{"id":599,"date":"2013-02-10T07:21:35","date_gmt":"2013-02-10T06:21:35","guid":{"rendered":"https:\/\/plouguerneau.net\/vivre-a-plouguerneau-au-xviiieme-sciecle\/"},"modified":"2013-02-10T07:21:35","modified_gmt":"2013-02-10T06:21:35","slug":"vivre-a-plouguerneau-au-xviiieme-sciecle","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/vivre-a-plouguerneau-au-xviiieme-sciecle\/","title":{"rendered":"Vivre \u00e0 Plouguerneau au XVIIIeme Sci\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<div align=\"justify\"><center><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: large;\">VIVRE A PLOUGUERNEAU AU XVIIIeme Si\u00e8cle<\/span><\/strong><\/span><\/center><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><center><br \/>\n<strong>Cet article est tir\u00e9, en partie, du livre de Jean-Pierre Hirrien :<br \/>\n\u00ab Plouguerneau, Vie et mort du paysan l\u00e9onard dans la seconde moiti\u00e9 du XVIIIe si\u00e8cle\u00bb, 2002.<\/strong><\/center><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><center><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: medium;\">Le cadre de vie institutionnel<\/span><\/strong><\/span><\/center><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Au XVIIIe si\u00e8cle, le cadre institutionnel dans lequel \u00e9volue quotidiennement les <strong>Plouguern\u00e9ens<\/strong> est diff\u00e9rent de celui que nous connaissons aujourd\u2019hui.<br \/>\nLes hommes et femmes d\u00e9pendent \u00e9videmment de la cellule familiale \u00e0 laquelle ils appartiennent (la plupart du temps une famille \u00e9largie), mais \u00e9galement de diverses structures mises en place au fil du temps par la monarchie, le clerg\u00e9 et la noblesse.<br \/>\nAinsi, nos anc\u00eatres ne sont aucunement des sujets isol\u00e9s dans leur vie de tous les jours.<br \/>\nLa volont\u00e9 centralisatrice des rois de France a abouti \u00e0 d\u00e9couper le territoire en divers \u00e9chelons dans lesquels s\u2019ins\u00e8rent les Plouguern\u00e9ens: la paroisse (Plouguerneau et Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h), la subd\u00e9l\u00e9gation et la s\u00e9n\u00e9chauss\u00e9e de Lesneven.<br \/>\nLa religion catholique, profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans les campagnes l\u00e9onardes et en Bretagne, assume \u00e9galement un r\u00f4le primordial dans le suivi des habitants, en utilisant les services d\u2019un clerg\u00e9 \u00e9toff\u00e9 au sein de la paroisse d\u00e9pendante de l\u2019\u00e9v\u00each\u00e9 de L\u00e9on.<br \/>\nEnfin, les hommes du roi et ceux des seigneurs compl\u00e8tent les personnages avec lesquels les habitants, surtout des paysans, peuvent avoir des contacts par intermittence.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Les Plouguern\u00e9ens vivent avant tout dans le cadre de leur <strong>paroisse<\/strong>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/1-Carte1.jpg\" width=\"453\" height=\"326\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c9quivalente \u00e0 la commune en tant que circonscription de base fran\u00e7aise sous l\u2019Ancien R\u00e9gime, elle s\u2019en distingue au niveau des individus qui l\u2019administrent. Deux volets sont \u00e0 prendre en consid\u00e9ration : l\u2019un est religieux et le second temporel.<br \/>\nUne \u00e9quipe d\u2019eccl\u00e9siastiques (cinq \u00e0 six), dirig\u00e9e par un recteur, intervient tout naturellement dans les questions religieuses (lors des offices et par l\u2019octroi des sacrements), l\u2019enseignement, mais \u00e9galement dans la tenue obligatoire des registres des bapt\u00eames, des mariages et des s\u00e9pultures (les B.M.S.). Les principaux \u00e9v\u00e9nements qui ponctuent la vie du paroissien sont ainsi not\u00e9s par les pr\u00eatres qui assurent le travail relatif \u00e0 l\u2019\u00e9tat civil. Tout au long de leur existence les paroissiens c\u00f4toient ces religieux, mais ils contribuent \u00e9galement \u00e0 leur \u00e9ducation religieuse (par le cat\u00e9chisme et les missions*), \u00e0 leur instruction (\u00e0 l\u2019\u00e9cole) et \u00e0 entretenir leur ferveur (lors des pardons).