{"id":603,"date":"2013-05-13T15:45:59","date_gmt":"2013-05-13T13:45:59","guid":{"rendered":"https:\/\/plouguerneau.net\/les-chevaux-dans-le-leon\/"},"modified":"2013-05-13T15:45:59","modified_gmt":"2013-05-13T13:45:59","slug":"les-chevaux-dans-le-leon","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/les-chevaux-dans-le-leon\/","title":{"rendered":"Les chevaux dans le L\u00e9on"},"content":{"rendered":"<p><center><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: large;\">LES CHEVAUX DANS LE LEON<br \/>\nau XIX\u00e8me et au d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle<\/span><\/strong><\/span><\/center><i>Article au format pdf sur CALAMEO en cliquant <a href=\"http:\/\/www.calameo.com\/read\/00198731958d413fa307c\" target=\"blank\">ici<\/a>.<\/i><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">1 &#8211; Les chevaux dans le monde paysan au XIX\u00e8me et au d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p>Plusieurs auteurs parlent des chevaux dans leurs ouvrages traitant du monde paysan en Bretagne et cela pour la p\u00e9riode du XIX\u00e8me et du d\u00e9but XX\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Cet article va chercher, en reprenant des extraits des diff\u00e9rents ouvrages, \u00e0 rendre compte de l&rsquo;importance de ces chevaux dans la vie des paysans de cette \u00e9poque.<\/p>\n<p>Selon l&rsquo;auteur et l&rsquo;ouvrage, les extraits traitent de la Bretagne en global, du L\u00e9on ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment de la commune de Plouguerneau ou d&rsquo;autres communes voisines.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/chevaux2-2.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><em>Attelage<\/em><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">2 &#8211; Le L\u00e9on \u2013 Louis ELEGOET &#8211; 2007<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong>L&rsquo;\u00e9levage<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9levage constitue, en L\u00e9on, une activit\u00e9 assez importante. En moyenne chaque ferme poss\u00e8de cinq ou six bovins, un ou deux porcs et, surtout, deux ou trois chevaux. A partir des ports du Conquet, de Brest, de Landerneau, de Morlaix, de Roscoff, comme aussi des petits havres qui jalonnent le littoral, on exporte de la viande, du beurre, du miel, des grains (froment, avoine, \u2026) et divers l\u00e9gumes.<\/p>\n<p>Par ailleurs, des milliers de chevaux sont commercialis\u00e9s et prennent le direction d\u2019autres r\u00e9gions fran\u00e7aises.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9levage de chevaux est la principale \u00ab industrie \u00bb du pays. Le trait breton du d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle descend de l\u2019intervention, \u00e0 partir de 1840, d\u2019\u00e9talons percherons et de la s\u00e9lection poursuivie dans l\u2019indig\u00e9nat. Le postier breton, lui, trouve son origine dans l\u2019introduction d\u2019\u00e9talons \u00ab Norfolk \u00bb en L\u00e9on peu avant 1850.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Des progr\u00e8s techniques<\/strong><\/p>\n<p>Dans le deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XIX\u00e8me si\u00e8cle, l\u2019agriculture l\u00e9onarde conna\u00eet un certain nombre de progr\u00e8s techniques.<\/p>\n<p>A partir de 1860, la batteuse et le tarare (Le\u00a0tarare ou\u00a0vanneuse\u00a0est une machine utilis\u00e9e lors du vannage). Il permet de remplacer le vannage manuel qui se faisait par jour de grand vent avec un\u00a0van en jetant en l&rsquo;air les grains pour les s\u00e9parer des impuret\u00e9s (balle). Avec les progr\u00e8s de la m\u00e9canisation, le tarare fut int\u00e9gr\u00e9 dans la\u00a0batteuse.<\/p>\n<p>S\u2019agissant des labours, ce sont deux charrues qui, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1890, remplacent tr\u00e8s progressivement le travail de l\u2019araire (tract\u00e9 par un\u00a0animal, il scarifie le sol, l&rsquo;arairage\u00a0qu&rsquo;il effectue est donc superficiel). C\u2019est la d\u00e9chaumeuse qui retourne superficiellement la terre, puis la d\u00e9fonceuse et creuse plus profond\u00e9ment.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 cette m\u00e9canisation, ainsi qu\u2019au travail opini\u00e2tre des paysans, les rendements augmentent : vers 1910, un hectare de bl\u00e9 produit une quinzaine de quintaux de bl\u00e9, au lieu d\u2019une dizaine vers 1850 ; vers 1910, une vache donne, annuellement, pr\u00e8s de 1 500 litres de lait au lieu d\u2019un millier, 60 ans plus t\u00f4t.<\/p>\n<p>Les progr\u00e8s sont bien lents cependant et le L\u00e9on accuse, comme l\u2019ensemble de la Bretagne, de s\u00e9rieux retards sur beaucoup de r\u00e9gions fran\u00e7aises.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">3 &#8211; Chevaux de Bretagne \u2013 Patrick HERVE &#8211; 1986<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p>Pour le paysan, c\u2019est le compagnon du travail quotidien. En raison de sa fragilit\u00e9, il est l\u2019objet de soins constants.