{"id":753,"date":"2016-12-12T10:28:19","date_gmt":"2016-12-12T09:28:19","guid":{"rendered":"https:\/\/plouguerneau.net\/la-femme-plouguerneenne-au-xviiie-siecle\/"},"modified":"2016-12-12T10:28:19","modified_gmt":"2016-12-12T09:28:19","slug":"la-femme-plouguerneenne-au-xviiie-siecle","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/la-femme-plouguerneenne-au-xviiie-siecle\/","title":{"rendered":"La femme plouguern\u00e9enne au XVIIIe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span style=\"color: #0000ff;\"><b><span style=\"font-size: 14pt; line-height: 107%;\">La femme plouguern\u00e9enne auXVIIIe si\u00e8cle : un rouage \u00e9conomique essentiel, mais en retrait socialement et publiquement<\/span><\/b><\/span><span style=\"font-size: 14pt; line-height: 107%;\"><span style=\"color: #0000ff;\">.<\/span><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p>D\u00e9crire la situation familiale, sociale et publique de la femme plouguern\u00e9enne n\u2019est pas ais\u00e9. Il est possible de s\u2019appuyer sur l\u2019\u00e9tude des comportements pr\u00e9sent\u00e9s lors de l\u2019\u00e9tude de la population, sur quelques rares t\u00e9moignages des contemporains, sur l\u2019iconographie et, enfin sur une documentation \u00e9parse. La structure sociale de Plouguerneau avantage la pr\u00e9sentation de la paysanne et moins la bourgeoise ou la femme noble.<\/p>\n<p>Le <strong>c\u00e9libat<\/strong> d\u00e9finitif des femmes para\u00eet minoritaire et craint par celles que l\u2019on affuble du qualificatif de \u00ab vieilles filles \u00bb. Les femmes du Tiers \u00c9tat, non mari\u00e9es, s\u2019engagent en tant que domestiques aupr\u00e8s de familles ais\u00e9es et celles issues de la noblesse s\u2019orientent, par vocation ou obligation, vers une congr\u00e9gation religieuse. Dans la seconde moiti\u00e9 du XVIIIe si\u00e8cle, les registres des d\u00e9c\u00e8s de Plouguerneau comptabilisent une trentaine de noms de religieuses (du tiers ordre), affirmant la vitalit\u00e9 de la foi f\u00e9minine.<\/p>\n<div style=\"text-align: center;\"><b><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">La domestique<\/span><\/b><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">\u00a0:la servante aux pourceaux (carte du Miroir du monde\u00a0;<br \/>\nMichel Le Nobletz, vers 1634) <\/span><\/div>\n<p class=\"MsoNormal\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">\u00a0\u00a0\u00a0<img decoding=\"async\" style=\"width: 380px; height: 318px;\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jphirrien\/femmes\/miroirmonde.jpg\" alt=\"\" \/><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><b><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">\u00a0Les s\u0153urs du tiers ordre<\/span><\/b><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">\u00a0: elles appartiennent aux Franciscains, Dominicains, Carmes et Eudistes. Auxiliaires du clerg\u00e9,elles<br \/>\naccomplissent des t\u00e2ches d\u2019assistance aux d\u00e9munis et parfois d\u2019enseignement.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">(Carte du D\u00e9sirant de Michel Le Nobletz, vers 1630)<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<img decoding=\"async\" style=\"width: 288px; height: 314px;\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jphirrien\/femmes\/Cartedesirant.jpg\" alt=\"\" \/><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\"><br \/>\nLe <b>mariage,<\/b> affaire d\u2019int\u00e9r\u00eats entre deux familles, n\u00e9gligerait, si l\u2019on en croit Cambry, les consid\u00e9rations affectives des futurs conjoints : <i>\u00ab il<br \/>\ns\u2019agit un accord sans amiti\u00e9, sans confiance et sans amour \u00bb.