{"id":585,"date":"2012-11-01T16:25:44","date_gmt":"2012-11-01T15:25:44","guid":{"rendered":"https:\/\/plouguerneau.net\/mendiants-a-plouguerneau-aux-xviiie-et-xixe-siecles\/"},"modified":"2012-11-01T16:25:44","modified_gmt":"2012-11-01T15:25:44","slug":"mendiants-a-plouguerneau-aux-xviiie-et-xixe-siecles","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/mendiants-a-plouguerneau-aux-xviiie-et-xixe-siecles\/","title":{"rendered":"Mendiants \u00e0 Plouguerneau aux XVIIIe et XIXe si\u00e8cles"},"content":{"rendered":"<p><center><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: large;\">MENDIANTS A PLOUGUERNEAU AUX XVIII\u00e8me et XIX\u00e8me SIECLES<\/span><\/strong><\/span><\/center><span style=\"font-size: xx-small;\">Version 2 : 15 Novembre 2012 <\/span><\/p>\n<p><i>Article complet au format pdf sur CALAMEO en cliquant <span style=\"color: #ff0000;\"><a style=\"color: #ff0000;\" href=\"http:\/\/fr.calameo.com\/read\/001987319ee2f40e72488\" target=\"blank\">ici<\/a>.<\/span><\/i><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Cet article cherche \u00e0 compl\u00e9ter, pour la commune de Plouguerneau, l&rsquo;ouvrage \u00ab<strong> 1774 : les recteurs l\u00e9onards parlent de la mis\u00e8re<\/strong> \u00bb de Fanch ROUDAUT, Daniel COLLET et Jean-Louis FLOCH et l&rsquo;ouvrage \u00ab\u00a0<strong>Mendiants et vagabonds en Bretagne au XIXe si\u00e8cle<\/strong>\u00a0\u00bb de Guy HAUDEBOURG.<\/p>\n<p>ll se base sur les recensements de 1836, 1846, 1851, 1876 et 1901 pour cette commune de Plouguerneau.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">1 &#8211; Que signifie le terme \u00ab Mendiant \u00bb aux XVIII\u00e8me et XIX\u00e8me si\u00e8cles ?<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/mendiant3.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>D\u00e9finition actuelle<\/strong> : personne qui demande l&rsquo;aum\u00f4ne, la charit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9finition lors des recensements au XIX\u00e8me si\u00e8cle <\/strong> : personne ne travaillant pas et ne poss\u00e9dant pas de bien (et qui pouvait \u00e0 l\u2019occasion demander l\u2019aum\u00f4ne pour survivre). Certains mendiants en faisaient un m\u00e9tier. Les personnes \u00e2g\u00e9es \u00e9taient souvent consid\u00e9r\u00e9es comme mendiantes lorsqu\u2019elles ne vivaient pas chez un de leurs enfants.<\/p>\n<p>Dans les recensements effectu\u00e9s dans le Finist\u00e8re \u00e0 partir de 1836, certaines d\u00e9finitions changent selon les communes et au cours des ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Le cas qui nous int\u00e9resse \u00ab Mendiant \u00bb est souvent d\u00e9clin\u00e9 en \u00ab Indigent \u00bb ou \u00ab Sans Profession \u00bb, voire \u00ab Journalier \u00bb. Pour cette article nous avons retenu le terme de \u00ab <strong>travailleurs occasionnels sans terre<\/strong> \u00bb pour regrouper l&rsquo;ensemble des habitants de plus 16 ans de la commune pouvant \u00eatre vus comme mis\u00e9reux.<\/p>\n<p><strong>Texte de <\/strong> : Jean Bernard LAURENT &#8211; G\u00e9n\u00e9alogiste professionnel \u00e0 Saint Bel (69)<\/p>\n<div style=\"background: #F1FFFF;\">\n<p>\u00ab Mendiant \u00bb ne signifie en aucun cas retrait\u00e9 et n\u2019est pas non plus synonyme de vagabond.<\/p>\n<p>Autrefois, il n\u2019y avait ni S\u00e9curit\u00e9 Sociale, ni caisse de retraite ; nos anc\u00eatres travaillaient tr\u00e8s au-del\u00e0 de 60 ans ; quand ils le pouvaient. Par exemple, une veuve, tout en conservant son domicile, et bien qu\u2019ayant des enfants, mais tr\u00e8s pauvres, pouvait \u00eatre amen\u00e9e \u00e0 mendier pour pouvoir survivre.<\/p>\n<p>Une maladie, une mauvaise r\u00e9colte pouvaient tr\u00e8s rapidement faire basculer la vie d\u2019un anc\u00eatre proche de la mis\u00e8re, et le transformer en mendiant.