<\/p>\n<p>On a souvent oubli\u00e9 l\u2019enjeu \u00e9conomique important que pouvait pr\u00e9senter le cheval pour les r\u00e9gions d\u2019\u00e9levage comme la Bretagne et plus particuli\u00e8rement le L\u00e9on.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/chevaux-2.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><em>March\u00e9 aux chevaux &#8211; Le Folgoet<\/em><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>De nombreux m\u00e9tiers compl\u00e9mentaires \u00e0 l\u2019\u00e9levage existent : hongreurs, bourreliers, mar\u00e9chaux-ferrants.<\/p>\n<p>Chaque paroisse se consacrait soit au naissage, soit \u00e0 l\u2019\u00e9levage, soit \u00e0 la vente. Le laiton qui venait de na\u00eetre allait suivre tout un circuit avant d\u2019\u00eatre vendu sur le champ de foire \u00e0 un marchand qui l\u2019exp\u00e9dierait, suivant ses caract\u00e9ristiques dans les mines du nord de la France, \u00e0 la Compagnie des Omnibus Parisiens, ou ailleurs.<\/p>\n<p>Chaque ann\u00e9e, \u00e0 la f\u00eate de la Saint-Michel, le paysan devait payer son fermage. Cela constituait une grosse sortie d\u2019argent dans une soci\u00e9t\u00e9 rurale ou la production \u00e9tait surtout destin\u00e9 \u00e0 la consommation. Pour payer le fermage, dans le L\u00e9on, on vendait un cheval. Les gens de la c\u00f4te n\u2019avaient que des juments et vendaient les poulains aux paysans de l\u2019int\u00e9rieur. Ces derniers les \u00e9levaient et les dressaient avant de les revendre trois ans plus tard.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Les zones d&rsquo;\u00e9levage<\/strong><\/p>\n<p>Pays Pagan : Juments (Trait Breton)<\/p>\n<p>Cheval issu de l\u2019indig\u00e9nat, plus massif, plus trapu, plus rustique que le postier ; destin\u00e9 aux travaux agricoles.<\/p>\n<p>Saint-Cadou : \u00c9talons<\/p>\n<p>Il y avait trois ou quatre chevaux : deux adultes pour le travail ainsi que deux jeunes chevaux de 18 mois \u00e0 deux ans en \u00ab apprentissage \u00bb, plus un ou deux poulains.<\/p>\n<p>Saint-Rivoal : Juments<\/p>\n<p>Ils \u00e9levaient trois juments pour avoir des laitons \u00e0 vendre chaque ann\u00e9e. D\u00e9s que les poulains avait atteint trois ou quatre mois, les \u00e9leveurs venaient les acheter dans les foires pour les dresser. On gardait les pouliches soit pour en faire des poulini\u00e8res, soit pour les vendre dans le coin pour la reproduction. La plupart des fermes n\u2019avaient que des juments car une poulini\u00e8re est plus facile \u00e0 soigner qu\u2019un poulain.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>La monte<\/strong><\/p>\n<p>Les \u00e9talons et les juments sont aptes \u00e0 la reproduction d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de deux ans. Les chaleurs apparaissent chez la jument dans la p\u00e9riode allant de F\u00e9vrier \u00e0 Juin, entre des p\u00e9riodes allant de vingt \u00e0 vingt cinq jours.<\/p>\n<p>J\u2019ai moi-m\u00eame connu quelqu\u2019un de Plouguerneau (il s\u2019appelait DARIVAIN) qui avait un \u00e9talon. Son cheval avait sailli deux cent cinquante fois en une ann\u00e9e. C\u2019\u00e9tait le meilleur \u00e9talon de la r\u00e9gion, et il lui avait rapport\u00e9 le prix d\u2019une ferme en une seule ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Les gens amenaient leurs juments \u00e0 l\u2019\u00e9talon. Je ma rappelle qu\u2019en 1950 j\u2019ai \u00ab fait \u00bb 350 saillies.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Naissance d\u2019un poulain<\/strong><\/p>\n<p>La gestation de la jument dure 11 mois. La jument peut mettre bas toute seule, mais l\u2019homme pr\u00e9f\u00e8re \u00eatre l\u00e0 au cas o\u00f9 l\u2019op\u00e9ration se passerait mal, mettant en jeu la vie de la jument et celle du poulain. Une jument met bas rapidement, en un quart d\u2019heure, vingt minutes quelques fois. C\u2019est pourquoi, pendant la journ\u00e9e, on surveille ; pour bien faire, on doit coucher la nuit dans l\u2019\u00e9curie. Le cheval est l\u2019objet de tous les soins du ma\u00eetre de maison ou du grand valet. La vente du cheval de l\u2019ann\u00e9e repr\u00e9sentait la principale source de revenus. Que la naissance du poulain se passe mal, que le poulain meure, \u2026 et c\u2019\u00e9tait la mis\u00e8re.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>L\u2019achat de jeunes poulains<\/strong><\/p>\n<p>Dans chaque march\u00e9, il y a une part de connaissance et une part de pari. Un jeune poulain a plus de valeur qu\u2019un laiton. La naisseur a donc int\u00e9r\u00eat \u00e0 attendre pour vendre mais cela immobilisera la jument, n\u00e9cessitant une attention quotidienne et de la nourriture. L\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019acheteur, au contraire, est d\u2019acheter au plus t\u00f4t, quand l\u2019offre est importante, mais il prend des risques car le poulain peut pr\u00e9senter des vices cach\u00e9s.<\/p>\n<p>Le poulain est fragile. Les naisseurs de la c\u00f4te, que les habitants de la montagne appellent d\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale le \u00ab Pagan \u00bb, vendaient les laitons tr\u00e8s jeunes et ne gardaient que les jeunes pouliches.