{"id":688,"date":"2014-09-09T11:52:43","date_gmt":"2014-09-09T09:52:43","guid":{"rendered":"https:\/\/plouguerneau.net\/naitre-a-plouguerneau-dans-la-seconde-moitie-du-xviiie-siecle\/"},"modified":"2014-09-09T11:52:43","modified_gmt":"2014-09-09T09:52:43","slug":"naitre-a-plouguerneau-dans-la-seconde-moitie-du-xviiie-siecle","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/naitre-a-plouguerneau-dans-la-seconde-moitie-du-xviiie-siecle\/","title":{"rendered":"Na\u00eetre \u00e0 Plouguerneau dans la seconde moiti\u00e9 du XVIIIe Si\u00e9cle"},"content":{"rendered":"<div align=\"justify\">\n<div align=\"justify\"><center><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: large;\">NA\u00ceTRE \u00c0 PLOUGUERNEAU DANS LA SECONDE MOITI\u00c9 DU XVIII<sup class=\"typo_exposants\">e<\/sup> SI\u00c8CLE<\/span><\/strong><\/span><\/center><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019enseignement de l\u2019\u00e9glise, la finalit\u00e9 du mariage est la procr\u00e9ation. Dans nos soci\u00e9t\u00e9s la d\u00e9natalit\u00e9 est r\u00e9guli\u00e8rement \u00e9voqu\u00e9e alors qu\u2019au XVIII<sup class=\"typo_exposants\">e<\/sup> si\u00e8cle la situation diff\u00e8re profond\u00e9ment. Les populations d\u2019Ancien R\u00e9gime connaissent des taux de natalit\u00e9 \u00e9lev\u00e9s. Leurs comportements dans les pratiques procr\u00e9atrices ob\u00e9issent \u00e0 des individus en phase avec la nature et \u00e0 son exploitation, ou assujettis au calendrier religieux.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: medium;\">1) LES SOURCES&nbsp;: LES REGISTRES PAROISSIAUX.<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;<i>Claude-Marie fils l\u00e9gitime de Messire Louis-Marie-Raymond de Poulpiquet seigneur de Brescanvel fils ain\u00e9 et h\u00e9ritier principal et noble de messire Fran\u00e7ois de Poulpiquet seigneur du dit lieu et de dame Marie-Perrine Denys fille ain\u00e9e et principale h\u00e9riti\u00e8re de la maison de Lesmel n\u00e9 le 2 octobre 1757, f\u00fbt baptis\u00e9 le lendemain<\/i>&nbsp;\u00bb. Suivent les noms du parrain&nbsp;: \u00ab&nbsp;<i>Messire Claude-Marie-Charles Denys de Lesmel grand oncle paternel du baptis\u00e9, sieur recteur de Plouguerneau <\/i>&nbsp;\u00bb et de la marraine&nbsp;: \u00ab&nbsp;<i>Anne-Marie-Jeanne Symon la grand-m\u00e8re<\/i>&nbsp;\u00bb qui signent, tout comme le p\u00e8re et le grand-p\u00e8re. Cet extrait restitue fid\u00e8lement l\u2019\u00e9tat civil du petit de Poulpiquet&nbsp;: il comprend les pr\u00e9noms, les noms du p\u00e8re et de la m\u00e8re, le lieu de r\u00e9sidence, la date de naissance et celle du bapt\u00eame. Le parrain et la marraine sont obligatoirement mentionn\u00e9s. Viennent ensuite les signatures, tout au moins pour la partie la plus instruite de l\u2019assistance.<\/p>\n<p>Certaines pr\u00e9cisions sont not\u00e9es \u00e9pisodiquement&nbsp;: l\u2019ill\u00e9gitimit\u00e9 (enfant naturel ou ill\u00e9gitime) l\u2019absence du p\u00e8re, retenu pour ses affaires, l\u2019origine g\u00e9ographique de la maman qui accouche \u00e0 Plouguerneau sans y r\u00e9sider habituellement. Deux cas de bapt\u00eames exceptionnels sont \u00e9galement \u00e0 signaler&nbsp;: celui de cloches, \u00e0 Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h en novembre 1788, \u00e0 Plouguerneau en octobre 1789, et celui, le 31 mai 1788, \u00ab&nbsp;<i>d\u2019un jeune gar\u00e7on \u00e2g\u00e9 d\u2019environ 20 ans, venu d\u2019un pays inconnu, priv\u00e9 de l\u2019usage de la raison et de la parole qui est baptis\u00e9 avec l\u2019eau lustrale sous condition<\/i>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Les b\u00e9b\u00e9s qui d\u00e9c\u00e8dent \u00e0 la naissance sans \u00eatre officiellement baptis\u00e9s figurent non pas dans les registres des bapt\u00eames mais dans ceux des s\u00e9pultures. Ils re\u00e7oivent le qualificatif \u00ab&nbsp;<i>d\u2019ondoy\u00e9s d\u00e9c\u00e9d\u00e9s<\/i>&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;<i>d\u2019ondoy\u00e9s \u00e0 la maison<\/i>&nbsp;\u00bb comme \u00ab&nbsp;<i>l\u2019anonyme<\/i>&nbsp;\u00bb de Charles Breton et d\u2019Anne Pallier, de Kergoff, en octobre 1784, qui a s\u00fbrement t\u00e9moign\u00e9 quelques vell\u00e9it\u00e9s de vie. Par contre, le 18 avril 1784, \u00ab&nbsp;<i>les deux enfants posthumes n\u00e9s du mariage l\u00e9gitime entre feu Fran\u00e7ois Balcon et Anne Gourvennoc, de Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h, sont n\u00e9s et morts sans bapt\u00eame<\/i>&nbsp;\u00bb. L\u2019ondoiement* est pratiqu\u00e9 par une personne n\u2019appartenant pas au clerg\u00e9, en g\u00e9n\u00e9ral la matrone*, en cas de p\u00e9ril de mort. Le souci de baptiser les b\u00e9b\u00e9s peut d\u2019ailleurs aller jusqu\u2019\u00e0 ondoyer des mort-n\u00e9s. Par la suite, l\u2019ondoy\u00e9- rescap\u00e9 subit son bapt\u00eame classique.