<\/i><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: center;\"><i><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">\u00a0<img decoding=\"async\" style=\"width: 283px; height: 292px;\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jphirrien\/femmes\/mariage.jpg\" alt=\"\" \/><\/span><\/i><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><i><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\"><br \/>\n<\/span><\/i> <i><\/i><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><b><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">Le mariage<\/span><\/b><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">\u00a0: peinture sur lambris,chapelle Saint-Tugen, Primelin.<\/span><\/p>\n<p>La c\u00e9r\u00e9monie n\u2019a pas attir\u00e9 beaucoup de monde, hormis trois t\u00e9moins. S\u2019agit-il d\u2019un manque d\u2019int\u00e9r\u00eats des familles et des amis pour un mariage arrang\u00e9 et peu cr\u00e9dible\u00a0? Le pr\u00eatre, lui-m\u00eame, ne semble pas trop prendre conscience de l\u2019importance de l\u2019\u00e9v\u00e8nement et r\u00e9guli\u00e8rement ne daigne pas demander aux nouveaux \u00e9poux de signer le registre des mariages, mais sollicite les t\u00e9moins de le parapher.<\/p>\n<p>La femme vivrait alors toute une vie en compagnie d\u2019un conjoint qu\u2019elle n\u2019a pas choisie. Cependant, les jeunes disposent de l\u2019avantage de se conna\u00eetre, par un recrutement du conjoint limit\u00e9 g\u00e9ographiquement. Et les occasions de rencontres ne manquent pas : fileries ou veill\u00e9es, march\u00e9s, foires, messes (100 obligatoires par an !), pardons, travaux agricoles communs\u2026 D\u2019ailleurs, les plus humbles ne se pr\u00e9occupent gu\u00e8re des questions d\u2019argent et laissent davantage parler leur c\u0153ur. Il ne faut pas oublier, non plus, que les postulantes au mariage sont assez \u00e2g\u00e9es pour ne pas s\u2019en laisser imposer, et, de surcro\u00eet, souvent orphelines.<\/p>\n<p>Dans la seconde moiti\u00e9 du XVIIIe si\u00e8cle, la d\u00e9nonciation de bans, n\u2019appara\u00eet dans les registres des mariages que deux fois. L\u2019engagement de d\u00e9part ne se rompt quasiment jamais par le poids des familles, du clerg\u00e9, et la peur du qu\u2019en-dira-t-on.<\/p>\n<p>Avant les \u00e9pousailles, la femme plouguern\u00e9enne n\u2019entretient qu\u2019exceptionnellement des relations sexuelles coupables. Les naissances ill\u00e9gitimes se chiffrent \u00e0 moins d\u2019un pour cent. Pourtant, une femme de mauvaise vie officiait au bourg. Peut-\u00eatre, est-ce Marie Breton dont le nom s\u2019inscrit \u00e0 trois reprises dans les registres des bapt\u00eames pour la naissance d\u2019enfants d\u00e9munis de p\u00e8re.<\/p>\n<p>Sur le plan sexuel, la femme ne conna\u00eet pas la contraception ou ne veut pas pratiquer les \u00ab funestes secrets \u00bb, obtenus aupr\u00e8s de femmes plus \u00e2g\u00e9es ou d\u2019amies au courant de la question. Les avortements, provoqu\u00e9s par des louzou, \u00e0 base de plantes, interviennent peu pour mettre fin \u00e0 une grossesse non d\u00e9sir\u00e9e par crainte d\u2019une justice implacable.<\/p>\n<p>Les remariages sont fr\u00e9quents et s\u2019expliquent ais\u00e9ment. Le veuvage conduit la femme \u00e0 une impasse. Outre le manque affectif, la femme se doit de trouver un nouveau chef de famille, support indispensable lors des travaux des champs et protecteur des orphelins. Il n\u2019est pas rare qu\u2019elle se rapproche d\u2019un fr\u00e8re du d\u00e9funt, c\u00e9libataire ou veuf, ou encore d\u2019un autre membre de la belle famille. Ceci est admis apr\u00e8s le d\u00e9lai de viduit\u00e9 de neuf mois.