piscopale et formaient comme une soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;ancien r\u00e9gime exquise de d\u00e9licatesse et de simplicit\u00e9, d&rsquo;o\u00f9 le souci des affaires s\u00e9rieuses n&rsquo;excluaient pas la fine \u00abbonhomie \u00bb.<\/i>(*)<br \/>\n<font size=1><i>(* Pilven, Mgr Dombideau de Crouseilhes&#8230; Quimper, 1913, p.13)<\/font><\/i><\/p>\n<p>L&rsquo;oeuvre de Mgr Dombideau fut une oeuvre de restauration religieuse au dioc\u00e8se de Quimper, et l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet y fut intimement m\u00eal\u00e9. Bornons-nous \u00e0 noter quelques d\u00e9tails le concernant personnellement.<\/p>\n<div align=center><img decoding=\"async\" src=\"IMG\/jpg\/dombideau.jpg\" alt=\"dombideau.jpg\" \/><br \/>\n<font size=1><i>Monseigneur Dombideau de Crouseilhes<\/i><\/font><\/div>\n<p>A la nouvelle des victoires de Napol\u00e9on \u00e0 Enzersdorff et \u00e0 Wagram, M. de Poulpiquet, en l&rsquo;absence de l&rsquo;Ev\u00eaque, avait ordonn\u00e9 un <i>Te Deum<\/i>, mais sans faire suivre son ordonnance de la lettre imp\u00e9riale. Le mi\u00adnistre des Cultes s&rsquo;en offusqua, et pr\u00e9senta \u00e0 l&rsquo;Ev\u00eaque une r\u00e9clamation. Celui-ci ne manqua pas de justifier la conduite de son vicaire g\u00e9n\u00e9ral (*).<br \/>\n<font size=1><i>(* Pilven, op. cit., p. 114-118)<\/font><\/i><\/p>\n<p>Vers la m\u00eame \u00e9poque, MM. le Dall de Tromelin et de Poulpiquet adress\u00e8rent une lettre aux fid\u00e8les pour leur rappeler l&rsquo;obligation de la conscription, et leur succ\u00e8s fut tel que, sur les 810 conscrits qui formaient le contingent du d\u00e9partement, un ou deux seulement manqu\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;appel (*). <br \/>\n<font size=1><i>(* Ibid., p. 111-112)<\/font><\/i><\/p>\n<p>Licenci\u00e9 en Sorbonne, l&rsquo;abb\u00e9 de Poupiquet s&rsquo;int\u00e9\u00adresse sp\u00e9cialement aux jeunes clercs du dioc\u00e8se, et leur fait passer les examens. Ils \u00e9taient, h\u00e9las en petit nombre. Le 29 Ao\u00fbt 1807, notre Grand Vicaire donne \u00e0 Monseigneur le bilan de la prochaine rentr\u00e9e : <i>\u00ab Je crois pouvoir vous annoncer dix sujets du col\u00adl\u00e8ge de L\u00e9on pour votre S\u00e9minaire, huit de l&rsquo;\u00e9cole de M. Poulzot (*), trois du coll\u00e8ge de Quimper, au moins un de celui de Quimperl\u00e9 ; ce qui, r\u00e9uni \u00e0 dix ordi\u00adnants qui vous demeurent, vous donne trente-deux s\u00e9minaristes \u00bb.<\/i>(**)<br \/> <br \/>\n<font size=1><i>(* Ecole tenue au ch\u00e2teau de Penmarc&rsquo;h en Saint Fr\u00e9gant.)<br \/>\n(** Peyron : Notice historique sur les S\u00e9minaires de Quimper et de L\u00e9on, Quimper, 1899, p.155).<\/font><\/i><\/p>\n<p>Le 16 Ao\u00fbt 1808, M. de Poulpiquet \u00e9crit \u00e0 l&rsquo;Ev\u00eaque : <i>\u00ab Je ne puis vous dire combien j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 content des jeunes ordinants ; th\u00e9ologiens et logiciens ont fait merveille ; tout le monde est enchant\u00e9 et convient que, dans les plus beaux jours du S\u00e9minaire, on ne soutenait pas mieux les th\u00e8ses. Voil\u00e0 un succ\u00e8s qui r\u00e9pond tr\u00e8s bien aux mauvaises plaisanteries qu&rsquo;on nous pr\u00e9parait \u00e0 L\u00e9on \u00bb<\/i>. Et vers la fin de la m\u00eame ann\u00e9e, le Grand Vicaire pouvait mander \u00e0 son Ev\u00eaque, en plaisantant sur les pr\u00e9visions pessimistes de M. P\u00e9ron : <i>\u00ab Votre S\u00e9minaire vous donnera hien des consolations. Un tr\u00e8s grand nombres de nouveaux \u00e9l\u00e8ves commence \u00e0 tr\u00e8s bien faire en logique. Je crois que, pour cette fois, on ne nous accusera pas, dans un cer\u00adtain coin du dioc\u00e8se (L\u00e9on), d&rsquo;avoir rempli le S\u00e9mi\u00adnaire de sujets faibles et incapables d&rsquo;y suivre les \u00e9tudes qui s&rsquo;y font \u00bb.<\/i>(*)<br \/>\n<font size=1><i>(* Peyron : Notice historique sur les S\u00e9minaires de Quimper et de L\u00e9on, Quimper, 1899, p.157).<\/font><\/i><\/p>\n<p>Au mois de Mars 1813, en l&rsquo;absence de Mgr Dombi\u00addeau, les ordinants de Quimper doivent se rendre \u00e0 Hennebont, pour y recevoir l&rsquo;ordination de l&rsquo;Ev\u00eaque de Vannes, Mgr Beausset. Conduits par un directeur du S\u00e9minaire, ils sont sous la haute direction de l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet. Celui-ci, \u00e0 la date du 24 Mars, raconte ainsi le voyage \u00e0 son Ev\u00eaque : <\/p>\n<p><i>\u00ab Mgr l&rsquo;Ev\u00eaque de Vannes arriva \u00e0 Hennebont le 12, \u00e0 midi (vendredi) .. Je m&rsquo;y \u00e9tais rendu d\u00e8s le mercredi. Nos jeunes ordinands, partis Je jeudi de Quimper, entraient en ville au moment o\u00f9 l&rsquo;on son\u00adnait les cloches pour le pr\u00e9lat. Je l&rsquo;avais devanc\u00e9 chez le Cur\u00e9, o\u00f9 j&rsquo;\u00e9tais all\u00e9 l&rsquo;entendre. Je lui deman\u00addai la permission de lui pr\u00e9senter nos jeunes gens apr\u00e8s d\u00eener. Il les accueillit avec la plus grande bont\u00e9, et me dit que nos s\u00e9minaristes avaient la meilleure tenue; c&rsquo;\u00e9tait vrai. M. Le Gall, qui accompa\u00adgnait l&rsquo;Ev\u00eaque, d\u00e9sira les exercer pour le lendemain. Je les suivis \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise. Ils se tir\u00e8rent \u00e0 merveille de cet exercice pr\u00e9paratoire, et M. Le Gall m&rsquo;en fit com\u00adpliment. Le jour de l&rsquo;Ordination, pas un ne se trompa dans les c\u00e9r\u00e9monies; ce qui me valut un nouveau compliment. J&rsquo;avais bien recommand\u00e9 \u00e0 M. Lou\u00e9dec de les exercer. <br \/>\n(Le jour m\u00eame de l&rsquo;Ordination), \u00ab \u00e0 2 heures, je par\u00adtis \u00e0 cheval pour me rendre \u00e0 Quimperl\u00e9. Les ordi\u00adnands ont eu un temps tr\u00e8s froid et tr\u00e8s sec dans tout leur voyage et, par cons\u00e9quent, un temps beau pour marcher. La plupart \u00e9taient \u00e0 pied. Le vendredi, jour de leur arriv\u00e9e \u00e0 Hennehont, il y eut de la neige une grande partie de la matin\u00e9e, ce qui me donna des inqui\u00e9tudes. Cependant, tout le monde arriva en bonne sant\u00e9. Revenus \u00e0 Quimperl\u00e9, le jour de l&rsquo;Or\u00addination, nous y avons pass\u00e9 le dimanche. Nous en repartis le lundi, au nombre de trente-huit, laissant derri\u00e8re nous deux ordinands, MM. M\u00e9vel et Colin. Le premier avait une fluxion au visage, le second un peu de fi\u00e8vre. <br \/>\n\u00bb Nos ordinands ont \u00e9t\u00e9 parfaitement hien accueillis \u00e0 Quimperl\u00e9, o\u00f9 M. Henry avait pr\u00e9par\u00e9 les voies, et \u00e0 Hennebont, gr\u00e2ce \u00e0 M. l&rsquo;abb\u00e9 Mauduit, dont la famille remplit la ville d&rsquo;Hennebont, et qui nous y avait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s d\u00e8s le lundi. M. le Cur\u00e9 d&rsquo;Hennebont se proposait de donner \u00e0 d\u00eener \u00e0 tout notre monde les deux jours ; je me refusais \u00e0 cctte trop charitable invitation. Nos jeunes gens furent tr\u00e8s bien chez le traiteur choisi par M. le Cur\u00e9, \u00e0 30 sous par t\u00eate, sans le vin, pour les deux d\u00eeners. Le soir, ils furent distribu\u00e9s chez les diff\u00e9rents habitants, qui les re\u00e7urent \u00e0 bras ouverts et qui leur donn\u00e8rent la collation. Ils t\u00e9moign\u00e8rent le regret de ce qu&rsquo;on ne leur avait pas laiss\u00e9s pour le d\u00eener. J&rsquo;ai log\u00e9 ehez Mme de la F\u00e9roni\u00e8re, ancienne connaissance d&rsquo;\u00e9migration\u00bb (*).<br \/> <br \/>\n<font size=1><i>(* Peyron, op. cit., p. 167-168).<\/font><\/i><\/p>\n<p><\/i><br \/>\nPour assurer le recrutement du S\u00e9minaire, l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet envisage la cr\u00e9ation et la multiplication, dans les paroisses, d&rsquo;\u00e9coles o\u00f9 l&rsquo;on enseigne le latin. C&rsquo;est une de ces \u00e9coles, \u00e9tablie \u00e0 Meilars, en 1810, qui sera le berceau du Petit S\u00e9minaire de Pont-Croix (*).<br \/>\n<font size=1><i>(* Bulletin de la Commission dioc\u00e9saine d&rsquo;Histoire et d&rsquo;Arch\u00e9ologie, 1908, p. 127 ss.).<\/font><\/i><\/p>\n<p>D\u00e8s le 14 Ao\u00fbt 1814, le notables du L\u00e9on avaient sollicit\u00e9 de Louis XVIII le r\u00e9tablissement du si\u00e8ge que le dernier Ev\u00eaque, Mgr de la Marche, avait tant illustr\u00e9. Enfant de L\u00e9on, lui-m\u00eame, l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet travailla dans ce sens, et, pour aboutir, il mit en oeuvre toutes les influences. Ce fut en vain.<br \/>\n<br \/>\n\u00ab Le coeur vous aurait saign\u00e9, \u00e9crit-il \u00e0 une d\u00e9vou\u00e9e correspondante, si vous vous \u00e9tiez trouv\u00e9e \u00e0 L\u00e9on au moment o\u00f9 la nouvelle que ce dioc\u00e8se demeuroit supprim\u00e9e se r\u00e9pandit dans la ville. Ce furent des g\u00e9missemens, des pleurs m\u00eame, un deuil, une consternation g\u00e9n\u00e9rale.<br \/>\nRien ne ressembloit plus \u00e0 celle \u00e0 celle des Royalistes au 20 Mars. Pour moi, ne pouvant soutenir le spectacle d&rsquo;une telle douleur, d&rsquo;une douleur que je partageois aussi vivement qu&rsquo;aucun autre, je me h\u00e2tai de quitter la ville et d&rsquo;aller me r\u00e9fugier \u00e0 la campagne d&rsquo;un de mes fr\u00e8res. J&rsquo;avois besoin de solitude pour me remettre et me pr\u00eacher la r\u00e9signation. Je me trouvois tomb\u00e9 de bien haut, car d&rsquo;apr\u00e8s votre lettre du 19 Novembre et les motifs que nous avions donn\u00e9s pour le r\u00e9tablissement du si\u00e8ge \u00e9piscopal de l2on, nous regardions presque comme impossible qu&rsquo;il ne f\u00fbt pas compris dans la nouvelle organisation de l&rsquo;Eglise de France.\u00a0\u00bb De nouvelles esp\u00e9rances bas\u00e9es sur les \u00e9lections de 1817 ne tard\u00e8rent pas \u00e0 \u00eatre d\u00e9\u00e7ues (*).<br \/>\n<i><font size=1>(*) Pilven, op. Cit., P. 181<\/font><\/i><\/p>\n<p>A Paris, au d\u00e9but de 1816, Mgr Dombideau avait donn\u00e9, pour un \u00e9v\u00each\u00e9, le nom de M. de Poulpiquet. L&rsquo;un des amis de Jean-Marie-Dominique, dans une note qui dut \u00eatre remise \u00e0 Mgr l&rsquo;Ev\u00eaque de Chartres, exposait ses titres \u00e0 la faveur du Gouvernement\u00a0: Grand Vicaire de L\u00e9on et parent de Mgr de La Marche, il partagea tous les travaux de ce pr\u00e9lat durant son s\u00e9jour \u00e0 Londres, et sollicita la place d&rsquo;aum\u00f4nier au r\u00e9giment d&rsquo;Hector, dans l&rsquo;exp\u00e9dition dde Quiberon. Depuis sa rentr\u00e9e en France, son influence n&rsquo;a fait que grandir et elle s&rsquo;est fait particuli\u00e8rement sentir aux derni\u00e8res \u00e9lections.<br \/>\nEn janvier 1823, il fut propos\u00e9 pour l&rsquo;\u00e9v\u00each\u00e9 de Langres. Sur son refus, exprim\u00e9 dans une lettre du 25 de ce mois, le prince de Croy, \u00e9v\u00eaque de Strasbourg et grand aum\u00f4nier de France, lui \u00e9crivit le 5 F\u00e9vrier : <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je m&rsquo;affligerais avec tous les amis de la religion si vous pouviez persister dans les motifs d&rsquo;excuse que vous all\u00e9guez. Ce premier mouvement prouve votre modestie qui est le plus sur garant de la bont\u00e9 du choix dont le Roi vous a honor\u00e9&#8230; Ce ne sera pas dans le moment o\u00f9 la monarchie l\u00e9gitime attend la plus solide restauration de la restauration de l&rsquo;\u00e9piscopat que vous d\u00e9clinerez le poids de cet auguste minist\u00e8re&#8230; je n&rsquo;ai pas besoin d&rsquo;insister davantage&#8230; Je suis d&rsquo;ailleurs persuad\u00e9 que vous avez d&rsquo;avance r\u00e9fl\u00e9chi sur les malheureuses suites d&rsquo;un refus aussi nuisible \u00e0 la religion qu&rsquo;il seroit d\u00e9sormais difficile \u00e0 justifier.