<\/p>\n<p>Les enfants nobles b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un traitement de faveur en mati\u00e8re d\u2019ondoiement, \u00ab&nbsp;<i>avec permission expresse<\/i>&nbsp;\u00bb de l\u2019\u00e9v\u00eaque, pour regrouper la parent\u00e8le dispers\u00e9e en vue de la c\u00e9r\u00e9monie officielle \u00e0 laquelle on d\u00e9sire donner un lustre exceptionnel. Ainsi Anne-Louise-Marie de Kervern \u00ab&nbsp;<i>ondoy\u00e9e en cette \u00e9glise il y a environ 7 mois a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e ce jour 5 f\u00e9vrier 1762 pour lui suppl\u00e9er les c\u00e9r\u00e9monies du sacrement de bapt\u00eame et y \u00eatre nomm\u00e9e et tenue baptis\u00e9e<\/i>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019avantage de diff\u00e9rer le bapt\u00eame est ind\u00e9niable pour le nourrisson qui \u00e9vite ainsi d\u2019\u00eatre expos\u00e9 inutilement par mauvais temps. Les ondoy\u00e9s, \u00e0 Plouguerneau, pendant la p\u00e9riode consid\u00e9r\u00e9e, sont peu nombreux.<\/p>\n<p><center><br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/web.archive.org\/web\/20150224025458im_\/http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/Nouveau-ne-293.jpg\"><\/center><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: medium;\">2) LE BAPT\u00caME.<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p>Il a lieu tr\u00e8s rapidement&nbsp;: le jour m\u00eame de la naissance ou au plus tard le lendemain.<\/p>\n<p><center><br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/web.archive.org\/web\/20150224025458im_\/http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/Bapteme-293.jpg\"><\/center><br \/>\nCet empressement r\u00e9pond \u00e0 deux pr\u00e9occupations&nbsp;: dans un L\u00e9on profond\u00e9ment catholique l\u2019enfant est lib\u00e9r\u00e9 du p\u00e9ch\u00e9 originel et entre ainsi dans la communaut\u00e9 des chr\u00e9tiens. De plus, les parents redoutent que l\u2019enfant expire \u00e0 la naissance sans avoir re\u00e7u le bapt\u00eame, et ne puisse obtenir une s\u00e9pulture en terre consacr\u00e9e. Le petit corps sans vie est alors inhum\u00e9 \u00ab&nbsp;<i>dans le lieu destin\u00e9 \u00e0 de telles s\u00e9pultures<\/i>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re, le parrain, la marraine et un public plus ou moins \u00e9toff\u00e9 selon le rang social assistent \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie. Le parrain et la marraine jouent un r\u00f4le primordial dans la vie du petit paroissien. Ils lui donnent leur protection affective mais sont \u00e9galement responsables de la fid\u00e9lit\u00e9 religieuse du nourrisson. Le parrainage cr\u00e9e un v\u00e9ritable lien de parent\u00e9&nbsp;: elle est spirituelle, unit parrain et marraine au filleul, \u00e0 son p\u00e8re et \u00e0 sa m\u00e8re. Si l\u2019un des membres du premier niveau aspire \u00e0 \u00e9pouser une personne du second niveau ou r\u00e9ciproquement il est obligatoire d\u2019obtenir une dispense aupr\u00e8s des autorit\u00e9s eccl\u00e9siastiques.<\/p>\n<p>Le parrain offre la culotte au petit ou la cotte s\u2019il s\u2019agit d\u2019une fille. Pour la communion il fournit le chapelet et la \u00ab&nbsp;comm\u00e8re&nbsp;\u00bb, la marraine, le cierge. Quand le filleul se marie, ils se chargent des entremets, une immense galette, du repas de noce. A ce stade, leur mission prend fin.<\/p>\n<p>Le parrainage resserre les liens familiaux, entrecroisant les fr\u00e8res, soeurs, cousins, grands-parents.<\/p>\n<p><center><br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/web.archive.org\/web\/20150224025458im_\/http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/3-Nantes-293.jpg\"><\/center><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><center>Un bapt\u00eame \u00e0 Nantes &#8211; Photo&nbsp;: W. Schellinikx.<br \/>\nLa repr\u00e9sentation d\u2019un bapt\u00eame est rare. Ce document, extrait de Bretagne Magazine d\u2019octobre 2009, d\u2019apr\u00e8s A. Croix, pr\u00e9sente un cort\u00e8ge de bapt\u00eame, en 1646, \u00e0 Nantes. Des jumeaux viennent d\u2019\u00eatre baptis\u00e9s et le cort\u00e8ge s\u2019organise&nbsp;: musiciens, sage-femme transportant la sali\u00e8re, une serviette et une cuvette, parrains portant les deux gar\u00e7ons dans leurs langes, p\u00e8re, amis et proches se succ\u00e8dent. Les femmes sont rel\u00e9gu\u00e9es \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de la \u00ab&nbsp;troupe&nbsp;\u00bb. Ce genre de c\u00e9r\u00e9monie donne lieu \u00e0 des r\u00e9jouissances souvent suivies par toute une faune d\u2019individus excit\u00e9s par les libations d\u2019avant et bient\u00f4t d\u2019apr\u00e8s le bapt\u00eame.<\/center><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Il est pourtant de bon ton d\u2019\u00e9largir le champ d\u2019investigation aux notables&nbsp;: pr\u00eatres, honorables hommes, ma\u00eetres, procureurs et nobles. Ainsi Messire Charles-Ren\u00e9 de Kervern capitaine du d\u00e9tachement de la paroisse est \u00e0 trois reprises parrain en 1757 \u00e0 Plouguerneau. Les rares enfants honor\u00e9s par ces adultes de situation sup\u00e9rieure \u00e0 celle de leur famille re\u00e7oivent peu d\u2019avantages mat\u00e9riels de leur illustre parrain dont ils n\u2019h\u00e9ritent que du pr\u00e9nom.