<\/p>\n<p>Plus qu\u2019une profession \u00e0 proprement parler, il s\u2019agissait d\u2019une activit\u00e9, reconnue, qui permettait \u00e0 la personne de vivre ; souvent parce que sa condition ou sa sant\u00e9 ne lui permettaient plus de travailler, et qu\u2019elle se trouvait seule.<\/p>\n<p>On trouve m\u00eame parfois des testaments pass\u00e9s par des mendiants, voire quelques contrats de mariage entre mendiants.<\/p>\n<p>Il faut se remettre dans Le contexte d\u2019une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019\u00e9conomie se vivait en autarcie et o\u00f9 \u00ab un sou \u00e9tait un sou \u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">2 &#8211; Les mendiants en Bretagne<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong>Extrait de l\u2019ouvrage : Vieux m\u00e9tiers en Bretagne de Patrick Denieul &#8211; Le mendiant ou chemineur de pays<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/mendiant2.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div style=\"background: #F1FFFF;\">\n<p>Plus qu\u2019un membre d\u2019une caste en marge de la soci\u00e9t\u00e9, \u00ab le chemineur de pays \u00bb, appel\u00e9 encore \u00ab chercheur de pain \u00bb en Basse-Bretagne, est v\u00e9ritablement consid\u00e9r\u00e9 comme un envoy\u00e9 de Dieu, un \u00e9missaire de la providence. N\u2019assure-t-on pas que, sous cette apparence de loqueteux, J\u00e9sus-Christ, Saint Pierre et Saint Jean visitent les demeures pour d\u00e9nicher les personnes justes et charitables ?<\/p>\n<p>Dans les meilleurs logis, la place du \u00ab chercheur de pain \u00bb est toujours r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 table et pr\u00e8s de la pierre de foyer, son bol de soupe au lard fume, il est attendu. A son entr\u00e9e, tout le monde se l\u00e8ve, heureux de le servir. Le mendiant p\u00e9n\u00e8tre dans la maisonn\u00e9e, b\u00e9nissant au nom de Dieu et des d\u00e9funts ceux qui l\u2019habitent et qui l\u2019accueillent si gracieusement. Le ma\u00eetre s\u2019avance \u00e0 son tour \u00e0 sa rencontre et l\u2019invite \u00e0 partager leur repas. Une fois un peu de repos pris, \u00ab le chemineur de chemin \u00bb extirpe de son bissac rapi\u00e9c\u00e9 les cadeaux pour ces h\u00f4tes, ces nouvelles glan\u00e9es au hasard de son chemin d\u2019infortune, ces contes et ces complaintes qu\u2019il a recueillis dans d\u2018autres foyers. Le \u00ab chercheur de pain \u00bb, repu, dormira ce soir sous un toit, dans un coin r\u00e9serv\u00e9 de la grange ou de l\u2019\u00e9table.<\/p>\n<p>Cette v\u00e9ritable corporation des mendiants poss\u00e8de ses propres r\u00e8gles, des r\u00e8gles strictes et implicites. Comme le rappelle le recteur Fran\u00e7ois Cadic, chaque paroisse poss\u00e9dait sa propre famille de \u00ab chercheurs de pain \u00bb : \u00ab On y naissait mendiant, et l\u2019on passait le privil\u00e8ge de p\u00e8re en fils, voire de m\u00e8re en fils, ainsi que c\u2019\u00e9tait la coutume chez les Mario, dynastie c\u00e9l\u00e8bre de tendeurs de s\u00e9bile, nich\u00e9e dans les bois du Douan entre Saint Jean-Brevelay et Plumellec. \u00bb<\/p>\n<p>Le \u00ab chemineur de pays \u00bb ne se rendra pas plus d\u2019une ou deux fois par an dans la m\u00eame ferme, et encore \u00e0 des dates r\u00e9guli\u00e8res, les \u00ab jours o\u00f9 l\u2019on donne \u00bb, o\u00f9 son passage sera guett\u00e9 et f\u00eat\u00e9 comme celui d\u2019un parent proche.<\/p>\n<p>En cela, il diff\u00e8re du moindre vagabond qui r\u00e9clame son pain comme un d\u00fb en mena\u00e7ant du poing, errant de contr\u00e9e en contr\u00e9e, sans but, s\u2019agrippant au moindre bienfaiteur comme une bernique \u00e0 un rocher. Celui-l\u00e0 sera chass\u00e9, on l\u00e2chera les chiens pour le mordre, car il n\u2019est qu\u2019un paria, un parasite.