<br \/>\nDe plus, les affaires temporelles s\u2019y r\u00e8glent. Les annonces officielles du roi ou de ses repr\u00e9sentants ainsi que les r\u00e8glements de la vie paroissiale sont proclam\u00e9es, au pr\u00f4ne*, lors de la grand-messe et certaines questions d\u2019argent se r\u00e8glent dans les limites de la paroisse.<br \/>\nElle sert au recouvrement des imp\u00f4ts directs des habitants par les \u00e9gailleurs*, et la fabrique* se doit d\u2019assurer la gestion de ses biens propres (les terres et les biens immobiliers souvent issus de donations des fid\u00e8les).<br \/>\nMais la paroisse n\u2019est pas seulement un territoire o\u00f9 l\u2019on paye ses imp\u00f4ts et o\u00f9 l\u2019on pratique sa religion. Elle est bien plus : elle repr\u00e9sente une terre \u00e0 laquelle ses habitants sont visc\u00e9ralement rattach\u00e9s. Et ce d\u2019autant plus que Plouguerneau et Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h sont deux entit\u00e9s fortement isol\u00e9es par la barri\u00e8re naturelle de l\u2019Aber-Wrac\u2019h et des communications m\u00e9diocres avec les zones g\u00e9ographiques environnantes.<br \/>\nVivre \u00e0 Plouguerneau signifie \u00eatre fier de ses monuments : \u00e9glise, clocher, multiples chapelles, de son march\u00e9 et de ses foires, courus par les paroissiens des alentours, de ses f\u00eates religieuses, de ses processions votives.<br \/>\nCet \u00ab esprit de clocher \u00bb aboutit \u00e0 diverses rivalit\u00e9s entre paroisses : moqueries, sarcasmes, surnoms, comp\u00e9titions muscl\u00e9es lors des tournois de lutte ou du jeu de la soule.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Le jeu de la soule<\/strong> : deux \u00e9quipes de deux paroisses rivales se disputent un ballon de cuir rempli de son ou de foin. Chaque camp s\u2019efforce de l\u2019amener sur son territoire. O. Perrin<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/2-Soule.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Le salut des banni\u00e8res <\/strong> : au XVIIIe si\u00e8cle Plouguerneau dispose des banni\u00e8res de Saint Pierre et de Saint Paul, des reliquaires sur brancards de Saint Pierre, Saint Paul, Saint Qu\u00e9nan, Saint Antoine\u00a0; en outre les statues des petits saints existeraient depuis 1643. Olivier Perrin illustre avec humour la rivalit\u00e9 des paroisses dans le salut des banni\u00e8res. \u00ab Lorsque deux processions se rencontraient dans nos chemins creux et \u00e9troits o\u00f9 il fallait que l\u2019un recul\u00e2t pour que l\u2019autre p\u00fbt avancer, chaque paroisse exigeait pour son pardon les honneurs de la pr\u00e9s\u00e9ance. Les cur\u00e9s, pour mettre un terme \u00e0 ces luttes d\u00e9plorables, feignirent entre les saints pr\u00e9tendus rivaux, des r\u00e9conciliations qu\u2019ils invit\u00e8rent leurs paroissiens \u00e0 imiter, et si deux banni\u00e8res se rencontraient, ils les faisaient s\u2019embrasser en signe de paix et d\u2019amiti\u00e9 \u00bb.<\/span><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">A Plouguerneau des processions votives se d\u00e9roulent lors de l\u2019Ascension, le dimanche qui suit cette f\u00eate et le lundi de Pentec\u00f4te. Les pardons de Saint-Michel ont lieu le premier dimanche de juillet et le dernier de septembre.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/3-bannieres.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>D\u2019autres chicanes entre paroisses voisines ont parfois comme origine l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la ressource go\u00e9moni\u00e8re et pr\u00e9figurent, au XIXe si\u00e8cle, l\u2019affaire de la s\u00e9cherie (au Vougot) qui oppose Plouguerneau \u00e0 Guiss\u00e9ny (1822-1884).<br \/>\nNotons que cet esprit de clocher est toujours bien r\u00e9el de nos jours, lors des rencontres sportives, en particulier footballistiques. Les matchs entre Plouguerneau et Lannilis ou Plouvien, drainent immanquablement des flots de spectateurs que l\u2019on ne retrouve pas lors des autres confrontations.