<\/p>\n<p>La c\u00e9r\u00e9monie religieuse achev\u00e9e, l\u2019assistance se rend \u00e0 l\u2019auberge pour le repas de bapt\u00eame<\/p>\n<p><center><br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/web.archive.org\/web\/20150224025458im_\/http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/4-Repas-293.jpg\"><\/center><br \/>\nTr\u00e8s vite l\u2019ambiance s\u2019enflamme car on force sur la dive bouteille<\/p>\n<p><center><br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/web.archive.org\/web\/20150224025458im_\/http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/5-Retour-293.jpg\"><\/center><br \/>\nLa maman, consid\u00e9r\u00e9e comme impure, doit attendre la c\u00e9r\u00e9monie des relevailles, une b\u00e9n\u00e9diction ou une messe, pour r\u00e9int\u00e9grer la communaut\u00e9 villageoise et reprendre ses activit\u00e9s.<\/p>\n<p><center><br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/web.archive.org\/web\/20150224025458im_\/http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/6-Relevailles-293.jpg\"><\/center><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: medium;\">3) UNE POPULATION F\u00c9CONDE.<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p>Les taux de natalit\u00e9 \u00e0 Plouguerneau et \u00e0 Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h se fixent entre 38 et 39 \u00b0\/\u00b0\u00b0. Le fait de retenir les mort-n\u00e9s et les ondoy\u00e9s porte le taux \u00e0 40,6 \u00b0\/\u00b0\u00b0. Ces chiffres extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9s se retrouvent r\u00e9guli\u00e8rement en Bretagne.<\/p>\n<p>Le nombre d\u2019enfants par famille s\u2019\u00e9tablit 4,3 enfants et \u00e0 nouveau Plouguerneau s\u2019aligne sur les autres paroisses de la province.<\/p>\n<p><center><br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/web.archive.org\/web\/20150224025458im_\/http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/7-enfants-familles-293.jpg\"><\/center><br \/>\nLa quasi absence de contraception \u00e0 l\u2019\u00e9poque aurait d\u00fb engendrer un nombre plus substantiel d\u2019enfants par famille. Mais il faut tenir compte d\u2019un \u00e2ge tardif au mariage et d\u2019une m\u00e9nopause pr\u00e9coce qui limitent l\u2019importance des familles. Quant \u00e0 l\u2019allaitement maternel il rend momentan\u00e9ment st\u00e9rile trois femmes sur quatre chez qui il d\u00e9clenche une am\u00e9norrh\u00e9e * provisoire. De plus, certains tabous sexuels entravent les rapports entre \u00e9poux durant la p\u00e9riode d\u2019allaitement. Comme la dur\u00e9e de celui-ci est d\u2019environ deux ans cela implique la quasi impossibilit\u00e9 d\u2019engendrer un b\u00e9b\u00e9 \u00e0 ce moment l\u00e0. A l\u2019inverse, si le nourrisson meurt en bas \u00e2ge la m\u00e8re se retrouve rapidement enceinte. A Plouguerneau une mortalit\u00e9 infantile cons\u00e9quente, qui s\u2019accro\u00eet lors des \u00e9pid\u00e9mies expliquerait la f\u00e9condit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e des femmes et m\u00eame la progression des naissances.<\/p>\n<p>Deux autres \u00e9l\u00e9ments interviennent \u00e9galement pour contrarier les possibilit\u00e9s th\u00e9oriques d\u2019enfanter&nbsp;: la st\u00e9rilit\u00e9 et la mort d\u2019un des conjoints. Certains couples sont st\u00e9riles naturellement, mais une proportion notable de femmes le devient pr\u00e9cocement \u00e0 la suite des conditions d\u2019accouchement d\u00e9plorables et des infections qui en r\u00e9sultent.<\/p>\n<p>D\u2019autres couples, bris\u00e9s par la mort de l\u2019\u00e9pouse ne peuvent donner toute leur mesure.<\/p>\n<p>Aussi la s\u00e9lection de 85 couples qui ont une vie commune de plus de 10 ans accro\u00eet le nombre d\u2019enfants qui s\u2019\u00e9tablit \u00e0 5,49 (6,8 \u00e0 Land\u00e9da). L\u2019\u00e9chantillon de ces familles Plouguern\u00e9ennes d\u00e9voile une grande vari\u00e9t\u00e9 de situations dans la taille des descendances.<\/p>\n<p>Les m\u00e9nages ayant deux ou moins de deux enfants sont minoritaires. A l\u2019oppos\u00e9, les couples de 10 enfants ou plus sont en proportion comparable. La majorit\u00e9 des familles voient na\u00eetre trois \u00e0 sept enfants et accessoirement plus. Pour compl\u00e9ter ce tableau des naissances, on ajoutera que les petits b\u00e9b\u00e9s de sexe masculin sont, comme aujourd\u2019hui, plus nombreux que les petites filles (52,7% \u00e0 Plouguerneau en 1757-58, 57,9% \u00e0 Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h en 1781-90) et que les naissances g\u00e9mellaires concernent 2% des enfants.<\/p>\n<p>Dans de nombreuses paroisses et r\u00e9gions de France on enregistre, au XVIII<sup class=\"typo_exposants\">e<\/sup> si\u00e8cle un tassement et un recul de la natalit\u00e9.<\/p>\n<p>Qu\u2019en est-il \u00e0 Plouguerneau&nbsp;? Entre 1747 et 1756, le taux de natalit\u00e9 est de 38,4\u00b0\/\u00b0\u00b0&nbsp;; pour la d\u00e9cennie 1780-90 le taux est le m\u00eame. La croissance de la population malgr\u00e9 une \u00e9l\u00e9vation du nombre des naissances explique cette stabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Effectivement les deux paroisses se singularisent par une pouss\u00e9e des naissances entre le d\u00e9but et la fin de la p\u00e9riode (145,5 en moyenne par an de 1747 \u00e0 1767 \u00e0 Plouguerneau, mais 152,5 de 1771 \u00e0 1790&nbsp;; 15,8 \u00e0 Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h de 1772 \u00e0 1780 et 16,4 de 1781 \u00e0 1790).