<\/p>\n<p>Seul le mendiant, agissant toujours au nom de Dieu, b\u00e9nissant \u00e0 tour de bras les gens secourables, si profond\u00e9ment d\u00e9vot qu\u2019il \u00f4te son chapeau sous le porche des \u00e9glises, n\u2019osant souiller le sanctuaire, sera honor\u00e9. On lui accorde une place de choix au repas de noces, o\u00f9 il est servi, avec ses pairs, par la mari\u00e9e elle-m\u00eame. Un d\u2019entre eux mourut m\u00eame d\u2019indigestion lors du mariage Rohellec en 1929 \u00e0 Brec\u2019h, en Saint-Gu\u00e9rin.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me jour des pardons est r\u00e9serv\u00e9 aux \u00ab chercheurs de pains \u00bb. La m\u00e9moire populaire a gard\u00e9 trace de deux des plus fabuleux mendiants qui fussent : le Roi St\u00e9van, proph\u00e8te pr\u00e9disant, vers la moiti\u00e9 du XVIII\u00e8me si\u00e8cle, la pluie pour les cultures, les bonnes ann\u00e9es pour les semis et d\u2019autres prodiges qui ornent notre quotidien : Matelin an Dal, de Quimperl\u00e9, un sonneur de biniou aveugle dont la r\u00e9putation m\u00e9rit\u00e9e l\u2019amena \u00e0 jouer devant Louis-Philippe lui-m\u00eame.<\/p>\n<\/div>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Quelques Id\u00e9es compl\u00e9mentaires sur les Mendiants et leur vie<\/strong><\/p>\n<p>Une enqu\u00eate pr\u00e9fectorale au milieu du XIX\u00e9me si\u00e8cle estimait le nombre de mendiants \u00e0 40 000 pour le d\u00e9partement du Finist\u00e8re soit un mendiant pour 37 habitants. L&rsquo;estimation, pour la France et pour cette m\u00eame p\u00e9riode, variait de 2 \u00e0 4 millions sur 39 millions de Fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>En 1846, la Bretagne est une r\u00e9gion relativement peupl\u00e9e avec 81 h\/km2 contre 67 h\/km2 pour la France. Les zones c\u00f4ti\u00e8res du L\u00e9on d\u00e9passaient r\u00e9guli\u00e8rement les 150 h\/km2.<\/p>\n<p>En Bretagne, \u00e0 cette \u00e9poque, le mendiant b\u00e9n\u00e9ficie pour ainsi dire d&rsquo;une sorte de statut officiel. La mendicit\u00e9 est une profession comme une autre. Le mendiant est un \u00a0\u00bb klasker bara \u00ab\u00a0, un \u00ab\u00a0chercheur de pain\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>On s&rsquo;aper\u00e7oit qu&rsquo;il existait deux types de mendicit\u00e9 : une mendicit\u00e9 de groupe, quasi officielle mais assez anonyme, et, plus rare, une mendicit\u00e9 solitaire. La seconde cat\u00e9gorie regroupe les \u00e9trangers, nomades saisonniers ou coureurs de pays \u00e0 ne pas confondre avec les vagabonds qui eux \u00e9taient r\u00e9prim\u00e9s. Un exemple de cette seconde cat\u00e9gorie est le \u00ab\u00a0ma\u00eetre ambulant\u00a0\u00bb, souvent anciens \u00ab\u00a0cloareks\u00a0\u00bb qui n&rsquo;avaient pu faute d&rsquo;argent acc\u00e9der \u00e0 la pr\u00eatrise et qui passaient de ferme en ferme \u00e9duquer les enfants.<\/p>\n<p>Si la mendicit\u00e9 est une profession avec ses exigences, on ne devient pas mendiant par vocation, mais par h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 ou par fatalit\u00e9, le plus souvent \u00e9conomique. On na\u00eet mendiant, fils ou fille de mendiante. On devient par inaptitude intellectuelle ou incapacit\u00e9 physique : innocent ou simplet, infirme ou invalide : aveugle, estropi\u00e9, cul de jatte, manchot, malade incurable, \u2026<\/p>\n<p>On devient aussi mendiant par fatalit\u00e9 suite \u00e0 la mort d&rsquo;un p\u00e8re, victime d&rsquo;un accident, mort \u00e0 la guerre ou p\u00e9ri en mer, qui laisse la famille sans pension donc sans ressources.<\/p>\n<p>Les crises \u00e9conomiques enfin, cons\u00e9quences de mauvaises r\u00e9coltes dues aux conditions climatiques ou ravages caus\u00e9s par les guerres, contraignaient le paysan et sa famille \u00e0 quitter une terre ou un toit dont ils ne pouvaient plus payer le loyer.