<br \/>\n\u00bb P.S. &#8211; Rassurez-moi au plus t\u00f4t et consolez-moi. D&rsquo;aussi puissants motifs que ceux que j&rsquo;ai eu l&rsquo;honneur de vous all\u00e9guer ne peuvent manquer de produire leur effet sur un pr\u00eatre aussi anim\u00e9 que vous du v\u00e9ritable esprit de son \u00e9tat\u00a0\u00bb (*).<br \/>\n<i><font size=1>(*) Archives de l&rsquo;Ev\u00each\u00e9.<\/font><\/i><\/p>\n<p>Le 25 F\u00e9vrier, Mgr de Croy insiste :<\/p>\n<p><i>\u00ab Il est impossible dans l&rsquo;\u00e9tat actuel de l&rsquo;\u00e9glise de France d&rsquo;entendre, sans en \u00eatre profond\u00e9ment afflig\u00e9, un eccl\u00e9siastique appel\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9piscopat prononcer le mot refus. Les besoins de l&rsquo;Eglise exigent essentiellement dans un Ev\u00eaque la science des anciennes traditions&#8230; La sant\u00e9 est d\u00e9sirable, mais autrefois on ne cachait pas sous le boisseau les confesseurs de la foi mutil\u00e9s&#8230; Vos qualit\u00e9s ne seroient pas compens\u00e9es dans une autre personne par une sant\u00e9 meilleure,&#8230; vos infirmit\u00e9s ne nuiront pas \u00e0 ce que l&rsquo;Eglise attend de vos vertus et de vos lumi\u00e8res&#8230; ne me parlez plus de refus. \u00bb<\/i> <br \/>\nDeux jours plus tard, Mgr Dombideau \u00e9crit au Grand Aum\u00f4nier: <i>\u00ab &#8230; J&rsquo;ai d&rsquo;abord engag\u00e9 M. de Poulpiquet \u00e0 accepter, mais l&rsquo;alt\u00e9ration de sa sant\u00e9 depuis un an ne justifie que trop le refus d&rsquo;accepter Langres. \u00bb <\/i><br \/>\nL&rsquo;Ev\u00eaque de Quimper mourut dans la nuit du 28 au 29 Juin 1823. Un mois plus tard, le 27 Juillet le g\u00e9n\u00e9ral commandant d&rsquo;Arras, M. de Cheffontaines, mande \u00e0 l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet : <i>\u00abJ&rsquo;ai \u00e9crit \u00e0 l&rsquo;abb\u00e9 de Lamenais, vicaire g\u00e9n\u00e9ral du Grand Aum\u00f4nier, pour qu&rsquo;il lui parle de vous pour l&rsquo;\u00e9v\u00each\u00e9 de Quimper&#8230; Je lui disais que vous ne refuseriez pas cette fois, n&rsquo;ayant pas de d\u00e9placement \u00e0 faire, et que vous y pourriez soigner votre sant\u00e9, qui a besoin de l&rsquo;air natal. Je lui ajoutais que vous parlez la langue du pays, ce qui est tr\u00e8s avantageux et presque n\u00e9cessaire dans ce d\u00e9partement. \u00bb<\/i> <br \/>\nLes 16 et 19 Ao\u00fbt, M. Corbi\u00e8re, ministre de l\u2019Int\u00e9rieur \u00e9crit \u00e0 M. de Poulpiquet : <i>\u00ab Veuillez me marquer si le Grand Aum\u00f4nier, en vous pr\u00e9sntant \u00e0 la nomination du Roi pour l&rsquo;\u00e9v\u00each\u00e9 de Quimper pourroit \u00eatre assur\u00e9 de votre acceptation\u00bb. Et l&rsquo;abb\u00e9 r\u00e9pondait, le 27 du m\u00eame mois : \u00ab\u00a0Ma sant\u00e9 est devenue meilleure, mais je ne suis pas enti\u00e8rement r\u00e9tabli. Par ce motif, joint \u00e0 l&rsquo;intime conviction que je n&rsquo;ai ni les vertus ni les talents&#8230; j&rsquo;ose vous prier de songer \u00e0 un sujet plus m\u00e9ritant. Si cependant votre Altesse croit devoir persister, je ne me croirais plus permis de pers\u00e9v\u00e9rer dans mon refus \u00bb<\/i> (*). <br \/>\n<i><font size=1>(*) Archives de l&rsquo;Ev\u00each\u00e9.<\/font><\/i><\/p>\n<p><font size=1><a href=\"#hdp\"><i>Haut de page<\/i><\/a><\/font><\/p>\n<p><b><font color=#0000ff><a id=\"#4\">CHAPITRE IV<\/a><\/p>\n<p>L&rsquo;Ev\u00eaque de Quimper sous la Restauration. (1823-1830)<\/b><\/font><\/p>\n<p>Monseigneur Dombideau mourut le 28 Juin 1823, \u00e0 onze heures du soir.<br \/>\nLe lendemain, le Chapitre nomma comme vicaires capitulaires, MM. De Tromelin, de Poulpiquet, Mauduit et Henry. Dans une nouvelle assembl\u00e9e capitulaire du 8 Ao\u00fbt, les deux premiers furent d\u00e9sign\u00e9s comme vicaires g\u00e9n\u00e9raux, et le Roi, peu apr\u00e8s, les reconnut comme tels.<br \/>\nLe 12 Septembre, M. de Poulpiquet \u00e9tait nomm\u00e9 \u00e9v\u00eaque de Quimper, et dix jours plus tard, accompagn\u00e9 de M. Mauduit, il partait pour Paris.<br \/>\nPr\u00e9conis\u00e9 le 4 Mai 1824, le pr\u00e9lat fut sacr\u00e9 le dimanche de la Trinit\u00e9, le 13 juin, \u00e0 Notre-Dame de Paris, par Mgr de Qu\u00e9len, pontife d&rsquo;origine bretonne, assist\u00e9 de Mgr Frayssinous, \u00e9v\u00eaque d&rsquo;Hermopolis, et de Mgr Millau, de Nevers, condisciple du nouvel \u00e9v\u00eaque. M. Mauduit assistait \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie.<br \/>\nLe 24 Juin, Mgr de Poulpiquet adressait \u00e0 son dioc\u00e8se sa premi\u00e8re lettre pastorale. Il commence par faire part \u00e0 ses ouailles des sentiments qu&rsquo;il a \u00e9prouv\u00e9 devant l&rsquo;offre de l&rsquo;\u00e9piscopat :<br \/>\n\u00ab\u00a0Revenus du trouble que nous avions \u00e9prouv\u00e9 de notre nomination si inattendue \u00e0 une dignit\u00e9 que nous sentions beaucoup au-dessus de nos forces et de nos faibles moyens, nous nous trouvions heureux, Nos tr\u00e8s chers Fr\u00e8res, d&rsquo;avoir pu pr\u00e9senter, m\u00eame dans une sant\u00e9 all\u00e9g\u00e9e, des raisons l\u00e9gitimes de nous y soustraire. Nous n&rsquo;aspirions plus qu&rsquo;\u00e0 pouvoir reprendre le cours ordinaire de nos occupations et \u00e0 terminer paisiblement notre carri\u00e8re dans l&rsquo;ordre inf\u00e9rieur o\u00f9 la divine providence nous avoit plac\u00e9s, lorsque l&rsquo;illustre organe des vues religieuses du Roi nous a de nouveau offerts \u00e0 son choix pour remplir la charge si importante et si difficile de premier pasteur. Nous ne chercherons pas \u00e0 vous retracer nos nouvelles angoisses et nos perplexit\u00e9s. A cette terreur religieuse, dont, dans les temps les plus prosp\u00e8res de l&rsquo;Eglise, les Gr\u00e9goire de Naziance, les Bazile, les Augustin, les Chrysost\u00f4me ne purent se d\u00e9fendre au moment de se voir \u00e9lev\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9piscopat, se joignoit la perspective des difficult\u00e9s de tout genre qui environnent le minist\u00e8re sacerdotal dans ce si\u00e8cle d&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9, de licence et d&rsquo;innovations. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, nous ne pouvions nous emp\u00eacher d&rsquo;\u00e9prouver une v\u00e9ritable crainte de trop \u00e9couter les conseils d&rsquo;une prudence toute humaine et de r\u00e9sister \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu, en persistant dans nos premiers refus.<br \/>\n\u00ab\u00a0Si nous ne nous \u00e9tions arr\u00eat\u00e9s qu&rsquo;\u00e0 des consid\u00e9rations qui nous sont personnelles, rien n&rsquo;auroit pu vaincre nos r\u00e9pugnances et nos alarmes\u00a0; mais r\u00e9fl\u00e9chissant au pied de la croix sur les voies incompr\u00e9hensibles de Dieu pour ex\u00e9cuter les desseins de sa mis\u00e9ricorde, en nous rappelant que pour fonder son Eglise et <i>convaincre de folie la sagesse de ce monde, il lui a plu de choisir les moins sages selon le monde, pour confondre les puissans,<\/i> nous avons pens\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;a voulu nous retir\u00e9 de notre obscurit\u00e9 et nous rev\u00eatir aupr\u00e8s de vous du caract\u00e8re le plus auguste, que pour renouveler les miracles des beaux jours du christianisme, en prouvant \u00e0 une philosophie orgueilleuse et impie que, pour \u00e9tablir et raffermir votre foi, il n&rsquo;avoit besoin ni de l&rsquo;appui des hommes ni des <i>discours persuasifs de la sagesse humaine<\/i>. Alors, an\u00e9antissant notre jugement devant la sagesse infinie, et nous abandonnant sans r\u00e9serve \u00e0 la toute puissance de la gr\u00e2ce, nous avons esp\u00e9r\u00e9 que pour votre salut le Seigneur daignerait r\u00e9aliser en notre faveur les promesses qu&rsquo;il fit autrefois \u00e0 son proph\u00e8te, <i>qu&rsquo;il dissiperoit nos craintes, \u00e9claireroit nos t\u00e9n\u00e8bres, fortifieroit notre faiblesse, nous accompagneroit partout o\u00f9 nous irions en son nom, et nous dicteroit lui-m\u00eame les paroles de vie qu&rsquo;il nous commanderoit d&rsquo;annoncer \u00e0 son peuple<\/i> (J\u00e9r., I, 7, 8).\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce qui encourage le nouveau Pontife, c&rsquo;est d&rsquo;\u00eatre envoy\u00e9 au pays qui l&rsquo;a vu na\u00eetre, \u00e0 ses fr\u00e8res, \u00e0 ses amis, \u00e0 un dioc\u00e8se dont les habitants ont toujours donn\u00e9 des t\u00e9moignages si frappants d&rsquo;attachement \u00e0 la religion et de fid\u00e9lit\u00e9 au Roi. II retrace alors le tableau de l\u2019\u0153uvre accomplie par son pr\u00e9d\u00e9cesseur et demande aux destinataires de sa lettre de l&rsquo;aider \u00e0 continuer celle \u0153uvre, en donnant au dioc\u00e8se les pr\u00eatres qui lui manquent. Tout le mal vient de la tourmente r\u00e9volutionnaire, issue d&rsquo;une fausse philosophie. Ce qu&rsquo;il faut d\u00e9sormais, c&rsquo;est la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 Dieu et la fid\u00e9lit\u00e9 au Roi. <br \/>\nLa lettre s&rsquo;ach\u00e8ve sur un appel adress\u00e9 au clerg\u00e9 en faveur des vocations eccl\u00e9siastiques : <\/p>\n<p>\u00ab Nos tr\u00e8s chers coop\u00e9rateurs &#8230; pour r\u00e9aliser tout le bien qui est dans votre c\u0153ur, pour acc\u00e9l\u00e9rer l\u2019heureux moment, le moment tant d\u00e9sir\u00e9 de tous, o\u00f9 nous pourrons donner des pasteurs \u00e0 toutes les \u00e9glises de ce vaste dioc\u00e8se, nous emploierons aupr\u00e8s de vous le langage de la pri\u00e8re pour vous engager \u00e0 consacrer le temps que n&rsquo;exigeroit pas l&rsquo;exercice de vos fonctions, \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9ducation des enfants de vos paroisses qui vous exprimeroient le d\u00e9sir d\u2019embrasser l&rsquo;\u00e9tat eccl\u00e9siastique, et dans lesquels vous reconno\u00eetriez une tendre pi\u00e9t\u00e9 et de l&rsquo;aptitude pour les sciences eccl\u00e9siastiques. Recherchez ces vases d&rsquo;\u00e9lection, montrez-leur une affection toute particuli\u00e8re, cultivez en m\u00eame temps leur esprit et leur c\u0153ur\u00a0; faites-vous un devoir de chaque jour de leur enseigner les premiers \u00e9l\u00e9mens des sciences, afin qu&rsquo;ils acqui\u00e8rent bient\u00f4t le degr\u00e9 de connoissances n\u00e9cessaire pour entrer dans nos coll\u00e8ges, et pour \u00eatre re\u00e7us dans nos petits s\u00e9minaires. Quelque p\u00e9nible que puisse devenir ce surcro\u00eet de travail, nous comptons assez sur votre z\u00e8le pour esp\u00e9rer que vous ne n\u00e9gligerez pas ce moyen, le plus s\u00fbr, le plus prompt de tous pour r\u00e9parer les pertes du sanctuaire. Apr\u00e8s vous \u00eatre acquitt\u00e9s des devoirs du saint minist\u00e8re, est-il une \u0152uvre plus importante et plus utile \u00e0 l&rsquo;Eglise \u00e0 laquelle vous puissiez vous consacrer ? Quels m\u00e9rites n&rsquo;aurez-vous pas acquis pour le ciel, si c&rsquo;est \u00e0 vos soins, au sacrifice m\u00eame de vos momens de d\u00e9lassement, que le dioc\u00e8se se trouve redevable des pasteurs qui viendront un jour consoler ces \u00e9glises dont la viduit\u00e9 doit \u00eatre, non seulement pour un \u00e9v\u00eaque,mais encore pour tout homme digne du nom de Chr\u00e9tien, le sujet d&rsquo;une profonde douleur. Pour engager de plus en plus vos paroissiens \u00e0 favoriser la vocation de leurs enfans pour l&rsquo;\u00e9tat eccl\u00e9siastique, repr\u00e9sentez-leur que, dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 de procurer des pasteurs \u00e0 toutes les communes, la justice exigera que nous donnions la pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 celles d&rsquo;o\u00f9 seront sortis des \u00e9l\u00e8ves pour le sanctuaire. <br \/>\n\u00bb Recevez donc d\u00e8s aujourd&rsquo;hui, nos tr\u00e8s-chers coop\u00e9rateurs, le t\u00e9moignage public de notre vive