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/4-Quartiers.jpg\" width=\"374\" height=\"245\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"1\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>&#8211; Mission: temps fort religieux portant sur plusieurs jours et auquel participent de nombreux paroissiens, sous la houlette d\u2019une \u00e9quipe de religieux.<br \/>\n&#8211; Pr\u00f4ne : ensemble des annonces que le pr\u00eatre fait au cours ou \u00e0 la fin de la messe paroissiale principale : bans, mariages, messes &#8230; sans oublier les adresses du roi ou de ses repr\u00e9sentants. Aujourd\u2019hui, certains Plouguern\u00e9ens d\u00e9signent le bulletin municipal sous le vocable de \u00ab pr\u00f4ne \u00bb.<br \/>\n&#8211; Fabrique (la) : ensemble des biens d\u2019une paroisse (le temporel), mais ne sont pas ceux du cur\u00e9. C\u2019est \u00e9galement l\u2019organisme charg\u00e9 de les g\u00e9rer. Certaines fabriques sont riches des biens accumul\u00e9s aux si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents (exploitations agricoles, terres, rentes) \u00e0 partir de donations ou fondations. Le procureur terrien ou gouverneur s\u2019occupe du temporel et le fabrique est charg\u00e9 des ornements sacr\u00e9s, du mobilier de l\u2019\u00e9glise, des affaires du roi. Ce sont des notables.<br \/>\n&#8211; Egailleurs : r\u00e9partiteur des imp\u00f4ts directs \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la paroisse (capitation, vingti\u00e8me, fouages*). Ils sont nomm\u00e9s par le G\u00e9n\u00e9ral. Ils r\u00e9coltent les imp\u00f4ts par quartiers ou sections (ou encore les cordel\u00e9es, de L\u2019Armorique, Tr\u00e9meur, Gorr\u00e9plou\u00e9\u2026). En 1738, ils re\u00e7oivent trois deniers par livre collect\u00e9e.<br \/>\n&#8211; G\u00e9n\u00e9ral : ensemble des chefs de famille r\u00e9unis d\u2019une paroisse. Le corps politique (12 membres ou d\u00e9lib\u00e9rants) l\u2019a progressivement supplant\u00e9 au XVIIIe si\u00e8cle. Ce sont des paysans ais\u00e9s ou des bourgeois.<br \/>\n&#8211; Fouages : \u00e9quivalents de la taille en Bretagne qui frappent les possesseurs roturiers de biens roturiers.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Au religieux<\/strong>, Plouguerneau et Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h d\u00e9pendent \u00e9galement de l\u2019\u00e9v\u00eaque de Saint-Pol-de-L\u00e9on qui administre l\u2019\u00e9v\u00each\u00e9 de L\u00e9on. Le plus connu d\u2019entre eux est Monseigneur de La Marche qui exerce son minist\u00e8re de 1772 \u00e0 1790. Il s\u2019int\u00e9resse aux soins des \u00e2mes, \u00e0 l\u2019administration de son \u00e9v\u00each\u00e9. Il inspecte les \u00e9glises, les registres des B.M.S., les comptes de fabrique. Il proc\u00e8de \u00e0 des tourn\u00e9es pastorales \u00e0 Plouguerneau en juillet 1773, en 1775 et en 1778. En g\u00e9n\u00e9ral, il pr\u00e9vient le recteur quinze jours avant son d\u00e9placement. Les paroissiens et les administrateurs sont conscients de l\u2019importance de l\u2019\u00e9v\u00e9nement : en 1778 il est d\u00e9cid\u00e9 \u00ab que le retable* et les images de St Pierre et de St Paul seront redor\u00e9es par le corps politique* qui nomme les examinateurs des comptes en vue de sa visite \u00bb.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>L\u2019\u00e9v\u00eaque est accompagn\u00e9 de quelques domestiques et parfois du vicaire g\u00e9n\u00e9ral* De K\u00e9roulas, qui signe les registres en 1773, 1774, 1779, 1783. Les visites sont factur\u00e9es aux paroisses : en 1723-26, \u00e0 Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h, 18 livres pour les g\u00e9n\u00e9rales et 16 livres pour les archidiaconales. Le picotin* des chevaux est, lui-m\u00eame, \u00e0 la charge des paroissiens !<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Ces d\u00e9placements parfois ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s par l\u2019archidiacre* Roussel que l\u2019on retrouve \u00e0 Plouguerneau \u00e0 plusieurs reprises pour des visites pr\u00e9liminaires.<\/p>\n<p>Toutes ces visites constituent des \u00e9v\u00e9nements pour les Plouguern\u00e9ens qui se massent sur le trajet de ces personnalit\u00e9s respect\u00e9es et ont le sentiment qu\u2019une relative proximit\u00e9 s\u2019\u00e9tablit avec le haut clerg\u00e9.