<\/p>\n<p>Les mendiants avaient leur tourn\u00e9e des fermes o\u00f9 ils \u00e9taient attendus, nourris et parfois log\u00e9s dans la grange. Ils apportaient les nouvelles de la commune et du canton aux fermiers souvent isol\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;alcoolisme \u00e9tait le vice end\u00e9mique de ces pauvres gens. Il a probablement contribu\u00e9 pour une part \u00e0 les discr\u00e9diter aupr\u00e8s de la population.<\/p>\n<p>Il existait donc une grande vari\u00e9t\u00e9 de mendiants \u00e0 laquelle il faudrait ajouter tous ces faux invalides, ces malintentionn\u00e9s, plus voleurs que qu\u00eateurs, qui ran\u00e7onnaient plus qu&rsquo;ils ne mendiaient. Ces mendiants malhonn\u00eates, voleurs, n&rsquo;avaient heureusement rien \u00e0 voir avec les autres les seuls qui fussent dignes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p>Pas de pardon en Bretagne sans la pr\u00e9sence de mendiants. Ils sont les premiers arriv\u00e9s le samedi, sur les lieux de la f\u00eate. Les p\u00e8lerins, \u00e0 l&rsquo;approche de l&rsquo;\u00e9glise ou de la chapelle, avancent entre une double haie de mendiants. Leur grand pardon est celui de Saint Yves le 19 Mai, qui est non seulement le saint patron des hommes de loi, mais aussi celui de tous les pauvres. D&rsquo;autres rassemblements spectaculaires de mendiants sont les pardons de Sainte Anne de la Palud et Rumengol pr\u00e8s du Faou ( environ 400 mendiants se retrouvaient \u00e0 Rumegol ).<\/p>\n<p>Les mendiants savaient enfin que lors d&rsquo;un mariage, le troisi\u00e8me jour leur \u00e9tait consacr\u00e9 : ils accouraient en foule au \u00ab\u00a0repas des pauvres\u00a0\u00bb servi avec les restes des jours pr\u00e9c\u00e9dents. Ils \u00e9taient trait\u00e9s comme les autres invit\u00e9s et les nouveaux mari\u00e9s se devaient de danser avec eux.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>P\u00e9riodes de Crise<\/strong><\/p>\n<p>Deux grandes p\u00e9riodes de crise, au cours du XIX\u00e8me si\u00e8cle, semblent propices \u00e0 la mendicit\u00e9.<\/p>\n<p>&#8211; 1817-1822\u00a0: P\u00e9riode de disette voire de famine o\u00f9 croissent les d\u00e9placements et le vagabondage<\/p>\n<p>&#8211; 1847-1855\u00a0: Crise de la production c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re. La maladie de la pomme de terre ne toucha pas uniquement l&rsquo;Irlande mais toute l&rsquo;Europe. Le pays le plus atteint fut la Belgique avec 80% de perte des r\u00e9coltes en 1847. La Hollande, l&rsquo;Allemagne, l&rsquo;Angleterre, la France, donc la Bretagne, furent aussi frapp\u00e9 mais dans une moindre mesure. La cas de la forte mortalit\u00e9 Irlandaise fut surtout la cons\u00e9quence de la mono-culture de la pomme de terre dans le centre du pays (voulu par les anglais propri\u00e9taires des terres).<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, en Bretagne, le travail pour les journaliers devient rare et le prix de tous les produits agricoles augmentent fortement du fait de la raret\u00e9 et de la demande de l&rsquo;\u00e9tranger.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">3 &#8211; 1774 : les recteurs l\u00e9onards parlent de la mis\u00e8re<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong>Extrait de l\u2019ouvrage : \u00ab 1774 &#8211; les recteurs l\u00e9onards parlent de la mis\u00e8re \u00bb de Fanch ROUDAUT, Daniel COLLET et Jean-Louis FLOCH paru en 1998.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/mendiant.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>1 &#8211; PLOUGUERNEAU<\/strong><\/p>\n<p>Population : 3801 habitants &#8211; Recteur : Claude Charles Denis de LESMEL en 1748<\/p>\n<div style=\"background: #F1FFFF;\">\n<p>1. Le nombre de mendiants de cette paroisse de Plouguerneau est d\u2019environ 400 (*) composant une treizi\u00e8me portion du peuple de ladite commune.