{"id":597,"date":"2013-06-10T17:41:51","date_gmt":"2013-06-10T15:41:51","guid":{"rendered":"https:\/\/plouguerneau.net\/paysans-a-plouguerneau-au-xixeme-siecle\/"},"modified":"2013-06-10T17:41:51","modified_gmt":"2013-06-10T15:41:51","slug":"paysans-a-plouguerneau-au-xixeme-siecle","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/paysans-a-plouguerneau-au-xixeme-siecle\/","title":{"rendered":"Paysans \u00e0 Plouguerneau au XIX\u00e8me si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: large;\">PAYSANS A PLOUGUERNEAU AU XIX\u00e8me SI\u00c8CLE<\/span><\/strong><\/span><\/h2>\n<p><span style=\"font-size: xx-small;\">Version 1 : 4 D\u00e9cembre 2012<\/span><\/p>\n<p><i>Article complet au format pdf sur CALAMEO en cliquant <span style=\"color: #ff0000;\"><a style=\"color: #ff0000;\" href=\"http:\/\/fr.calameo.com\/read\/001987319a9bff62ec82b\" target=\"blank\">ici<\/a><\/span>.<\/i><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">1 \u2013 La Commune de Plouguerneau<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/plouguerneau-4.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au bord de la Manche, Plouguerneau est bord\u00e9e par quarante-cinq kilom\u00e8tres d\u2019une c\u00f4te escarp\u00e9e et parfois dangereuse \u00e0 la navigation.<\/p>\n<p>A Plouguerneau, comme souvent dans les communes c\u00f4ti\u00e8res du L\u00e9on, la campagne se compose d&rsquo;une zone \u00ab Arvor \u00bb et d&rsquo;une zone \u00ab M\u00e9nez \u00bb.<\/p>\n<p>Pour Plouguerneau, l&rsquo;Arvor couvre une bande de 1 \u00e0 2 km le long de la c\u00f4te et le M\u00e9nez l&rsquo;int\u00e9rieur de la commune, le bourg \u00e9tant le lien entre ces deux zones. Les recensements, que nous avons \u00e9tudi\u00e9s, sont ceux des ann\u00e9es 1836 \u00e0 1901. Sur cette p\u00e9riode, la population de Plouguerneau passe de 5 550 habitants en 1836 \u00e0 5 618 habitants en 1901 (avec un pic \u00e0 plus de 6 200 habitants en 1851).<\/p>\n<p>Cela repr\u00e9sente une moyenne de 140 habitants au km2 mais pouvant aller jusqu&rsquo;\u00e0 300 habitants au km2 dans la zone c\u00f4ti\u00e8re.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">2 \u2013 Qui habite la Campagne \u00e0 Plouguerneau<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p>Pour cet article, nous avons travaill\u00e9 principalement sur 4 recensements : 1836,1851,1876 et 1901.<\/p>\n<p>Les appellations des habitants de la campagne peuvent changer selon le recensement mais on peut regrouper cette population en deux groupes :<\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>A \u2013 Le monde \u00ab paysan \u00bb :<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&#8211; 1. Les Cultivateurs : Propri\u00e9taires ou Fermiers<br \/>\n&#8211; 2. Les Journaliers<br \/>\n&#8211; 3. Les Domestiques<br \/>\n&#8211; 4. Les Mendiants ou Indigents<\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>B \u2013 Les autres habitants (leurs m\u00e9tiers \u00e9taient souvent associ\u00e9s au monde paysan) :<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&#8211; 1. Les Meuniers<br \/>\n&#8211; 2. Les Artisans : Forgerons, Tisserands, Tailleurs, \u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/carte1851-2.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour rappel, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, la commune se composait de 5 sections plus le Bourg :<\/p>\n<p>&#8211; Tr\u00e9h\u00e9nan ( secteur longeant L&rsquo;Aber-Wrac&rsquo;h de Perros \u00e0 Prad-Paol )<br \/>\n&#8211; Gorr\u00e9plou\u00e9 ( secteur du Grouanec actuellement )<br \/>\n&#8211; Tr\u00e9meur ( secteur longeant la c\u00f4te du Vougot \u00e0 Creac&rsquo;h-an-Avel )<br \/>\n&#8211; Tr\u00e9m\u00e9nac&rsquo;h ( secteur de l&rsquo;ancienne paroisse de Tr\u00e9m\u00e9nac&rsquo;h )<br \/>\n&#8211; Armorique ( secteur de Lilia actuellement )<\/p>\n<p>Dans la campagne, il y a :<\/p>\n<p>&#8211; 207 Villages ou Hameaux<br \/>\n&#8211; Plus de 1 000 maisons d&rsquo;habitation<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">3 &#8211; Ou vivent et comment vivent les paysans au XIX\u00e8me en Bretagne<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>Extrait de : Les Paysans Bretons au XIX\u00e8me Si\u00e8cle \u2013 YANN BREKILIEN<\/strong><\/span><\/p>\n<p>L&rsquo;impression que ressentait le plus vivement un voyageur visitant la Bretagne au XIX\u00e8me Si\u00e8cle \u00e9tait celle d&rsquo;isolement.