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"1\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>&#8211; Retable : construction d\u00e9cor\u00e9e en pierre ou en bois, contre laquelle s\u2019appuie l\u2019autel d\u2019une \u00e9glise ou qui le surmonte.<br \/>\n&#8211; Corps politique : assembl\u00e9e paroissiale de 12 membres, charg\u00e9e d\u2019administrer les affaires religieuses et profanes de la communaut\u00e9 paroissiale.<br \/>\n&#8211; Vicaire g\u00e9n\u00e9ral : pr\u00eatre qui assiste l\u2019\u00e9v\u00eaque dans l\u2019administration dioc\u00e9saine.<br \/>\n&#8211; Archidiacre : eccl\u00e9siastique responsable de l\u2019administration d\u2019un archidiacon\u00e9, ou partie d\u2019un dioc\u00e8se, sous l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00e9v\u00eaque.<br \/>\n&#8211; Picotin : avoine pour cheval.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Au Civil<\/strong>, les paroisses de Plouguerneau et de Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h se rattachent \u00e0 la subd\u00e9l\u00e9gation\u00a0 de Lesneven, subdivision administrative de la s\u00e9n\u00e9chauss\u00e9e, et simple \u00e9chelon de renseignements administratifs et \u00e9conomiques. Elle est dirig\u00e9e par un administrateur : le subd\u00e9l\u00e9gu\u00e9, nomm\u00e9 par l\u2019intendant* de Bretagne. Pour la majorit\u00e9 des paroissiens cet \u00e9chelon administratif est lointain et quasiment inconnu.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"1\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>&#8211; Intendant : agent nomm\u00e9 par le roi. Ses pouvoirs sont limit\u00e9s par le Parlement de Rennes et les \u00c9tats de Bretagne.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Au niveau judiciaire<\/strong>, Plouguerneau et Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h sont du ressort de la s\u00e9n\u00e9chauss\u00e9e de Lesneven, circonscription administrative et judiciaire royale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/5-Carte2.jpg\" width=\"447\" height=\"315\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>En 1789 le s\u00e9n\u00e9chal* Nicolas Jacques Cosson de Kervodi\u00e8s en assure la direction. Sa fonction est surtout honorifique, la r\u00e9alit\u00e9 du pouvoir \u00e9tant d\u00e9tenue par un lieutenant g\u00e9n\u00e9ral, assist\u00e9 d\u2019un lieutenant civil et d\u2019un procureur du roi.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>La s\u00e9n\u00e9chauss\u00e9e juge en premi\u00e8re instance toutes les causes concernant les justiciables domicili\u00e9s sur le domaine royal et en appel les causes venues des justices seigneuriales de son ressort. Elle est \u00e9galement une circonscription \u00e9lectorale, pour les \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux*, et un cadre fiscal.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Les paroissiens s\u2019adressent \u00e0 la s\u00e9n\u00e9chauss\u00e9e pour les tutelles*, les curatelles*, les scell\u00e9s, les inventaires apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s. C&rsquo;est-\u00e0-dire fr\u00e9quemment car l\u2019esp\u00e9rance de vie est faible et les orphelins nombreux.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Ce personnel qui en a la charge est souvent honnis, moins les huissiers et les sergents que les greffiers dont les attributions sont plus \u00e9tendues que leurs successeurs actuels. Outre, la conservation des documents, ils se rendent, imbus de leurs personnes et de morgue, dans les demeures o\u00f9 se trouve une personne d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, sans h\u00e9ritier direct ou laissant apr\u00e8s elle des mineurs, pour assurer l\u2019inventaire de ses biens. L\u2019inventaire apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s comprend un recensement des objets, des meubles, des v\u00eatements, des animaux, des vivres, des terres, des cultures, des outils\u2026 et leurs \u00e9valuations. L\u2019inventaire peut \u00eatre suivi d\u2019un partage entre les h\u00e9ritiers et\/ou d\u2019une vente. Les greffiers touchent des vacations que les justiciables d\u00e9noncent comme injustifi\u00e9es et rallong\u00e9es exag\u00e9r\u00e9ment au d\u00e9triment des mineurs.