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Le dressage<\/strong><\/p>\n<p>Le cheval est un animal intelligent et apte \u00e0 ne nombreuses fonctions : tirer la charrette, les instruments aratoires, le man\u00e8ge de la batteuse, \u2026 Toutes ces t\u00e2ches, il doit les apprendre. Ce qui faisait la r\u00e9putation des \u00e9leveurs bretons, c\u2019\u00e9tait leur patience et leur science pour dresser les chevaux \u00e0 ob\u00e9ir \u00e0 la voix.<\/p>\n<p>\u00ab Je dressais toutes les juments. D\u00e9s qu\u2019elles avaient dix-huit mois elles \u00e9taient attel\u00e9s pour le travail. On mettait une jeune avec une ou deux vieilles. La jeune jument suivait la vieille qui \u00e9tait plac\u00e9e en parall\u00e8le, soit en cheville (en deuxi\u00e8me position dans un attelage en ligne). A deux ans, les juments \u00e9taient mise dans les brancards. Certaines \u00e9taient plus dociles que d\u2019autres \u00bb.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Les soins<\/strong><\/p>\n<p>Le cheval, au-del\u00e0 du capital et la force de travail qu\u2019il repr\u00e9sente, est un compagnon, un ami de l\u2019homme. Les soins qu\u2019il n\u00e9cessite rythment la journ\u00e9e du paysan (comme la traite des vaches rythme celle de son \u00e9pouse).<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est le cheval qui apportait la plus grande partie des revenus de la ferme. Il avait trois ou quatre fois plus de valeur qu\u2019une vache \u00bb. Cette valeur s\u2019explique non seulement par le travail qu\u2019il fournit, mais \u00e9galement par la quantit\u00e9 de la nourriture dont il a besoin. Il d\u00e9pense en effet beaucoup d\u2019\u00e9nergie au travail. Il se nourrit sur les p\u00e2tures, mais il faut lui apporter un compl\u00e9ment de nourriture. Cette pr\u00e9paration demandait du temps et de l&rsquo;\u00e9nergie : les bras des jeunes \u00e9taient souvent mis \u00e0 contribution pour tourner le \u00ab hache-lann \u00bb (broyeur d\u2019ajonc).<\/p>\n<p>\u00ab Dans le temps, nourrir les chevaux donnait du travail : des betteraves et de l\u2019ajonc. Aux poulains, on donnait aussi du rutabaga m\u00e9lang\u00e9 avec du gros son. Maintenant tout chang\u00e9 : on ne cuit plus les aliments, on les moud (l\u2019orge, le bl\u00e9, l\u2019avoine) \u00bb.<\/p>\n<p>La blessure, la foulure d\u2019un animal peuvent conduire \u00e0 l\u2019abattre et \u00e0 compromettre une ann\u00e9e de travail. Les rebouteux pour les chevaux avaient souvent une r\u00e9putation qui d\u00e9passait le canton. Ayant une connaissance tactile remarquable des os, ils pouvaient remettre en place les membres et fournissaient des onguents dont la recette \u00e9tait soigneusement transmise de p\u00e8re en fils.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Les marchands de chevaux<\/strong><\/p>\n<p>A l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une zone de naissage ou d\u2019\u00e9levage, les ventes ont souvent lieu entre paysans mais le marchand est le trait d\u2019union n\u00e9cessaire entre les \u00e9leveurs et acheteurs d\u2019autres r\u00e9gions dans le cadre d\u2019un commerce plus important.<\/p>\n<p>Dans le march\u00e9 qui s\u2019\u00e9tendait au-del\u00e0 de l\u2019Europe, il y avait toute une hi\u00e9rarchie parmi les marchands, depuis ceux qui parcouraient les campagnes, jusqu\u2019aux marchands parisiens qui avaient des courtiers qui faisaient le travail sur place.<\/p>\n<p>\u00ab Il y avait de marchands importants du Midi qui venaient r\u00e9guli\u00e8rement. Chaque marchand \u00e9tait sp\u00e9cialis\u00e9. L\u2019un achetait des poulains, l\u2019autre des juments. Voil\u00e0 comment une foule de gens avaient du travail gr\u00e2ce aux chevaux \u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait \u00e0 Landivisiau que l\u2019on trouvait les marchands les plus importants : c\u2019\u00e9tait la plaque tournante du commerce. En effet, gr\u00e2ce \u00e0 la ligne de chemin de fer, les chevaux pouvaient \u00eatre exp\u00e9di\u00e9s vers Paris, puis vers leur destination finale. C&rsquo;\u00e9tait assez de les reconna\u00eetre. On les appelait les \u00ab Fran\u00e7ais \u00bb car ils ne savaient pas le breton. Les courtiers de Landivisiau les suivaient, et c\u2019est eux qui discutaient le prix.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Les foires<\/strong><\/p>\n<p>Les petits marchands avaient tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 acheter sur place (\u00e0 la ferme) car lorsqu\u2019un animal int\u00e9ressant \u00e9tait rep\u00e9r\u00e9, ils pouvaient revenir plusieurs fois jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils emportent le march\u00e9. Par contre, le paysan avait tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 attendre la foire o\u00f9 il pouvait comparer les prix.<\/p>\n<p>\u00ab Les marchands de Landivisiau battaient la campagne et fr\u00e9quentaient les foires. Les foires les plus importantes de l\u2019ann\u00e9e \u00e9taient : Morlaix (foire haute : une fois par an), Landivisiau (deuxi\u00e8me mercredi du mois) et Commana (dernier mercredi du mois). A Commana, comme \u00e0 Landivisiau, la place \u00e9tait remplie de chevaux \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/commana-foire-2.