<\/p>\n<p>Venu d&rsquo;un monde en pleine agitation, enfi\u00e9vr\u00e9 de progr\u00e8s, secou\u00e9 par le d\u00e9veloppement du capitalisme et la prol\u00e9tarisation des masses, il se trouvait soudain dans un pays hors du temps, laiss\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart par les grands courants d&rsquo;\u00e9changes, et vivant en marge du continent auquel il \u00e9tait simplement accol\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/lilia.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il vous fallait traverser une immensit\u00e9 d\u00e9sol\u00e9e de landes d&rsquo;ajoncs et de bruy\u00e8res, avant de vous perdre sous la frondaison touffue des \u00eelots de bocage, v\u00e9ritables labyrinthes de haies et de talus plus hauts que vous, qui entouraient les hameaux.<\/p>\n<p>Pendant la plus grande partie de l&rsquo;ann\u00e9e, ces hameaux \u00e9taient presque coup\u00e9s du reste de l&rsquo;univers, car l&rsquo;eau qui stagnait dans les bas-fonds rendait certains chemins difficilement praticables.<\/p>\n<p>Ainsi le paysan vivait-il confin\u00e9 dans les \u00e9troites limites de sa ferme et de son voisinage.<\/p>\n<p>Ce mode de peuplement est particulier \u00e0 l&rsquo;ouest. Dans presque toute la France, il est de r\u00e8gle que les habitations se regroupent au centre de la commune, autour de l&rsquo;\u00e9glise et de la mairie. De l\u00e0 partent en \u00e9toile les routes qui conduisent aux champs.<\/p>\n<p>La Bretagne, donc, en ce domaine se singularise. L&rsquo;habitat y est si dispers\u00e9 que la population \u00e9parse repr\u00e9sente, dans les communes rurales, le triple ou le quadruple de la population du Bourg.<\/p>\n<p>Cet \u00e9parpillement de l&rsquo;habitat est la forme la plus naturelle du peuplement. Il permet un minimum de vie collective, tout en laissant le paysan au milieu de ses champs. Mais dans la plus grande partie de l&rsquo;Europe occidentale cela n&rsquo;est pas possible, car les points d&rsquo;eau sont trop clairsem\u00e9s. Dans le massif Armoricain, par contre, l&rsquo;eau est partout. O\u00f9 que l&rsquo;on s&rsquo;installe, on est \u00e0 peu pr\u00e8s assur\u00e9 de pouvoir creuser un puits ou de trouver, non loin, une fontaine ou une rivi\u00e8re.<\/p>\n<p>L&rsquo;un des hameaux dont est form\u00e9 la commune n&rsquo;en est le chef-lieu que parce qu&rsquo;il poss\u00e8de l&rsquo;\u00e9glise paroissiale. Et ce chef-lieu n&rsquo;est pas forcement le hameau le plus important au XIX\u00e8me si\u00e8cle. Le chef-lieu, qu&rsquo;on appelle le \u00ab bourg \u00bb, n&rsquo;a pas de nom.<br \/>\nCe bourg ne joue qu&rsquo;un r\u00f4le secondaire dans la vie de la population rurale. Il est le lieu de culte le plus important, mais pas forcement l&rsquo;unique.<\/p>\n<p>C&rsquo;est au bourg, bien s\u00fbr, que l&rsquo;on trouve le m\u00e9decin et le notaire, mais sont-ce l\u00e0 des gens \u00e0 qui le paysan a affaire tous les jours ? Souvent difficile \u00e0 atteindre, le bourg, avec son presbyt\u00e8re, sa demi-douzaine de maisons et ses trois ou quatre fermes, ne peut \u00eatre un centre d&rsquo;attraction pour les habitants des hameaux \u00e9cart\u00e9s, sauf le dimanche, o\u00f9 la grand-messe les rassemble, et les jours de foire ou de march\u00e9.<\/p>\n<p>En fait, le paysan vit essentiellement sur sa ferme et n&rsquo;a que peu de raisons de sortir des limites de son village. Il consomme les produits de sa propre exploitation, cuit son pain, a du lard dans son saloir ; il r\u00e9pare lui-m\u00eame, et souvent fabrique, ses outils ; il fait venir le tailleur \u00e0 domicile. Il lui suffit donc de s\u2019approvisionner, de temps \u00e0 autre, au bourg, en sel, tabac, mercerie, quincaillerie. Il le fait g\u00e9n\u00e9ralement, le dimanche, apr\u00e8s la grand-messe.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>3.2 &#8211; La ferme<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/cochon.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La maison bretonne avait la pudeur de son intimit\u00e9 et ses \u00e9troites fen\u00eatres se refermaient sur sa vie int\u00e9rieure (l&rsquo;imp\u00f4t sur la taille des portes et des fen\u00eatres ne fut supprim\u00e9 qu&rsquo;en 1917).