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"1\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>&#8211; S\u00e9n\u00e9chal : juge et administrateur \u00e0 la t\u00eate d\u2019une s\u00e9n\u00e9chauss\u00e9e. Circonscription judiciaire de base. On trouve des s\u00e9n\u00e9chaux, \u00e9galement dans les juridictions seigneuriales de Coatquenan, du Ch\u00e2tel&#8230;<br \/>\n&#8211; Tutelle : charge consistant \u00e0 prendre soin des biens et de la personne d\u2019un mineur. La pratique est courante \u00e0 l\u2019\u00e9poque car la mort des parents intervient de bonne heure et l\u2019\u00e2ge de la majorit\u00e9 est plus \u00e9lev\u00e9 (25 ans). La justice doit veiller \u00e0 la nomination de tuteurs, choisis et contr\u00f4l\u00e9s par un conseil de famille, les comparants de tutelle, qui peuvent\u00a0 prendre en charge les mineurs.<br \/>\n-Curatelles : fonction d\u2019assistance des mineurs \u00e9mancip\u00e9s, dans l\u2019administration de leurs biens.<br \/>\n&#8211; Etats g\u00e9n\u00e9raux : assembl\u00e9e des repr\u00e9sentants des trois ordres (clerg\u00e9, noblesse, tiers \u00e9tat) convoqu\u00e9e, tr\u00e8s rarement, par le roi quand la situation du pays l\u2019exige. Les derni\u00e8res r\u00e9unions eurent lieu en 1614 et 1789. En clair, les Bretons ne votent pas pour \u00e9lire de repr\u00e9sentants du tiers \u00e9tat durant pr\u00e8s de deux si\u00e8cles, ni ne participent en rien \u00e0 la vie politique du pays. La minorit\u00e9 repr\u00e9sentative du tiers \u00e9tat des villes (et non des campagnes) ne peut faire entendre sa voix au monarque qu\u2019aux Etats de Bretagne \u00e0 Rennes.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Toujours au judiciaire, les paroissiens sont soumis aux juridictions seigneuriales : de Carman, du Ch\u00e2tel \u00e0 Lannilis, de Coatqu\u00e9nan et de Penmarc\u2019h. Car,\u00a0selon la coutume de Bretagne : \u00ab Nul ne peut tenir terre en Bretagne sans seigneur (noble ou roturier, individu ou collectivit\u00e9) \u00bb, m\u00eame quand le paysan l\u00e9onard poss\u00e8de son exploitation.<\/p>\n<p>Les registres des B.M.S. et les inventaires apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s mentionnent r\u00e9guli\u00e8rement le personnel qui s\u2019y rattache : procureurs fiscaux*, notaires. Ils d\u00e9fendent les int\u00e9r\u00eats du public ou de la seigneurie (droits de succession, banalit\u00e9s dont celle contest\u00e9e du moulin\u2026). Ils peuvent d\u00e9livrer des dispenses lors des mariages impliquant un mineur et se transporter sur les lieux o\u00f9 des d\u00e9c\u00e8s suspects sont constat\u00e9s et faire les rapports qui s\u2019imposent.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Les paroissiens ont le plus souvent affaire au personnel subalterne, comme les huissiers et les sergents, qui jouent le r\u00f4le d\u2019appariteurs lors des audiences et portent aux justiciables des papiers telles les notifications d\u2019actes (ou significations), ou encore les citations \u00e0 compara\u00eetre (ou assignations).<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"1\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>Procureur (fiscal dans les justices seigneuriales, il existe un procureur du roi \u00e9galement) : officier repr\u00e9sentant le minist\u00e8re public, dans un tribunal, charg\u00e9 de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats du public, ceux de la seigneurie ou du roi.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>La situation g\u00e9ographique des deux paroisses de Plouguerneau et de Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h en bordure de mer est certainement avantageuse \u00e0 divers titres : douceur climatique, engrais marins pour amender la terre (le go\u00e9mon ou le sable), p\u00eache, cabotage\u2026<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Pourtant, vivre sur le littoral constitue pour les riverains des tracasseries qui peuvent parfois virer au cauchemar.