<\/p>\n<p>Respectant les interdits religieux de P\u00e2ques et de l\u2019Avent, les femmes con\u00e7oivent leurs enfants en dehors de ces temps. La maternit\u00e9 et la naissance d\u2019un enfant les valorisent, et l\u2019accouchement, orchestr\u00e9 par une matrone, est du ressort des femmes de la famille et des voisines d\u00e9sirant se rendre utile au moment d\u2019un \u00e9v\u00e8nement redoutable pour la future maman.<\/p>\n<p>Par la suite, la femme se charge du petit aux niveaux des soins, de son alimentation et de son \u00e9ducation.<\/p>\n<p>La femme au sein de la famille subit la domination de son mari, bien que des femmes fortes et d\u00e9termin\u00e9es pilotent fermement le m\u00e9nage face \u00e0 des \u00e9poux timor\u00e9s ou consentants. Marie-Jeanne Gourlaouen incarne sans doute ce type d\u2019individus. En mars 1776, elle entra\u00eene son \u00e9poux Jacques Bod\u00e9n\u00e8s dans une exp\u00e9dition punitive contre la famille Gourvennec de Tr\u00e9guestan. Profitant de l\u2019absence du chef de famille, parti \u00e0 la grand\u2019messe, le couple agresse violemment la m\u00e8re et ses filles. Ils d\u00e9robent \u00ab\u00a0<em>des<\/em> <em>poch\u00e9es de bleds\u00a0\u00bb<\/em> et une grosse somme d\u2019argent\u00a0!<\/p>\n<p>Lorsque la \u00ab ferme \u00bb abritent plusieurs couples apparent\u00e9s ainsi que des fr\u00e8res et s\u0153urs c\u00e9libataires, la jeune \u00e9pouse, surveill\u00e9e par la belle-m\u00e8re et les belles-s\u0153urs, \u00e9prouve certaines difficult\u00e9s \u00e0 trouver sa place.<\/p>\n<p>L\u2019affaire suivante se d\u00e9roule dans la tr\u00e8ve de Saint-Fr\u00e9gant, en 1724-1726. La pauvre Jacquette Berder ayant pris pour mari Christophe Broudin, s\u2019installe dans sa belle-famille, compos\u00e9e du patriarche, Fran\u00e7ois, de la m\u00e8re Claudine, sexag\u00e9naires vigoureux, et d\u2019un autre couple, comprenant El\u00e9onore, s\u0153ur de Christophe, mari\u00e9e \u00e0 Fran\u00e7ois Moallic. Le calvaire de Jacquette, selon le voisinage, maltrait\u00e9e par son homme qui a une ma\u00eetresse, <em>\u00ab\u00a0fille de mauvaise vie\u00a0\u00bb,<\/em> la pousse \u00e0 quitter \u00e0 trois reprises le domicile familial. Une conspiration familiale aboutit au meurtre de Jacquette, victime des coups du beau-p\u00e8re et de son mari. Pratiquement tous les membres de la famille particip\u00e8rent, \u00e0 un degr\u00e9 ou \u00e0 un autre, \u00e0 l\u2019assassinat. Heureusement, cet exemple ne constitue aucunement une g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 des mauvaises relations entre les familles et leurs beaux-enfants.<\/p>\n<p>L\u2019agonie et la mort d\u2019un membre de la famille renforcent le r\u00f4le des femmes. Majoritaires au chevet des agonisants, elles assurent la toilette des d\u00e9funts.<\/p>\n<p>La division sexuelle des t\u00e2ches parmi les membres de la famille paysanne relie la femme aux travaux \u00a0\u00a0domestiques, au m\u00e9nage, et \u00e0 la cuisine. Elle fournit \u00e9galement une aide non n\u00e9gligeable en nourrissant les volailles, les cochons, et \u00e0 la traite des vaches. Ponctuellement, elle besogne aux champs et sa contribution aux travaux de la moisson et du battage est appr\u00e9ci\u00e9e par la communaut\u00e9 paysanne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\"><span style=\"color: #4472c4;\">Le vannage (O. Perrin dans la<br \/>\nGalerie bretonne) <\/span><br \/>\n<\/span><\/p>\n<div style=\"text-align: center;\"><img decoding=\"async\" style=\"width: 419px; height: 422px;\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jphirrien\/femmes\/vannage.jpeg\" alt=\"\" \/><\/div>\n<p>Quelques femmes paysannes arrondissent leurs revenus en accueillant des enfants en nourrice, ou en acceptant d\u2019allaiter le petit d\u2019un notable \u00e0 son domicile.