{"id":368,"date":"2011-07-07T12:53:34","date_gmt":"2011-07-07T10:53:34","guid":{"rendered":"https:\/\/plouguerneau.net\/sainte-jeanne-jugan\/"},"modified":"2025-01-27T10:06:05","modified_gmt":"2025-01-27T09:06:05","slug":"sainte-jeanne-jugan","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/sainte-jeanne-jugan\/","title":{"rendered":"Sainte Jeanne Jugan"},"content":{"rendered":"<div align=center><font size=3><font color=blue><b>JEANNE JUGAN<br \/>\n(1792-1816)<\/b><\/font><\/font><\/div>\n<table>\n<tr>\n<td width=70%><font size=2><\/p>\n<div align=justify>Jeanne Jugan na\u00eet \u00e0 Cancale en 1792, dans une famille modeste de sept enfants, on est en pleine R\u00e9volution et beaucoup de familles sont dans la mis\u00e8re. Sa m\u00e8re est journali\u00e8re, son p\u00e8re qui fait la grande p\u00eache sur les bancs de Terre Neuve dispara\u00eet en mer quand la petite Jeanne n&rsquo;a que cinq ans.<br \/> <br \/>\nJeanne travaille jeune pour aider sa famille ; elle garde les vaches dans les champs attenants \u00e0 la petite maison au sol de terre battue du hameau des Petites Croix, puis elle devient femme de m\u00e9nage, aide cuisini\u00e8re, aide soignante. A cette \u00e9poque troubl\u00e9e, l&rsquo;\u00e9glise de Cancale est ferm\u00e9e, transform\u00e9e comme beaucoup d&rsquo;autres en magasin \u00e0 fourrage, le cat\u00e9chisme n&rsquo;existe plus mais des enfants re\u00e7oivent, en secret, une \u00e9ducation \u00e0 la foi, de personnes du tiers ordre de saint Jean Eudes. C&rsquo;est sans doute ainsi que Jeanne apprend \u00e0 lire et acquiert une conscience nette de sa foi. A seize ans, elle refuse une demande en mariage, pressentant une autre destin\u00e9e.<br \/> \n<\/td>\n<td>\n<div align= center>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/petitssaints_jeannejugan.jpg\" title=\"Sainte Jeanne Jugan\"><\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p>En 1817, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de vingt-cinq ans, elle quitte Cancale et sa famille pour aller vivre \u00e0 Saint-Servan o\u00f9, pendant douze ans, elle sera \u00e0 la fois la servante et l&rsquo;amie d&rsquo;une demoiselle membre du tiers ordre et vou\u00e9e aux bonnes oeuvres. A la mort de celle-ci, Jeanne met en commun ses ressources avec une amie, Fran\u00e7oise Aubert, dite Fanchon ; elle gagne sa vie en faisant des journ\u00e9es de travail dans les familles de Saint-Servan : m\u00e9nage, lessive, garde-malade. Saint-Servan est alors un port de marins p\u00eacheurs, souvent d\u00e9cim\u00e9s par les accidents de mer ; le nombre des mendiants et des n\u00e9cessiteux ne cesse de s&rsquo;accro\u00eetre, on voit d\u00e9s hommes sans travail errer par bandes dans la campagne, les vieillards sont les plus d\u00e9munis, isol\u00e9s, sans ressources, sans aucun lieu d&rsquo;accueil&#8230; Jeanne les aide, leur rend visite, partage le peu qu&rsquo;elle a.<br \/> <br \/>\nUn soir d&rsquo;hiver 1839, elle am\u00e8ne chez elle une vieille femme aveugle et infirme ; elle la port\u00e9 sur son dos pour monter les escaliers, lui donne son lit -et la traite. comme sa m\u00e8re. Puis elle recueille une ancienne servante qui, apr\u00e8s avoir servi ses ma\u00eetres, sans gages, et avoir d\u00e9pens\u00e9 pour eux toutes ses \u00e9conomies, mendie son pain dans la rue.<br \/> <br \/>\nAvec ses amies, Marie Jamet et Virginie Tr\u00e9daniel, elles forment une association de charit\u00e9. C&rsquo;est, dans une mansarde, l&#8217;embryon de la congr\u00e9gation qui s&rsquo;appellera plus tard les \u00ab Petites Sueurs des Pauvres \u00bb. Les trois- femmes louent une maison ; en un mois, elles y accueillent douze personnes dans le d\u00e9nuement et c&rsquo;est Jeanne qui va mendier \u00e0 leur place. Tr\u00e8s vite, il leur faut trouver une autre maison et les voil\u00e0 \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une famille de soixante-cinq affam\u00e9s, estropi\u00e9s, manchots, idiots, arrach\u00e9s \u00e0 la mis\u00e8re des greniers, des caves ou de la rue. Les ressources sont maigres et l&rsquo;aide du bureau de bienfaisance municipal ne suffit pas. Chaque jour, Jeanne s&rsquo;en va, d&rsquo;abord avec un panier, puis avec une charrette \u00e0 bras, recueillir les restes de la