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><em>March\u00e9 aux chevaux &#8211; Commana<\/em><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>\u00ab Les foires avaient lieu l\u2019apr\u00e8s-midi. Nous allions \u00e0 la foire soit \u00e0 Saint-Renan, soit \u00e0 Ploudalm\u00e9zeau. Nous allions \u00e0 pied \u00e0 ces foires distantes de dix-sept, dix-huit kilom\u00e8tres ; le poulain \u00e9tait attach\u00e9 \u00e0 la queue de la m\u00e8re \u00bb.<\/p>\n<p>Les chevaux \u00e9taient conduit \u00e0 la foire la plus proche. Si l\u2019animal ne trouvait pas preneur, il fallait aller plus loin, mais c\u2019\u00e9tait une journ\u00e9e de travail de perdue. C\u2019\u00e9tait pourquoi le paysan pr\u00e9f\u00e9rait parfois laisser sa b\u00eate \u00e0 moindre prix \u00e0 un marchand qui la revendait \u00e0 une foire plus importante.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>L\u2019exp\u00e9dition des chevaux<\/strong><\/p>\n<p>Le volume des affaires trait\u00e9es, dans les foires comme celles de Landivisiau ou Morlaix \u00e9tait \u00e9norme. Pour un paysan, le prix de vente d\u2019un animal pouvait permettre de payer le fermage pour une ann\u00e9e. Les risques de ce faire voler la bourse, pr\u00e9cieusement serr\u00e9e dans le turban de ceinture qui est commun aux costumes masculins du pays de L\u00e9on, \u00e9taient importants, d\u2019autant plus importants que le cheval devaient \u00eatre livr\u00e9 chez l\u2019acheteur. Certains villages isol\u00e9s avaient tr\u00e8s mauvaise r\u00e9putation et, aujourd\u2019hui encore, les anciens montrent les endroits o\u00f9 le passant attard\u00e9 risquait d\u2019\u00eatre attaqu\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/landivisiau-gare-2.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><em>Landivisiau \u2013 La gare<\/em><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>A Landivisiau, il y avait des \u00ab toucheurs professionnels \u00bb qui \u00e9taient charg\u00e9s de livrer les chevaux vendus au march\u00e9 dans les fermes.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Les types de chevaux<\/strong><\/p>\n<p>A la fin du Moyen-Age, on distinguait deux types de chevaux :<\/p>\n<ul>\n<li>Le \u00ab Roussin \u00bb : sud de la Bretagne ; animal de b\u00e2t ; l\u00e9ger, il donnera le \u00ab bidet \u00bb, le \u00ab cheval de la Montagne \u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Le \u00ab Sommier \u00bb : issu de souches originaires du L\u00e9on et du Tr\u00e9gor Finist\u00e8rien, et un animal plus lourd qui donnera par croisement au \u00ab trait breton \u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces chevaux correspondaient aux besoins agricoles, mais le cheptel \u00e9tait \u00e9galement une source d\u2019approvisionnement pour l\u2019arm\u00e9e qui achetait ou r\u00e9quisitionnait les animaux en fonction de ses besoins qui \u00e9taient \u00e9normes. C\u2019est ainsi qu\u2019on a estim\u00e9 \u00e0 50 000 le nombre de chevaux qui ont p\u00e9ri lors de la retraire de Russie.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Le d\u00e9clin<\/strong><\/p>\n<p>Les chevaux qui naissaient et \u00e9taient \u00e9lev\u00e9s en Bretagne n\u2018\u00e9taient pas sp\u00e9cialement destin\u00e9s \u00e0 l\u2019agriculture. Ils pouvaient \u00eatre destin\u00e9s \u00e0 travailler dans les mines ou dans les villes. Dans les gares, ils servaient \u00e0 d\u00e9placer les wagons, sur les canaux \u00e0 tirer les chalands, dans les montagnes \u00e0 d\u00e9barder les arbres, &#8230;<\/p>\n<p>A partir des ann\u00e9es cinquante, la m\u00e9canisation supplante la traction animale. Cependant sur la c\u00f4te bord du L\u00e9on, il continua \u00e0 travailler dans les cultures l\u00e9gumi\u00e8res jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">4 &#8211; Le rapport entre le paysan l\u00e9onard et le cheval de trait hier et aujourd\u2019hui \u2013 Herv\u00e9 CONAN \u2013 Louis ELEGOET<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p>Le cheval dans la ferme passe avant le ma\u00eetre, avant sa femme. \u00c0 lui toutes les pr\u00e9venances, toutes les attentions.<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;au ann\u00e9es 1950, l\u2019\u00e9curie et ses occupants forment la vitrine de la ferme.<\/p>\n<p>En 1733, en L\u00e9on, on d\u00e9nombrait environ 22 000 chevaux, soit pr\u00e8s de 10 pour 100 arpents. Seul le Tr\u00e9gor surpasse le L\u00e9on avec 10,4 ( Saint-Malo 6,90 &#8211; Quimper 6,25 &#8211; Saint-Brieuc 4,24 &#8211; Nantes 3,22 ).<\/p>\n<p>Tout au long du XIX\u00e8me et encore plus au d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle il augmente pour atteindre 60 000 en 1912<br \/>\n(1 cheval pour 3,4 hectares) .<\/p>\n<p>Toutefois le nombre de chevaux varie consid\u00e9rablement d&rsquo;une ferme \u00e0 l&rsquo;autre. \u00c0 Plouider en 1887, sur 380 fermes sur la commune, 274 poss\u00e8dent de 1 \u00e0 10 chevaux :<\/p>\n<ul>\n<li>1 cheval : 50 fermes<\/li>\n<li>2 chevaux : 32 fermes<\/li>\n<li>3 chevaux : 50 fermes<\/li>\n<li>4 chevaux : 35 fermes<\/li>\n<li>5 chevaux : 51 fermes<\/li>\n<li>6 chevaux : 27 fermes<\/li>\n<li>7 chevaux :13 fermes<\/li>\n<li>8 chevaux : 7 fermes<\/li>\n<li>9 chevaux : 8 fermes<\/li>\n<li>10 chevaux : 1 ferme<\/li>\n<\/ul>\n<p>A la fin du XX\u00e8me si\u00e8cle, on trouve \u00e0 Plouider 1050 chevaux.