<\/p>\n<p>Solide, ramass\u00e9e, la demeure d\u00e9fiait, sous l&rsquo;abri de ses pentes de paille brune, aussi bien les temp\u00eates que le crachin. Par ses formes et par ses teintes, elle s&rsquo;harmonisait avec le paysage et avec les gris et les bleus p\u00e2les du ciel.<\/p>\n<p>Dans toute la Bretagne, l&rsquo;ensemble rural comprend, avec la maison d&rsquo;habitation, l&rsquo;\u00e9table qui la prolonge, puis la porcherie et, sur les autres c\u00f4t\u00e9s de l&rsquo;aire \u00e0 battre, un ou plusieurs hangars, parfois d&rsquo;autres \u00e9tables ou \u00e9curies. Mais on n&rsquo;y voit point de granges : les bl\u00e9s battus sont ramass\u00e9s dans les greniers de la maison principale.<\/p>\n<p>Adoss\u00e9 au pignon d&rsquo;une remise qui contient les bois de chauffage, on remarque une petite construction circulaire : c&rsquo;est le four. Il n&rsquo;y a pas de hameau qui n&rsquo;ait le sien.<\/p>\n<p>Nous terminons notre tour du hameau par la fontaine ou le lavoir, car c&rsquo;est l\u00e0 que bat le c\u0153ur de la petite communaut\u00e9.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>3.3 &#8211; Une vie communautaire<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Tous les habitants de la ferme formaient une communaut\u00e9 de travail : le ma\u00eetre, sa famille, ses domestiques, vivant tous des produits de l&rsquo;exploitation et supportant, en cons\u00e9quence, de la m\u00eame fa\u00e7on les effets de la mis\u00e8re et de la prosp\u00e9rit\u00e9. Ils \u00e9taient aussi \u00e9troitement li\u00e9s les uns aux autres que le sont, sur un bateau, les membres de l&rsquo;\u00e9quipage.<\/p>\n<p>Dans cette soci\u00e9t\u00e9 patriarcale, les rapports entre les uns et les autres \u00e9taient empreints de la plus grande familiarit\u00e9 (la servante appelait la patronne par son pr\u00e9nom), mais le chef \u00e9tait ob\u00e9i : il \u00e9tait ma\u00eetre \u00e0 son bord apr\u00e8s Dieu.<\/p>\n<p>On poussait parfois fort loin l&rsquo;esprit d&rsquo;association. Ainsi, dans le L\u00e9on, un acte de soci\u00e9t\u00e9 en bonne et due forme \u00e9tait souvent sign\u00e9 entre le p\u00e8re et un ou plusieurs de ses enfants mari\u00e9s. Les b\u00e9n\u00e9fices du travail collectif \u00e9taient partag\u00e9s entre eux, au fur et \u00e0 mesure des rentr\u00e9es.<\/p>\n<p>Mais au-dessus de cette communaut\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de l&rsquo;exploitation, il en existait une plus vaste entre toutes les fermes d&rsquo;un m\u00eame \u00ab quartier \u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;union \u00e9tait une n\u00e9cessit\u00e9. Certains gros travaux comme les d\u00e9frichements, la fenaison, la moisson, les battages, les grands charrois, exigeaient une main-d&rsquo;\u0153uvre nombreuse et le personnel de la ferme n&rsquo;y pouvait suffire. Elle \u00e9tait, en m\u00eame temps, une tradition.<\/p>\n<p>Cela allait plus loin, car, par exemple, lorsqu&rsquo;un incendie (fr\u00e9quent en ce temps de chandelles et de toit de paille) avait d\u00e9vast\u00e9 une ferme, tous les voisins consid\u00e9raient comme un devoir de faire au sinistr\u00e9 un cadeau de foin et de paille pour ses b\u00eates, de sacs de grain pour sa famille, &#8230; Un pauvre homme avait-il perdu son cheval ou la meilleure laiti\u00e8re de son troupeau ? Aussit\u00f4t une qu\u00eate \u00e9tait faite pour l&rsquo;aider.<\/p>\n<p>La charit\u00e9 bretonne avait la r\u00e9putation d&rsquo;\u00eatre in\u00e9puisable. Il n&rsquo;\u00e9tait pas de paysan qui ne re\u00e7ut chaque jour la visite de pauvres et ne leur donn\u00e2t (si pauvre f\u00fbt-il lui-m\u00eame) la soupe, du bl\u00e9, de la farine, des pommes de terre, &#8230;<\/p>\n<p>Les paroisses du L\u00e9on \u00e9taient divis\u00e9es en des sortes de confr\u00e9ries appel\u00e9es \u00ab cord\u00e9es \u00bb, qui souvent s&rsquo;assemblaient dans une chapelle, et dont le but \u00e9tait de secourir les pauvres, les veuves et les orphelins.