table des riches, le vieux linge, les v\u00eatements usag\u00e9s. Elle a toutes les audaces, y compris celle de se servir quand on ne lui donne rien et d&#8217;emporter les chandeliers d&rsquo;argent des notables. Il lui arrive d&rsquo;\u00eatre refoul\u00e9e sans m\u00e9nagement mais elle a le sens de la r\u00e9partie et sait plaider sa cause. Plus elle a de personnes \u00e0 charge, plus il faut aller loin chercher les ressources, on la voit \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e des champs de course, \u00e0 bord des bateaux, sur les quais, dans les foires&#8230;<br \/> <br \/>\nLe clerg\u00e9 paroissial commence \u00e0 s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 ces personnes charitables et d\u00e9signe un jeune vicaire, l&rsquo;abb\u00e9 Le Pailleur comme \u00ab directeur de conscience \u00bb. La petite communaut\u00e9 adopte un semblant de costume religieux, \u00e9tablit une r\u00e8gle de vie et \u00e9lit Jeanne Jugan \u00e0 la fonction de \u00ab sup\u00e9rieure \u00bb. C&rsquo;est alors que l&rsquo;abb\u00e9 Le Pailleur, outrepassant son r\u00f4le, casse cette \u00e9lection de sa propre autorit\u00e9. Il s&rsquo;immisce de plus en plus dans la marche de l&rsquo;oeuvre et met \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart la fondatrice qui accepte un r\u00f4le de simple qu\u00eateuse. Jeanne Jugan est au dessus -bien_au dessus- de cette pauvre petite lutte de pouvoir.<br \/> <br \/>\nMais la renomm\u00e9e de Jeanne est telle qu&rsquo;on l&rsquo;appelle \u00e0 Rennes, \u00e0 Dinan, \u00e0 Tours, Nantes, Angers. Elle force les portes, \u00ab tambour battant \u00bb, surmonte toutes les difficult\u00e9s juridiques, civiles, canoniques. Elle a tous les culots, en m\u00eame temps qu&rsquo;une patience d\u00e9sarmante et une infinie confiance dans la Providence. On dit qu&rsquo;elle a \u00ab le g\u00e9nie de la charit\u00e9 \u00bb car les dons impr\u00e9vus arrivent souvent dans les moments les plus d\u00e9licats.<br \/> <br \/>\nEn 1854, l&rsquo;oeuvre est reconnue par un d\u00e9cret pontifical, mais dans les d\u00e9marches officielles, C&rsquo;est l&rsquo;abb\u00e9 Le Pailleur qui se fait passer pour le fondateur. Devenue s\u0153ur Marie de la Croix, Jeanne ne fait rien pour r\u00e9tablir la v\u00e9rit\u00e9. Il y a tant de choses plus utiles \u00e0 faire ! C&rsquo;est dans l&rsquo;effacement le plus total qu&rsquo;elle finit sa vie en 1879, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de quatre- vingt- sept ans.<br \/>\nUn si\u00e8cle plus tard, les Petites S\u0153urs des Pauvres sont pr\u00e9sentes dans une quarantaine de pays, secourant plus de cinquante mille personnes dans trois cent sept maisons d&rsquo;accueil.<br \/>\nJeanne Jugan est b\u00e9atifi\u00e9e le 3 octobre 1982. <br \/> <br \/>\nOn dit que pour canoniser, l&rsquo;Eglise attend de Dieu une sorte de caution \u00e0 sa d\u00e9cision, en sollicitant quelques miracles. Ceux que l&rsquo;on reconna\u00eet \u00e0 Jeanne Jugan sont bien discrets, \u00e0 son image. Faut-il vraiment lui demander un miracle ? Le culte des vieux saints bretons ne nous montre-t-il pas que le peuple ne s&rsquo;est pas g\u00ean\u00e9 pour canoniser des centaines de h\u00e9ros dont il reconnaissait la valeur, et l&rsquo;histoire de l&rsquo;\u00c9glise ne nous apprend-t-elle pas que des pressions nationales ont souvent pes\u00e9 sur les canonisations ?<br \/> <br \/>\nPeut-\u00eatre pourrait-on solliciter seulement une gr\u00e2ce -\u00e9norme- celle de nous<br \/>\naider \u00e0 comprendre l&rsquo;aspiration profonde des plus d\u00e9munis, non pas \u00e0 \u00eatre mieux aid\u00e9s, mais \u00e0<br \/>\nsortir de la \u00ab gal\u00e8re \u00bb.; peut-\u00eatre cette gr\u00e2ce nous aiderait-elle \u00e0 agir dans le sens de la seule vraie solidarit\u00e9, celle qui nous commande de refuser un type de soci\u00e9t\u00e9 producteur de mis\u00e8re et d&rsquo;exclusion.<\/p>\n<p>Texte de <b>Anne-Marie Kervern<\/b><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>JEANNE JUGAN (1792-1816) Jeanne Jugan na\u00eet \u00e0 Cancale en 1792, dans une famille modeste de sept enfants, on est en pleine R\u00e9volution et beaucoup de familles sont dans la mis\u00e8re. 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