<\/p>\n<p>Deux autres occupations lui incombent tout en lui apportant des moments de \u00ab plijadur \u00bb (de plaisirs) : la lessive au lavoir ou bu\u00e9e, le vendredi, et la cuisson du pain au four. Entour\u00e9e de voisines, aux langues bien pendues, certes elle travaille, mais elle se d\u00e9lecte des divers potins sur telle personne ou sur les \u00e9v\u00e8nements de la vie de tous les jours.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\"><span style=\"color: #4472c4; font-weight: bold;\">La lessive\u00a0 (O. Perrin dans la Galerie bretonne)<\/span><span style=\"font-weight: bold;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div style=\"text-align: center;\"><img decoding=\"async\" style=\"width: 317px; height: 327px;\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jphirrien\/femmes\/lessive.jpeg\" alt=\"\" \/><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">La Plouguern\u00e9enne conna\u00eet parfaitement le calendrier des jours de march\u00e9 et de foire des environs de sa paroisse. Elle n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 parcourir \u00e0 pieds, le panier sous le bras, les chemins la menant au bourg ou \u00e0 Lannilis afin de vendre son beurre et ses \u0153ufs.. \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<span style=\"color: #4472c4;\"><br \/>\n<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\"><span style=\"color: #4472c4;\"><span style=\"font-weight: bold;\">Le<br \/>\nd\u00e9part pour le<br \/>\nmarch\u00e9 (O. Perrin dans la Galerie bretonne)<\/span><br \/>\n<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\"><span style=\"color: #4472c4;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<img decoding=\"async\" style=\"width: 225px; height: 432px;\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jphirrien\/femmes\/marche.jpeg\" alt=\"\" \/><br \/>\n<\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">Par-l\u00e0, elle s\u2019ouvre sur le monde ext\u00e9rieur, ram\u00e8ne au foyer de l\u2019argent et passe des moments agr\u00e9ables. De m\u00eame, elle attend les pardons de Plouguerneau et des alentours avec impatience. Ils sont l\u2019occasion de \u00ab s\u2019habiller en habits du dimanche \u00bb, de se pr\u00e9senter sous un jour empreint de coquetterie\u00a0 et de se distraire.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">Les autres conditions sociales connues, en dehors de la noblesse, des femmes plouguern\u00e9ennes sont \u00e0 mettre en rapport aux m\u00e9tiers du commerce<br \/>\n(marchandes de vin, aubergistes) et de la religion (servantes des eccl\u00e9siastiques ou institutrices). \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">La Plouguern\u00e9enne prend sa part de travail au niveau familial, mais socialement elle n\u2019\u00e9gale pas l\u2019homme. Si le Plouguern\u00e9en est assez faiblement alphab\u00e9tis\u00e9, la femme se pr\u00e9sente largement en retrait sur ce point. En retenant les signatures convenables des parrains et des marraines des registres des bapt\u00eames, le foss\u00e9 est impressionnant au d\u00e9triment des femmes : elles sont quatre fois moins nombreuses \u00e0 pouvoir signer leur nom. En clair, leur scolarisation fait d\u00e9faut par l\u2019absence quasi-totale de destin professionnel.