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">4 \u2013 Que font les paysans au XIX\u00e8me dans le L\u00e9on<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>Extrait de : Le L\u00e9on \u2013 LOUIS ELEGOET<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>4.1 \u2013 Les cultures<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Vers 1840, sur l\u2019ensemble de la surface agricole utilis\u00e9e du L\u00e9on, un peu plus de la moiti\u00e9 est labour\u00e9e, l\u2019autre partie consistant en landes (32%), en prairies naturelles (7,50%) et en bois (7,10%).<br \/>\nLes deux tiers de terres cultiv\u00e9es sont consacr\u00e9s aux c\u00e9r\u00e9ales et au bl\u00e9 noir et l\u2019autre tiers, vou\u00e9 au lin, au panais, \u00e0 la pomme de terre et au tr\u00e8fle.<br \/>\nPratiqu\u00e9es dans les pays de Saint-Pol et Roscoff, les cultures l\u00e9gumi\u00e8res (oignons, choux, navets, artichauts, choux-fleurs, \u2026) se d\u00e9veloppent et donnent lieu \u00e0 des exportations vers les villes proches, mais aussi vers l\u2019Angleterre puis, \u00e0 partir de 1839, vers Le Havre et Paris, par le bateau \u00e0 vapeur, qui, chaque semaine, relie Morlaix au Havre.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>4. 2 \u2013 L&rsquo;\u00e9levage<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/battage.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9levage constitue, en L\u00e9on, une activit\u00e9 assez importante. En moyenne chaque ferme poss\u00e8de cinq ou six bovins, un ou deux porcs et, surtout, deux ou trois chevaux. A partir des ports du Conquet, de Brest, de Landerneau, de Morlaix, de Roscoff, comme aussi des petits havres qui jalonnent le littoral, on exporte de la viande, du beurre, du miel, des grains (froment, avoine, \u2026) et divers l\u00e9gumes.<\/p>\n<p>Par ailleurs, des milliers de chevaux sont commercialis\u00e9s et prennent le direction d\u2019autres r\u00e9gions fran\u00e7aises.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9levage de chevaux est la principale <strong>\u00ab\u00a0industrie\u00a0\u00bb<\/strong> du pays. Le trait breton du d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle descend de l\u2019intervention, \u00e0 partir de 1840, d\u2019\u00e9talons percherons et de la s\u00e9lection poursuivie dans l\u2019indig\u00e9nat. Le postier breton, lui, trouve son origine dans l\u2019introduction d\u2019\u00e9talons \u00ab Norfolk \u00bb en L\u00e9on peu avant 1850.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>4.3 \u2013 Des progr\u00e8s techniques<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Dans le deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XIX\u00e8me si\u00e8cle, l\u2019agriculture l\u00e9onarde conna\u00eet un certain nombre de progr\u00e8s techniques.<\/p>\n<p>A partir de 1860, la batteuse et le tarare (Le\u00a0tarare, ou\u00a0vanneuse\u00a0ou\u00a0traquinet, est une machine utilis\u00e9e lors du vannage. Il permet de remplacer le vannage manuel qui se faisait par jour de grand vent avec un\u00a0van en jetant en l&rsquo;air les grains pour les s\u00e9parer des impuret\u00e9s (balle). Avec les progr\u00e8s de la m\u00e9canisation, le tarare fut int\u00e9gr\u00e9 dans la\u00a0batteuse.) commencent \u00e0 s\u2019imposer.<\/p>\n<p>S\u2019agissant des labours, ce sont deux charrues qui, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1890, remplacent tr\u00e8s progressivement le travail de l\u2019araire (Tract\u00e9 par un\u00a0animal, il scarifie le sol, l&rsquo;arairage\u00a0qu&rsquo;il effectue est donc superficiel. Il est en bois.) et de la b\u00eache. C\u2019est la d\u00e9chaumeuse qui retourne superficiellement la terre, puis la d\u00e9fonceuse qui creuse plus profond\u00e9ment.<\/p>\n<p>Ce sont dans les ann\u00e9es 1880, le hache-ajonc et, peu avant la guerre 1914, l\u2019\u00e9cr\u00e9meuse.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 cette m\u00e9canisation, ainsi qu\u2019au travail opini\u00e2tre des paysans, les rendements augmentent : vers 1910, un hectare de bl\u00e9 produit une quinzaine de quintaux de bl\u00e9, au lieu d\u2019une dizaine vers 1850 ; vers 1910, une vache donne, annuellement, pr\u00e8s de 1 500 litres de lait au lieu d\u2019un millier, 60 ans plus t\u00f4t.<\/p>\n<p>Les progr\u00e8s sont bien lents cependant et le L\u00e9on accuse, comme l\u2019ensemble de la Bretagne, de s\u00e9rieux retards sur beaucoup de r\u00e9gions fran\u00e7aises.