<\/p>\n<p>Le reflux de la natalit\u00e9 n\u2019est pas amorc\u00e9 ici et cette mont\u00e9e de la natalit\u00e9 ne subit pas les effets des \u00e9pid\u00e9mies et des surmortalit\u00e9s. Plouguerneau ne donne pas l\u2019impression de pratiquer v\u00e9ritablement la limitation des naissances et appara\u00eet comme un \u00eelot de r\u00e9sistance de d\u00e9mographie de type ancien. La noblesse locale, elle-m\u00eame, ne semble pas restreindre particuli\u00e8rement sa descendance&nbsp;: Toussaint-Marie de Kervern a sept enfants, Louis-Marie-Raymond de Poulpiquet six, Ren\u00e9-Camille de Carn\u00e9 cinq et Jean-Pierre Gilard de K\u00e9ranflech quatre. Un exemple original de restriction caract\u00e9ris\u00e9e des naissances est celui de J. Kerscaven qui \u00e9pouse Jeanne Gouez en f\u00e9vrier 1760&nbsp;; leur seul enfant na\u00eet plus de six ans apr\u00e8s. Il se remarie \u00e0 A. Uguen en f\u00e9vier 1770 et sept ans et sept mois plus tard voyait le jour, \u00e0 nouveau, l\u2019unique b\u00e9b\u00e9 du couple. J. Kerscaven \u00e9tait certainement un notable, comme l\u2019attestent les t\u00e9moins de qualit\u00e9 pr\u00e9sents \u00e0 son mariage. Il devait, et n\u2019\u00e9tait peut \u00eatre pas le seul, \u00e0 conna\u00eetre les \u00ab&nbsp;funestes secrets&nbsp;\u00bb, co\u00eftus interruptus * ou pr\u00e9servatifs primitifs, qui permettaient de freiner sa descendance. Mais la pratique contraceptive est diffuse et la majorit\u00e9 des paroissiens n\u2019en fait gu\u00e8re usage.<\/p>\n<p>Cette relative imperm\u00e9abilit\u00e9 \u00e0 la restriction des naissances tient \u00e0 l\u2019influence consid\u00e9rable du clerg\u00e9 bas-breton et \u00e0 l\u2019originalit\u00e9 linguistique et culturelle de notre r\u00e9gion qui en fait un monde repli\u00e9 sur lui-m\u00eame au niveau de certains de ses comportements.<\/p>\n<p><center><br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/web.archive.org\/web\/20150224025458im_\/http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jpg\/8-saisonniers-293.jpg\"><\/center><br \/>\nEtudier les mouvements saisonniers des bapt\u00eames et des conceptions est particuli\u00e8rement int\u00e9ressant car ils permettent de p\u00e9n\u00e9trer les mentalit\u00e9s des populations bretonnes de l\u2019Ancien R\u00e9gime.<\/p>\n<p>A Plouguerneau et \u00e0 Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h les conceptions s\u2019imposent de mars \u00e0 juillet. En L\u00e9on, la pr\u00e9cocit\u00e9 du printemps explique ce regain des conceptions de paroissiens qui vivent en symbiose avec la nature.<\/p>\n<p>Le recul des conceptions se situe entre ao\u00fbt et f\u00e9vrier. L\u2019\u00e9poque de la moisson, souvent tardive, explique la baisse de la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9 et de l\u2019automne. Les organismes sont affaiblis par une t\u00e2che lourde qui ne laisse que peu de place aux sentiments amoureux. La fin de l\u2019ann\u00e9e \u00e0 Plouguerneau ne r\u00e9veille gu\u00e8re les conceptions&nbsp;: peut-\u00eatre faut-il y voir la marque de l\u2019interdit de l\u2019Avent* mais rien n\u2019est moins s\u00fbr car le Plouguern\u00e9en n\u2019observe pas le second interdit de Car\u00eame*, en mars-avril.<\/p>\n<p>On peut souligner \u00e9galement les relations entre les p\u00e9riodes de l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 se d\u00e9roulent les mariages et le ph\u00e9nom\u00e8ne conceptionnel. On a vu que le Plouguern\u00e9en se marie en janvier-f\u00e9vrier, en juillet et en octobre-novembre. La corr\u00e9lation entre les \u00e9pousailles et les conceptions vaut avant tout pour le mois de juillet qui enregistre, par l\u2019addition noces-saison des amours, une \u00e9l\u00e9vation des relations sexuelles f\u00e9condes. A contrario le d\u00e9faut d\u2019\u00e9pousailles, en ao\u00fbt, se traduit par un d\u00e9ficit des conceptions. Cependant le mariage ne d\u00e9bouche pas syst\u00e9matiquement sur une conception&nbsp;: \u00e0 Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h le lien est ainsi nettement moins apparent.<\/p>\n<p>Ces fortes variations saisonni\u00e8res pour des populations qui ne pratiquent gu\u00e8re la planification des naissances refl\u00e8tent des comportements d\u2019individus dont la vie est rythm\u00e9e, plus que jamais, par les saisons et les travaux des champs. Les naissances sont \u00e0 leur plus haut niveau, \u00e0 Plouguerneau, entre d\u00e9cembre et avril. La situation est similaire \u00e0 Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h mais avec deux mois suppl\u00e9mentaires&nbsp;: septembre et octobre. Les cons\u00e9quences pour l\u2019enfant sont facilement imaginables&nbsp;: baptis\u00e9 en saison froide et humide, transport\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9glise \u00e0 travers champs et chemins boueux, les risques pour lui sont bien r\u00e9els.<\/p>\n<p>Les Plouguern\u00e9ens sont des individus respectueux des \u00ab&nbsp;canons&nbsp;\u00bb de l\u2019\u00e9poque en mati\u00e8re de conception. L\u2019opprobre des familles, du voisinage, de la communaut\u00e9 villageoise et du clerg\u00e9 joue remarquablement pour \u00e9viter les fautes de comportements \u00e0 ce niveau. En clair, les couples attendent d\u2019\u00eatre mari\u00e9s pour engendrer des enfants et la premi\u00e8re naissance intervient, en moyenne, \u00e0 Plouguerneau un an et cinq mois apr\u00e8s le mariage. Cet intervalle assez cons\u00e9quent provient de certains couples qui \u00ab&nbsp;diff\u00e8rent&nbsp;\u00bb de quelques ann\u00e9es le d\u00e9marrage de leur prog\u00e9niture mais \u00e9galement de la st\u00e9rilit\u00e9 momentan\u00e9e en cas de fausses couches.