reconnoissance pour tout le bien que nous attendons de votre z\u00e8le et de votre empressement \u00e0 seconder nos efforts ; car, nous en avons l&rsquo;intime conviction, vous ne ferez tous <i>qu&rsquo;un c\u0153ur et qu&rsquo;une \u00e2me<\/i> (*), pour concourir avec nous, et chacun de toute l&rsquo;\u00e9tendue de ses moyens, \u00e0 la plus grande gloire de Dieu et \u00e0 la sanctification des \u00e2mes confi\u00e9es \u00e0 notre commune sollicitude. \u00bb <br \/>\n<font size=1><i>(*) Act. IV, 32<\/font><\/i><\/p>\n<p>Le lundi 28 Juin, M. de Tromelin, nomm\u00e9 vicaire g\u00e9n\u00e9ral par Mgr de Poulpiquet, prenait en son nom, possession du si\u00e8ge \u00e9piscopal, dans la cath\u00e9drale, en pr\u00e9sence du Chapitre. Le lendemain il \u00e9crivait au pr\u00e9lat\u00a0: <br \/>\n\u00ab\u00a0J&rsquo;ai re\u00e7u avec bien de la reconnaissance, les lettres de vicaire g\u00e9n\u00e9ral que vous avez eu la bont\u00e9 de m&rsquo;adresser. C&rsquo;est un t\u00e9moignage de confiance que je t\u00e2cherai de m\u00e9riter en secondant, de mon mieux, vos vues bienfaisantes pour le bonheur de votre dioc\u00e8se, dont les int\u00e9r\u00eats ne pouvaient \u00eatre mieux plac\u00e9s qu&rsquo;en vos mains. Votre modestie vous fait juger que notre diff\u00e9rence d&rsquo;\u00e2ge a fait plut\u00f4t penser \u00e0 vous qu&rsquo;\u00e0 moi pour le si\u00e8ge de Quimper. Je connais trop mon insuffisance pour des fonctions si \u00e9minentes, pour croire qu&rsquo;\u00e0 aucune \u00e9poque de ma vie ont e\u00fbt pu penser \u00e0 moi pour les remplir, et je b\u00e9nis la Providence de vous avoir appel\u00e9 \u00e0 une dignit\u00e9 pour laquelle vous avez tous les talents qu&rsquo;ont peut d\u00e9sirer&#8230;<br \/>\n\u00bb\u00a0Je me suis acquitt\u00e9 de votre commission aupr\u00e8s de M. Henry, qui est bien sensible au t\u00e9moignage de confiance que vous lui donnez (*). Il vous offre ses hommages respectueux. Tous mes confr\u00e8res vous offrent les m\u00eames sentiments (**).\u00a0\u00bb<br \/>\n<font size=1><i>(*) En le nommant vicaire g\u00e9n\u00e9ral.<br \/>\n(**) En post-scriptum\u00a0: \u00ab\u00a0Tous les habitants de Penfouillie se portent bien. Votre fr\u00e8re a fait part de l&rsquo;heureuse d\u00e9livrance de Th\u00e9r\u00e8se qui lui a donn\u00e9 une fille\u00a0\u00bb.<\/font><\/i><\/p>\n<p>Un comit\u00e9 se forma en Ao\u00fbt 1824, en vue d&rsquo;\u00e9lever un monument aux victimes de Quiberon. Deux \u00c9v\u00eaques en firent partie, Mgr de Poulpiquet et Mgr Bruc, \u00e9v\u00eaque de Vannes. Le 2 Ao\u00fbt, il lan\u00e7ait un appel en faveur d&rsquo;une souscription destin\u00e9e \u00e0 couvrir les frais de l&rsquo;entreprise, qui devaient s&rsquo;\u00e9lever \u00e0 150 000 francs.<br \/>\nTrois jours plus tard, en la f\u00eate de l&rsquo;Assomption, l\u2019\u00c9v\u00eaque de Quimper c\u00e9l\u00e8bre pontificalement, pour la premi\u00e8re fois en sa cath\u00e9drale.<br \/>\nUne ordonnance royale du 8 Avril 1824 attribuait aux \u00c9v\u00eaques la surveillance des \u00e9coles primaires et le pouvoir d&rsquo;autoriser et de r\u00e9voquer les instituteurs. Quelques mois plus tard, \u00e0 la date du 12 Novembre, Mgr de Poulpiquet tra\u00e7ait un r\u00e8glement au sujet des \u00e9coles de son dioc\u00e8se. Nul ne sera admis \u00e0 enseigner dans les \u00e9coles primaires catholiques sans l&rsquo;autorisation sp\u00e9ciale de l\u2019\u00c9v\u00eaque. Le cur\u00e9 de canton est charg\u00e9 d&rsquo;examiner le candidat et de lui d\u00e9livrer un certificat de capacit\u00e9, de bonne vie et et m\u0153urs, de religion et de fid\u00e9lit\u00e9 au Roi. Les cur\u00e9s et desservants visiteront r\u00e9guli\u00e8rement les \u00e9coles de leurs paroisses, et les cur\u00e9s toutes les fois qu&rsquo;ils le croiront utile, celles de leurs cantons. Ils examineront particuli\u00e8rement, dans ces visites, si les instituteurs ont grand soin d&rsquo;enseigner aux enfants le cat\u00e9chisme, de leur apprendre \u00e0 prier et de les former \u00e0 toutes les vertus chr\u00e9tiennes et civiles. En cas de scandale et d&rsquo;urgence, il sera loisible aux cur\u00e9s de canton de les suspendre de leurs fonctions. Les cur\u00e9s et desservants emploieront tous leurs soins pour faire \u00e9tablir des \u00e9coles dans les lieux o\u00f9 il n&rsquo;y en a pas, et pour procurer tout ce qui est n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;entretien de celles qui existent.<\/p>\n<div align=center><img decoding=\"async\" src=\"IMG\/jpg\/cathedrale.jpg\" alt=\"cathedrale.jpg\" \/><br \/>\n<font size=1<i>http:\/\/www.bretagne.culture.gouv.fr &#8211; Cath\u00e9drale de Quimper<\/font><\/i><\/div>\n<p>Charles X songeait, en 1825, \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement \u00e0 Paris d&rsquo;une maison centrale de hautes \u00e9tudes eccl\u00e9siastiques. Une Commission fut form\u00e9e \u00e0 ce propos, compos\u00e9e de membres du clerg\u00e9, et, le 1er Septembre, Mgr de Poulpiquet fut appel\u00e9 \u00e0 en faire partie. Une lettre du Ministre des Affaires Eccl\u00e9siastiques en convoquait les membres \u00e0 Paris, pour le 16 Janvier 1826. On y lit ce passage, qui caract\u00e9rise fort bien le caract\u00e8re gallican de l&rsquo;ancienne Sorbonne : \u00ab Rempart de la foi contre les attaques de tous les novateurs, au point d&rsquo;avoir m\u00e9riter le surnom de \u00ab Concile permanent des Gaules\u00bb, elle \u00e9tait encore la gardienne de ces maximes fran\u00e7aises, auxquelles Bossuet donne tout le poids de son savoir et de son g\u00e9nie&#8230; Centre des lumi\u00e8res, elle entretenait dans notre \u00c9glise cette unit\u00e9 de doctrines, de vues, de r\u00e8gles, de conduite qui a fait sa beaut\u00e9 aux jours de ses prosp\u00e9rit\u00e9 et sa force aux jours de ses malheurs. \u00bb <br \/>\nPour se rendre \u00e0 l&rsquo;invitation qui lui \u00e9tait adress\u00e9e, l\u2019\u00c9v\u00eaque de Quimper, accompagn\u00e9 de M. Mauduit, quitta sa ville \u00e9piscopale pour Paris, le 5 Janvier 1826. En fait, la premi\u00e8re r\u00e9union de la Commission n&rsquo;eut lieu que le samedi 25 F\u00e9vrier, dans une salle du Louvre. D&rsquo;autres s\u00e9ances se tinrent le 11 Mars et les jours suivants. <br \/>\nRentr\u00e9 de la Capitale le 1erJuillet, Mgr de Poulpiquet baptisa solennellement, le 7 du m\u00eame mois, un enfant au Pr\u00e9fet, M. de Castellane. Les chanoines, en habit de ch\u0153ur, assist\u00e8rent au <i>Te deum.<\/i><br \/> <br \/>\nEn Mai 1827, le Conseil g\u00e9n\u00e9ral du d\u00e9partement, \u00e0 la sollicitation de Mgr de Poulpiquet, fit l&rsquo;acquisition de l&rsquo;ancienne communaut\u00e9 des Ursulines de Lesneven, pour y \u00e9tablir des Dames de la Retraite de Saint-Pol de L\u00e9on, et il alloua une somme de 10.000 francs pour mettre l&rsquo;immeuble en bon \u00e9tat. Les r\u00e9parations pr\u00e9vues s&rsquo;\u00e9levant au chiffre de 25 \u00e0 30.000 francs, l\u2019\u00c9v\u00eaque, pour compl\u00e9ter la somme dont il disposait, s&rsquo;adressa en toute confiance, le 21 Mai, \u00e0 la g\u00e9n\u00e9reuse charit\u00e9 des fid\u00e8les. <br \/>\nDepuis d\u00e9j\u00e0 longtemps, il aspirait au moment de pouvoir ouvrir aux v\u00e9t\u00e9rans du sacerdoce un asile o\u00f9 ils viendraient se reposer des travaux d&rsquo;une longue et p\u00e9nible carri\u00e8re, et recevoir tous les soins que r\u00e9clame l&rsquo;\u00e2ge des infirmit\u00e9s. Le 12 Juillet 1827, il avait la joie d&rsquo;annoncer \u00e0 son clerg\u00e9 que la divine Providence lui offrait les moyens de r\u00e9aliser son dessein. Les Dames de la Retraite parties pour Lesneven, l&rsquo;ancien palais \u00e9piscopal de Saint-Pol de L\u00e9on, o\u00f9 elles r\u00e9sidaient, devenait libre, et c&rsquo;est un bel \u00e9difice qui allait servir de lieu de retraite aux eccl\u00e9siastiques \u00e2g\u00e9s et infirmes du dioc\u00e8se : \u00ab Un plus beau local, un s\u00e9jour plus agr\u00e9able, un air plus sain ne pouvait se d\u00e9sirer. \u00bb <br \/>\nLe 1er Septembre 1827, l\u2019\u00c9v\u00eaque de Quimper perdait l&rsquo;un des ses meilleurs amis, en la personne de M. P\u00e9ron doyen du Chapitre depuis 1821 (*). Huit jours plus lard, \u00ab\u00a0I. Mauduit, vicaire g\u00e9n\u00e9ral, passait, lui aussi, \u00e0 une vie meilleure. <br \/>\n<font size=1><i>(*) Cf. Abb\u00e9s Saluden et Kerbiriou\u00a0: Jean P\u00e9ron et le Coll\u00e8ge de L\u00e9on.<\/font><\/i><\/p>\n<p>Le 31 Octobre, M. Mauduit \u00e9tait remplac\u00e9 comme vicaire g\u00e9n\u00e9ral par M. Le Bris. Celui-ci, le 13 D\u00e9cembre suivant, installait, \u00e0 la cath\u00e9drale, comme chanoine honoraire, l&rsquo;abb\u00e9 Graveran, cur\u00e9 de Brest. <br \/>\nLe 25 Janvier 1829, un nouveau deuil frappait Mgr de Poulpiquet : c&rsquo;\u00e9tait le tr\u00e9pas de son vieil ami, M. Le Dall de Tromelin. Voici la circulaire qu&rsquo;il adressait \u00e0 ce propos, le 2 F\u00e9vrier, aux membres de son clerg\u00e9 : <\/p>\n<p>\u00ab MONSIEUR ET TRES-CHER PASTEUR,<\/p>\n<p>\u00bb C&rsquo;est avec les sentiments de la plus profonde douleur que nous vous annon\u00e7ons la mort de M. l\u2019abb\u00e9 Le Dall de Tromelin, docteur de Sorbonne et vicaire g\u00e9n\u00e9ral de notre dioc\u00e8se. Quoique depuis un an, des infirmit\u00e9s toujours croissantes et son \u00e2ge avanc\u00e9, nous eussent pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 cette cruelle s\u00e9paration, elle ne nous a pas \u00e9t\u00e9 moins sensible. La m\u00eame situation dans la vie, les m\u00eames fonctions nous avaient unis depuis plus de 40 ans de la plus tendre amiti\u00e9. Apr\u00e8s avoir refus\u00e9 l\u2019\u00c9piscopat, un des motifs qui nous d\u00e9termin\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;accepter, fut la certitude de trouver dans sa sagesse, dans ses lumi\u00e8res, dans sa longue exp\u00e9rience, tout ce qui pouvait adoucir les peines ins\u00e9parables de l&rsquo;administration d&rsquo;un dioc\u00e8se. <br \/>\n\u00bb Notre v\u00e9n\u00e9rable ami retrouvait toutes les forces de la jeunesse dans la vivacit\u00e9 de sa foi, dans son z\u00e8le pour la Religion. Toutes les fois que nous avions \u00e0 remplir quelques fonctions de notre minist\u00e8re, rien n&rsquo;\u00e9tait capable de le faire renoncer \u00e0 nous assister. De<br \/>\nquel sentiment de v\u00e9n\u00e9ration les fid\u00e8les de notre ville \u00e9piscopale n&rsquo;\u00e9taient-ils pas p\u00e9n\u00e9tr\u00e9s quand ils voyaient ce respectable vieillard soutenir, avec un courage admirable, les fatigues des plus longues c\u00e9r\u00e9monies, et se rendre encore tous les jours dans notre \u00e9glise cath\u00e9drale pour y c\u00e9l\u00e9brer les saints myst\u00e8res, d\u00e9j\u00e0 \u00e9puis\u00e9 de force et succombant pour ainsi dire sous le poids des ann\u00e9es. Aussi, apr\u00e8s sa mort, ont-ils fait \u00e9clater l&rsquo;opinion qu&rsquo;ils avaient de sa saintet\u00e9 par ces marques de respect qu&rsquo;on n&rsquo;accorde qu&rsquo;\u00e0 des restes v\u00e9n\u00e9r\u00e9s. Cette mort a \u00e9t\u00e9 douce et calme comme sa vie\u00a0; dans ses traits inanim\u00e9s se peignait encore toute la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 de sa belle \u00e2me.