<\/p>\n<p>En 1937, 14 000 chevaux sont exp\u00e9di\u00e9s par la gare de Landivisiau. La m\u00eame ann\u00e9e 12 000 sont transport\u00e9s par camions.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">5 &#8211; Les pardons des chevaux aux chapelles de Bretagne \u2013 Daniel GIRAUDON &#8211; 1995<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p>Au XX\u00e8me si\u00e8cle dans les campagnes bretonnes, le cheval repr\u00e9sente un capital \u00e9conomique et affectif. on parle de la taille d&rsquo;une ferme : ferme de deux, trois ou quatre chevaux. On compte environ 5 hectares par cheval.<\/p>\n<p>Politique locale : quand on avait 4 chevaux, on pouvait \u00eatre candidat \u00e0 la mairie, 3 adjoint, 2 conseiller municipal. Certains savaient a peine lire ou \u00e9crire, mais pourvu qu&rsquo;ils aient des chevaux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/StEloy-pardon-2.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><em>Saint Eloi &#8211; le pardon<\/em><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le cheval vit de grands moments conviviaux avec la famille qui l&rsquo;entoure. On lui donne un nom, on lui parle, on le flatte, on le caresse, on le r\u00e9compense, sa photo est parfois encadr\u00e9e et attach\u00e9e au mur.<\/p>\n<p>Il b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un traitement de faveur par rapport aux autres animaux : on lui change de liti\u00e8re tous les jours, on le brosse, on le bouchonne, on l&rsquo;\u00e9trille. La meilleure nourriture, le meilleur foin est pour lui. Au retour du travail dans les champs, c&rsquo;est \u00e0 lui que l&rsquo;on pense d&rsquo;abord.<\/p>\n<p>Le paysan place toute sa confiance dans le pouvoir de nombreux \u00ab saints v\u00e9t\u00e9rinaires \u00bb : Gildas, Herv\u00e9, Nicodeme, Salomon, Yves, &#8230; C&rsquo;est en particulier lors des pardons que le paysan les prie de prendre soin de son cheptel ou qu&rsquo;il les remercie de leur intercession.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">6 &#8211; Nous ne savions que le breton et il fallait parler fran\u00e7ais &#8211; M\u00e9moires d\u2019un paysan du L\u00e9on \u2013 L. ELEGOET \u2013 1978<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p>Entretiens r\u00e9alis\u00e9s en 1973 et 1974 aupr\u00e8s d\u2019un agriculteur du Grouanec en Plouguerneau n\u00e9 en 1898.<\/p>\n<p>Les informations extraites, concernant les chevaux, couvrent principalement les ann\u00e9es 1900-1930.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Page 58<\/strong><\/p>\n<p>Quand on prenait la moiti\u00e9 de l\u2019exploitation, il fallait acheter l\u2019autre moiti\u00e9 par la suite. Admettons qu\u2019on ait vendu un cheval 2 000 francs, on pouvait donner 1 000 francs par exemple.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait surtout des chevaux que l\u2019on vendait. Celui qui avait de la chance avec ses chevaux pouvait gagner des milliers de francs.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Page 59<\/strong><\/p>\n<p>Dans chaque ferme, il y avait six ou sept vaches et on avait beaucoup de chevaux. Chez Ronvel, par exemple, j\u2019en ai vus jusqu\u2019\u00e0 quinze. J\u2019y ai m\u00eame vus six poulains la m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n<p>A Kernevez, j\u2019ai vu jusqu\u2019\u00e0 neuf chevaux, mais le neuvi\u00e8me n\u2019est pas rest\u00e9 longtemps. Le p\u00e8re l\u2019avait achet\u00e9 \u00e0 la foire de Lesneven et il l\u2019a vendu un peu plus tard. C\u2019\u00e9tait une jument brune, je m\u2019en souviens encore. Elle s\u2019appelait Coquette. J\u2019avais treize ou quatorze ans. C\u2019\u00e9tait donc en 1912 ou au d\u00e9but 1913. Nous de l\u2019avons gard\u00e9e que quatre ou cinq jours. Le p\u00e8re changeait souvent les chevaux. Il \u00e9levait surtout des poulains, des pouliches d\u2019un an par exemple. Je l\u2019ai vu en ramener trois ou quatre de la m\u00eame foire et, apr\u00e8s deux ou trois jours, il les revendait. Mais nous avions toujours sept \u00e0 huit chevaux. Nous avions en permanence cinq chevaux de labour.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Page 64<\/strong><\/p>\n<p>Quand la charrue \u00e9tait morte, il fallait bien en acheter une autre, ou une d\u00e9fonceuse quand cette derni\u00e8re ne valait plus rien. Il fallait aussi aff\u00fbter les socs. Il fallait faire toutes sortes de petits travaux de ce genre.<\/p>\n<p>On vendait les animaux qu\u2019on avait en trop. Parfois on y \u00e9tait oblig\u00e9. Quand on n\u2019avait pas de quoi payer le fermage, il fallait bien vendre des b\u00eates. Et on vendait ce qu\u2019on pouvait. Tant\u00f4t une vache, tant\u00f4t un cheval. Cela d\u00e9pendait de ce qu\u2019on avait \u00e0 faire.