{"id":601,"date":"2013-03-07T12:12:26","date_gmt":"2013-03-07T11:12:26","guid":{"rendered":"https:\/\/plouguerneau.net\/comment-decouvrir-la-vie-des-plouguerneens-au-xviiie-siecle\/"},"modified":"2013-03-07T12:12:26","modified_gmt":"2013-03-07T11:12:26","slug":"comment-decouvrir-la-vie-des-plouguerneens-au-xviiie-siecle","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/comment-decouvrir-la-vie-des-plouguerneens-au-xviiie-siecle\/","title":{"rendered":"Comment d\u00e9couvrir la vie des plouguern\u00e9ens au XVIIIe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<div align=\"justify\"><center><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: large;\">COMMENT D\u00c9COUVRIR LA VIE DES<br \/>\nPLOUGUERNEENS AU XVIIIe SI\u00c8CLE<\/span><\/strong><\/span><\/center><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Plusieurs possibilit\u00e9s se pr\u00e9sentent pour rechercher des renseignements sur la vie de nos anc\u00eatres \u00e0 l\u2019\u00e9poque des Lumi\u00e8res.<\/p>\n<p>On peut se tourner vers les registres des bapt\u00eames, des mariages et des d\u00e9c\u00e8s (les B.M.S.) qui offrent de multiples ressources, comme on le d\u00e9couvrira lorsque nous d\u00e9voilerons le r\u00e9sultat de recherches portant sur la vie des Plouguern\u00e9ens dans la seconde moiti\u00e9 du XVIIIe si\u00e8cle. Ces registres se trouvent aux Archives D\u00e9partementales de Brest. Il est \u00e9galement possible de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la s\u00e9rie B (6B de la cour royale de Lesneven et 16 B des cours seigneuriales de Carman et du Ch\u00e2tel) pour se plonger dans les inventaires apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s et appr\u00e9hender la vie mat\u00e9rielle, agricole et plus rarement maritime des habitants de Plouguerneau. Ces documents sont \u00e9galement conserv\u00e9s aux Archives D\u00e9partementales de Brest.<\/p>\n<p>Les registres des B.M.S., des ann\u00e9es 1747 \u00e0 1790, constituent une mati\u00e8re premi\u00e8re in\u00e9gal\u00e9e pour analyser en profondeur la population Plouguern\u00e9enne et suivre ses comportements d\u00e9mographiques. A cet effet, 12.354 actes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pouill\u00e9s. Le travail f\u00fbt long mais enthousiasmant dans ses conclusions. Afin d&rsquo;\u00e9largir le champ d&rsquo;investigation concernant le territoire Plouguern\u00e9en, la petite paroisse de Tr\u00e9m\u00e9nac&rsquo;h a \u00e9t\u00e9 rattach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u00e9tude.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas inutile de rappeler quelques \u00e9l\u00e9ments relatifs \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat civil ancien.<\/p>\n<p>Institu\u00e9 en Bretagne le 3 juin 1406 par une ordonnance de Mgr Le Barbu, \u00e9v\u00eaque de Nantes, il est adopt\u00e9 par les autres \u00e9v\u00eaques bretons par la suite. Le pouvoir royal intervient \u00e9galement \u00e0 plusieurs reprises :<\/p>\n<p>&#8211; en 1539 l&rsquo;ordonnance de Villers-Cotter\u00eats, oblige les cur\u00e9s de tenir, en langue fran\u00e7aise, des registres de bapt\u00eames pour les nouveau-n\u00e9s et d\u2019autres pour les s\u00e9pultures des personnes tenant b\u00e9n\u00e9fices*, c&rsquo;est \u00e0 dire surtout les membres du clerg\u00e9.<\/p>\n<p>&#8211; en 1579 l&rsquo;ordonnance de Blois rend obligatoire l&rsquo;enregistrement des mariages par les cur\u00e9s et le d\u00e9p\u00f4t annuel du registre des B.M.S au greffe du tribunal royal le plus proche.