<\/p>\n<p>2. C\u2019est pour un tiers d\u2019eux un train pris depuis le plus bas age d\u2019aimer plustot \u00e0 courir les chemins que de s\u2019adonner au travail ; un autre tiers a pour pr\u00e9texte assez fond\u00e9 leur caducit\u00e9 ou leur infirmit\u00e9. Le reste mendie par n\u00e9cessit\u00e9, n\u2019ayant point de terre \u00e0 cultiver, ou ne trouvant pas de travail, et ayant une nombreuse famille \u00e0 entretenir, s\u2019\u00e9tant mari\u00e9s bien jeunes et avant d\u2019avoir acquis pour leur services dans les m\u00e9nages quelques fonds pour faire face aux charges du mariage. C\u2019est l\u2019abus dominant de ce pays, auquel je ne connais presque aucun rem\u00e8de.<\/p>\n<p>3. Il y a d\u00e9j\u00e0 longtemps que l\u2019on propose d\u2019\u00e9tablir un h\u00f4pital pour la paroisse ; les dispositions pr\u00e9sentes y paraissent assez favorables, puisqu\u2019il se trouve deux particuliers qui font de gracieux offres \u00e0 ce sujet. Le 1er est un pr\u00eatre cur\u00e9 de la paroisse, qui veut bien c\u00e9der pour cet objet un b\u00e9n\u00e9fice simple dont il est titulaire, du revenu d\u2019environ 150 Livres. Il y a maisons et chapelle en bon \u00e9tat, le tout \u00e0 la proximit\u00e9 du bourg, et ayant la commodit\u00e9 de l\u2019eau.<\/p>\n<p>Un autre particulier offre d\u2019attacher \u00e0 cet \u00e9tablissement un fond de 200 Livres de rente annuelle, quitte de toute charges et rachats, \u00e9tant dans le fief de l\u2019\u00e9v\u00eaque. Plusieurs autres font encore des offres relatifs audit \u00e9tablissement ; mais tous conditionnent qu\u2019ils seront exempts de payer aucuns droits royaux, comme amortissements et autres.<\/p>\n<p>Moym\u00eame recteur, je consens qu\u2019il soit lev\u00e9 sur le gros de mon b\u00e9n\u00e9fice une somme annuelle de 200 Livres pour l\u2019objet en question ; et d\u2019hypoth\u00e9quer sur mon patrimoine une somme aussy annuelle de 100 Livres, aux conditions cy devant. Il y a d\u00e9j\u00e0 un fond de 60 Livres d\u2019assur\u00e9 qui se distribue par mes mains aux pauvres.<\/p>\n<p>Voyl\u00e0 touttes les connoissances que je puis donner sur les questions propos\u00e9es.<\/p>\n<p>A Plouguerneau, \u00e9v\u00each\u00e9 de l\u00e9on, ce jour 20 d\u00e9cembre 1774.<\/p>\n<p>Notes : (*) \u2013 Une statistique de 1792 confirme cette estimation : Plouguerneau comptait 410 indigents sur 4148 habitants. Henri PERENNES, Plouguerneau, une paroisse entre Manche et Oc\u00e9an.<\/p>\n<\/div>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>2 &#8211; TREMENEC\u2019H<\/strong><\/p>\n<p>Population : 405 habitants &#8211; Recteur : Tanguy LE BORGNE de 1733 \u00e0 1782<\/p>\n<div style=\"background: #F1FFFF;\">\n<p>Il n\u2019y a aucun riche dans la commune.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a aucun artisan. Il y a sept ou huit \u00e0 leur aise.<\/p>\n<p>Tous les autres sont des pauvres laboureurs, dont la plupart non pas du bled pour l\u2019ann\u00e9e, parce que les meilleurs terres sont enti\u00e8rement encombl\u00e9es par le sable (*), ainsi qu\u2019on le voit.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a aucun h\u00f4pital ni fond.<\/p>\n<p>Le contenu est variable.