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Par la pr\u00e9sence de la mer le Plouguern\u00e9en devra affronter les hommes d\u2019institutions qu\u2019ignorent les paroissiens de l\u2019int\u00e9rieur de la province bretonne et du royaume de France : \u00e0 savoir ceux de l\u2019Amiraut\u00e9, de la Ferme, de la milice garde-c\u00f4tes et du syst\u00e8me des classes.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Les officiers de l\u2019<strong>Amiraut\u00e9 de L\u00e9o<\/strong>n couvrent le littoral l\u00e9onard et s\u2019occupent de tout ce qui concerne la vie maritime : naufrages et bris, cabotage, p\u00eache\u2026<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le si\u00e8ge de l\u2019Amiraut\u00e9 se localise dans la lointaine ville de Brest, mais dans les ports secondaires ou obliques tels le Korejou ou l\u2019Aber-Wrac\u2019h, des commis, des receveurs des droits, des greffiers, font appliquer les r\u00e8glements de l\u2019Amiraut\u00e9. Personnages douteux, tel le sieur La Bougogni\u00e8re qui officie \u00e0 l\u2019Aber-Wrac\u2019h, ils per\u00e7oivent quelques deniers ou quelques sols pour les cong\u00e9s qu\u2019ils d\u00e9livrent ou pour les droits d\u2019ancrage des caboteurs ou des navires de p\u00eache. Le d\u00e9faut de probit\u00e9 de ces agents de la monarchie, la multitude de taxes , aux montants, certes assez faibles, pour exercer leur profession ne pouvaient qu\u2019exacerber les rapports entre les hommes de la mer et le personnel subalterne de l\u2019Amiraut\u00e9.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>La <strong>ferme<\/strong> est une autre organisation dont le but est de maintenir le monopole de la vente de certains produits au profit de la monarchie et en particulier du tabac. Elle traque les contrebandiers et les fraudeurs de tout poil. A Plouguerneau les B.M.S. nous d\u00e9voile les noms de quelques employ\u00e9s de la Ferme\u00a0pour le tabac : Faucon Dumont, son beau-fils Jean-Fran\u00e7ois Colin, les deux commis Julien Visseau et Jacques-Marie Qu\u00e9r\u00e9. En g\u00e9n\u00e9ral, les agents de la Ferme sont une demi-douzaine et patrouillent sur le littoral, \u00e0 cheval, \u00e0 pied ou en patache (bateau), pour emp\u00eacher la contrebande du tabac, mais \u00e9galement des alcools. Il para\u00eet que les hommes de la ferme, recrut\u00e9s habituellement \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la Bretagne, \u00e9lisent domicile \u00e0 K\u00e9rizoc, lieu id\u00e9al pour couvrir l\u2019horizon marin, tels Louis gilet, en 1772, Jacques Qu\u00e9r\u00e9, en 1787. Les hommes de la Ferme ont mauvaise r\u00e9putation. Les rencontrer \u00e9quivaut \u00e0 vexations, tracasseries, sous-entendus, fouilles intempestives, exactions.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent les paroissiens de Plouguerneau subissent un certain nombre de contraintes dans le cadre des institutions d\u2019Ancien R\u00e9gime qui les affectent surtout financi\u00e8rement, moralement et parfois p\u00e9nalement. Les rapports avec l\u2019\u00c9glise sont pour l\u2019essentiel consentis ou sans incidences f\u00e2cheuses pour leur quotidien.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Par contre les hommes du littoral sont soumis \u00e0 deux obligations contraignantes que ne connaissent pas les terriens du royaume : la milice garde-c\u00f4tes et le syst\u00e8me des classes. A ce niveau on peut parler d\u2019in\u00e9galit\u00e9 de traitement pour les sujets du royaume et bien entendu de ranc\u0153urs pour ceux qui doivent r\u00e9pondre pr\u00e9sents lors de ces lev\u00e9es.<br \/>\nLes habitants des paroisses situ\u00e9es \u00e0 moins de deux lieues du rivage (environ huit kilom\u00e8tres) sont soumis \u00e0 la <strong>milice garde-c\u00f4tes<\/strong>.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Les riverains, paysans ou marins non retenus par le syst\u00e8me des classes, \u00e2g\u00e9s de 18 \u00e0 60 ans, tir\u00e9s au sort, doivent servir comme canonniers dans les batteries du littoral ou assurent le guet (lors des guerres). En principe, ils demeurent sur place, dans leur paroisse, pour surveiller et d\u00e9fendre les c\u00f4tes. Ils sont encadr\u00e9s par des petits nobles ou des notables locaux : le sieur de Brescanvel, Charles-Ren\u00e9 de Kervern de Kersulec, le notaire royal Fran\u00e7ois Cabon. Les miliciens de Plouguerneau (50 hommes) sont li\u00e9s \u00e0 la capitainerie de Lesneven (500 hommes).