<\/p>\n<p>&#8211; en 1667 l&rsquo;ordonnance de St Germain-en-Laye impose la tenue des registres en deux exemplaires : la minute reste au cur\u00e9, la grosse est d\u00e9pos\u00e9e au greffe. L&rsquo;ordonnance sp\u00e9cifie les renseignements que chaque acte doit comporter.<\/p>\n<p>&#8211; en 1736 une d\u00e9claration royale, enti\u00e8rement consacr\u00e9e \u00e0 la tenue des registres paroissiaux rappelle et pr\u00e9cise les dispositions de 1667 et ajoute que les deux registres doivent \u00eatre remplis simultan\u00e9ment afin d&rsquo;\u00e9viter que le second ne soit qu&rsquo;une copie approximative du premier. Cette surcharge de travail, le manque de temps, incitait le recteur \u00e0 recopier en fin d&rsquo;ann\u00e9e les actes sur la grosse \u00e0 partir de l&rsquo;original.<br \/>\nAinsi le 22 janvier 1771, le recteur de Lesmel : \u00ab\u00a0certifie que la pr\u00e9sente grosse est conforme \u00e0 l&rsquo;original\u00a0\u00bb de l&rsquo;ann\u00e9e 1770.<\/p>\n<p>Les registres se pr\u00e9sentent sous la forme de petits cahiers dont le nombre de r\u00f4les ou folios est variable : quatre \u00e0 Tr\u00e9m\u00e9nac&rsquo;h, entre vingt et trente \u00e0 Plouguerneau. En p\u00e9riode d&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie, par d\u00e9faut de place, il est n\u00e9cessaire de rajouter quelques pages. Les deux paroisses d\u00e9pendant de la s\u00e9n\u00e9chauss\u00e9e de Lesneven, les marguillers* s&rsquo;adressent au greffe royal pour les acqu\u00e9rir. Les fabriques* de Tr\u00e9m\u00e9nac&rsquo;h et de Plouguerneau d\u00e9boursent quelques livres pour les quatre cahiers obligatoires chaque ann\u00e9e : les minutes et les grosses des bapt\u00eames-mariages et, depuis 1746, des s\u00e9pultures.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La paroisse de Tr\u00e9m\u00e9nac&rsquo;h versait ainsi pour quatre cahiers, 4 livres et 10 sols au titre de l&rsquo;ann\u00e9e 1792. La modicit\u00e9 de la somme r\u00e9sulte d&rsquo;un format plus r\u00e9duit et d&rsquo;un nombre restreint de folios.<\/p>\n<p>Il fallait ensuite ramener au greffe les cahiers \u00ab\u00a0dans les six semaines au plus tard apr\u00e8s l&rsquo;expiration de chaque ann\u00e9e\u00a0\u00bb (article 17 de la d\u00e9claration du roi de 1736).<\/p>\n<p>Ces prescriptions sont respect\u00e9es : l&rsquo;acheminement a lieu, en g\u00e9n\u00e9ral, en janvier et, au plus tard, d\u00e9but f\u00e9vrier.<\/p>\n<p>Les greffiers ou autres commis-jur\u00e9s effectuent les v\u00e9rifications d&rsquo;usage, le s\u00e9n\u00e9chal supervisant le tout.<\/p>\n<p>Les contr\u00f4les sont le fait des autorit\u00e9s royales qui peuvent d\u00e9clencher des visites domiciliaires \u00e0 la sacristie pour se rendre compte de l&rsquo;\u00e9tat des registres, mais \u00e9galement des autorit\u00e9s religieuses.<\/p>\n<p>Les \u00e9v\u00eaques \u00e9taient tenus d&rsquo;assurer ou de faire assurer chaque ann\u00e9e la visite d&rsquo;une partie de leur circonscription. Ils profitaient de leur tourn\u00e9e, l&rsquo;\u00e9t\u00e9, pour convoquer en un m\u00eame endroit plusieurs repr\u00e9sentants des paroisses et tr\u00e8ves* d&rsquo;un secteur g\u00e9ographique donn\u00e9. Les visites archidiaconales, sortes de revues pr\u00e9liminaires, pr\u00e9c\u00e9daient les visites g\u00e9n\u00e9rales assur\u00e9es par l&rsquo;\u00e9v\u00eaque lui-m\u00eame ou par un vicaire g\u00e9n\u00e9ral. Plougerneau eut l&rsquo;honneur de telles visites \u00e0 douze reprises. Les comptes des fabriques sont examin\u00e9s ainsi que les registres des B.M.S. Les religieux n&rsquo;ont pas d\u00fb se montrer d&rsquo;une s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 remarquable \u00e0 l&rsquo;encontre des desservants Plouguern\u00e9ens qui dans