<br \/>\n\u00bb Dans l&rsquo;espace de quinze mois nous avons perdu les deux coop\u00e9rateurs de nos travaux et de notre sollicitude pastorale. Nous avions trouv\u00e9 dans tous les deux, avec la r\u00e9union des vertus, du z\u00e8le et des talents, le tendre int\u00e9r\u00eat et les attentions de la plus d\u00e9licate amiti\u00e9. Leur souvenir nous sera toujours pr\u00e9sent devant le Seigneur ; en priant pour eux nous croirons n&rsquo;acquitter que la dette de la reconnaissance. Ils sont entr\u00e9s, nous en avons la douce confiance, dans la joie du Seigneur, et jouissent de la r\u00e9compense d&rsquo;une vie toute consacr\u00e9e aux bonnes \u0153uvres et \u00e0 la pratique de toutes les vertus sacerdotales ; mais comme aux yeux de Celui qui juge les justices m\u00eame, les \u00e2mes les plus pures peuvent avoir encore des taches, nous r\u00e9clamons pour ces deux amis, si chers et si v\u00e9n\u00e9rables, le pr\u00e9cieux secours de vos pri\u00e8res et de vos saints sacrifices. \u00bb <\/p>\n<p>Le 17 Mars, M. de Tromelin avait un successeur, comme vicaire g\u00e9n\u00e9ral : c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;abb\u00e9 Sauveur, qui fut install\u00e9, \u00e0 la cath\u00e9drale, par M. Henry. <br \/>\nContinuant l&rsquo;\u0153uvre de son pr\u00e9d\u00e9cesseur, Mgr de Poulpiquet entoure le Petit S\u00e9minaire de Pont-Croix de sa paternelle sollicitude, et dans ses fr\u00e9quentes visites, il rappelle aux \u00e9l\u00e8ves de l&rsquo;\u00e9tablissement qu&rsquo;ils doivent se p\u00e9n\u00e9trer profond\u00e9ment de la noblesse de leur vocation. Voici le compliment qu&rsquo;en 1829 lui adresse un des rh\u00e9toriciens:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0MONSEIGNEUR,<\/p>\n<p>\u00bb Si c&rsquo;est un beau jour pour des enfants sensibles que celui o\u00f9 un tendre p\u00e8re longtemps attendu vient, par sa pr\u00e9sence, ramener la joie et le bonheur dans le sein d&rsquo;une famille qui l&rsquo;aime, quelle doit \u00eatre aujourd\u2019hui la vivacit\u00e9 de nos sentiments ! Vous venez au milieu de nous, et vous \u00eates notre p\u00e8re ! Oui, vous l&rsquo;\u00eates; souffrez que nous vous donnions ce doux nom. <br \/>\n\u00bb Vous \u00eates m\u00eame, s&rsquo;il se peut, plus pour nous que nos p\u00e8res selon la nature; ils nous ont donn\u00e9 la vie il est vrai, mais cette vie, que serait-elle devenue sans vous ? Nous fr\u00e9missons d&rsquo;y penser. .. Lanc\u00e9s au milieu d&rsquo;un monde corrompu, peut-\u00eatre, h\u00e9las\u00a0! N&rsquo;aurions nous pu r\u00e9sister au torrent qui en entra\u00eene tant d\u2019autres, et nous nous serions perdus&#8230; Mais vous nous avez ouvert un asile o\u00f9, tranquilles au sein de la paix, nous pouvons b\u00e9nir le ciel sans crainte et faire des v\u0153ux pour celui \u00e0 qui nous devons notre bonheur. Ah ! qu&rsquo;ils sont sinc\u00e8res ces v\u0153ux. que nous adressons au Seigneur pour votre conservation et votre f\u00e9licit\u00e9 ! En priant pour vous, nous prions pour le dioc\u00e8se entier qui, clans ces temps d&rsquo;alarmes, se repose sur vous seul du soin de son salut et de sa tranquillit\u00e9 : nous prions pour nous, qui ressentons plus particuli\u00e8rement les effets de votre tendresse. Nous savons que nous sommes l&rsquo;objet de vos soins les plus chers. En vain, l&rsquo;\u00e9clat de la m\u00eetre vous environne, en vain avez vous \u00e0 veiller sur le nombreux troupeau qui vous est confi\u00e9 : ni les honneurs, ni les travaux ne peuvent vous d\u00e9tourner de la pens\u00e9e que vous avez ici des enfants ch\u00e9ris \u00e0 qui vous avez vou\u00e9 votre tendresse ; oui, nous le savons et nous le voyons bien clairement aux vertus et au m\u00e9rite de ceux que vous faites, aupr\u00e8s de nous, les ministres de vos bont\u00e9s ; nous le voyons au z\u00e8le et \u00e0 la tendresse de Celui \u00e0 qui vous avez confi\u00e9 votre autorit\u00e9 sur nous. Ah ! que ne pouvons-nous nous flatter de m\u00e9riter tant de soins\u00a0! La pens\u00e9e que nous n&rsquo;en sommes pas dignes est ce qui seul pourrait alt\u00e9rer notre bonheur. Mais nous promettons au moins de faire tous nos efforts pour les m\u00e9riter par notre pi\u00e9t\u00e9 et notre ob\u00e9issance, certains que vous serez toujours pour nous le plus tendre des P\u00e8res. Jeunes arbrisseaux, nous avons besoin du ch\u00eane robuste qui, de ses rameaux, nous mette \u00e0 l&rsquo;abri de la temp\u00eate. C&rsquo;est alors que, prot\u00e9g\u00e9s par vous, nous braverons l&rsquo;orage, et nous travaillerons avec ardeur \u00e0 m\u00e9riter d&rsquo;\u00eatre admis un jour au nombre de ceux qui ont le bonheur d&rsquo;\u00eatre appel\u00e9s \u00e0 seconder votre z\u00e8le pour le salut des \u00e2mes. Alors, anim\u00e9s par vos exemples et nous sanctifiant \u00e0 l&rsquo;ombre de vos vertus, nous pourrons esp\u00e9rer d&rsquo;entrer, \u00e0 votre suite, dans la grande joie pr\u00e9par\u00e9e par le Souverain Maitre au serviteur prudent et fid\u00e8le.<\/p>\n<p>\u00bb Vivez\u00a0! Vivez\u00a0! Vivez\u00a0!\u00a0\u00bb (*)<br \/>\n<font size=1><i>Chanoine Pilven\u00a0: Le Petit S\u00e9minaire de Pont-Croix (Bulletin de la Commission Dioc\u00e9saine d&rsquo;Architecture et d&rsquo;Arch\u00e9ologie. 1908, p.117 s.)<\/i><\/font><\/p>\n<div align=center><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/personnages_poulpiquet_pontcroix.jpg\"><br \/>\n<i><font size=1>R\u00e9f\u00e9rence : Mairie de Pont-Croix &#8211; Petit s\u00e9minaire<\/a><\/font><\/i>\n<\/div>\n<p>\nLe 24 Juin 1829 Monseigneur b\u00e9nit la premi\u00e8re pierre de l&rsquo;H\u00f4tel de Ville de Quimper. L\u2019\u00c9v\u00eaque et le Pr\u00e9fet prononc\u00e8rent un discours.<br \/>\nDeux monuments avaient \u00e9t\u00e9 dress\u00e9s \u00e0 Auray en l&rsquo;honneur des victimes de la malheureuse exp\u00e9dition de Quiberon\u00a0: <i>Le Monument des Martyres de la Chapelle expiatrice<\/i>. Ils furent solennellement inaugur\u00e9s le 15 Octobre 1829. La veille eut lieu la translation des ossements.<br \/>\nVoici, d&rsquo;apr\u00e8s le manuscrit de M. le chanoine Bul\u00e9on, l&rsquo;\u00e9mouvant r\u00e9cit de ces deux belles c\u00e9r\u00e9monies : <\/p>\n<p>\u00ab Du caveau de la Chartreuse on se mit en marche vers le monument, en passant par la cour d&rsquo;honneur, le grand portail, la route qui relie la Chartreuse \u00e0 celle de Pluvigner, puis l&rsquo;all\u00e9e qui pr\u00e9c\u00e8de la chapelle expiatoire. Aucun char fun\u00e8bre, \u00e9crit un t\u00e9moin, ne re\u00e7ut les ossements. Comme des reliques de famille, ils furent port\u00e9s par des paysans du pays. Trois grands cercueils, drap\u00e9s de velours rouge \u00e0 broderie d&rsquo;argent, les contenaient ; mais de plus, beaucoup des assistants voulurent prendre et porter, \u00e0 la main, jusqu&rsquo;au caveau l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des ossements des victimes. <br \/>\n\u00bb Le lendemain, 15 Octobre, eut lieu l\u2019inauguration solennelle des deux monuments. On commen\u00e7a par celui de la Chartreuse. Trois des cinq \u00e9v\u00eaques de Bretagne assistaient \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie : l&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Vannes, Mgr de la Motte de Broons ; l&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Saint-Brieuc, Mgr le Groing de la Romag\u00e8re ; l&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Quimper, Mgr Jean-Marie-Dominique de Poulpiquet de Brescanvel. Celui-ci avait \u00e9t\u00e9 un des 40 pr\u00eatres de l&rsquo;exp\u00e9dition et s&rsquo;\u00e9tait, lors du d\u00e9sastre, sauv\u00e9 \u00e0 ]a nage jusqu&rsquo;aux vaisseaux anglais, disent les uns ; avait \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 par un groupe de paysans, disent d\u2019autres. Ce fut lui qui officia avec une \u00e9motion bien compr\u00e9hensible, et chanta la messe des morts. Puis entre les deux monuments, se forma la procession. L\u2019infanterie ouvrait, la marche, pendant que les dragons de Pontivy, \u00e0 cheval, couvraient la hauteur qui domine la route, rendaient les honneurs militaires et que les artilleurs, \u00e0 leurs pi\u00e8ces, tiraient les salves d&rsquo;honneur. Les maires de 200 communes marchaient ensuite ; et par-dessus les t\u00eates, flottaient au vent les deux cents banni\u00e8res communales donn\u00e9es six ans plus t\u00f4t par la duchesse d&rsquo;Angoul\u00eame, en m\u00e9moire des victimes. Plusieurs de ces maires avaient assist\u00e9 aux combats dont l&rsquo;issue avait \u00e9t\u00e9 si f\u00e2cheuse pour ceux qu&rsquo;on honorait ce jour-l\u00e0. Et c&rsquo;\u00e9tait, ensuite un d\u00e9fil\u00e9 superbe de 15 \u00e0 16.000 habitants du Morbihan et des d\u00e9partements bretons, pr\u00e9c\u00e9dant le cort\u00e8ge des g\u00e9n\u00e9raux et des \u00e9v\u00eaques entre une haie de curieux venus de 50 et 1 00 lieues pour assister \u00e0 ce spectacle touchant. On remarquait parmi ces g\u00e9n\u00e9raux : le comte de Villiers, lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral, commandant la division ; le comte Bedon, pr\u00e9fet maritime de Lorient ; le g\u00e9n\u00e9ral Cadoudal ; le marquis de Coulin, pair de France, commandant le d\u00e9partement ; le baron de Salles, commandant de l&rsquo;Ecole d&rsquo;Artillerie de Rennes; le marquis de la Boissi\u00e8re, d\u00e9put\u00e9 du Morbihan; le vicomte de Castellane, pr\u00e9fet du Finist\u00e8re; le chevalier de Morgadel et le comte de Saint-Georges, d\u00e9put\u00e9s du Morbihan ; Arthur de la Bourdonnaye, mar\u00e9chal de camp et d\u00e9put\u00e9 du Morbihan ; le marquis de Bavalan, v\u00e9t\u00e9ran de l&rsquo;arm\u00e9e de Cond\u00e9. Plus de 300 pr\u00eatres, en surplis ou en rochet et camail, pr\u00e9c\u00e9daient les trois \u00e9v\u00eaques, en habits pontificaux. <br \/>\n\u00bb Au Champ des Martyrs, apr\u00e8s la c\u00e9r\u00e9monie de la b\u00e9n\u00e9diction de la chapelle, l\u2019\u00c9v\u00eaque de Quimper parla ; \u00ab quatorze ou quinze phrases improvis\u00e9es au Champs des Martyrs\u00a0\u00bb (1)\u00a0; il n&rsquo;excita pas les passions, il ne fit pas m\u00eame allusion aux bourreaux, il r\u00e9clama seulement pour les victimes\u00a0: au ciel l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 glorieuse, sur terre une m\u00e9moire immortelle (2). Le pr\u00e9fet du Morbihan parla aussi\u00a0; apr\u00e8s avoir racont\u00e9 le d\u00e9barquement \u00e0 Quiberon, la victoire, d&rsquo;abord, la d\u00e9faite ensuite, il ajouta\u00a0: \u00ab\u00a0Dans ce moment affreux, une voix g\u00e9n\u00e9reuse se fit entendre\u00a0; c&rsquo;\u00e9tait celle d&rsquo;un jeune guerrier\u00a0; son c\u0153ur fr\u00e9mit d&rsquo;horreur \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de donner la mort \u00e0 des Fran\u00e7ais d\u00e9sarm\u00e9s et sans d\u00e9fense. Il (3) offrit l&rsquo;existence et la paix, et l&rsquo;on dut croire \u00e0 ses promesses&#8230; Les soldats de Quiberon, confiants dans leur adversaire, \u00e9taient sans crainte pour leur vie, ils re\u00e7urent tous la mort&#8230; L&rsquo;histoire fera conna\u00eetre les regrets inutiles du G\u00e9n\u00e9ral, la joie f\u00e9roce du Conventionnel (4) qui fit massacrer ses prisonniers, la douleur des guerriers qui s&rsquo;\u00e9taient trouv\u00e9s en pr\u00e9sence de ces hommes d\u00e9vou\u00e9s autant que courageux&#8230; \u00bb  M. de Chazelles, apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 le z\u00e8le du duc et de la duchesse d\u2019Angoul\u00eame pour recueillir les ossements des victimes et pour \u00e9riger des monuments dignes de leur m\u00e9moire, termina par un appel au d\u00e9vouement et \u00e0 l&rsquo;affection de tous envers la royaut\u00e9 \u00bb (5). <br \/>\n<font size=1><i>(1) Extrait de sa lettre du 21 Octobre, \u00e0 M. de Barr\u00e8re, sous-pr\u00e9fet, qui lui demandait le texte de son discours. <br \/>\n(2) Manuscrits (M. Bul\u00e9on). Note de M. Le Garrec, <\/i>Quiberon<i>, p.353.<br \/>\n(3) Le g\u00e9n\u00e9ral Hoche.<br \/>\n(4) Blad, qui nomma les Commissions.