<\/p>\n<p>Notre ferme, \u00e0 Kernevez, faisait trente-cinq journaux et nous avions 1 270 francs en esp\u00e8ce \u00e0 payer chaque ann\u00e9e en fermage. Combien vendait-on un cheval \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0 ? Cinq, six cents francs ?<br \/>\nNous \u00e9levions des taureaux. Nous avions toujours quelques taureaux que l\u2019on vendait g\u00e9n\u00e9ralement vers la Saint-Michel. Chaque ann\u00e9e, nous en avions deux ou trois \u00e0 vendre. Il fallait donc les mettre \u00e0 l\u2019embouche. On les vendait l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre. C\u2019est ainsi qu\u2019on arrivait \u00e0 payer le fermage.<\/p>\n<p>Nous n\u2019avions pas beaucoup de b\u00eates. Nous n\u2019avions sept ou huit chevaux. Il repr\u00e9sentaient une grande valeur ; mais nous n\u2019avions pas de chance, nos poulains mouraient tous. Pas de poulain \u00e0 vendre !<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Page 69<\/strong><\/p>\n<p>Les vaches \u00e9taient difficiles \u00e0 vendre. Parfois, les cours \u00e9taient bons et parfois ils \u00e9taient mauvais. C\u2019est la m\u00eame chose maintenant : quand les b\u00eates sont ch\u00e8res, on vend facilement, et quand les cours sont bas, on vend difficilement.<\/p>\n<p>Je me souviens de la vente de chevaux. Je suis all\u00e9 un jour \u00e0 la foire du Folgoet vendre une jument de trois ans. Nous \u00e9tions six ou sept, les uns aupr\u00e8s des autres, avec nos juments de trois ans et, sauf erreur, personne n\u2019est venu demander \u00e0 acheter une seule jument. Personne ! Nous avons d\u00fb les ramener toutes !<\/p>\n<p>Une autre fois, j\u2019avais conduit une jument baie \u00e0 la foire. De toute la journ\u00e9e, on ne m\u2019a rien propos\u00e9 et comme je rentrais, trois hommes sont arriv\u00e9s qui m\u2019ont demand\u00e9 si j\u2019avais vendu ma jument.<\/p>\n<p>\u00ab Non, ais-je r\u00e9pondu, je ne l\u2019ai pas vendue. \u00bb<br \/>\n\u00ab Quel prix, alors? \u00bb<br \/>\nEt l\u2019on discute.<br \/>\n\u00ab Attelle-l\u00e0, on verra si c\u2019est une bonne jument de trait. \u00bb<br \/>\n\u00ab Oui, oui, c\u2019est une bonne jument de trait ! \u00bb<\/p>\n<p>Il fallait atteler. Quand ils l\u2019ont vue travailler, elle leur a plu et voil\u00e0 la jument vendue, \u00e0 un gars de Kerlouan.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Page 72<\/strong><\/p>\n<p>Nous allions \u00e0 pied avec nos chevaux jusqu\u2019\u00e0 Landivisiau, jusqu\u2019\u00e0 Landerneau, jusqu\u2019\u00e0 Saint-Renan (Landerneau : environ 27 kilom\u00e8tres du Grouanec ; Saint-Renan : 28 kilom\u00e8tres ; Landivisiau : 35 kilom\u00e8tres).<\/p>\n<p>On n\u2019y allait pas toujours d\u2019une seule traite. On tra\u00eenait dans les caf\u00e9s \u2026 C\u2019\u00e9tait oblig\u00e9 !<\/p>\n<p>Une fois, par exemple, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e0 Saint-Renan. Nous y avons achet\u00e9 un poulain non sevr\u00e9. Il devait avoir quatre ou cinq mois.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/StRenan-marche.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><em>Saint Renan \u2013 Place jour de foire<\/em><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>\u00ab Comment diable ai-je dit au p\u00e8re, vais-je faire pour le ramener ? \u00bb<br \/>\n\u00ab Oh ! il va suivre tranquillement la voiture. \u00bb<\/p>\n<p>Pierre, mon fr\u00e8re, nous accompagnait. Il avait achet\u00e9 une pouliche de deux ans, plus r\u00e9sistante, mais ni le poulain ni la pouliche ne voulaient suivre !<\/p>\n<p>Avant d\u2019atteindre Milizac, nous avons dit au p\u00e8re et au beau-p\u00e8re de mon fr\u00e8re de renter toujours avec la voiture : \u00ab Nous finirons bien par arriver ! \u00bb<\/p>\n<p>Nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 quatre heures et demie du matin. Le poulain \u00e9tait \u00e9puis\u00e9, il ne cherchait qu\u2019\u00e0 se coucher. Je crois bien qu\u2019il ne s\u2019est pas relev\u00e9 de la paille de toute la journ\u00e9e. Car, en plus, il s\u2019\u00e9tait beaucoup agit\u00e9 quand on l\u2019avait enlev\u00e9 \u00e0 sa m\u00e8re.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Page 77 &#8211; Marchands de bestiaux et maquignons : <\/strong><\/p>\n<p>Par ici, il y avait beaucoup de marchands de bestiaux.<\/p>\n<p>Job avait parfois cinq ou six vaches \u00e0 conduire aux foires. Ambroise aussi en avait souvent cinq ou six. Yann n\u2019en avait jamais plus d\u2019une ou deux. Tous tenaient une ferme, mais en plus il faisaient le commerce de vaches.<\/p>\n<p>Les maquignons n\u2019\u00e9taient pas tr\u00e8s nombreux. Il y en avait moins que de marchands de bestiaux. Et encore, Goulven Elegoet, par exemple, ne faisait pas beaucoup d\u2019affaires. Il achetait des chevaux maigres qu\u2019il engraissait.<\/p>\n<p>Par contre d\u2019autres maquignons venaient acheter leurs chevaux \u00e0 Pierre Nicolas et \u00e0 Geleog. Ils allaient aux foires \u00e0 v\u00e9lo et revenaient \u00e0 v\u00e9lo, accompagn\u00e9s de leurs chevaux.<\/p>\n<p>On conduisait les vaches \u00e0 pied. Certains marchands employaient des toucheurs pour conduire leurs vaches de la foire de Lesneven \u00e0 Landerneau.