l&rsquo;ensemble r\u00e9digent les actes sans exc\u00e8s de z\u00e8le. A Tr\u00e9m\u00e9nac&rsquo;h, pour la p\u00e9riode 1781-90, la tenue est nettement plus satisfaisante. La faiblesse du nombre d&rsquo;actes et la personnalit\u00e9 des recteurs Broudin, puis Y. Le Caill, soigneux et ayant, seuls, la charge des registres expliquent cette situation. Les religieux voient dans la r\u00e9daction des actes des exercices r\u00e9p\u00e9titifs et r\u00e9barbatifs. La volont\u00e9 d&rsquo;aller au plus vite favorise l&rsquo;utilisation d&rsquo;abr\u00e9viations (psse pour paroisse, xphe pour Christophe, et surtout le K barr\u00e9 : Kergadarvarn devenant Kdavarn) ou le recours aux services du bedeau qui inscrit l&rsquo;acte, le pr\u00eatre se contentant de le signer. Les principaux d\u00e9fauts rencontr\u00e9s sont les oublis de pr\u00e9nom, de nom, d&rsquo;\u00e2ge, surtout de profession (ce qui est fonci\u00e8rement dommageable pour analyser la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019\u00e9poque), des erreurs de chronologie. A noter que le pr\u00eatre qui officie au Grouaneg se d\u00e9place r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Plouguerneau pour remplir les registres par actes group\u00e9s. Un dernier probl\u00e8me \u00e0 signaler : le m\u00e9lange des registres.<\/p>\n<p>Ainsi certains actes de d\u00e9c\u00e8s se retrouvent sur le cahier des bapt\u00eames-mariages et inversement. Ce laisser-aller pour Monsieur Le Prohon s&rsquo;explique par le fait que\u00a0 \u00ab\u00a0la Bretagne soit plus un pays de tradition orale qu&rsquo;\u00e9crite o\u00f9 la langue utilis\u00e9e pour la tenue des papiers officiels, latin ou fran\u00e7ais n&rsquo;\u00e9tait pas la langue quotidiennement en usage, le breton\u00a0\u00bb. Mais si les omissions existent, si les d\u00e9fauts sont bien r\u00e9els, le tr\u00e8s grand nombre d&rsquo;actes concern\u00e9s par les d\u00e9pouillements en d\u00e9mographique historique relativise les marges d&rsquo;erreur.<\/p>\n<p>*B\u00e9n\u00e9fices: revenus attach\u00e9s \u00e0 une fonction eccl\u00e9siastique et tir\u00e9s des biens d\u2019\u00c9glise (d\u00eemes, rentes).<\/p>\n<p>*Marguillers : gestionnaires des biens de la paroisse.<\/p>\n<p>*Fabriques : ensemble des biens d\u2019une paroisse (le temporel), mais ne sont pas ceux du cur\u00e9. C\u2019est \u00e9galement l\u2019organisme charg\u00e9 de les g\u00e9rer. Certaines fabriques sont riches des biens accumul\u00e9s aux si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents (exploitations agricoles, terres, rentes) \u00e0 partir de donations ou fondations. Le procureur terrien ou gouverneur s\u2019occupe du temporel et le fabrique est charg\u00e9 des ornements sacr\u00e9s, du mobilier de l\u2019\u00e9glise, des affaires du roi. Ce sont des notables.<\/p>\n<p>*Tr\u00e8ves: territoire, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une paroisse, o\u00f9 existe une \u00e9glise soumise \u00e0 la conduite spirituelle d\u2019un cur\u00e9.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: small;\">Sources :<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Ronan Le Prohon<\/strong> :<\/p>\n<p>&#8211; Vie et mort des Bretons sous Louis XIV (Bibliophiles de Bretagne, 1984)<\/p>\n<p><span style=\"font-size: xx-small;\">Version 1 : 7 Mars 2013<\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>COMMENT D\u00c9COUVRIR LA VIE DES PLOUGUERNEENS AU XVIIIe SI\u00c8CLE Plusieurs possibilit\u00e9s se pr\u00e9sentent pour rechercher des renseignements sur la vie de nos anc\u00eatres \u00e0 l\u2019\u00e9poque des Lumi\u00e8res. 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