<\/p>\n<p>Pour la paroisse de Plouguerneau, l\u2019intervalle moyen entre deux naissances est de deux ans et trois mois. Cet intervalle est \u00e0 mettre en parall\u00e8le avec l\u2019allaitement maternel qui d\u00e9clenche, pour environ deux ans, une am\u00e9norrh\u00e9e provisoire. L\u2019intervalle peut se raccourcir en cas de d\u00e9c\u00e8s de l\u2019enfant pr\u00e9c\u00e9dent. La m\u00e8re cessant d\u2019allaiter, se trouve expos\u00e9e \u00e0 une nouvelle grossesse. De m\u00eame, certaines femmes particuli\u00e8rement f\u00e9condes, allaitent, sans que chez elles se produisent un blocage de l\u2019ovulation. De plus, il est notable que la femme qui met son petit en nourrice retrouve rapidement sa f\u00e9condit\u00e9.<\/p>\n<p>Au terme de cette analyse il ressort que la Plouguern\u00e9enne, mari\u00e9e \u00e0 25 ans, m\u00e9nopaus\u00e9e \u00e0 39 ans, a devant elle 14 ans de f\u00e9condit\u00e9 th\u00e9orique. Au rythme d\u2019un enfant tous les 27 mois, elle aurait pu donner la vie \u00e0 6,2 petits Plouguern\u00e9ens. Elle s\u2019est content\u00e9e de 4,2. Les explications sont vari\u00e9es&nbsp;: \u00e2ge plus tardif du mariage pour certaine femme, \u00e9ventuelle st\u00e9rilit\u00e9 li\u00e9e aux accouchements d\u00e9licats, voire contr\u00f4le volontaire de la f\u00e9condit\u00e9.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: medium;\">4) LA NATALITE HORS NORME&nbsp;: LES NAISSANCES ILL\u00c9GITIMES.*<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p>Le comportement exemplaire des Plouguern\u00e9ens en mati\u00e8re de conception vient d\u2019\u00eatre soulign\u00e9 un peu plus haut. Il provient d\u2019un encadrement rigide des hommes et femmes sous l\u2019Ancien R\u00e9gime au niveau familial, de la soci\u00e9t\u00e9, du clerg\u00e9 mais \u00e9galement de la loi.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9dit de 1556 pr\u00e9voit des mesures particuli\u00e8rement r\u00e9pressives pour les filles-m\u00e8res qui cachent leur \u00e9tat et qui accoucheraient d\u2019un enfant mort. Elles doivent obligatoirement d\u00e9clarer leur grossesse aupr\u00e8s d\u2019un officier minist\u00e9riel, notaire, procureur fiscal. Une fille c\u00e9libataire ou une veuve qui, d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment, omet de signaler son \u00e9tat et dont le b\u00e9b\u00e9 d\u00e9c\u00e8de \u00e0 la naissance peut \u00eatre accus\u00e9e d\u2019infanticide et s\u2019expose \u00e0 diverses condamnations dont la pendaison.<\/p>\n<p>Les registres des bapt\u00eames et mariages contiennent leur lot d\u2019enfants ill\u00e9gitimes*&nbsp;: le total est de 0,7&nbsp;% \u00e0 Plouguerneau, ce qui est faible et conforme \u00e0 la Bretagne de 1740 \u00e0 1789.<\/p>\n<p>Par ailleurs, le manque de consistance de ces chiffres peut provenir de certaines femmes qui, pour \u00e9chapper \u00e0 la vindicte populaire, s\u2019enfuient vers la ville de Brest pour enfanter anonymement. Les ann\u00e9es 1780 connaissent une petite \u00e9l\u00e9vation de ce type de naissances. En 1782, elles correspondent \u00e0 3,8&nbsp;% du total.<\/p>\n<p>La relation avec le port du Kor\u00e9jou et la guerre d\u2019ind\u00e9pendance des Etats-Unis qui draine une population mouvante de soldats et de matelots pourraient constituer un \u00e9l\u00e9ment d\u2019explication.<\/p>\n<p>Il arrive que l\u2019enfant n\u00e9 de ces relations coupables soit l\u00e9gitim\u00e9&nbsp;: en ao\u00fbt 1781 \u00ab&nbsp;<i>Marie-Anne, fille naturelle de Marie Calv\u00e8s a \u00e9t\u00e9 l\u00e9gitim\u00e9e par le mariage d\u2019Herv\u00e9 Qu\u00e9m\u00e9neur avec la dite Calv\u00e8s le 28 ao\u00fbt 1781. Ils avouent et r\u00e9clament pour \u00eatre leur propre enfant et l\u00e9gitiment le dit enfant n\u00e9 le 22 ao\u00fbt 1781<\/i>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Dans seulement 18,5&nbsp;% des cas le p\u00e8re accepte sa paternit\u00e9. Les autres enfants seront r\u00e9duits au rang de b\u00e2tards ou tout simplement abandonn\u00e9s.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: medium;\">5) LES AUTRES INFORMATIONS QUE NOUS LIVRENT LES REGISTRES.<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: small;\">5.1) LES PR\u00c9NOMS.<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p>Le bapt\u00eame marque v\u00e9ritablement l\u2019entr\u00e9e du petit paroissien dans la vie&nbsp;: naissance \u00e0 la vie chr\u00e9tienne, mais aussi rite de passage essentiel avec l\u2019imposition du pr\u00e9nom par le parrain et la marraine. Le choix du pr\u00e9nom, tout comme aujourd\u2019hui, est d\u2019une grande importance. A l\u2019\u00e9poque, c\u2019est souvent celui du parrain ou de la marraine, celui du p\u00e8re ou de la m\u00e8re surtout pour un premier n\u00e9.<\/p>\n<p>Si le pr\u00e9nom est unique cela peut entra\u00eener certaines confusions. Pour les \u00e9viter quand le fils devient adulte on assortit le patronyme familial de la mention \u00ab&nbsp;le jeune&nbsp;\u00bb et le p\u00e8re de celle de \u00ab&nbsp;vieux&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9nom est primordial pour identifier l\u2019individu au sein de la famille mais \u00e9galement aupr\u00e8s des amis et du voisinage.