<\/p>\n<p>Chaque toucheur conduisait vingt ou vingt-cinq vaches. Ils formaient des troupeaux de soixante b\u00eates et plus.<\/p>\n<p>Certains payaient de toucheurs aussi pour conduire les chevaux. On les attachait l\u2019un \u00e0 la queue de l\u2019autre, le toucheur montait sur le premier, et en route !<\/p>\n<p>On embarquait les chevaux \u00e0 la gare de Landerneau ou de Landivisiau. Avant de les mettre en wagon, on leur d\u00e9ferrait les sabots arri\u00e8re, mais pas les sabots de devant.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>Page 81<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons eu une jument \u00e0 Kernevez et personne n\u2019avait besoin de la guider quand elle tirait le rouleau. C\u2019\u00e9tait une jument brune qui allait d\u2019elle-m\u00eame. On lui mettait les r\u00eanes sur le collier et on la laissait faire. Elle ne se trompait jamais. Arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 du champ, elle tournait toute et elles revenait de fa\u00e7on impeccable.<\/p>\n<p>On attelait deux chevaux \u00e0 la charrue et il fallait trois, parfois quatre chevaux \u00e0 la d\u00e9fonceuse. Bien oblig\u00e9 quand il s\u2019agissait de travailler une p\u00e2ture, par exemple ; on n\u2019avait rien pour l\u2019ouvrir avant la charrue. C\u2019\u00e9tait donc plus dur.<\/p>\n<p>La charrue allait devant et la d\u00e9fonceuse suivait derri\u00e8re. La charrue, en somme, ne faisait qu\u2019\u00e9corcher la p\u00e2ture et la d\u00e9fonceuse allait plus profond et remontait de la terre par-dessus.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">7 &#8211; Les paysans bretons au XIX\u00e8me si\u00e8cle \u2013 YANN BREKILIEN \u2013 1994<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p>Les chevaux tiennent une grande place dans la vie de la ferme. Le paysan leur voue une r\u00e9elle affection et, quand il dit \u00ab mes b\u00eates \u00bb, c\u2019est d\u2019eux qu\u2019il parle. C\u2019est qu\u2019ils sont les compagnons non seulement de ses travaux, mais de ses plaisirs. C\u2019est \u00e0 cheval qu\u2019il se rend aux noces, sa cavali\u00e8re en croupe, et aux foires, aux pardons. Il n&rsquo;y a d&rsquo;ailleurs pas de noce ou de f\u00eate o\u00f9 il ne dispute quelque course, faisant franchir \u00e0 sa monture qui, la veille, tirait la charrue, de hauts talus, des haies, des rivi\u00e8res.<\/p>\n<p>Pour ses chevaux, le breton prie avec ferveur Sant Alar (Saint Eloi), leur patron. Quand l&rsquo;un deux b\u00e2ille, il ne manque jamais de lui dire : \u00ab Saint Eloi vous b\u00e9nisse ! \u00bb.<\/p>\n<p>Un cheval a-t-il \u00e9t\u00e9 prim\u00e9 \u00e0 un concours ? On voit tous les gens de la ferme, hommes, femmes, enfants, lui faire f\u00eate, l&rsquo;entourer, le cajoler, l&#8217;embrasser. Les \u00e9leveurs du L\u00e9on, en particulier, sont si fiers de leurs b\u00eates, qu&rsquo;ils n&rsquo;h\u00e9sitent pas \u00e0 aller les pr\u00e9senter aux concours jusqu&rsquo;\u00e0 Nantes, parcourant sur leur dos pr\u00e8s de 350 kilom\u00e8tres.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du XIX\u00e8me si\u00e8cle, le cheval que l&rsquo;on voit le plus est le bidet indig\u00e8ne, \u00e9trange petit cheval \u00e0 toutes fins, que les riches d\u00e9daignent \u00e0 cause de sa taille r\u00e9duite et de ses formes peu \u00e9l\u00e9gantes, mais qui s&rsquo;accommode \u00e0 tout, a le pied s\u00fbr, l\u2019\u0153il vif, et r\u00e9unit docilit\u00e9 et courage. On dit qu&rsquo;il a du sang d&rsquo;\u00e9talons arabes ramen\u00e9s par les Crois\u00e9s. Sa t\u00eate est petite, son encolure courte, sa robe claire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/bidet-breton-2.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><em>Bidet Breton<\/em><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Il y a, bien s\u00fbr, ailleurs, des b\u00eates plus brillantes d&rsquo;aspect. Mais il n&rsquo;y en a pas qui r\u00e9unissent des qualit\u00e9s aussi vari\u00e9es : c&rsquo;est \u00e0 la fois un cheval de selle extr\u00eamement rapide et souple, excellent sauteur, et un animal de b\u00e2t et de trait infatigable. Il en existe un type plus massif, que l&rsquo;on appelle \u00ab double bidet \u00bb, utilis\u00e9 par les meuniers pour porter les lourdes charges de farine dans les sentiers d\u00e9fonc\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/meunier-2.jpg\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><em>Meunier<\/em><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Par malheur, l&rsquo;administration, qui ne peut souffrir l&rsquo;existence d&rsquo;animaux aussi peu conformes aux normes officielles, a entrepris contre eux une lutte impitoyable. Il lui importe peu qu&rsquo;ils soient les mieux adapt\u00e9s aux besoins du laboureur du pays. Ce qui compte ce sont les normes.<\/p>\n<p>A partir du XVII\u00e8me si\u00e8cle, elle a impos\u00e9 tour \u00e0 tour, \u00ab pour am\u00e9liorer la race \u00bb, des \u00e9talons danois, holsteins, espagnols, barbes, normands, anglais, arabes \u2026 Ces mesures ont eu peu d&rsquo;effet. Le paysan a toujours pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 les petits \u00e9talons indig\u00e8nes.