{"id":568,"date":"2012-08-30T14:53:43","date_gmt":"2012-08-30T12:53:43","guid":{"rendered":"https:\/\/plouguerneau.net\/la-pratique-de-la-mise-en-nourrice-a-plouguerneau\/"},"modified":"2012-08-30T14:53:43","modified_gmt":"2012-08-30T12:53:43","slug":"la-pratique-de-la-mise-en-nourrice-a-plouguerneau","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/la-pratique-de-la-mise-en-nourrice-a-plouguerneau\/","title":{"rendered":"La pratique de la mise en nourrice \u00e0 Plouguerneau"},"content":{"rendered":"<div align=\"justify\">\n<h2 align=\"center\"><span style=\"color: #0000ff;\"><b>LA PRATIQUE DE LA MISE EN NOURRICE A PLOUGUERNEAU<br \/>\n(dans la seconde moiti\u00e9 du XVIIIe si\u00e8cle).<\/b><\/span><\/h2>\n<p>(D\u2019apr\u00e8s les actes de d\u00e9c\u00e8s de Plouguerneau et de Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h)<\/p>\n<p>L\u2019allaitement par la m\u00e8re est la r\u00e8gle dans les campagnes, c\u2019est \u00e0 dire dans l\u2019immense majorit\u00e9 des familles. La sagesse populaire y voit le prolongement naturel de la grossesse et l\u2019acte maternel par excellence. Au XVIIIe si\u00e8cle, en ville, la pratique de l\u2019allaitement par autrui et de la mise en nourrice du nouveau-n\u00e9 tend \u00e0 se g\u00e9n\u00e9raliser dans toutes les classes de la soci\u00e9t\u00e9 urbaine fran\u00e7aise. En Bretagne, le ph\u00e9nom\u00e8ne est identique et certaines paroisses comme Milizac ou Land\u00e9vennec en font une sinistre sp\u00e9cialit\u00e9 (de 1670 \u00e0 1715, une centaine d\u2019enfants d\u00e9c\u00e8dent dans la premi\u00e8re, de 1678 \u00e0 1788, un millier dans la seconde). A Plouguerneau et \u00e0 Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h plus de soixante-dix petits entrent dans cette cat\u00e9gorie de 1747 \u00e0 1790.<\/p>\n<div align=\"center\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/jphirrien_nourrice_lanourriceoperrin.jpg\" \/><\/div>\n<p>Plusieurs questions se posent concernant les milieux sociaux utilisant cette pratique, l\u2019origine g\u00e9ographique des nourrissons, les familles d\u2019accueil et surtout les r\u00e9percussions pour les enfants.<\/p>\n<p><b>Les milieux sociaux et le recrutement g\u00e9ographique<\/b><\/p>\n<p>A Plouguerneau l\u2019\u00e9ventail social est large et toutes les cat\u00e9gories ont recours aux nourrices et \u00e0 l\u2019allaitement qualifi\u00e9 de mercenaire.<\/p>\n<div align=\"center\"><a href=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/labandondubebeletour.jpeg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1359 size-medium\" src=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/labandondubebeletour-300x282.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"282\" \/><\/a><\/div>\n<p>Les personnes de qualit\u00e9 sont facilement identifiables par les soins particuliers qu\u2019apportent les religieux \u00e0 la r\u00e9daction des actes de d\u00e9c\u00e8s des enfants.<br \/>\nEn juin 1761, Messire de Poulpiquet de Brescanvel confie \u00e0 Y. Ach, du Grouanec, sa petite-fille Claude-Gabrielle. Elle meurt six mois plus tard.<br \/>\nLe chevalier de Saint-Prix place, en 1769, \u00e0 Kervezen dans la famille Le Pors, Andr\u00e9-Gilles, puis, en 1771, sa soeur Mlle Marie-Ad\u00e9la\u00efde. Les deux nourrissons y d\u00e9c\u00e8dent, l\u2019un, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de trois semaines, et l\u2019autre \u00e0 celui de quatorze jours.<br \/>\nLouis Gaultier, notaire royal \u00e0 Brest, utilise les services de Ren\u00e9 Guivarc\u2019h du Naout pour \u00e9lever Mlle Marie. Ce placement se r\u00e9v\u00e8le fatal le 11 d\u00e9cembre 1748. Ces exemples illustrent la pratique courante de la mise en nourrice des enfants des familles riches ou simplement ais\u00e9es dans la noblesse et la bourgeoisie. Les motivations des parents sont diverses. La femme de qualit\u00e9 a peur de perdre sa beaut\u00e9 et ses attraits en allaitant, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 l\u2019utilisation du biberon est rare. Le mari ne veut pas \u00eatre priv\u00e9 de relations sexuelles pendant la dur\u00e9e de l\u2019allaitement. Enfin certaines ob\u00e9issent \u00e0 l\u2019air du temps, ne veulent pas d\u00e9roger aux r\u00e8gles de biens\u00e9ance et consid\u00e8rent qu\u2019il est peu glorieux d\u2019allaiter elles-m\u00eames.