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">5 \u2013 Qui sont, au XIX\u00e8me, les paysans dans le L\u00e9on<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>Extrait de : Le L\u00e9on \/ Les Juloded \u2013 LOUIS ELEGOET<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>5.1 \u2013 Les paysans ais\u00e9s<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Au XIX\u00e8me si\u00e8cle, les paysans ais\u00e9s repr\u00e9sentaient environ le quart des \u00ab cultivateurs \u00bb d\u2019un terroir donn\u00e9.<br \/>\nA l\u2019int\u00e9rieur du L\u00e9on, ils tiennent des exploitations de 8 \u00e0 15 hectares en propri\u00e9t\u00e9 ou de 10 \u00e0 20 en fermage.<br \/>\nIls d\u00e9gagent de leur ferme des surplus dont la vente contribue \u00e0 faire face \u00e0 des d\u00e9penses obligatoires (fermages, imp\u00f4ts, \u2026), ordinaires (produits d\u2019\u00e9picerie, tissus, \u2026) et extraordinaires (achats de terres, scolarisation des enfants, dots, remplacement des fils qui, ayant tir\u00e9 un \u00ab mauvais num\u00e9ro \u00bb, doivent le service militaire, \u2026).<br \/>\nLes gar\u00e7ons tent\u00e9s par l\u2019\u00e9tat eccl\u00e9siastique sont dirig\u00e9s vers les coll\u00e8ges de Saint-Pol, de Lesneven ou vers le petit s\u00e9minaire de Pont-Croix.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>5.2 \u2013 Les petits paysans <\/strong> <\/span><\/p>\n<p>Les petits paysans repr\u00e9sentent environ 30% de la population agricole du L\u00e9on.<br \/>\nLa superficie de leur ferme varie entre deux et huit hectares en propri\u00e9t\u00e9 ou entre deux et une dizaine d\u2019hectares en fermage.<br \/>\nAutant dire que les conditions sont diverses. Certains de ces paysans poss\u00e8dent trois \u00e0 quatre chevaux (poulains compris), quand d\u2019autres n\u2019en ont qu&rsquo;un.<br \/>\nLes uns ne vivent que de leur exploitation ; d\u2019autres, de moins en moins nombreux, sont aussi journaliers, artisans ou commer\u00e7ants. Comme l\u2019\u00e9crit le P\u00e8re M\u00e9dard, auteur d\u2019une \u00e9tude en breton sur Lanarvily, ils sont respect\u00e9s \u00e0 condition d\u2019adopter un profil bas.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>5.3 \u2013 Les domestiques<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/servante.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au XIX\u00e8me si\u00e8cle, plusieurs fermes emploient un ou plusieurs domestiques. Il est assez fr\u00e9quent que les domestiques poss\u00e8dent une sp\u00e9cialit\u00e9 : ma\u00eetre-valet, domestique \u00e0 charrue, berger, \u2026 Les servantes sont cuisini\u00e8res, berceuses, femmes de chambre, \u2026<\/p>\n<p>On distingue, quelquefois, des domestiques mari\u00e9s. Les domestiques prennent leurs repas chez leur employeur. Ces domestiques sont \u00e9galement log\u00e9s par leur employeur. Ils couchent dans des lieux qu\u2019il s\u2019agit de prot\u00e9ger ou de d\u00e9fendre, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 l\u2019\u00e9tage de la maison d\u2019habitation, au grenier, dans les granges, dans la maison \u00e0 four, \u2026<\/p>\n<p>Les inventaires apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s fournissent, quelquefois, des indications plus ou moins pr\u00e9cises au sujet des gages : 22 Livres pour 5 mois ou 36 Livres pour une demi-ann\u00e9e (cas d\u2019un domestique \u00e0 qui son ma\u00eetre doit 180 Livres pour 4 ann\u00e9es).<\/p>\n<p>Le prix de la main d\u2019\u0153uvre des domestiques \u00e0 gage peut se fixer ainsi :<\/p>\n<p>&#8211; Hommes : &#8211; 25 \u00e0 40 ans 75 \u00e0 100 F<br \/>\n&#8211; 18 \u00e0 25 ans 54 \u00e0 70 F<br \/>\n&#8211; 40 \u00e0 60 ans 45 \u00e0 60 F<br \/>\n&#8211; 12 \u00e0 15 ans 15 \u00e0 20 F<\/p>\n<p>&#8211; Femmes : &#8211; 25 \u00e0 35 ans 42 \u00e0 60 F<br \/>\n&#8211; 18 \u00e0 25 ans 33 \u00e0 40 F<br \/>\n&#8211; 12 \u00e0 15 ans 15 \u00e0 20 F<\/p>\n<p>En outre, les domestiques adultes re\u00e7oivent en nature 7,20 m\u00e8tres de toile ( 9 F ), trois paires de sabots ( 1,80 F ).<br \/>\nIl arrive que les domestiques demeurent de nombreuses ann\u00e9es, si ce n\u2019est quelques d\u00e9cennies, chez le m\u00eame employeur. Leurs distractions sont rares. Elles consistent, \u00e0 une certaine libert\u00e9 les dimanches et jours de f\u00eate, en la fr\u00e9quentation de foires du voisinage.