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re constatation que l\u2019on peut faire pour les gar\u00e7ons, concerne la faiblesse des pr\u00e9noms compos\u00e9s&nbsp;: moins de 10&nbsp;% \u00e0 Plouguerneau, 16&nbsp;% \u00e0 Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h (Marie intervenant fr\u00e9quemment en seconde position) (1). A contrario, Madame Henwood, \u00e0 Brest, recense 90,7&nbsp;% des gar\u00e7ons poss\u00e9dant deux pr\u00e9noms.<\/p>\n<p>A Plouguerneau seulement 2,2&nbsp;% des petits paroissiens ont trois pr\u00e9noms. Ce qui est surprenant.<\/p>\n<p>Au hit-parade des pr\u00e9noms les plus usit\u00e9s, Jean est largement en t\u00eate avec 24&nbsp;% (en pr\u00e9nom simple ou compos\u00e9) suivi assez loin de Fran\u00e7ois (16&nbsp;%), de Yves (8,2&nbsp;%), de Guillaume, de Gabriel. Suit un peloton distanc\u00e9 de Jacques, Herv\u00e9, Pierre, Joseph, Christophe, Charles et Claude. Une mention sp\u00e9ciale \u00e0 Michel, saint patron de la paroisse de Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h qui score \u00e0 10&nbsp;%.<\/p>\n<p>En d\u00e9finitive, le choix des pr\u00e9noms est vari\u00e9 mais dans l\u2019ensemble ils sont francis\u00e9s et la pr\u00e9sence de pr\u00e9noms bretons, curieusement, est assez rare. Quelques Sesny, Goulven, Gw\u00e9nol\u00e9, Ma\u00ebl, Paol, Br\u00e9valaire, Ildut ou Qu\u00e9nan apparaissent au d\u00e9tour des actes de bapt\u00eames mais dans de faibles proportions.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9nom est, tr\u00e8s souvent celui du parrain et rarement celui de la marraine.<\/p>\n<p>Les filles ont plus fr\u00e9quemment des pr\u00e9noms multiples&nbsp;: en 1782, \u00e0 Plouguerneau, 78&nbsp;% ont deux ou trois pr\u00e9noms. A Brest, cependant, 94,2&nbsp;% sont titulaires de pr\u00e9noms compos\u00e9s. La marraine fournit dans deux cas sur trois le pr\u00e9nom principal. Le deuxi\u00e8me est accessoirement celui du parrain.<\/p>\n<p>Sur 613 pr\u00e9noms simples ou compos\u00e9s Marie est repr\u00e9sent\u00e9e 404 fois, Anne 226 fois, Jeanne 127. Plus loin, se placent en quatri\u00e8me et cinqui\u00e8me positions Fran\u00e7oise et Marguerite avec 59 et 32 citations. Marie exerce un v\u00e9ritable monopole et Anne, la sainte patronne des bretons figure en bonne situation. A la diff\u00e9rence des gar\u00e7ons qui ont un \u00e9ventail de pr\u00e9noms cons\u00e9quent, une quarantaine, les filles se contentent d\u2019une vingtaine. Il est vrai que le trio Marie-Anne-Jeanne permet maintes combinaisons.<\/p>\n<p>Une ultime remarque au sujet des pr\u00e9noms&nbsp;: les cat\u00e9gories sociales les plus hupp\u00e9es utilisent couramment les pr\u00e9noms multiples pour le gar\u00e7on comme pour la fille. Cet apanage est destin\u00e9 \u00e0 se distinguer des classes roturi\u00e8res. D\u2019ailleurs le choix m\u00eame du pr\u00e9nom tend vers l\u2019originalit\u00e9 pour bien montrer sa diff\u00e9rence. On peut citer pour les filles les Charlotte, Barbe, Kerlestine, Guillemette, Perrine, Olive, Prudence&#8230;<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: small;\">5.2) L\u2019ALPHAB\u00c9TISATION DES PAROISSIENS.<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p>Analyser le degr\u00e9 d\u2019instruction des paroissiens n\u2019est pas chose ais\u00e9e. On peut se tourner vers les actes de mariages mais les signatures se font souvent rares et leur fiabilit\u00e9 douteuse. Les trois-quarts des mari\u00e9s ne signent pas et le dernier quart est capable de signer correctement ou normalement. A Land\u00e9da, les hommes signent dans les m\u00eames proportions, mais les femmes sont toujours sous la barre des 10%.<\/p>\n<p>Tel mari ne signe pas, mais devenu p\u00e8re il appose son paraphe sur le registre. Comment expliquer cette situation&nbsp;? Le jour de ses noces le pr\u00eatre, par d\u00e9faut d\u2019obligation, ne le sollicite pas. Soumis \u00e0 une union qu\u2019il contracte contraint et forc\u00e9, il tient \u00e0 montrer ainsi sa d\u00e9sapprobation. Enfin il faut s\u2019imaginer le contexte des noces bretonnes&nbsp;: bruyantes et anim\u00e9es, elles incitent peu aux formalit\u00e9s administratives. Signer devient pour beaucoup accessoire et dans ces conditions il est p\u00e9rilleux de rechercher des indications d\u2019alphab\u00e9tisation. Les actes de bapt\u00eames paraissent plus propices \u00e0 mesurer le degr\u00e9 d\u2019alphab\u00e9tisation. Le parrain et la marraine ont cette fois, obligation de signer. Le p\u00e8re, investi de sa responsabilit\u00e9 de chef de famille d\u00e9sire la mat\u00e9rialiser et pose plus facilement sa griffe sur le registre.<\/p>\n<p>De 1781 \u00e0 1790, \u00e0 Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h, sur 164 actes&nbsp;: 53&nbsp;% des p\u00e8res signent, 37&nbsp;% des parrains le font \u00e9galement mais seulement 7&nbsp;% des marraines. La disparit\u00e9 hommes-femmes est flagrante.<\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats sont \u00e0 nuancer&nbsp;: nombreux sont les paroissiens qui se limitent \u00e0 dessiner grossi\u00e8rement leur nom.<\/p>\n<p>Les chiffres de signatures ais\u00e9es doivent, d\u00e8s lors, \u00eatre revus \u00e0 la baisse. Ils sont respectivement de 16&nbsp;%, 26,2&nbsp;% et 5&nbsp;%. Les signatures des plus mal habiles d\u00e9forment les statistiques.