<\/p>\n<div align=\"center\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/jphirrien_nourrice_lanourrice.jpg\" \/><br \/>\n<i><b>Le retour de bapt\u00eame<\/b><br \/>\nTableau de Louis Le Nain (1593-1648)<br \/>\n(Mus\u00e9e du Louvre, Paris)<\/i><\/div>\n<p>Les autres classes sociales sont difficilement identifiables par l\u2019absence d\u2019indications et de qualificatifs concernant les roturiers. Quelques paysans ais\u00e9s, comme peut \u00eatre Sieur Claude-Laurans Loriol de Lannilis ou honorable Henry le Got de Saint-Pol, ont pu \u00e9galement faire usage de cette pratique. Mais pour la masse des anonymes nous en sommes r\u00e9duits aux hypoth\u00e8ses. La proximit\u00e9 de Brest a certainement drain\u00e9 vers Plouguerneau des enfants de femmes de marins, de soldats, d\u2019ouvriers de l\u2019arsenal, d\u2019artisans. Ici les motivations \u00e9conomiques l\u2019emportent : les n\u00e9cessit\u00e9s du travail des femmes emp\u00eachent la plupart des m\u00e8res d\u2019allaiter. Encore faut-il que les tarifs propos\u00e9s par les nourrices n\u2019ob\u00e8rent pas l\u2019op\u00e9ration et ne la rendent caduque. Les parents \u00e9voqu\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent ont plac\u00e9 volontairement et directement leurs petits en nourrice. Mais bien que les registres se montrent peu diserts \u00e0 ce sujet on ne peut n\u00e9gliger la possibilit\u00e9 d\u2019avoir \u00e0 faire dans certains cas \u00e0 des enfants trouv\u00e9s*. Les h\u00f4pitaux de charit\u00e9 de Brest (Saint-Louis et Saint-Sauveur) re\u00e7oivent un lot cons\u00e9quent de petits malheureux (entre janvier 1791 et ao\u00fbt 1792 l\u2019h\u00f4pital de Recouvrance contient \u00e0 lui seul 275 gar\u00e7ons et 626 filles) abandonn\u00e9s par des parents mis\u00e9rables ou des filles-m\u00e8res, et que l\u2019on place \u00e0 la campagne. Les archives municipales de Brest confirment leur pr\u00e9sence en 1794 \u00e0 Kernilis, Plouguin, Ploudaniel \u2026<\/p>\n<div align=\"center\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/jphirrien_nourrice_leretourdesenfants02.jpg\" \/><br \/>\n<i><b>Paniers \u00e0 porter les enfants<\/b><br \/>\n(Gravure du XIX\u00e8me si\u00e8cle)<\/i><\/div>\n<p>Mais sur les 120 petits recens\u00e9s pendant les trois mois disponibles, aucun ne fut achemin\u00e9 sur Plouguerneau, sans pour autant exclure cette possibilit\u00e9 \u00e0 d\u2019autres \u00e9poques. Le d\u00e9nomm\u00e9 Pierre le Got, de Brest, qui dispara\u00eet \u00e0 l\u2019\u00e2ge deux mois, en janvier 1757, au Grouanec, chez son p\u00e8re nourricier Joseph Prigent est peut \u00eatre dans ce cas de figure. D\u00e8s lors, le recrutement g\u00e9ographique ne peut surprendre. Brest fournit un tiers des enfants (soit 25) pour les motifs \u00e9nonc\u00e9s plus haut. Mais on peut ajouter que nombre de Plouguern\u00e9ens install\u00e9s \u00e0 Brest ont conserv\u00e9 des liens \u00e9troits avec leur paroisse d\u2019origine et confient leurs enfants \u00e0 des parents ou \u00e0 leurs compatriotes. Les patronymes des parents r\u00e9sidant \u00e0 Brest tels les Abiven, Loa\u00ebc, Cara\u00ebs, Richard, Bescont, abondent dans ce sens. Il s\u2019agit de v\u00e9ritables fili\u00e8res qui ont leurs r\u00e9seaux de relations familiales ou professionnelles. Les autres paroisses qui fournissent un contingent notable sont Lannilis (trois) et Lesneven (trois). Mais Plouvien, Lanarvily, Bourg-Blanc, Saint-Pol-de-L\u00e9on, Plougoulm, Landerneau et Morlaix se contentent d\u2019un seul repr\u00e9sentant. Le dernier tiers comprend des individus sans origine g\u00e9ographique ou natifs de Plouguerneau.