<\/p>\n<p>L&rsquo;engagement des domestiques de ferme se fait \u00e0 une date fixe de l&rsquo;ann\u00e9e, qui varie selon les cantons. Cela se fait souvent \u00e0 la Saint-Michel ( 29 Septembre ). Ce jour-l\u00e0, se tient au chef-lieu du canton une \u00ab foire aux gages \u00bb. Valets et servantes qui cherchent une place s&rsquo;y rendent d\u00e8s le matin.<\/p>\n<p>Les fermiers qui, eux, cherchent un domestique parcourent la foule bruyante et agit\u00e9e. Lorsqu&rsquo;ils ont remarqu\u00e9 un candidat qui para\u00eet pouvoir faire l&rsquo;affaire, ils l&rsquo;invitent \u00e0 prendre un verre au cabaret voisin. Un contrat ne serait pas valable s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait conclu devant un verre de vin.<\/p>\n<p>L&rsquo;engagement ne devient d\u00e9finitif qu&rsquo;apr\u00e8s que le futur domestique ait \u00ab go\u00fbt\u00e9 \u00e0 la soupe \u00bb \u00e0 la ferme. Il doit \u00eatre \u00e0 m\u00eame d&rsquo;appr\u00e9cier si la nourriture et le travail lui conviennent.<\/p>\n<p>Le premier domestique ( le grand valet ) est, dans la ferme, un personnage important. Il est expert dans son m\u00e9tier et sait diriger les autres travailleurs. C&rsquo;est lui qui a l&rsquo;honneur d&rsquo;\u00eatre charg\u00e9 du soin des chevaux. Le ma\u00eetre ne se permettrait pas d&rsquo;avoir pour lui, devant les autres, des paroles d\u00e9sobligeantes.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>5.4 \u2013 Les journaliers<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/domestique.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Entre 1851, la commune de Plouider compte 474 domestiques et 371 journaliers ; celle de Saint-Th\u00e9gonnec, 463 et 162.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, il est nettement plus ais\u00e9 de compter les premiers que les seconds ; il est assez fr\u00e9quent, en effet, que les petits paysans soient aussi journaliers. Ces derniers sont employ\u00e9s \u00e0 la journ\u00e9e ou, quelquefois, \u00e0 la semaine. Au milieu du XIX\u00e8me si\u00e8cle, en hiver, ils gagnent de 25 \u00e0 35 centimes par jour plus la nourriture estim\u00e9e \u00e0 50 centimes et, en \u00e9t\u00e9, de 50 \u00e0 60 centimes. Cela repr\u00e9sente un gain annuel de l\u2019ordre de 120 francs \u00e0 condition de trouver r\u00e9guli\u00e8rement du travail.<\/p>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, le journalier cultive quelques terres pr\u00e8s de sa \u00ab pauvre cabane \u00bb. Il poss\u00e8de une vache, qu\u2019il fait brouter le long des chemins et sur les terrains vagues qui subsistent.<br \/>\nUn valet qui se marie ( souvent avec une servante ) devient souvent \u00ab journalier \u00bb. Il pr\u00e9f\u00e9rera ce statut et travaillera alors \u00e0 la journ\u00e9e quand un fermier a besoin de lui. Sa femme va, elle aussi, travailler dans les fermes des environs.<br \/>\nIls envoient leurs enfants servir comme petits p\u00e2tres chez les fermiers des alentours et ils rapportent, ainsi, \u00e0 la maison leurs deux sous quotidiens. Ceux qui ont pass\u00e9 l&rsquo;\u00e2ge de quinze ans sont d\u00e9j\u00e0 plac\u00e9s comme valets ou servantes de ferme.<br \/>\nUn journalier peut caresser l&rsquo;espoir, s&rsquo;il est habile laboureur, ne boude pas la t\u00e2che, et si le ciel le favorise, de s&rsquo;\u00e9lever dans l&rsquo;\u00e9chelle sociale en prenant une petite ferme.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>5.5 \u2013 L&rsquo;exode rurale<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Dans le L\u00e9on, la population rurale cro\u00eet de 7 % au cours du XIX\u00e8me si\u00e8cle. Du fait de la m\u00e9canisation de l\u2019agriculture, ce qui tend \u00e0 lib\u00e9rer des bras, toutes les campagnes du L\u00e9on sont dans un \u00e9tat de surpeuplement dans la deuxi\u00e8me partie du XIX\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Ce surpeuplement des campagnes entra\u00eene un important exode rural. C\u2019est ainsi, par exemple, que Plounevez-Lochrist (4 400 habitants en 1872) perd, en moyenne, 14 \u00e9l\u00e9ments par an entre 1846 et 1886 et Plouider (3 080 habitants en 1872), 34 \u00e9l\u00e9ments par an.<\/p>\n<p>Les l\u00e9onards de la campagne gagnent, en grand nombre, les villes les plus proches de leur domicile.