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/6-Capitainerie.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Les hommes recens\u00e9s participent \u00e0 des revues en temps de paix avec maniement des armes (s\u2019il y en a !).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/7-Milice.jpg\" width=\"281\" height=\"364\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>La dur\u00e9e du service th\u00e9orique est de cinq ans pour les c\u00e9libataires de 18 \u00e0 45 ans, puis, ils font office de guetteurs, ce qui est moins astreignant Dans l\u2019ensemble les paysans sont r\u00e9calcitrants \u00e0 ces contraintes qu\u2019ils trouvent inutiles et ennuyeuses. Les populations ha\u00efssent cette milice garde-c\u00f4tes qui ne s\u2019adresse qu\u2019\u00e0 certains et qui est in\u00e9galitaire. La solde est ridicule, la nourriture m\u00e9diocre, le temps bien long alors que les travaux des champs attendent les bras. En 1789, de nombreux cahiers de dol\u00e9ances l\u00e9onards critiquent ce syst\u00e8me.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Enfin, il est une institution qui implique beaucoup plus durablement les gens de la mer : le<strong> syst\u00e8me des classes<\/strong>. Les hommes, de 18 \u00e0 50 ans, travaillant dans le secteur maritime (p\u00eacheurs, marins du cabotage, calfats, menuisiers charpentiers) sont r\u00e9quisitionn\u00e9s dans la Royale en temps de paix, mais surtout en temps de guerre (depuis 1668-89). Recens\u00e9s par le syndic, ils \u0153uvrent sur les vaisseaux du roi ou dans les arsenaux du royaume.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>A nouveau, ce sont les hommes des paroisses des paroisses littorales, jusqu\u2019\u00e0 12-16 kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des terres, qui sont concern\u00e9s par cette astreinte. Le Plouguern\u00e9en d\u00e9pend d\u2019un quartier dirig\u00e9 par un commissaire des classes. Mais sur le terrain, il aura affaire au syndic des gens de mer. Les hommes sont recens\u00e9s dans des registres pour les officiers mariniers, les matelots, les novices, les mousses, les pilotes et les ouvriers.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/8-1734.jpg\" width=\"400\" height=\"267\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les besoins de la Royale en tant de paix sont all\u00e9g\u00e9s, ce qui permet aux hommes de n\u2019\u00eatre mobilis\u00e9s qu\u2019une ann\u00e9e sur quatre. Mais lors des guerres, les lev\u00e9es sont massives et durables. De 1689 \u00e0 1693, l\u2019escadre de Brest n\u00e9cessite 4000 hommes \u00e0 chaque printemps. La ponction de marins et d\u2019ouvriers se fait au d\u00e9triment des activit\u00e9s civiles et des familles qui se trouvent dans la g\u00eane quand le d\u00e9part du mari\/p\u00e8re s\u2019\u00e9ternise.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Heureusement l\u2019administration royale verse le \u00ab mois des familles \u00bb (deux mois de solde) comme avance pour d\u00e9dommager l\u2019\u00e9pouse et les enfants qui risquerait de conna\u00eetre le d\u00e9nuement sans cet apport financier. Les Plouguern\u00e9ens sont le plus fr\u00e9quemment affect\u00e9s \u00e0 Brest.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Lorsqu\u2019il est mobilis\u00e9 tous les quatre ans, l\u2019homme de la mer n\u2019est pas forc\u00e9ment r\u00e9quisitionn\u00e9, mais il ne peut travailler dans le civil, ce qui veut dire que son ann\u00e9e est neutralis\u00e9e. Cependant, on lui octroie une demi solde (la solde enti\u00e8re est de 12 \u00e0 15 livres sous Louis XIV et de 16 \u00e0 21 livres sous Louis XVI, selon le grade).