<br \/>\n(5) P. Le Clech\u00a0: <\/i>La chartreuse d&rsquo;Auray<i>, Vannes Lafolye, 1931, p. 161-164<\/i><\/font><\/p>\n<p>Le 29 D\u00e9cembre, M. l\u2019abb\u00e9 Henry, vicaire g\u00e9n\u00e9ral, mourait \u00e0 neuf heures trois quarts du matin. Voici en quels termes, deux jours apr\u00e8s, l\u2019\u00c9v\u00eaque, le c\u0153ur tout meurtri, annon\u00e7ait \u00e0 son clerg\u00e9 la p\u00e9nible nouvelle. <\/p>\n<p>\u00ab MONSIEUR ET TRES CHER COOPERATEUR,<\/p>\n<p>\u00bb L&rsquo;ann\u00e9e devait donc se terminer, ainsi qu&rsquo;elle avait commenc\u00e9 (*), par la perte la plus douloureuse pour notre c\u0153ur\u00a0! La mort vient de nous enlever, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 77 ans, un collaborateur et un ami, dans la personne de Monsieur l&rsquo;abb\u00e9 Henry, Docteur de Sorbonne, Vicaire g\u00e9n\u00e9ral de notre Dioc\u00e8se, Chanoine titulaire de notre \u00c9glise cath\u00e9drale, ancien Chanoine et Th\u00e9ologal de Saint-Pol-de-L\u00e9on, et ancien Cur\u00e9 de Quimperl\u00e9. <br \/>\n<font size=1><i>(*) L&rsquo;abb\u00e9 Le Dall de Tromelin, mort le 25 Janvier 1829.<\/i><\/font><\/p>\n<p>\u00bb L&rsquo;\u00e9loge de <i>cet ami de Dieu et des hommes<\/i>, est dans toutes les bouches, comme le regret de sa perte est dans tous les c\u0153urs. On se raconte avec attendrissement les touchantes particularit\u00e9s d&rsquo;une vie <i>pleine de jours et de m\u00e9rites<\/i>. <br \/>\n\u00bb A l&rsquo;\u00e9poque de la plus cruelle pers\u00e9cution, plusieurs Pasteurs fid\u00e8les crurent devoir se condamner \u00e0 l&rsquo;exil dans la crainte que le grand nombre des victimes, n&rsquo;\u00f4t\u00e2t jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;espoir de r\u00e9parer un jour les pertes du Sanctuaire. Ce fut dans cette circonstance que M. l&rsquo;abb\u00e9 Henry re\u00e7ut de son \u00c9v\u00eaque l&rsquo;honorable et si p\u00e9rilleuse mission de gouverner un Dioc\u00e8se menac\u00e9 par le schisme ; avec quel z\u00e8le il r\u00e9pondit \u00e0 ce t\u00e9moignage d&rsquo;une confiance sans bornes\u00a0! Ici, ramenant par une douce persuasion les fr\u00e8res \u00e9gar\u00e9s, l\u00e0, confirmant dans la foi les \u00c9glises abandonn\u00e9es, portant partout les secours, et les consolations de la Religion, on le vit se multiplier en quelque sorte lui-m\u00eame, et si le Dioc\u00e8se de Saint-Pol-de-L\u00e9on eut le bonheur de conserver plus intact le d\u00e9p\u00f4t pr\u00e9cieux de la saine doctrine, il en fut redevable \u00e0 la courageuse activit\u00e9 de ce Confesseur de la foi. Rien ne fut capable de l&rsquo;arr\u00eater dans l&rsquo;exercice de ce Minist\u00e8re toujours assi\u00e9g\u00e9 de p\u00e9rils, et plus d&rsquo;une fois les vrais fid\u00e8les, les disciple cach\u00e9s, fr\u00e9mirent des moyens que lui sugg\u00e9rait une industrieuse charit\u00e9 pour p\u00e9n\u00e9trer jusque dans nos villes les plus populeuses. <br \/>\n\u00bb Dieu qui veillait sur ses jours, Je d\u00e9roba sans doute au glaive des pers\u00e9cuteurs pour \u00eatre le guide et le mod\u00e8le des jeunes pasteurs qui devaient remplir plus tard les vides du Sanctuaire. Combien, N. T. C. C., nous nous sommes estim\u00e9s heureux d&rsquo;avoir appel\u00e9 aupr\u00e8s de nous le secours de ses lumi\u00e8res et de son exp\u00e9rience\u00a0! Quel charme inexprimable nous trouvions \u00e0 lui confier nos joies et nos peines, dans les doux \u00e9panchements d&rsquo;une ancienne amiti\u00e9\u00a0! Ah ! c&rsquo;est bien \u00e0 nous qu&rsquo;il appartient de publier combien il \u00e9tait bon et aimant&#8230; Cette bont\u00e9 d&rsquo;\u00e2me qui se peignait si bien dans ses traits, relevait dans sa personne l&rsquo;\u00e9clat de toutes les vertus sacerdotales.<br \/>\n\u00bb Nous avons \u00e9prouv\u00e9, N. T. C. C., une bien douce consolation, en voyant les fid\u00e8les de notre ville \u00e9piscopale, se presser, malgr\u00e9 la rigueur du froid, autour du cercueil de l&rsquo;homme de bien ; mais notre c\u0153ur \u00e9prouve encore le besoin de r\u00e9clamer pour lui le secours de vos pri\u00e8res et de vos saints sacrifices : c&rsquo;est un t\u00e9moignage de reconnaissance que lui doit ce Dioc\u00e8se et surtout celui de Saint-Pol-de-L\u00e9on, dont aucune partie ne fut \u00e9trang\u00e8re \u00e0 son z\u00e8le et \u00e0 ses travaux. \u00bb <\/p>\n<p>Notre glorieuse et rapide exp\u00e9dition d&rsquo;Afrique fut couronn\u00e9e, le 4 Juillet 1830, par la charte d&rsquo;Alger. Le 17 du m\u00eame mois, un Mandement de l\u2019\u00c9v\u00eaque de Quimper enjoignait qu&rsquo;un <i>Te Deum<\/i> f\u00fbt chant\u00e9 en actions de gr\u00e2ce du triomphe de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise : <\/p>\n<p>\u00ab Nos tr\u00e8s chers fr\u00e8res, disait le pr\u00e9lat, la juste confiance de notre pieux monarque en la divine bont\u00e9 n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 tromp\u00e9e&#8230; Le pavillon chr\u00e9tien flotte, pour la premi\u00e8re fois, sur les murs de l&rsquo;infid\u00e8le Alger, et l&rsquo;insolent corsaire qui ne craignait point de lever la<br \/>\nmain sur le repr\u00e9sentant d&rsquo;un Roi de France, ne doit plus la vie, qu&rsquo;\u00e0 la cl\u00e9mence, \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de nos guerriers&#8230; Ainsi a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9, du milieu des nations chr\u00e9tiennes, le scandale dont elles eurent \u00e0 rougir si longtemps, celui d&rsquo;\u00eatre les tributaires d&rsquo;une cit\u00e9 orgueilleuse, ennemie du nom chr\u00e9tien. L&rsquo;Europe reconnaissante devra au Fils a\u00een\u00e9 de l\u2019\u00c9glise d&rsquo;avoir vu d\u00e9truire ces sombres repaires, ces affreux cachots qui retentissaient, depuis trois si\u00e8cles, des g\u00e9missements et des angoisses de nos fr\u00e8res dans la foi&#8230; \u00bb <br \/>\nCharles X ayant dissous, le 16 Mai, la Chambre des D\u00e9put\u00e9s, des \u00e9lections pour la nouvelle Chambre devaient se faire le 23 Juin et le 3 Juillet. Le 10 Juin, Monseigneur prescrivait des pri\u00e8res publiques en vue de ces \u00e9lections. Il avait pleine confiance dans la victoire du monarque ; son espoir fut d\u00e9\u00e7u ; la consultation \u00e9lectorale fut d\u00e9sastreuse pour Charles X, et bient\u00f4t le Roi perdait son tr\u00f4ne, dans les fameuses journ\u00e9es des 27, 28, 29 Juillet 1830. <\/p>\n<p><font size=1><a href=\"#hdp\"><i>Haut de page<\/i><\/a><\/font><\/p>\n<p><b><font color=#0000ff><a id=\"#5\">CHAPITRE V<\/a><\/p>\n<p>L&rsquo;Ev\u00eaque de Quimper, sous la Monarchie de Juillet. (1830-1840)<\/b><\/font><\/p>\n<p>Aux premiers mois de 1831, quelques <i>hommes ennemis<\/i> reprochaient \u00e0 l\u2019\u00c9v\u00eaque et \u00e0 son clerg\u00e9 de \u00ab s&rsquo;opposer aux progr\u00e8s de l&rsquo;instruction et de l\u2019industrie en Bretagne, par l&rsquo;abus qu&rsquo;ils faisaient de leur puissance pour encha\u00eener les peuples dans les liens de la superstition \u00bb. En son Mandement de Car\u00eame, plein de m\u00e9nagements pour les personnes qui l\u2019attaquent, Monseigneur d\u00e9nonce vivement leur erreur.<br \/> <br \/>\nLe 16 Mai, il recommande \u00e0 ses coop\u00e9rateurs de veiller \u00e0 ce que les instituteurs des \u00e9coles d&rsquo;agriculture et d\u2019industrie que l&rsquo;on se propose de fonder aient des principes de religion et de moralit\u00e9.<br \/> <br \/>\n1832 fut l&rsquo;ann\u00e9e du chol\u00e9ra. Venu des contr\u00e9es de l&rsquo;Asie, par la Russie, l&rsquo;Allemagne et l\u2019Angleterre le terrible fl\u00e9au s&rsquo;abattit enfin sur Paris, puis gagna la France, y semant partout l&rsquo;effroi, sinon la mort. <br \/>\nLe 17 Avril, l\u2019\u00c9v\u00eaque de Quimper demandait des pri\u00e8res aux paroisses et aux communaut\u00e9s religieuses de son dioc\u00e8se, dans le but de fl\u00e9chir le divin courroux excit\u00e9 par les p\u00e9ch\u00e9s des hommes, et d&rsquo;obtenir du Seigneur que cessa l&rsquo;affreuse \u00e9pid\u00e9mie. Du lundi 7 Mai au mardi 15, on fit, \u00e0 cet effet, une neuvaine, dans la cath\u00e9drale. Chaque jour, la messe fut dite \u00e0 huit heures et suivie de pri\u00e8res de p\u00e9nitence. Monseigneur la c\u00e9l\u00e9bra les trois premiers jours et le dernier de la neuvaine. <br \/>\nLe 1er Septembre, l\u2019\u00c9v\u00eaque inaugurait \u00e0 Plouguerneau la chapelle de Lesmel, sa maison natale. Voici le proc\u00e8s-verbal de cette c\u00e9r\u00e9monie : <\/p>\n<p>\u00ab L&rsquo;an mil huit cent trent-deux, le premier Septembre, \u00e0 huit heures du matin, sur la pri\u00e8re de Monsieur de Poulpiquet, maire de Plouguerneau, notre fr\u00e8re, <br \/>\n\u00bb Nous Jean-Marie-Dominique de Poulpiquet de Brescanvel, par la mis\u00e9ricorde divine \u00e9v\u00eaque de Quimper, rev\u00eatu de nos ornements pontificaux, et assist\u00e9 de M. Rivoalen, vicaire de Plouguerneau et de M. Alexandre, notre secr\u00e9taire, avons, conform\u00e9ment au c\u00e9r\u00e9monial prescrit par le rituel romain, b\u00e9ni et d\u00e9di\u00e9 au bienheureux saint Joseph et \u00e0 la bienheureuse Vierge Marie l&rsquo;ancienne chapelle domestique du ch\u00e2teau de Lesmel, restaur\u00e9 par nos soins et ceux de Messieurs et Mesdames de Poulpiquet, nos fr\u00e8re et s\u0153ur, neveu et ni\u00e8ce.<br \/> <br \/>\n\u00bb Nous y avons ensuite dit la sainte messe, \u00e0 la fin de laquelle nous avons donn\u00e9 aux fid\u00e8les r\u00e9unis en ce saint lieu notre b\u00e9n\u00e9diction \u00e0 haute voix et  avec tous les insignes de l&rsquo;\u00e9piscopat. <br \/>\n\u00bb Afin que ce jour, qui a \u00e9t\u00e9 si doux \u00e0 notre c\u0153ur, vive longtemps dans la m\u00e9moire des hommes, nous d\u00e9sirons qu&rsquo;une messe anniversaire soit dite tous les ans, le premier Septembre, dans la dite chapelle, pour attirer, par l&rsquo;intercession de saint Joseph et de la sainte Vierge, sur nous, sur notre ch\u00e8re famille et sur la paroisse qui nous a vu na\u00eetre les plus abondantes b\u00e9n\u00e9dictions du Ciel.<br \/> <br \/>\n\u00bb En foi de quoi nous avons fait et sign\u00e9 le pr\u00e9sent proc\u00e8s-verbal au dit ch\u00e2teau de Lesmel ; les dits jours, mois et an que devant. <br \/>\n\u00bb J-M. D &#8230; , <i>\u00c9v\u00eaque de Quimper<\/i>. \u00bb <\/p>\n<div align=center><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/personnages_poulpiquet_lesmel.jpg\"><br \/>\n<i><font size=1>Ch\u00e2teau de Lesmel<\/a><\/font><\/i>\n<\/div>\n<p>Le 23 Octobre, l\u2019\u00c9v\u00eaque pr\u00e9sidait, en sa cath\u00e9drale, un service fun\u00e8bre, chant\u00e9 pour son fr\u00e8re, M. Claude de Poulpiquet, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Saint-Pol de L\u00e9on. <br \/>\nVers le d\u00e9but de 1833, le chol\u00e9ra exer\u00e7ait ses ravages au dioc\u00e8se de Quimper. Nous le savons par le Mandement de car\u00eame, en date du 7 F\u00e9vrier :<br \/>\n\u00ab\u00a0A Dieu ne plaise, \u00e9crivait Monseigneur, qu&rsquo;en retra\u00e7ant ici l&rsquo;affligeant tableau de nos villes en deuil, nous veuillions rouvrir des plaies encore saignantes, et renouveler la douleur de tant de familles d\u00e9sol\u00e9es. Frapp\u00e9s nous-m\u00eames, dans nos plus ch\u00e8res affections, nous n&rsquo;appr\u00e9cions que plus vivement les pertes cruelles de nos ouailles, et nous voudrions leur apporter les consolations dont nous \u00e9prouvons aussi le besoin ; mais nous sommes heureux d&rsquo;avoir une t\u00e2che plus douce \u00e0 remplir, en signalant \u00e0 la reconnaissance publique les nombreux actes de bienfaisance chr\u00e9tienne et de sublime d\u00e9vouement qui, dans ces jours malheureux, ont honor\u00e9 la religion et consol\u00e9 humanit\u00e9. \u00bb <\/p>\n<p>Une lettre \u00e9piscopale publiait, le 14 Septembre, la date du Jubil\u00e9 accord\u00e9 \u00e0 l&rsquo;univers catholique par le Pape Gr\u00e9goire XVI, \u00e0 l&rsquo;occasion de son Exaltation. Monseigneur conjurait ses fid\u00e8les de ne point l&rsquo;oublier lui-m\u00eame dans leur pri\u00e8re : \u00abDemandez \u00e0 Dieu, nos tr\u00e8s chers fr\u00e8res, qu&rsquo;il nous embrase d&rsquo;un nouveau z\u00e8le pour le salut de vos \u00e2mes, et que tous les soins de notre administration tournent \u00e0 sa plus grande gloire et \u00e0 votre propre satisfaction \u00bb. <br \/>\nEn 1834, le premier dimanche de la F\u00eate-Dieu, Mgr de Poulpiquet suivait le Saint-Sacrement port\u00e9 \u00e0 la procession par M. Sauveur. La messe ayant commenc\u00e9 \u00e0 9 heures, note le secr\u00e9taire du Chapitre, se trouvait finie \u00e0 10 heures 1\/2. Les militaires \u00e9taient invit\u00e9s pour 11 heures 1\/4. On a attendu \u00e0 la sacristie jusqu\u2019\u00e0 l&rsquo;heure moins 1\/4, et la procession s&rsquo;est mise en marche. Les militaires sont arriv\u00e9s lorsqu\u2019elle \u00e9tait dehors, et l&rsquo;officier, pr\u00e9sentant sa montre \u00e0 dit : \u00ab Je suis \u00e0 mon poste \u00bb. Il y avait 8 soldats, un sergent, et un tambour devant la procession\u00a0; l&rsquo;officier et environ 15 soldats se tenaient derri\u00e8re. Le feu prit au reposoir de <i>Terre-au-Duc<\/i>, mais ce ne fut presque rien.