<\/p>\n<p>A Plouguerneau, entre 1785 et 1789 sur environ 300 actes, 38&nbsp;% des p\u00e8res, 48&nbsp;% des parrains et 11,8&nbsp;% des marraines sont capables de signer. En soustrayant les signatures dessin\u00e9es les pourcentages tombent \u00e0 24,3&nbsp;%, 38,9&nbsp;% et 9,4&nbsp;%. La diff\u00e9rence de r\u00e9sultats entre les parrains et les p\u00e8res provient certainement du choix des premiers parmi une certaine \u00e9lite cultiv\u00e9e.<\/p>\n<p>Selon F. Roudaut, il semble qu\u2019une bonne partie des L\u00e9onards sait lire mais pas pour autant \u00e9crire. Il l\u2019explique par la forte pratique religieuse et la volont\u00e9 des clercs d\u2019encourager plus la lecture des ouvrages de d\u00e9votion que l\u2019\u00e9criture. En outre, les enfants sortant de l\u2019\u00e9cole rapidement et se mariant tard, la pratique de l\u2019\u00e9criture se rar\u00e9fie et se perd. De plus, les petits quittent le plus fr\u00e9quemment l\u2019\u00e9cole apr\u00e8s l\u2019apprentissage de la lecture qui pr\u00e9c\u00e8de celui de l\u2019\u00e9criture.<\/p>\n<p>L\u2019apprentissage de la lecture et de l\u2019\u00e9criture se fait dans le cadre des petites \u00e9coles. Les statuts synodaux de 1708, recommandent aux recteurs et aux vicaires d\u2019apporter tous leurs soins pour l\u2019\u00e9lection et l\u2019entretien des petites \u00e9coles de leur paroisse. L. Kerbiriou souligne le r\u00f4le de M<sup class=\"typo_exposants\">gr<\/sup> de la Marche, \u00e9v\u00eaque du L\u00e9on qui ordonne que \u00ab\u00a0les recteurs et vicaires ou tous autres eccl\u00e9siastiques, concourent avec nous \u00e0 l\u2019\u00e9lection ou \u00e0 l\u2019entretien des petites \u00e9coles et au choix des ma\u00eetres et ma\u00eetresses dont la doctrine et les moeurs ne d\u00e9cident que trop souvent du salut des fid\u00e8les. Qu\u2019ils opposent \u00e0 ce que les \u00e9coles pour les gar\u00e7ons soient tenues par des femmes et les \u00e9coles pour les filles par des hommes&#8230;&nbsp;\u00bb. Le clerg\u00e9 exerce ainsi son autorit\u00e9 sur les ma\u00eetres.<\/p>\n<p>Les crit\u00e8res d\u00e9terminants pour \u00eatre d\u00e9sign\u00e9 au poste d\u2019instituteur sont li\u00e9s aux m\u0153urs, \u00e0 la probit\u00e9 et \u00e0 l\u2019orthodoxie religieuse. Les religieux sur place et les visites de l\u2019\u00e9v\u00eaque assurent le suivi de ce personnel civil. Parfois les petites \u00e9coles sont tout simplement tenues par les recteurs ou les diacres*.<\/p>\n<p>A Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h, Sesny Loa\u00ebc, en 1723, exerce la profession de \u00ab&nbsp;ma\u00eetre d\u2019\u00e9cholle&nbsp;\u00bb et re\u00e7oit 23 livres pour sa fonction (une mis\u00e8re&nbsp;!). Plouguerneau a deux petites \u00e9coles&nbsp;: une pour les gar\u00e7ons et une pour les filles. La mixit\u00e9 \u00e9tant interdite. Les pr\u00eatres dirigent la premi\u00e8re (Photo&nbsp;: l\u2019\u00e9cole du pr\u00eatre). La seconde est entre les mains de Ren\u00e9e Le Goff, dont le mari est marchand de toiles, de 1734 \u00e0 1748. Demoiselle Marie-Ang\u00e9lique Le Marant officie \u00e0 ce poste en 1765. Les instituteurs re\u00e7oivent leurs gages de la fabrique* ou d\u2019un g\u00e9n\u00e9reux donateur. Madame de Rosarnou fournit 75 livres au titre de la fondation* de Kergadavarn, cr\u00e9\u00e9e en 1695.<\/p>\n<p>Si la fabrique prend \u00e0 sa charge le salaire, elle le calcule souvent au plus juste, si bien que le salaire de l\u2019instituteur est mince et parfois difficile \u00e0 percevoir. Il tourne autour de 75 livres par an pour chaque instituteur \u00e0 Plouguerneau au XVIII<sup class=\"typo_exposants\">e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Quels enseignements recevaient nos petits paroissiens&nbsp;? En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale l\u2019instruction se bornait \u00e0 quelques rudiments de lecture, d\u2019\u00e9criture et de calcul. Le contenu est \u00e0 fortes consonances religieuses et morales. En fait, l\u2019alphab\u00e9tisation est avant tout une forme de christianisation, un outil de surveillance morale et en Basse-Bretagne un moyen de renouveler le personnel religieux. En s\u2019appuyant sur des ouvrages de pi\u00e9t\u00e9, le petit paysan apprend successivement, et jamais simultan\u00e9ment, la lecture puis l\u2019\u00e9criture. Le calcul \u00e9tant r\u00e9serv\u00e9 aux meilleurs. La volont\u00e9 du clerg\u00e9 de privil\u00e9gier la lecture, et l\u2019abandon probable de leurs \u00e9tudes par un nombre assez cons\u00e9quent d\u2019enfants appel\u00e9s aux travaux des champs, expliqueraient la relative faiblesse des signatures appos\u00e9es sur les registres des bapt\u00eames.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><center>*****<\/center><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>A la veille de la R\u00e9volution les Plouguern\u00e9ennes se montrent f\u00e9condes mais moins qu\u2019on ne l\u2019aurait imagin\u00e9. Elles s\u2019inscrivent dans les moyennes bretonnes et l\u00e9onardes.