<\/p>\n<p>Notes : (*) &#8211; La petite paroisse de Tr\u00e9m\u00e9nec\u2019h, aujourd\u2019hui en Plouguerneau, souffrit beaucoup de l\u2019ensablement du L\u00e9on. En 1722, les paroissiens demandent remise des tailles et fouages, parce que \u00ab depuis douze ans les deux tiers de la paroisse sont envahis par les sables \u00bb. Le recteur Fran\u00e7ois Falc\u2019hun, mort en 1720, demande que son corps soit enterr\u00e9 \u00e0 Guiss\u00e9ny, \u00ab par rapport que (son) \u00e9glise est noy\u00e9e par le sable \u00bb. Son successeur, Yves Pelleteur, expose en 1726 que \u00ab depuis 1721 son presbyt\u00e8re envahi par les sables est inhabit\u00e9, et que l\u2019\u00e9glise va dispara\u00eetre de m\u00eame, que le sable a gagn\u00e9 le haut du toit, que le Samedi Saint il tomba une grosse pi\u00e8ce de bois avec beaucoup de mortier et de sable sur la sainte hostie \u00bb. Henri PERENNES, Plouguerneau, une paroisse entre Manche et Oc\u00e9an.<\/p>\n<\/div>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><center><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Les CHAPITRES 4 \u00e0 8 (d\u00e9tail de l&rsquo;article) sont \u00e0 lire au format pdf sur CALAMEO en cliquant <\/strong> <span style=\"color: #ff0000;\"><a style=\"color: #ff0000;\" href=\"http:\/\/fr.calameo.com\/read\/001987319ee2f40e72488\" target=\"blank\"><strong>ICI<\/strong><\/a><\/span><\/span><span style=\"color: #ff0000;\">.<\/span><\/span><br \/>\n<\/span><\/center><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">4 &#8211; Les Recensements de 1836 et 1851<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">5 \u2013 Le Recensement de 1846<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">6 \u2013 Le Recensement de 1876<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">7 \u2013 L\u2019Assistance \u00e0 Plouguerneau<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">8 \u2013 Le Recensement de 1901<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">9 \u2013 Conclusion<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p>En 1901, il semble que la mendicit\u00e9 ait pratiquement disparu. On ne retrouve plus de mention \u00ab\u00a0Mendiant\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Indigent\u00a0\u00bb dans le recensement de cette ann\u00e9e 1901. Il reste 23 personnes \u00e0 l&rsquo;hospice, mais on ne dispose d&rsquo;aucun renseignement sur ces personnes.<\/p>\n<p>La pauvret\u00e9 visible ( nos \u00ab <strong>travailleurs occasionnels sans terre<\/strong> \u00bb) d&rsquo;un pic qui se situait dans les ann\u00e9es 1850 \u00e0 environ 20% des personnes de plus de 16 ans, en passant par environ 10 % en 1876, arrive \u00e0 moins de 4 % en 1901.<\/p>\n<p>Cette situation ne tient pas compte du niveau de vie des nouvelles populations, Go\u00e9moniers et P\u00eacheurs, qui semblent remplacer les Journaliers durant ces 50 ans.<\/p>\n<p>Le niveau de vie des domestiques et des fermiers pauvres n&rsquo;est pas non plus pris en compte.<\/p>\n<p>La population a diminu\u00e9 en 50 ans en passant d&rsquo;environ 6 200 personnes \u00e0 environ 5 600 personnes ( perte d&rsquo;environ 10 % ).<\/p>\n<p>Plusieurs explications compl\u00e9mentaires, \u00e0 cette relative diminution de la pauvret\u00e9, peuvent \u00eatre \u00e9voqu\u00e9es :<\/p>\n<p>&#8211; D\u00e9part vers l&rsquo;ext\u00e9rieur\u00a0: vers Brest puis Paris \u00e0 partir 1850 et principalement des populations les plus pauvres (meilleurs routes et droit de circulation supprim\u00e9 \u00e0 partir 1863)<\/p>\n<p>&#8211; Am\u00e9lioration de l&rsquo;agriculture et moins de probl\u00e8mes de r\u00e9coltes depuis 1855<\/p>\n<p>&#8211; Exploitation du Go\u00e9mon ( installation d&rsquo;usines \u00e0 proximit\u00e9 ) et extension de la P\u00eache<\/p>\n<p>&#8211; Mise place de l&rsquo;assistance et de services de soins ( Hospice )<\/p>\n<p>&#8211; D\u00e9but de la scolarisation<\/p>\n<p>&#8211; \u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/mendiant4.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MENDIANTS A PLOUGUERNEAU AUX XVIII\u00e8me et XIX\u00e8me SIECLESVersion 2 : 15 Novembre 2012 Article complet au format pdf sur CALAMEO en cliquant ici. 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