<\/p>\n<p>Cela, jusqu&rsquo;au moment o\u00f9 l&rsquo;am\u00e9lioration des voies de communication est venue donner un plus grand int\u00e9r\u00eat aux chevaux de trait. A partir de ce moment, on voit se d\u00e9velopper divers types de chevaux bretons : le postier, le trait postier, le trait breton, le carrossier de Lannilis, le cheval de selle de Corlay.<\/p>\n<p>En peu de temps, nos paysans deviennent de fameux \u00e9leveurs de chevaux. On vient du monde entier leur acheter leurs b\u00eates. Aux foires de Quimper, Morlaix, Lesneven, Lamballe, se pressent les acheteurs normands, m\u00e9ridionaux, anglais, allemands, espagnols, suisses, et autres, et jusqu&rsquo;\u00e0 des russes et des japonais.<\/p>\n<p>Le trait et le postier bretons, de Lesneven, de Briec, du Tr\u00e9gor ou du pays Nantais, sont r\u00e9put\u00e9s les meilleurs chevaux de France pour le roulage acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 (postes, messageries, artillerie). Ils restent sobres, infatigables, r\u00e9sistants \u00e0 toutes les intemp\u00e9ries, vifs en m\u00eame temps que dociles. Il n&rsquo;exigent pas d&rsquo;avoine : l&rsquo;ajonc hach\u00e9 menu leur convient fort bien. \u00ab Cheval de jonc, cheval breton \u00bb, dit-on. Leurs performances, lorsqu&rsquo;ils sont attel\u00e9s, \u00e9tonnent les connaisseurs, et cela n&#8217;emp\u00eache pas qu&rsquo;avec eux vous pouvez sauter des obstacles et que, croyez-moi, vous y trouverez du plaisir.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9levage des chevaux, auquel il excelle, est donc devenu pour notre paysan une ressource lucrative. Aussi \u00e9l\u00e8ve-t-il de plus en plus. Une ferme moyenne en a au moins trois dans ses \u00e9curies. La Bretagne poss\u00e8de, pour une population qui est la quinzi\u00e8me de celle de la France, le septi\u00e8me du cheptel chevalin.<\/p>\n<p>C&rsquo;est en Bretagne que les paysans du Perche et de la Beauce ach\u00e8tent des poulains qui, transplant\u00e9s dans leurs grasses prairies et nourris d&rsquo;avoine, se transforment, s&rsquo;\u00e9paississent et donnent des \u00e9talons percherons \u2013 donc d&rsquo;origine bretonne \u2013 que l&rsquo;on r\u00e9introduit en Bretagne pour am\u00e9liorer la race.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"font-size: medium;\">Annexe \u2013 Bibliographie<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Louis Elegoet <\/strong> &#8211; Le L\u00e9on \u2013 Ed. Palantines ( 2007 )<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><strong>Patrick Herv\u00e9<\/strong> &#8211; Chevaux en Bretagne ( 1986 )<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><strong>Herv\u00e9 Conan &#8211; Louis Elegoet<\/strong> \u2013 Le rapport entre le paysan l\u00e9onard et le cheval de trait hier et aujourd&rsquo;hui<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><strong>Daniel Giraudon <\/strong> &#8211; Les pardons des chevaux aux chapelles de Bretagne ( 1995 )<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><strong>L. Elegoet<\/strong> &#8211; \u00ab Nous ne savions que le breton et il fallait parler fran\u00e7ais &#8211; M\u00e9moire d&rsquo;un paysan du L\u00e9on \u00bb &#8211; Edition \u00ab Breizh Hor Bro \u00bb ( 1978 )<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><strong>Yann Brekilien<\/strong> &#8211; Les Paysans Bretons au XIX\u00e8me Si\u00e8cle &#8211; Hachette ( 1994 )<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LES CHEVAUX DANS LE LEON au XIX\u00e8me et au d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cleArticle au format pdf sur CALAMEO en cliquant ici. 1 &#8211; Les chevaux dans le monde paysan au [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":1789,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"_EventAllDay":false,"_EventTimezone":"","_EventStartDate":"","_EventEndDate":"","_EventStartDateUTC":"","_EventEndDateUTC":"","_EventShowMap":false,"_EventShowMapLink":false,"_EventURL":"","_EventCost":"","_EventCostDescription":"","_EventCurrencySymbol":"","_EventCurrencyCode":"","_EventCurrencyPosition":"","_EventDateTimeSeparator":"","_EventTimeRangeSeparator":"","_EventOrganizerID":[],"_EventVenueID":[],"_OrganizerEmail":"","_OrganizerPhone":"","_OrganizerWebsite":"","_VenueAddress":"","_VenueCity":"","_VenueCountry":"","_VenueProvince":"","_VenueState":"","_VenueZip":"","_VenuePhone":"","_VenueURL":"","_VenueStateProvince":"","_VenueLat":"","_VenueLng":"","_VenueShowMap":false,"_VenueShowMapLink":false,"footnotes":""},"categories":[255],"tags":[],"class_list":["post-603","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-18-19-la-vie-a-plouguerneau"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/603","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=603"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/603\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1789"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=603"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=603"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=603"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}