<\/p>\n<p>En 1911, 56 % de 8 250 habitants de Landerneau sont n\u00e9s hors de la ville, et pr\u00e8s de la moiti\u00e9 d\u2019entre eux, soit 2 300, y sont arriv\u00e9s de moins de 15 kilom\u00e8tres. S\u2019agissant de Brest, le recensement de 1911 r\u00e9v\u00e8le que pr\u00e8s de 59 % des habitants sont n\u00e9s hors de la ville, soit 53 400. Sur ce nombre, 35 %, soit 18 700, viennent du L\u00e9on, dont 71 % du Bas-L\u00e9on. Relevons enfin que la commune alors ind\u00e9pendante de Lamb\u00e9zellec (19 320 habitants en 1911) attire surtout des l\u00e9onards. En 1911, sur les 51,5 % n\u00e9s \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, le trois quarts viennent du L\u00e9on, dont 85 % du Bas-L\u00e9on.<\/p>\n<p>Les migrants l\u00e9onards sont d\u2019origine tr\u00e8s modeste. Ce sont des journaliers, des domestiques, des petits paysans, des petits commer\u00e7ants, des petits artisans \u2026 Ce n\u2019est pas de gaiet\u00e9 de c\u0153ur qu\u2019ils quittent leur terre natale. Ces partants ont \u00e9t\u00e9 peu scolaris\u00e9s, ne sont gu\u00e8re familiaris\u00e9s avec la langue fran\u00e7aise et manquent de qualification professionnelle.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>5.6 \u2013 Les \u00e9coles<\/strong><\/span><\/p>\n<p>En 1872, dans l\u2019arrondissement de Brest, la moiti\u00e9 des ruraux et 57 % des rurales de moins de 20 ans sont illettr\u00e9s. Quand en 1882, l\u2019\u00e9cole devient obligatoire, le temps de scolarisation ne d\u00e9passe gu\u00e8re les cinq ou six ans, avec une fr\u00e9quentation scolaire tr\u00e8s irr\u00e9guli\u00e8re. Vers 1950, il y a peu de ruraux (moins de 10 %) \u00e0 faire des \u00e9tudes secondaires.<\/p>\n<p>Il y a une multiplication d&rsquo;ouvertures de communaut\u00e9s religieuses en L\u00e9on dans la seconde moiti\u00e9 du XIX\u00e8me si\u00e8cle. Entre 1880 et 1902, 322 communaut\u00e9s sont cr\u00e9\u00e9es dans le Finist\u00e8re dont pr\u00e8s de 45 % en L\u00e9on. Les trois quarts s\u2019\u00e9tablissent dans les paroisses rurales, cependant que 78 % sont f\u00e9minines. Quadrillant les campagnes, ces congr\u00e9ganistes qui tiennent des \u00e9tablissement scolaires contribuent \u00e0 \u00e9lever le niveau religieux des populations. Jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1950, ils suscitent par ailleurs de tr\u00e8s nombreuses vocations.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><center><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\n<strong>Les CHAPITRES 6 \u00e0 9 (d\u00e9tail de l&rsquo;article) sont \u00e0 lire au format pdf sur CALAMEO en cliquant <\/strong> <a href=\"http:\/\/fr.calameo.com\/read\/001987319a9bff62ec82b\" target=\"blank\"><strong>ICI<\/strong><\/a>.<br \/>\n<\/span><\/center><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">6 \u2013 Qui sont et o\u00f9 sont les paysans \u00e0 Plouguerneau<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">7 \u2013 Les villages avec le plus de paysans ( hommes ) en 1851<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">8 \u2013 Les paysans ( hommes ) par Secteurs en 1851<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">9 \u2013 La richesse des paysans<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">10 \u2013 Conclusion<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p>La premi\u00e8re conclusion qui s&rsquo;impose est que Plouguerneau, au d\u00e9but du XIX\u00e8me si\u00e8cle, est bien une commune rurale qui ressemble aux autres communes du L\u00e9on.<\/p>\n<p>Pour exemple, on retrouve un bourg avec seulement 12 % de la population ( et encore un bon quart sont paysans ) et une population r\u00e9partie sur un grand nombre de villages ( + de 200 ).<\/p>\n<p>On retrouve aussi une r\u00e9partition sensiblement identique entre paysans ais\u00e9s, paysans pauvres, domestiques, journaliers, &#8230;<\/p>\n<p>La population paysanne repr\u00e9sente plus de 80 % de la population jusqu&rsquo;aux ann\u00e9es 1850 et si l&rsquo;on prend en compte les activit\u00e9s tourn\u00e9es vers l&rsquo;agriculture (forgerons, meuniers, \u2026), on arrive \u00e0 environ 95 % de la population.<\/p>\n<p>Pendant la seconde partie de XIX\u00e8me si\u00e8cle, cette population de paysans commence \u00e0 d\u00e9cro\u00eetre, mais l\u00e0 on trouve une diff\u00e9rence avec les autres communes du L\u00e9on et surtout les communes non c\u00f4ti\u00e8res.