<br \/>\nLe 25 Juin, une encyclique de Gr\u00e9goire XVI condamnait l&rsquo;ouvrage de Lamennais intitul\u00e9 <i>Les Paroles d&rsquo;un croyant<\/i>. Quelques semaines plus tard, \u00e0 la date du 15 Juillet, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Quimper adressait \u00e0 ses coop\u00e9rateurs la Lettre pontificale. Il les met, \u00e0 cette occasion, en garde contre l&rsquo;erreur, tout en usant d&rsquo;indulgence \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la personne de l&rsquo;\u00e9crivain condamn\u00e9 : <br \/>\n\u00ab Quand \u00e0 celui qui cause ainsi le deuil de la Religion, rappelons-nous qu&rsquo;il est notre fr\u00e8re, et que l\u2019\u00c9glise lui ouvre encore son sein qu&rsquo;il a si cruellement d\u00e9chir\u00e9. Adressons donc au Ciel les v\u0153ux les plus ardents, non pour en faire descendre l&rsquo;anath\u00e8me, mais pour en obtenir, en sa faveur, les gr\u00e2ces les plus puissantes de conversion et de salut. Repoussons ses erreurs, mais aimons sa personne. H\u00e9las! il doit nous para\u00eetre assez malheureux de se voir condamn\u00e9 \u00e0 supporter, dans sa solitude, le poids d&rsquo;une immense mais bien am\u00e8re c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 \u00bb. <br \/>\nLe lundi 29 Septembre, note le bon M. Binard (*), Mgr l\u2019\u00c9v\u00eaque de Saint-Brieuc est arriv\u00e9 \u00e0 Quimper. Le jour suivant, \u00e0 11 heures, le Chapitre est all\u00e9 lui faire visite. On a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u clans la salle synodale. Il n&rsquo;y a pas eu de compliment. Monseigneur de Quimper a dit simplement : \u00ab Monseigneur, voici le Chapitre qui vient vous offrir ses hommages \u00bb. Tout a \u00e9t\u00e9 fini en cinq minutes. L\u2019\u00c9v\u00eaque de Saint-Brieuc est venu nous conduire jusque dans la cour, et Monseigneur, l&rsquo;arr\u00eatant par le bras, lui a dit : \u00ab Monseigneur, je vous constitue mon prisonnier, vous n&rsquo;irez pas plus loin\u00bb. L\u2019\u00c9v\u00eaque de Saint-Brieuc dit : \u00ab Messieurs, nous nous verrons demain plus amplement \u00bb. Son projet \u00e9tait d&rsquo;aller faire visite aux chanoines, mais Monseigneur l&rsquo;arr\u00eata, disant : \u00ab Il suffira d&rsquo;aller voir les grands vicaires. Lorsque je vais voir le colonel, c&rsquo;est pour tout le r\u00e9giment \u00bb. <br \/>\n<font size=1><i>(*) Archives du Chapitre.<\/font><\/i><\/p>\n<p>Le 24 Mars 1835, Mgr de Poulpiquet perdait l&rsquo;un de ses meilleurs collaborateurs, du fait de la mort de M. l&rsquo;abb\u00e9 Le Bris, vicaire g\u00e9n\u00e9ral. <\/p>\n<p>Le 11 Avril, le Pr\u00e9fet du Finist\u00e8re exprimait \u00e0 l\u2019\u00c9v\u00eaque, au nom du Comit\u00e9 d&rsquo;Instruction Primaire de l&rsquo;arrondissement de Quimper, le v\u0153u que MM. les vicaires voulussent bien se charger de la direction des \u00e9coles dans certaines communes rurales. Monseigneur, s&rsquo;adressant \u00e0 son clerg\u00e9, est convaincu que les vicaires accepteront cette direction l\u00e0 o\u00f9 elle leur sera offerte. <br \/>\nUn r\u00e8glement \u00e9piscopal du 8 Septembre r\u00e9tablit dans le dioc\u00e8se la pr\u00e9cieuse d\u00e9votion de <i>l&rsquo;Adoration Perp\u00e9tuelle<\/i>, fond\u00e9e en 1651 par Mgr du Lou\u00ebt. <br \/>\nVers la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1835, Mgr de Poulpiquet substituait un br\u00e9viaire gallican au br\u00e9viaire romain en usage dans le dioc\u00e8se (*). <br \/>\n<font size=1><i>(*) Sur cette question, voir notre \u00e9tude : Un essai de liturgie gallicane au dioc\u00e8se de Quimper (1836-1851) (Bulletin Dioc\u00e9sain d&rsquo;Histoire et d&rsquo;Arch\u00e9ologie, 1929, p. 300 ss.).<\/font><\/i><\/p>\n<p>Le 20 Novembre, M. Jean-Baptiste de Poulpiquet mourait \u00e0 Fouesnant. Huit jours plus tard, un service fun\u00e8bre fut chant\u00e9 \u00e0 son intention, dans la cath\u00e9drale de Quimper. <br \/>\nM. J\u00e9gou fut install\u00e9 vicaire g\u00e9n\u00e9ral, le 24 Juin 1837. Dans le courant d&rsquo;Octobre, la direction du Grand S\u00e9minaire fut confi\u00e9e \u00e0 l&rsquo;abb\u00e9 Gougeon, en remplacement de M. Postec, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Saint-Pol de L\u00e9on (*). <br \/>\n<font size=1><i>(*) Pour les travaux ex\u00e9cut\u00e9s \u00e0 la cath\u00e9drale, en 1836-1837, voir Thomas : Visite de la cath\u00e9drale de Quimper, Quimper, de Kerangal, 1892, p. 53-54.<\/font><\/i><\/p>\n<p>L\u2019\u00c9v\u00eaque, le 11 Octobre 1838, informait son clerg\u00e9 qu&rsquo;une \u00e9cole primaire sp\u00e9ciale pour les enfants de la campagne devait s&rsquo;ouvrir \u00e0 Quimper, le 15 courant, dans la partie du Coll\u00e8ge anciennement affect\u00e9e au Petit S\u00e9minaire. <br \/>\nLe 15 Juillet 1839, Monseigneur et le Chapitre assistaient en la cath\u00e9drale \u00e0 une messe dite en rite syrien, par un \u00c9v\u00eaque originaire de Syrie. <\/p>\n<p><font size=1><a href=\"#hdp\"><i>Haut de page<\/i><\/a><\/font><\/p>\n<p><b><font color=#0000ff><a id=\"#6\">CHAPITRE VI<\/a><\/p>\n<p>La mort et les fun\u00e9railles.<\/b><\/font><\/p>\n<p>Ag\u00e9 de 80 ans en 1840, Mgr de Poulpiquet s\u2019affaiblissait peu \u00e0 peu. Il souffrait d&rsquo;une oppression assez forte, et la m\u00e9moire diminuait sensiblement. Cependant, le Jeudi-Saint,16 Avril, il avait pu c\u00e9l\u00e9brer tout l&rsquo;Office du jour. <br \/>\nComme toutefois la maladie progressait de plus en plus, malgr\u00e9 les applications de sangsues et les saign\u00e9es, on lui porta le saint Viatique, le 26 Avril, \u00e0 8 heures 1\/2 du matin. Le lundi 27 commenc\u00e8rent \u00e0 son intention les pri\u00e8res des Quarante-Heures. L&rsquo;Extr\u00eame-Onction lui fut administr\u00e9e le mardi 28. Son \u00e9tat demeura stationnaire jusqu&rsquo;au vendredi 1er Mai, jour o\u00f9 il mourut entre une et deux heures de l&rsquo;apr\u00e8s- midi.<br \/>\nLe m\u00eame jour, \u00e0 trois heures, le Chapitre se r\u00e9unit pour nommer les Vicaires capitulaires : MM. Sauveur, J\u00e9gou, Le Clanche et M\u00e9vel, puis il envoya dans tout le dioc\u00e8se un mandement annon\u00e7ant la mort de l\u2019\u00c9v\u00eaque de Quimper et la nomination des Vicaires capitulaires. <br \/>\nLe lendemain, 2 Mai, apr\u00e8s l&rsquo;Office, le Chapitre se rendit processionnellement \u00e0 la salle synodale, o\u00f9 l\u2019\u00c9v\u00eaque \u00e9tait expos\u00e9, rev\u00eatu de ses ornements \u00e9piscopaux, et les Chanoines chant\u00e8rent le <i>Placebo<\/i>. <br \/>\nLe jour suivant, les Vicaires g\u00e9n\u00e9raux Capitulaires ordonn\u00e8rent des pri\u00e8res dans le dioc\u00e8se pour le repos de l&rsquo;\u00e2me du pr\u00e9lat d\u00e9funt. Voici leur Mandement : <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<i> Les Vicaires g\u00e9n\u00e9raux Capitulaires du dioc\u00e8se de Quimper, le si\u00e8ge vacant, au clerg\u00e9 et aux fid\u00e8les du dioc\u00e8se, salut en notre Seigneur J\u00e9sus-Christ.<\/i><\/p>\n<p>\u00bb NOS TRES CHER FRERES,<\/p>\n<p>\u00bb La triste nouvelle a d\u00e9j\u00e0 retenti au milieu de vous. Le troupeau a perdu son premier pasteur ! La famille a perdu son p\u00e8re ! Chacun a senti au fond de son \u00e2me que la mort venait de frapper un grand coup en enlevant \u00e0 son peuple le v\u00e9n\u00e9rable pr\u00e9lat que nous nous plaisions \u00e0 entourer de nos hommages. La terre va recouvrir les d\u00e9pouilles mortelles de Mgr J.-M.-D. De Poulpiquet de Brescanvel ; mais, nous l&rsquo;esp\u00e9rons, le souvenir de ses vertus vivra toujours dans la m\u00e9moire de ceux qui ont eu le bonheur de le conna\u00eetre. Non, jamais on n&rsquo;oubliera sa foi vive, son z\u00e8le infatigable, sa tendre charit\u00e9. <br \/>\n\u00bb C&rsquo;est lui qui a pu dire avec le Grand Ap\u00f4tre : \u00ab\u00a0<i> J&rsquo;ai combattu fortement j&rsquo;ai achev\u00e9 ma course, j&rsquo;ai gard\u00e9 la foi <\/i>\u00bb. Cette foi avait jet\u00e9 de si profondes racines dans son \u00e2me, que, jeune encore, on le vit, sans h\u00e9siter, accepter l&rsquo;exil sur une terre \u00e9trang\u00e8re, avec tons les soucis de l&rsquo;indigence, plut\u00f4t que de trahir en rien sa croyance et ses devoirs de pr\u00eatre catholique. C&rsquo;\u00e9tait annoncer ce qu&rsquo;une longue carri\u00e8re devait produire plus tard en fruits \u00e9difiants de vertu et de saintet\u00e9. Car la foi ne se manifeste pas seulement dans ces occasions solennelles o\u00f9 une faiblesse \u00e9quivaudrait \u00e0 une apostasie : il en faut beaucoup aussi pour \u00e9lever constamment l&rsquo;homme au-dessus des choses p\u00e9rissables de ce monde et le tenir appliqu\u00e9 aux choses invisibles de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Or, o\u00f9 aurait-on trouv\u00e9 plus de d\u00e9tachement de tous les int\u00e9r\u00eats humains, plus de soumission aux ordres de la Providence, plus de fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 toutes les r\u00e8gles chr\u00e9tiennes, plus d&rsquo;assiduit\u00e9 \u00e0 la pri\u00e8re, plus, en un mot, d&rsquo;esprit de ferveur que dans notre saint \u00c9v\u00eaque ?<br \/> <br \/>\n\u00bb Nous pouvons ajouter que, la mort \u00e9tant l&rsquo;\u00e9cho fid\u00e8le de la vie, il e\u00fbt suffi d&rsquo;assister aux derniers moments de ce Pontife v\u00e9n\u00e9r\u00e9 pour juger de la vivacit\u00e9 : de sa foi et de l&#8217;empire souverain qu&rsquo;elle exer\u00e7ait sur lui. Le mal, \u00e0 mesure qu&rsquo;il augmentait, semblait absorber ses facult\u00e9s ; mais il n&rsquo;y avait qu&rsquo;\u00e0 lui rappeler quelques passages des livres saints, et aussit\u00f4t ses l\u00e8vres se remuaient pour continuer les paroles sacr\u00e9es et ses yeux s&rsquo;\u00e9levaient vers le ciel pour lui demander ses immortelles esp\u00e9rances. <br \/>\n\u00bb Certes, il avait le droit d&rsquo;esp\u00e9rer, apr\u00e8s avoir port\u00e9 si longtemps et si courageusement le poids du jour et de la chaleur ; il pouvait attendre le repos, celui qui avait cultiv\u00e9, avec tant de peine et de fatigue, le champ que le Seigneur lui avait confi\u00e9. Les ann\u00e9es avaient pu affaiblir les forces de son corps ; mais ne l&rsquo;avez-vous pas vu, tous, triompher de cette faiblesse pour suivre les ardeurs de son z\u00e8le et aller, tous les ans, visiter et b\u00e9nir les portions les plus \u00e9loign\u00e9es de son troupeau. Le pr\u00e9sent, au reste, n&rsquo;occupait pas seul ses pens\u00e9es ; il songeait \u00e0 l&rsquo;avenir. Les \u0153uvres qu&rsquo;il a fond\u00e9es subsisteront pour le bien des g\u00e9n\u00e9rations futures, et, ces monuments durables de sa sollicitude sacerdotale montreront, aux \u00e2ges suivants, ce que peut un \u00c9v\u00eaque d\u00e9vor\u00e9 du z\u00e8le de la maison de Dieu. Ah ! nous qui connaissions les sentiments de son c\u0153ur, nous savons avec quelle v\u00e9rit\u00e9 il pouvait dire apr\u00e8s l&rsquo;Ap\u00f4tre des nations <i>: Pour moi je donnerai tout, tr\u00e8s volontiers, et je me donnerai encore moi-m\u00eame pour le salut de vos \u00e2mes<\/i>.