<\/p>\n<p><b>Les familles d\u2019accueil<\/b><\/p>\n<p>Les familles d\u00e9sireuses de confier leurs enfants \u00e0 des nourriciers se trouvent devant deux options : s\u2019adresser \u00e0 leur r\u00e9seau familial ou faire appel a des \u00ab professionnels \u00bb.<br \/>\nEn juin 1751, Jeanne Richart, de Brest, s\u2019\u00e9teint chez son oncle, \u00e0 Kernever. Marie-Jeanne Gourvennec, de Plougoulm, est inhum\u00e9e \u00e0 dix-sept mois en pr\u00e9sence de son oncle Christophe Gourvennec et de sa tante Marie-Cathy Le Roy.<\/p>\n<div align=\"center\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/jphirrien_nourrice_leretourdesenfants01.jpg\" \/><br \/>\n<i><b>Le convoyeur ram\u00e8ne au village les enfants plac\u00e9s en nourrice<\/b><br \/>\nTableau idyllique dans la tradition du XVII\u00e8me si\u00e8cle. Mais la r\u00e9alit\u00e9 est souvent moins riante (E. Jeurat, Laon, mus\u00e9e municipal).<br \/>\n(Mus\u00e9e du Louvre, Paris)<\/i><\/div>\n<p>Les mercenaires de l\u2019allaitement sont ais\u00e9ment d\u00e9tectables dans les registres paroissiaux, car les m\u00eames noms reviennent r\u00e9guli\u00e8rement comme t\u00e9moins ou nourriciers. En mars 1762, F. Jaffr\u00e8s, de Kerd\u00e9lant, assiste aux fun\u00e9railles de Marie-Audreur, \u00e2g\u00e9e de deux mois. Un an auparavant, Laurent Mezgouez, b\u00e9b\u00e9 de un mois, d\u00e9c\u00e9dait chez elle. Goulven Tr\u00e9guer, du Grouanec, est pr\u00e9sent \u00e0 quatre reprises pour l\u2019enterrement de petites victimes, et Gabriel Le Guen, sept fois. Sans exclure qu\u2019ils aient pu \u00eatre bedeaux ce qui expliquerait la fr\u00e9quence de leur apparition, il n\u2019est pas moins vrai que ce sont toujours les m\u00eames noms qui sont mentionn\u00e9s. Certaines familles paysannes sont des professionnelles de l\u2019allaitement mercenaire et il est ahurissant de voir les enfants mourir chez les m\u00eames nourriciers sans que cela n\u2019entrave le mouvement.<br \/>\nLe cas du chevalier de Saint-Prix signal\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment est r\u00e9v\u00e9lateur du manque de s\u00e9rieux des familles de d\u00e9part et d\u2019accueil. Celles-ci, souvent pauvres, recherchent un compl\u00e9ment de ressources d\u2019autant que les tarifs appliqu\u00e9s (au d\u00e9but de la R\u00e9volution, environ soixante livres annuelles pour l\u2019h\u00f4pital de Recouvrance) sont loin d\u2019\u00eatre n\u00e9gligeables. (entre un quart et un tiers du revenu d\u2019un journalier selon son salaire). L\u2019attrait d\u2019une telle somme est renforc\u00e9 si l\u2019on multiplie les gardes par deux ou m\u00eames plus, ce qui est courant pour les enfants trouv\u00e9s.<br \/>\nL\u2019implantation g\u00e9ographique du milieu nourricier est orientale. Sur les vingt-quatre lieux d\u2019h\u00e9bergement identifi\u00e9s, quarante-et-un se localisent \u00e0 l\u2019est : onze au Grouanec, douze \u00e0 Lannebeur, sept au Naount &#8230;<br \/>\nLe reste se r\u00e9partit entre le bourg (six) et le nord-ouest de la paroisse comme \u00e0 Enez Sang (trois)&#8230; Il faut y voir une indigence plus accentu\u00e9e des habitants dans ce secteur qui les poussent \u00e0 devenir des sp\u00e9cialistes de l\u2019allaitement mercenaire. On se trouve m\u00eame dans une situation de quasi monopole !<\/p>\n<p><b>Les cons\u00e9quences pour les enfants<\/b><\/p>\n<p>Les effectifs impliqu\u00e9s dans les d\u00e9c\u00e8s de petits enfants plac\u00e9s en nourrice parlent d\u2019eux-m\u00eames et t\u00e9moignent du r\u00e9el danger que constitue un tel recours. Comment expliquer une telle h\u00e9catombe ?