<\/p>\n<p>Les plus pauvres (petits fermiers et journaliers), de la zone c\u00f4ti\u00e8re principalement (Tr\u00e9meur, Tr\u00e9m\u00e9nac&rsquo;h et L&rsquo;Armorique), changent d&rsquo;activit\u00e9s principales et deviennent, selon les recensements, go\u00e9moniers ou p\u00eacheurs (entre 100 \u00e0 200 familles \u2013 de 10 \u00e0 20 % de la population). Ils gardent quand m\u00eame leur petite ferme.<\/p>\n<p>L&rsquo;exode rural touche, donc, moins Plouguerneau. La population ne baisse que d&rsquo;environ 10 % entre 1850 et 1910 alors que cette baisse d\u00e9passe fr\u00e9quemment les 20 % sur certaines communes du L\u00e9on.<\/p>\n<p>Le changement, dans la seconde partie du XIX\u00e8me si\u00e8cle, est bien en marche, m\u00eame s&rsquo;il est peu visible dans la vie quotidienne des paysans. Une couche moyenne de petits paysans s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve peu \u00e0 peu au-dessus du simple seuil de subsistance. Par rapport aux autres r\u00e9gions fran\u00e7aises, \u00e0 la fin du si\u00e8cle, les diff\u00e9rences ne sont plus aussi consid\u00e9rables alors qu&rsquo;elles \u00e9taient relativement grandes au lendemain de la r\u00e9volution en 1789.<\/p>\n<p>Leurs environnements changent aussi : plus de commer\u00e7ants au bourg, \u00e9coles obligatoires, constructions de routes, de ponts, des phares, &#8230; mais pour les paysans de Plouguerneau comme pour beaucoup des paysans du L\u00e9on, les changements visibles ne viendront qu&rsquo;avec le retour des soldats de la guerre 14-18 et une r\u00e9elle connexion avec le mouvement \u00e9conomique, social et culturel du pays.<\/p>\n<p>Cela se traduira, bien s\u00fbr, en mati\u00e8re linguistique, mais aussi dans la mani\u00e8re de s&rsquo;habiller, de se nourrir, de construire des maisons et en bien d&rsquo;autres domaines. Un exemple, souvent cit\u00e9, dans la vie courante du paysan breton, est le remplacement de la cuill\u00e8re de bois par la fourchette.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/chevaux2.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">Annexe \u2013 Bibliographie<\/span><\/em><\/strong><\/p>\n<p>&#8211; <strong>YANN BREKILIEN<\/strong> &#8211; Les Paysans Bretons au XIX\u00e8me Si\u00e8cle &#8211; Hachette ( 1994 )<\/p>\n<p>&#8211; <strong>LOUIS ELEGOET<\/strong> &#8211; Le L\u00e9on \u2013 Ed. Palantines ( 2007 )<\/p>\n<p>&#8211; <strong>LOUIS ELEGOET<\/strong> \u2013 Les Juloded\u00a0: Grandeur et d\u00e9cadence d&rsquo;une caste paysanne en Basse-Bretagne \u2013 Presses universitaires de Rennes ( 1996 )<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PAYSANS A PLOUGUERNEAU AU XIX\u00e8me SI\u00c8CLE Version 1 : 4 D\u00e9cembre 2012 Article complet au format pdf sur CALAMEO en cliquant ici. 1 \u2013 La Commune de Plouguerneau &nbsp; &nbsp; [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":1788,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"_EventAllDay":false,"_EventTimezone":"","_EventStartDate":"","_EventEndDate":"","_EventStartDateUTC":"","_EventEndDateUTC":"","_EventShowMap":false,"_EventShowMapLink":false,"_EventURL":"","_EventCost":"","_EventCostDescription":"","_EventCurrencySymbol":"","_EventCurrencyCode":"","_EventCurrencyPosition":"","_EventDateTimeSeparator":"","_EventTimeRangeSeparator":"","_EventOrganizerID":[],"_EventVenueID":[],"_OrganizerEmail":"","_OrganizerPhone":"","_OrganizerWebsite":"","_VenueAddress":"","_VenueCity":"","_VenueCountry":"","_VenueProvince":"","_VenueState":"","_VenueZip":"","_VenuePhone":"","_VenueURL":"","_VenueStateProvince":"","_VenueLat":"","_VenueLng":"","_VenueShowMap":false,"_VenueShowMapLink":false,"footnotes":""},"categories":[255],"tags":[],"class_list":["post-597","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-18-19-la-vie-a-plouguerneau"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/597","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=597"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/597\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1788"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=597"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=597"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=597"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}