<\/p>\n<p>Dans un monde de type ancien, l\u2019\u00e2ge \u00e9lev\u00e9 au mariage de la femme, la pr\u00e9cocit\u00e9 de la m\u00e9nopause, l\u2019allaitement, expliquent cette relative faiblesse. De plus, il faut prendre en compte la rupture des couples par le d\u00e9c\u00e8s d\u2019un des parents qui limite la descendance finale. Pourtant, les taux de natalit\u00e9 sont \u00e9lev\u00e9s. Ils fr\u00f4lent les 40 \u2030 et se maintiennent \u00e0 ce haut niveau tout au long du demi-si\u00e8cle. Par l\u00e0, nos paroisses se singularisent par rapport \u00e0 de nombreuses autres r\u00e9gions de France o\u00f9 l\u2019on enregistre une diminution de la natalit\u00e9. Cette situation est certainement li\u00e9e \u00e0 la forte mortalit\u00e9 infantile qui \u00e9vite l\u2019allaitement maternel et rend la maman \u00e0 nouveau f\u00e9conde apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s du nourrisson. De m\u00eame il ne faut pas n\u00e9gliger, pour la grande majorit\u00e9 des paroissiens, l\u2019absence de pratiques contraceptives.<\/p>\n<p>(1) L\u2019analyse des pr\u00e9noms dans la paroisse de Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h correspond aux ann\u00e9es 1772-1790, dans celle de Plouguerneau aux ann\u00e9es 1747-1748-1750-1751-1757-1759 et 1782.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: medium;\">BIBLIOGRAPHIE.<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<ul class=\"spip\">\n<li>Henwood A.&nbsp;: Les cahiers de l\u2019Iroise, n\u00b0&nbsp;3, 1988. Etude des pr\u00e9noms \u00e0 Brest pendant la R\u00e9volution, 1789-1799.<\/li>\n<\/ul>\n<ul class=\"spip\">\n<li>Jaffr\u00e9 N.&nbsp;: Etude d\u00e9mographique de Plouguerneau, 1728-1828, UBO, ma\u00eetrise.<\/li>\n<\/ul>\n<ul class=\"spip\">\n<li>Roudaut F.&nbsp;: La difficile approche de l\u2019alphab\u00e9tisation de la Basse-Bretagne avant la R\u00e9volution de la France d\u2019Ancien R\u00e9gime (En honneur \u00e0 P. Goubert, Privat, 1984).<\/li>\n<\/ul>\n<ul class=\"spip\">\n<li>Kebiriou L.&nbsp;: Monseigneur de la Marche, \u00e9v\u00eaque de L\u00e9on, 1729-1806.<\/li>\n<\/ul>\n<ul class=\"spip\">\n<li>Tr\u00e9guer M-A&nbsp;: Etude d\u00e9mographique de Land\u00e9da, 1672-1789, UBO, 1995, ma\u00eetrise.<\/li>\n<\/ul>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><span style=\"font-size: medium;\">LEXIQUE.<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p>* Am\u00e9norrh\u00e9e&nbsp;: arr\u00eat provisoire de l\u2019ovulation.<\/p>\n<p>* Avent&nbsp;: p\u00e9riode de quatre semaines de l\u2019ann\u00e9e liturgique qui pr\u00e9c\u00e8de No\u00ebl.<\/p>\n<p>* Car\u00eame&nbsp;: p\u00e9riode de quarante jours, consacr\u00e9e \u00e0 la p\u00e9nitence et au je\u00fbne du mercredi des Cendres au jour de P\u00e2ques.<\/p>\n<p>* Co\u00eftus interrompus&nbsp;: m\u00e9thode contraceptive, par retrait avant \u00e9jaculation.<\/p>\n<p>* Diacre&nbsp;: eccl\u00e9siastique qui a re\u00e7u le diaconat, ordre imm\u00e9diatement inf\u00e9rieur \u00e0 la pr\u00eatrise.<\/p>\n<p>* Fabrique&nbsp;: organisme charg\u00e9 de g\u00e9rer les biens de l\u2019Eglise dans une paroisse. Certaines sont riches (donations) de terres, de rentes, \u2026<\/p>\n<p>* Fondation&nbsp;: cr\u00e9ation par voie de donation ou de legs de messes, d\u2019action ou d\u2019institution charitable, en \u00e9change de pri\u00e8res pour l\u2019\u00e2me du donateur.<\/p>\n<p>* Ill\u00e9gitimes (naissances)&nbsp;: naissances hors mariage religieux \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>* Matrone&nbsp;: sage-femme plus ou moins comp\u00e9tente.<\/p>\n<p>* Ondoiement&nbsp;: bapt\u00eame express du b\u00e9b\u00e9, apr\u00e8s sa naissance, par la matrone, car il est en danger de mort.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NA\u00ceTRE \u00c0 PLOUGUERNEAU DANS LA SECONDE MOITI\u00c9 DU XVIIIe SI\u00c8CLE Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019enseignement de l\u2019\u00e9glise, la finalit\u00e9 du mariage est la procr\u00e9ation. Dans nos soci\u00e9t\u00e9s la d\u00e9natalit\u00e9 est r\u00e9guli\u00e8rement \u00e9voqu\u00e9e [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":1780,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"_EventAllDay":false,"_EventTimezone":"","_EventStartDate":"","_EventEndDate":"","_EventStartDateUTC":"","_EventEndDateUTC":"","_EventShowMap":false,"_EventShowMapLink":false,"_EventURL":"","_EventCost":"","_EventCostDescription":"","_EventCurrencySymbol":"","_EventCurrencyCode":"","_EventCurrencyPosition":"","_EventDateTimeSeparator":"","_EventTimeRangeSeparator":"","_EventOrganizerID":[],"_EventVenueID":[],"_OrganizerEmail":"","_OrganizerPhone":"","_OrganizerWebsite":"","_VenueAddress":"","_VenueCity":"","_VenueCountry":"","_VenueProvince":"","_VenueState":"","_VenueZip":"","_VenuePhone":"","_VenueURL":"","_VenueStateProvince":"","_VenueLat":"","_VenueLng":"","_VenueShowMap":false,"_VenueShowMapLink":false,"footnotes":""},"categories":[255],"tags":[],"class_list":["post-688","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-18-19-la-vie-a-plouguerneau"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/688","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=688"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/688\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=688"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=688"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=688"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}