<\/p>\n<div align=\"center\"><i><b>Les \u00e2ges au d\u00e9c\u00e8s des enfants plac\u00e9s en nourrice \u00e0 Plouguerneau et Tr\u00e9m\u00e9nac&rsquo;h<\/b><br \/>\nPlouguerneau : 69 enfants (1747-1790)<br \/>\nTr\u00e9m\u00e9nac&rsquo;h : 3 enfants (1772-1790)<br \/>\nTotal : 72 enfants (dont 5 sans \u00e2ge)<br \/>\nTotal retenu : 67 enfants<br \/>\n<\/i><br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/jphirrien_nourrice_graphique.jpg\" \/><\/div>\n<p>Les conditions de transport sont effroyables en particulier pour les petits recueillis dans les h\u00f4pitaux. Le \u00ab meneur \u00bb les installe dans des carrioles ou dans des paniers plac\u00e9s sur son cheval et les r\u00e9partit entre les diverses nourrices \u00e9tablies dans les localit\u00e9s qui lui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9es. Beaucoup de bambins n\u2019arrivent jamais au bout du voyage.<br \/>\nLe milieu nourricier s\u2019av\u00e8re \u00e9galement d\u00e9terminant : \u00e0 la faiblesse de l\u2018\u00e2ge (voir le graphique : 32,9 % des enfants d\u00e9c\u00e9d\u00e9s ont moins de 2 mois), se greffent des conditions sanitaires douteuses, le manque de soins \u00e9l\u00e9mentaires, le sevrage pr\u00e9coce et les dangers d\u2019une alimentation mixte. La surcharge de gosses, appartenant \u00e0 la m\u00e8re nourrici\u00e8re et ceux qui sont plac\u00e9s, augmente les risques. En mai 1750, \u00e0 Lanvaon, Guillaume Bossard, perd trois de ses enfants. La petite Marie Abiven, de Recouvrance, meurt \u00e0 son tour en juillet. Il est d\u2019ailleurs notable que le taux de mortalit\u00e9 d\u2019enfants allait\u00e9s par les nourrices est largement sup\u00e9rieur \u00e0 celui des b\u00e9b\u00e9s allait\u00e9s par leur m\u00e8re. Tous ne connaissent pas un destin funeste : les nourrissons confi\u00e9s directement par leurs parents et qui jouissent d\u2019un certain suivi de leur part supportent mieux les \u00e9preuves que les enfants trouv\u00e9s. Ce petit monde est surtout vuln\u00e9rable en p\u00e9riode froide (d\u2019octobre \u00e0 janvier) et secondairement en juillet. Rien d\u2019\u00e9tonnant si l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re au mouvement saisonnier de la mortalit\u00e9 infantile et \u00e0 ses causes.<br \/>\nLorsqu\u2019ils ont eu la chance de survivre les parents r\u00e9cup\u00e8rent leur prog\u00e9niture, entre un et deux ans, apr\u00e8s le sevrage. D\u2019autres retournent \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, mais si les ascendants disparaissent tragiquement ou volontairement, alors le milieu nourricier s\u2019accommode de ces jeunes de plus d\u2019un an que l\u2019on retrouve dans les statistiques \u00e0 16,5 %.<br \/>\nEn 1753, Marie Bieret, de Landerneau, vit chez ses grands-parents quand elle d\u00e9c\u00e8de \u00e0 l\u2019\u00e2ge de cinq ans. Goulven Lyndivat, de Plouvien, r\u00e9side toujours \u00e0 Pratpaul, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de douze ans, chez Gabriel P\u00e9ron, quand, en septembre 1756, la mort le surprend.<br \/>\nAu terme de cette \u00e9tude il ressort que la pratique de la mise en nourrice augmente de beaucoup les risques pour une grande partie des enfants des villes et m\u00eame des campagnes. Et l\u2019on ne peut qu\u2019\u00eatre frapp\u00e9 par la relative indiff\u00e9rence des parents, absents lors des inhumations \u00e0 72 % pour les p\u00e8res et \u00e0 89 % pour les mamans. Ces pourcentages sont certainement \u00e0 revoir \u00e0 la baisse car certains petits sont s\u00fbrement orphelins; il n\u2019emp\u00eache que les taux \u00e9lev\u00e9s de mortalit\u00e9 des nourrissons confi\u00e9s aux nourrices font que l\u2019on en vient \u00e0 se demander si cette pratique ne camoufle pas un infanticide plus ou moins conscient. Montaigne, lui-m\u00eame, homme de bon sens et de tol\u00e9rance, nous livre cette terrible r\u00e9flexion : \u00ab Et j\u2019en ai perdu des enfants mais en nourrice, deux ou trois, sinon sans regret, du moins sans f\u00e2cherie. \u00bb.<\/p>\n<p>*Enfants trouv\u00e9s : enfants abandonn\u00e9s sur la voie publique (dans les rues, aux portes des \u00e9glises), de mani\u00e8re le plus souvent anonyme.<\/p>\n<p><b>Jean-Pierre Hirrien, 28 ao\u00fbt 2012.<\/b><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LA PRATIQUE DE LA MISE EN NOURRICE A PLOUGUERNEAU (dans la seconde moiti\u00e9 du XVIIIe si\u00e8cle). 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