<br \/> <br \/>\n\u00bb Cependant, ce n&rsquo;\u00e9taient pas seulement les n\u00e9cessit\u00e9s spirituelles de son peuple qui attiraient son attention et enflammaient sa charit\u00e9: ce c\u0153ur vraiment paternel se dilatait encore, sans mesure, pour soulager les infortunes temporelles de ses enfants. <i>Il a pass\u00e9 en faisant du bien <\/i>: nous pouvons bien appliquer \u00e0 son digne repr\u00e9sentant sur la terre ces paroles qui ont \u00e9t\u00e9 dites du Sauveur des hommes. Oui, c&rsquo;est la voix de tous qui s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve en ce moment pour proclamer et c\u00e9l\u00e9brer l\u2019in\u00e9puisable charit\u00e9 du Pasteur dont nous d\u00e9plorons la mort. Que d&rsquo;aum\u00f4nes cette main bienfaisante a vers\u00e9es dans le sein du pauvre, que de larmes elle a essuy\u00e9es ! Il serait trop long de signaler ici tous les traits touchants qui ont rempli cette vie toute de d\u00e9vouement et de charit\u00e9. La reconnaissance se chargera elle-m\u00eame de ce soin, elle publiera ces pieuses lib\u00e9ralit\u00e9s qu&rsquo;une admirable humilit\u00e9 aurait voulu d\u00e9rober \u00e0 la connaissance publique. Oui, on entendra longtemps les malheureux r\u00e9p\u00e9ter qu&rsquo;en perdant leur \u00c9v\u00eaque ils perdirent leur meilleur appui et leur plus insigne bienfaiteur. <br \/>\n\u00bb C&rsquo;est sans doute, N. T. C. F., renouveler tous vos regrets que de vous retracer ainsi toutes les pr\u00e9cieuses qualit\u00e9s du Pontife, selon le c\u0153ur de Dieu, qui a laiss\u00e9 cette \u00c9glise veuve et d\u00e9sol\u00e9e : mais n&rsquo;est-ce pas en m\u00eame temps adoucir l&rsquo;amertume de votre douleur et la m\u00e9langer d&rsquo;une grande consolation ? Non, tant de vertus ne seront point demeur\u00e9es sans r\u00e9compense. Le saint Pontife que nous pleurons est all\u00e9 dans le ciel recevoir la couronne promise \u00e0 ceux qui auront pers\u00e9v\u00e9r\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la fin. Il a \u00e9chang\u00e9 les peines de cette vie contre les joies ineffables de la vie \u00e9ternelle. Du tr\u00f4ne de gloire qui lui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9, il abaissera sur nous encore ses regards d&rsquo;amour, il sera toujours notre guide et notre protecteur. <br \/>\n\u00bb Toutefois, N. T. C. F., parce qu&rsquo;au jour de la mort les fautes les plus l\u00e9g\u00e8res peuvent retarder l&rsquo;entr\u00e9e des \u00e2mes justes dans le s\u00e9jour des bienheureux, et parce que telle est la r\u00e8gle de l\u2019\u00c9glise, toujours fid\u00e8le \u00e0 prier en faveur des tr\u00e9pass\u00e9s, nous vous appelons \u00e0 prendre part \u00e0 nos sacrifices et \u00e0 nos supplications pour le repos de l\u2019\u00e2me de Mgr J.-M.-D. de Poulpiquet de Brescanvel, \u00c9v\u00eaque de Quimper. <br \/>\n\u00bb En m\u00eame temps, nous vous exhortons \u00e0 unir vos pri\u00e8res aux n\u00f4tres pour demander \u00e0 Dieu de donner \u00e0 cette \u00c9glise un Pontife digne de la longue suite de ceux qui l&rsquo;ont illustr\u00e9e. \u00bb <br \/>\nLe jeudi 7, tout le clerg\u00e9 se rendit \u00e0 l\u2019\u00c9v\u00each\u00e9, o\u00f9 se fit la lev\u00e9e du corps. De l\u00e0, le cort\u00e8ge se dirigea vers la cath\u00e9drale, o\u00f9 fut chant\u00e9 le service fun\u00e8bre, auquel assistaient toutes les autorit\u00e9s.<br \/> <br \/>\nLe corps de l\u2019\u00c9v\u00eaque prit ensuite le chemin de Plouguerneau, o\u00f9 Mgr de Poulpiquet avait demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre inhum\u00e9, \u00ab\u00a0pour avoir plus de pri\u00e8res\u00a0\u00bb. <br \/>\nLe convoi fun\u00e8bre partit \u00e0 deux heures de Quimper, imm\u00e9diatement apr\u00e8s la c\u00e9r\u00e9monie de la cath\u00e9drale. Il \u00e9tait ainsi compos\u00e9 : d&rsquo;abord venait le corbillard, puis la voiture de l\u2019\u00c9v\u00eaque, o\u00f9 se trouvaient M. Sauveur, vicaire g\u00e9n\u00e9ral ; M. Binard, chanoine ; M. N\u00e9d\u00e9lec, cur\u00e9 de Saint-Corentin, et le Sup\u00e9rieur du S\u00e9minaire, M. Goujon. Dans une autre voiture, suivaient M. Alexandre, secr\u00e9taire du d\u00e9funt \u00c9v\u00eaque ; M. Rivoalen, recteur de Plouguerneau, et M. Mercier, cur\u00e9 de Lannilis. <br \/>\nLe cort\u00e8ge arriva \u00e0 Ch\u00e2teaulin, vers six heures, et fut re\u00e7u par le Sous-Pr\u00e9fet, le Maire, le Pr\u00e9sident du Tribunal, l&rsquo;Officier de Gendarmerie, et, note le chanoine Binard (*), \u00ab grand nombre d&rsquo;habitans ont suivi le corbillard jusques aupr\u00e8s de la premi\u00e8re \u00e9cluse sur le chemin de port launay \u00bb <br \/>\n<font size=1><i>(*) Archives du Chapitre.<\/font><\/i><\/p>\n<p>L&rsquo;on arriva au Faou vers neuf heures. Notre chanoine ajoute : \u00ab\u00a0On ne s&rsquo;est pas arr\u00eat\u00e9. Aucune c\u00e9r\u00e9monie n&rsquo;a eu lieu parce qu&rsquo;il \u00e9toit trop tard\u00a0\u00bb. A Landerneau, o\u00f9 le passage se fit vers minuit, se trouvait \u00ab\u00a0une d\u00e9putation compos\u00e9e des principaux habitans de Plouguerneau qui \u00e9toient venus au devant et comme ils avoient chacun leur monture dans diff\u00e9rentes auberge avant que tous furent r\u00e9unis, cela nous retarda grande demie heure \u00bb. <br \/>\nDes cavaliers se joignirent au cort\u00e8ge. A leur t\u00eate se plac\u00e8rent quatre eccl\u00e9siastiques.<br \/>\nLe passage \u00e0 Ploudaniel se fit vers trois heures du matin. \u00ab On a sonn\u00e9 un glas qui a dur\u00e9 tr\u00e8s longtemps. Nous entendions les cloches bien avant d&rsquo;arriver et on les a entendues longtemps apr\u00e8s avoir pass\u00e9 le bourg. \u00bb <br \/>\nA Lesneven, \u00e0 cinq heures, pas de manifestation de ce genre, car le convoi avait de l&rsquo;avance, ne devant arriver qu&rsquo;\u00e0 huit heures. <br \/>\nPuis l&rsquo;on s&rsquo;approche de Plouguerneau. A sept heures, le cort\u00e8ge fait une halte pr\u00e8s d&rsquo;une petite chapelle, \u00e0 une demi-lieue de cette bourgade. Puis il se remet en route, tr\u00e8s lentement, tellement la foule encombrait le chemin. Dans une \u00e9glise bond\u00e9e, o\u00f9 figurait notamment le Sous-Pr\u00e9fet de Brest, eut lieu le service fun\u00e8bre. Puis l&rsquo;inhumation se fit au pied de la croix du cimeti\u00e8re o\u00f9 le bon \u00c9v\u00eaque avait demand\u00e9 \u00e0 dormir son dernier repos, sur la terre qui l&rsquo;avait vu na\u00eetre, au milieu des habitants d&rsquo;une paroisse qu&rsquo;il avait r\u00e9gie pendant plusieurs ann\u00e9es. <br \/>\nLe mardi 2 Juin, le c\u0153ur de Mgr de Poulpiquet, renferm\u00e9 dans une bo\u00eete de plomb qu&rsquo;enveloppait une caisse de ch\u00eane, fut transport\u00e9 solennellement de l\u2019\u00c9v\u00each\u00e9 de Quimper \u00e0 la cath\u00e9drale, et d\u00e9pos\u00e9 sous le catafalque. A l\u2019\u00c9vangile de la messe, Mgr Graveran, successeur du pr\u00e9lat d\u00e9funt, pronon\u00e7a son oraison fun\u00e8bre. L\u2019Office termin\u00e9, le c\u0153ur de ce dernier fut conduit processionnellement \u00e0 la chapelle de la Victoire, pour y \u00eatre d\u00e9pos\u00e9 dans le caveau le plus proche de l&rsquo;autel, du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00c9p\u00eetre. <br \/>\nEn affluence, le clerg\u00e9 avait assist\u00e9 \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie, \u00ab Il y avait grand nombre de pr\u00eatres, note M. Binard, de Brest, Carhaix, Quimperl\u00e9, le Cap et tous les environs. Ces Messieurs ont tous \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 d\u00eener au S\u00e9minaire.\u00a0\u00bb<br \/>\n En 1852, lors de la reconstruction de l&rsquo;\u00e9glise de Plouguerneau amplement \u00e9largie, la mausol\u00e9e de Mgr de Poulpiquet, avec le consentement de la famille, fut utilis\u00e9 pour la confection de deux autels lat\u00e9raux (*). La table du monument demeure \u00e0 la place approximative o\u00f9 fut le tombeau. Elle porte l&rsquo;inscription suivante : <br \/>\n<font size=1><i>Le 21 Septembre 1853, le lendemain du jour o\u00f9 l&rsquo;\u00e9glise fut consacr\u00e9e, les reliques de Mgr de Poulpiquet furent transf\u00e9r\u00e9es du cimeti\u00e8re \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, o\u00f9 l&rsquo;oraison fun\u00e8bre fut prononc\u00e9e en breton par M. le chanoine Alexandre.<br \/>\n<\/i><\/font><\/p>\n<div align=center>Hic, in optato Juxta ecclesiam quam oIim pie rexit turnulo<br \/>\nappositus ad patres jacet illustrissimus ac reverendissimus D. D. <br \/>\nJoannes Maria Dominicus de Poulpiquet de Brescanvel <br \/>\nDoctor Sorbonicus Episcopus Corisopitensis. <br \/>\nAvit\u00e6 fidei confessor et custos, alter apostolica charitate Christus<br \/>\npopuli sollicitudine pater, clericorum pietate forma, <br \/>\nZelo sacerdotum amor et exemplar omnibus omnia factus ex animo, <br \/>\nln adversis corroboravit quod ampliavit in prosperitate templum. <br \/>\nLugent innumeri quos enutrivit pauperes <br \/>\npr\u00e6sbyteri quibus providit de senectute bona,<br \/> <br \/>\nnovi quos conduxit in vineam operarii et quibus perpetuum <br \/>\nad altare consociavit adoratores angeli pacis lugent. <br \/>\nNatus die IV augusti M.DCC.LIX Ecclesiam corisopitensem feliciter <br \/>\nrexit annos XV menses XI dies XIII, obiit die I Maii MDCCCXL. <br \/>\nRequiescat in pace. \n<\/div>\n<p>Par testament, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque d\u00e9funt laissait \u00e0 sa famille l&rsquo;ensemble de ses biens. Il favorisait les Filles du Saint-Esprit de Plouguerneau d&rsquo;une inscription de rente de 1.084 francs, pour \u00eatre distribu\u00e9e annuellement aux pauvres de la paroisse. A la Fabrique il donnait une rente de 250 francs. Il attribuait 3.000 francs au Grand S\u00e9minaire de Quimper, puis une somme de 1.000 francs \u00e0 chacun des \u00e9tablissements suivants : h\u00f4pital de Saint-Pol de L\u00e9on, Filles du Saint-Esprit de Quimper, Filles de la Providence de Quimper, Filles de la Providence de Saint-Pol. Il n\u2019oubliait pas son personnel domestique, gratifi\u00e9 de diverses lib\u00e9ralit\u00e9s. <\/p>\n<p><font size=1><a href=\"#hdp\"><i>Haut de page<\/i><\/a><\/font><\/p>\n<p><b><font color=#0000ff><a id=\"#7\">CHAPITRE VII<\/a><\/p>\n<p>L&rsquo;Oraison fun\u00e8bre<\/b><\/font> (*)<br \/> <br \/>\n<font size=1><i>(*) Joseph T\u00e9phany, Vie et \u0153uvres de Mgr Graveran, Paris, Viv\u00e8s, 1870, II, p.293 ss.<\/i><\/font><\/p>\n<p>L&rsquo;Oraison fun\u00e8bre de M gr de Poulpiquet, prononc\u00e9e le 2 Juin 1840, par Mgr Graveran, est un morceau de belle tenue litt\u00e9raire, qui retrace tr\u00e8s simplement la carri\u00e8re si pleine de jours et de bonnes \u0153uvres du pr\u00e9lat d\u00e9funt. En voici une analyse, avec de larges extraits. <br \/>\nJean &#8211; Marie &#8211; Dominique de Poulpiquet descendait \u00ab d&rsquo;une de ces vieilles races bretonnes qui semblent enracin\u00e9es dans le sol, et avoir puis\u00e9 dans ce sol g\u00e9n\u00e9reux les sentiments de religion, d&rsquo;honneur et de loyaut\u00e9 \u00bb. Honorable et grande aux yeux du monde, sa famille se distinguait encore plus par la noblesse de ses sentiments que par celle de son origine.