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/9-bateau-roi.jpg\" width=\"280\" height=\"290\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>D\u00e9part du marin pour la Royale<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>L\u2019administration royale est consciente des d\u00e9sagr\u00e9ments qu\u2019elle provoque, aussi tente-t-elle de faire oublier les retards de paiement des soldes, les accidents, les maladies, les morts et les estropi\u00e9s lors des combats (15 \u00e0 30%), par des dispositions qui adoucissent les m\u00e9faits du syst\u00e8me. Le marin re\u00e7oit quelques livres d\u2019indemnit\u00e9s pour rejoindre son lieu d\u2019affectation, et surtout est inscrit \u00e0 la caisse des Invalides. Celle-ci subvient aux besoins des bless\u00e9s, lui attribue une pension ainsi qu\u2019aux veuves. De plus, deux campagnes sur les vaisseaux du roi ouvrent l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la ma\u00eetrise du cabotage. Ce qui n\u2019est pas n\u00e9gligeable.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le Plouguern\u00e9en, qu\u2019il soit paysan ou homme de la mer, subit dans son quotidien l\u2019emprise de la monarchie fran\u00e7aise et des deux ordres privil\u00e9gi\u00e9s que sont le clerg\u00e9 et la noblesse. Cependant, s\u2019il supporte p\u00e9niblement les lev\u00e9es de la Royale et les contraintes de la milice, le poids du clerg\u00e9 sur ses \u00e9paules est consenti par sa foi ind\u00e9fectible. En outre, le respect de la coutume de Bretagne fait qu\u2019il paye moiti\u00e9 moins d\u2019imp\u00f4ts (11 livres 9 deniers) que son fr\u00e8re fran\u00e7ais, et que la gabelle est inconnue en Bretagne. D\u2019autres all\u00e8gements le consolent dans son quotidien : le droit de banalit\u00e9 du moulin est moindre (1\/16e) tout comme la d\u00eeme due \u00e0 l\u2019\u00c9glise (ici \u00e0 la 36\u00e8me gerbe). Pour autant, ce qui l\u2019insupporte c\u2019est l\u2019attitude vexatoire et la morgue de certains agents au service des institutions qui l\u2019encadrent. Les cahiers de dol\u00e9ances s\u2019en font largement l\u2019\u00e9cho en 1789.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: small;\">Sources :<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>F. Roudaut <\/strong> :<\/p>\n<p>&#8211; 1774 : les recteurs l\u00e9onard parlent de la mis\u00e8re (Soci\u00e9t\u00e9 Arch\u00e9ologique du Finist\u00e8re, 1988).<br \/>\n&#8211; Les cahiers de dol\u00e9ances de la s\u00e9n\u00e9chauss\u00e9e de Lesneven (CRBC, 1990)<\/p>\n<p><strong>Perrin Olivier<\/strong> :<br \/>\n&#8211; La Galerie Bretonne ! ( JP Gyss \u00e9diteur, 2001)<\/p>\n<p><span style=\"font-size: xx-small;\">[orange]Version 1 : 10 F\u00e9vrier 2013[\/orange] <\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>VIVRE A PLOUGUERNEAU AU XVIIIeme Si\u00e8cle Cet article est tir\u00e9, en partie, du livre de Jean-Pierre Hirrien : \u00ab Plouguerneau, Vie et mort du paysan l\u00e9onard dans la seconde moiti\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":1795,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"_EventAllDay":false,"_EventTimezone":"","_EventStartDate":"","_EventEndDate":"","_EventStartDateUTC":"","_EventEndDateUTC":"","_EventShowMap":false,"_EventShowMapLink":false,"_EventURL":"","_EventCost":"","_EventCostDescription":"","_EventCurrencySymbol":"","_EventCurrencyCode":"","_EventCurrencyPosition":"","_EventDateTimeSeparator":"","_EventTimeRangeSeparator":"","_EventOrganizerID":[],"_EventVenueID":[],"_OrganizerEmail":"","_OrganizerPhone":"","_OrganizerWebsite":"","_VenueAddress":"","_VenueCity":"","_VenueCountry":"","_VenueProvince":"","_VenueState":"","_VenueZip":"","_VenuePhone":"","_VenueURL":"","_VenueStateProvince":"","_VenueLat":"","_VenueLng":"","_VenueShowMap":false,"_VenueShowMapLink":false,"footnotes":""},"categories":[255],"tags":[],"class_list":["post-599","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-18-19-la-vie-a-plouguerneau"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/599","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=599"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/599\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1795"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=599"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=599"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=599"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}