<br \/> <br \/>\n\u00ab Il marqua ses jeunes ann\u00e9es par l&rsquo;amour du travail, une intelligence facile, une heureuse simplicit\u00e9 de caract\u00e8re. C&rsquo;est en ces termes qu&rsquo;en parlait sur la fin de sa vie un homme de grand savoir et d&rsquo;une franchise aust\u00e8re&#8230; le v\u00e9n\u00e9rable abb\u00e9 P\u00e9ron. Il rappelait avec complaisance ces ann\u00e9es de leur noviciat cl\u00e9rical, o\u00f9 son jeune compatriote unissait \u00e0 la science du th\u00e9ologien la na\u00efvet\u00e9 d&rsquo;un enfant sans malice, donnant d\u00e8s lors, sans le savoir, la mesure de sa bont\u00e9 ; car la bont\u00e9 la plus engageante est celle que produit l&rsquo;union d&rsquo;une intelligence forte et d&rsquo;un c\u0153ur simple. \u00bb <br \/>\nLe voici quittant les champs fleuris de la litt\u00e9rature pour les r\u00e9gions s\u00e9v\u00e8res de la th\u00e9ologie, \u00e9tudiant en Sorbonne \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des Fournier et des de la Luzerne plus tard la gloire de l&rsquo;\u00e9piscopat fran\u00e7ais. \u00ab Il avait mis \u00e0 profit les le\u00e7ons de ses ma\u00eetres, note l&rsquo;orateur sacr\u00e9, il avait recueilli le fruit de ses g\u00e9n\u00e9reux efforts, celui que nous avons entendu nous-m\u00eame, discutant avec une profondeur pleine d&rsquo;aisance les questions les plus ardues de la science sacr\u00e9e. Nous avons admir\u00e9 plus d&rsquo;une fois l&rsquo;\u00e9tendue de son savoir th\u00e9ologique sa dialectique nerveuse, sa facile \u00e9locution latine, et nous avons compris qu&rsquo;il e\u00fbt conserv\u00e9 dans l&rsquo;estime de ses contemporains le renom d&rsquo;un \u00e9l\u00e8ve distingu\u00e9 de cette illustre maison de Sorbonne, qui l&rsquo;avait d\u00e9cor\u00e9 des palmes glorieuses du doctorat \u00bb (*). <br \/>\n<font size=1><i>(*) Il ne para\u00eet pas que Mgr de Poulpiquet f\u00fbt docteur en Sorbonne. Il signe toujours licenci\u00e9 en th\u00e9ologie.<\/i><\/font><\/p>\n<p>L&rsquo;heure est venue o\u00f9 Jean-Marie-Dominique accourt vers son \u00e9v\u00eaque, qui l&rsquo;associe \u00e0 l&rsquo;administration du dioc\u00e8se de L\u00e9on, \u00ab et la voix publique r\u00e9p\u00e8te bient\u00f4t que le vicaire g\u00e9n\u00e9ral est marqu\u00e9 pour un auguste h\u00e9ritage. Un pr\u00e9lat d&rsquo;une haute vertu et d&rsquo;une capacit\u00e9 sup\u00e9rieure gouvernait \u00e0 cette \u00e9poque l\u2019\u00c9glise de L\u00e9on : c&rsquo;est Mgr de la Marche qui a devin\u00e9 dans l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet un digne coadjuteur ; d\u00e9j\u00e0 sa munificence a dot\u00e9 la ville \u00e9piscopale d&rsquo;un superbe \u00e9tablissement litt\u00e9raire, sa pi\u00e9t\u00e9 veut encore l&rsquo;enrichir d&rsquo;un \u00e9v\u00eaque selon le c\u0153ur de Dieu \u00bb. <br \/>\nMais voici la tourmente r\u00e9volutionnaire qui, brutalement, jette en exil l&rsquo;\u00e9v\u00eaque et son vicaire g\u00e9n\u00e9ral. \u00ab Oh ! s&rsquo;\u00e9crie Mgr Graveran, qui racontera leurs mis\u00e8res et leurs douleurs ? On les a vus haletants sur les chemins de la terre \u00e9trang\u00e8re, b\u00e9gayant un langage nouveau pour mendier le pain de l&rsquo;indigence et b\u00e9nir leurs bienfaiteurs. Combien de fois leurs regards humides suivaient \u00e0 l&rsquo;horizon le nuage qui passait sur la France, tandis que leurs l\u00e8vres redisaient avec tristesse les chants d&rsquo;Isra\u00ebl captif au bord des fleuves de Babylone ! Que la patrie leur semblait belle ; qu&rsquo;elle leur semblait aimable, cette patrie, si cruelle, quand, de la terre de l&rsquo;exil, ils la regardaient \u00e0 travers leurs larmes\u00a0! \u00bb <br \/>\nMais tout \u00e0 coup une voie a retenti qui annonce aux malheureux la fin de leur exil. Dans la force de l&rsquo;\u00e2ge et la pl\u00e9nitude du talent, l&rsquo;abb\u00e9 de Poulpiquet s&rsquo;est fix\u00e9 dans sa paroisse natale pour la r\u00e9gir avec le plus grand z\u00e8le et en toute simplicit\u00e9. C&rsquo;est l\u00e0 que, d\u00e9couvrant le m\u00e9rite sous le voile de la modestie Mgr de Crouseilhes vient le chercher pour le faire asseoir \u00e0 ses conseils.<br \/>\ntandis qu&rsquo;il seconde ce grand \u00e9v\u00eaque dans l\u2019administration de son dioc\u00e8se, la voix du monarque le d\u00e9signe pour l&rsquo;\u00e9v\u00each\u00e9 de Langres. Il se trouble, s&rsquo;effraie, recule, et un refus nettement articul\u00e9 r\u00e9pond aux avances du souverain. \u00c9tait-ce attachement pour la Bretagne\u00a0? Disons plut\u00f4t que son humilit\u00e9 le conscrit \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise de Quimper. Et l\u2019orateur sacr\u00e9 de remercier la Providence : \u00ab B\u00e9ni soyez-vous, \u00f4 mon Dieu ! qui vous \u00eates servi de ce noble d\u00e9sint\u00e9ressement pour nous donner un pontife selon votre c\u0153ur et nos besoins, un \u00e9v\u00eaque n\u00e9 au milieu de nous, connu de chacun de nous, connaissant lui-m\u00eame nos m\u0153urs et nos usages, et parlant \u00e0 nos laboureurs ravis la langue dans laquelle ils ont appris \u00e0 vous prier et \u00e0 chanter vos louanges\u00a0! \u00bb <br \/>\nLe nouvel \u00e9v\u00eaque de Quimper fut \u00e9minemment pieux. \u00ab\u00a0Nous l&rsquo;avons vu, dit Mgr Graveran, dans ces r\u00e9unions sacerdotales o\u00f9 nous venions nous renouveler dans l&rsquo;esprit de notre vocation ; nous avons admir\u00e9 dans notre \u00e9v\u00eaque la plus \u00e9difiante r\u00e9gularit\u00e9. Les pratiques les plus fatigantes n&rsquo;\u00e9puisaient pas sa constance, les exercices les plus r\u00e9p\u00e9t\u00e9s ne refroidissaient pas son ardeur ; \u00e0 quatre-vingts ans, \u00e0 genoux au milieu de ses pr\u00eatres, il r\u00e9citait la pri\u00e8re matinale, il suivait la m\u00e9ditation spirituelle, puis \u00e9coutait avec humilit\u00e9, lui, prince de l\u2019\u00c9glise, la parole aust\u00e8re et les avis d&rsquo;un simple missionnaire, et, les conservant dans son c\u0153ur, se retirait dans le silence du recueillement. Dans le secret de sa r\u00e9sidence \u00e9piscopale, il montrait, nous le savons, le m\u00eame amour de la pri\u00e8re. la m\u00eame ferveur \u00e0 l&rsquo;autel, donnant tous les jours la m\u00eame \u00e9dification aux pr\u00eatres et aux serviteurs employ\u00e9s aupr\u00e8s de sa personne&#8230; Ah ! mes Fr\u00e8res, combien de fois, lorsque vous donniez encore, apr\u00e8s une soir\u00e9e de plaisirs, dans les longues nuits de l&rsquo;hiver, combien de fois votre \u00e9v\u00eaque a pri\u00e9 pour vous dans son modeste oratoire, entre ses murs humides, et son atmosph\u00e8re refroidie ! \u00bb <br \/>\nUn autre trait qui s&rsquo;accuse avec \u00e9clat dans la physionomie morale de Mgr de Poulpiquet, c&rsquo;est sa bont\u00e9, et ici encore l&rsquo;orateur sacr\u00e9 apporte son propre t\u00e9moignage : \u00ab Sa bienfaisance, dit-il, a d\u00e9pens\u00e9 peu de paroles, mais distribu\u00e9 d\u00a0\u00bbabondantes aum\u00f4nes.. Bien qu&rsquo;\u00e9loign\u00e9 de cette r\u00e9sidence, nous avons entendu parler mille fois de ses pieuses prodigalit\u00e9s ; nous en avons \u00e9t\u00e9 par occasion le t\u00e9moin et le d\u00e9positaire. Charitable pontife, si la terre connaissait les tr\u00e9sors que vous avez vers\u00e9s dans le sein du malheur, et l&rsquo;\u00e0-propos de vos offrandes, et la d\u00e9licatesse de vos proc\u00e9d\u00e9s, la reconnaissance et l&rsquo;admiration inscriraient votre nom v\u00e9n\u00e9rable dans les annales de la bienfaisance. \u00bb En soulageant toutes les infortunes, il se garda bien d&rsquo;oublier les besoins de ses collaborateurs, et pour les v\u00e9t\u00e9rans du sacerdoce il cr\u00e9a une maison de retraite et de repos. <br \/>\nEn terminant son oraison fun\u00e8bre, l&rsquo;orateur se d\u00e9clare heureux d&rsquo;avoir eu cette occasion solennelle de payer \u00e0 son pieux pr\u00e9d\u00e9cesseur le faible tribut de sa v\u00e9n\u00e9ration et de sa reconnaissance. <\/p>\n<p>Nous ne saurions terminer ce travail sans rappeler les liens de profonde et tr\u00e8s vive affection qui unissaient Mgr de Poulpiquet et son compatriote : Mgr Le Pappe de Tr\u00e9vern. Sous la plume de ce dernier se retrouvent sans cesse les formules enveloppantes de la plus tendre amiti\u00e9. <br \/>\nEn voici une de son avant-derni\u00e8re lettre \u00e0 l\u2019\u00c9v\u00eaque de Quimper : <\/p>\n<p>\u00ab Adieu et mille fois ch\u00e9ri. Ne m&rsquo;oublie pas dans tes pri\u00e8res : j&rsquo;y ai toute confiance. Donne-les \u00e0 ton vieux et vieux ami de jeunesse et depuis, et qui le sera jusqu\u2019\u00e0 son dernier souffle. Adieu, je t&#8217;embrasse <i>chreis va c&rsquo; halon.<\/i> \u00bb <\/p>\n<p>De sa derni\u00e8re missive, dat\u00e9e du 15 Juillet 1839, nous reproduisons quelques passages :<\/p>\n<p>\u00ab De toutes les lettres que j&rsquo;ai re\u00e7ues, celle du 7 Juillet, qui vient de m&rsquo;arriver de toi, est la plus excellente, la plus pr\u00e9cieuse que j&rsquo;aie jamais re\u00e7ue. Je l&rsquo;ai lue et relue bien des fois depuis que l&rsquo;ai re\u00e7ue. Je ne connais rien de si aimable, de si touchant, que l&rsquo;assurance que tu m&rsquo;y donnes dans la premi\u00e8re phrase, de te \u00abrappeler de ton vieux et fid\u00e8le ami, de te rappeler tous les jours de lui d&rsquo;une mani\u00e8re particuli\u00e8re au Saint  Sacrifice de l&rsquo;autel\u00a0\u00bb. Quand je passerais le reste de mes jours, je n&rsquo;arriverais jamais \u00e0 t&rsquo;en remercier assez, cette touchante parole vaut bien mieux pour moi que, toutes les amiti\u00e9s, toutes les promesses que j&rsquo;aie jamais re\u00e7ues. Elle est en premi\u00e8re ligne ; je connais trop le fond d&rsquo;o\u00f9 elle est partie pour n&rsquo;en pas sentir le m\u00e9rite et la valeur. Re\u00e7ois ma bien sinc\u00e8re reconnaissance, elle vivra dans mon c\u0153ur aussi longtemps que moi-m\u00eame, et se repr\u00e9sentera \u00e0 mon esprit tous les jours de ma vie ; j&rsquo;ai toujours pri\u00e9 pour toi avec go\u00fbt, dor\u00e9navant ce sera avec d\u00e9lices. <br \/>\n\u00bb Adieu, mon bien aim\u00e9, mon cher Poulpiquet ; conserve-toi pour ton dioc\u00e8se. Tout \u00e0 toi \u00e0 jamais de toute mon \u00e2me. <br \/>\n\u00bb Adieu, adieu, approche que je embrasse ! \u00bb <\/p>\n<div align=center><img decoding=\"async\" src=\"IMG\/jpg\/lepappedetrevern.jpg\" alt=\"lepappedetrevern.jpg\" \/><br \/>\n<font size=1><i>Monseigneur Le Pappe de Tr\u00e9vern<\/i><\/font><\/div>\n<p><font size=1><a href=\"#hdp\"><i>Haut de page<\/i><\/a><\/font><\/p>\n<p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>UN \u00c9V\u00caQUE BRETON JEAN\u2013MARIE-DOMINIQUE DE POULPIQUET DE BRESCANVEL \u00c9V\u00caQUE DE QUIMPER (1759 &#8211; 1840) Henri Perennes (1875-1951) Quimper, impr. Cornouaillaise \u2013 1932 ARMOIRIES de Monseigneur de Poulpiquet de Brescanvel R\u00e9f\u00e9rence [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"_EventAllDay":false,"_EventTimezone":"","_EventStartDate":"","_EventEndDate":"","_EventStartDateUTC":"","_EventEndDateUTC":"","_EventShowMap":false,"_EventShowMapLink":false,"_EventURL":"","_EventCost":"","_EventCostDescription":"","_EventCurrencySymbol":"","_EventCurrencyCode":"","_EventCurrencyPosition":"","_EventDateTimeSeparator":"","_EventTimeRangeSeparator":"","_EventOrganizerID":[],"_EventVenueID":[],"_OrganizerEmail":"","_OrganizerPhone":"","_OrganizerWebsite":"","_VenueAddress":"","_VenueCity":"","_VenueCountry":"","_VenueProvince":"","_VenueState":"","_VenueZip":"","_VenuePhone":"","_VenueURL":"","_VenueStateProvince":"","_VenueLat":"","_VenueLng":"","_VenueShowMap":false,"_VenueShowMapLink":false,"footnotes":""},"categories":[273],"tags":[],"class_list":["post-236","page","type-page","status-publish","hentry","category-portraits-dhier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/236","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=236"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/236\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=236"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=236"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=236"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}