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">Et cette terrible remarque misogyne de Mah\u00e9 de la Bourbonnais confirme l\u2019absence de consid\u00e9ration d\u2019une fraction des hommes envers leurs femmes : <i>\u00ab si le cheval et la femme du L\u00e9onard tombent malade en m\u00eame temps, il a recours au mar\u00e9chal et laisse op\u00e9rer la nature pour sa moiti\u00e9 qui souffre sans se\u00a0 <\/i><\/span><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\"><i>plaindre\u00bb.<\/i><\/span><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\"><i>\u00a0<\/i><\/span><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\"><i>\u00a0\u00a0\u00a0<\/i><\/span><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\"><i><br \/>\n<\/i><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">Quant \u00e0 la religion, elle maintient la femme dans une position qui en fait une paroissienne de second ordre. Elle symbolise la tentation et le p\u00e9ch\u00e9 de la chair, et le fait d\u2019enfanter l\u2019am\u00e8ne \u00e0 subir la c\u00e9r\u00e9monie humiliante des relevailles. \u00a0<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\"><b>L\u2019enlacement et le serpent\u00a0: <\/b>carte m\u00eal\u00e9e du Miroir du monde de Michel Le Nobletz, vers 1630. La femme repr\u00e9sente le d\u00e9sir, le serpent sous sa jupe le p\u00e9ch\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 107%;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<img decoding=\"async\" style=\"width: 237px; height: 485px;\" src=\"http:\/\/www.plouguerneau.net\/IMG\/jphirrien\/femmes\/serpent.jpg\" alt=\"\" \/> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour suivre les offices, elle p\u00e9n\u00e8tre dans l\u2019\u00e9glise la t\u00eate recouverte d\u2018un voile ou d\u2019une coiffe et sa place n\u2019est pas aupr\u00e8s de son mari mais dans la partie r\u00e9serv\u00e9e aux femmes et aux enfants.<\/p>\n<p>Les femmes ne participent pas \u00e0 la vie publique paroissiale. Seuls les hommes \u00e9lisent d\u2019autres hommes composant le corps politique, esp\u00e8ce de \u00ab conseil municipal \u00bb d\u2019une douzaine de membres, si\u00e9geant pour g\u00e9rer les affaires profanes et religieuses de la paroisse.\u00a0 En 1789, la r\u00e9daction des cahiers de dol\u00e9ances de Plouguerneau et de Tr\u00e9m\u00e9nac\u2019h fut exclusivement une affaire d\u2019hommes tout comme les \u00e9lections des quatre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s devant se rendre \u00e0 Lesneven.<\/p>\n<p>Enfin, la loi, en situation de veuvage d\u2019un des conjoints du couple, n\u2019a pas la m\u00eame approche pour la femme que pour l\u2019homme. Lorsque le mari dispara\u00eet, les enfants mineurs passent sous la tutelle d\u2019un parent, alors qu\u2019en cas de d\u00e9c\u00e8s de la femme le p\u00e8re maintient la garde des petits.<\/p>\n<p>En conclusion, la femme d\u2019Ancien R\u00e9gime affiche le profil peu avantageux d\u2019un \u00eatre soumis \u00e0 sa famille, puis \u00e0 son mari ou \u00e0 sa belle-famille, rel\u00e9gu\u00e9e par la loi dans une position humiliante de n\u00e9gation de droits publics ou familiaux, et assimil\u00e9e par l\u2019Eglise \u00e0 toute une s\u00e9rie de faiblesses ou de vices.<\/p>\n<p><strong>Bibliographie.<\/strong><\/p>\n<p>Les femmes de Bretagne. Images et histoire. Sous la direction de A. Croix et C. Douard. 1999, Apog\u00e9e-PUR.<\/p>\n<p>Sources judiciaires\u00a0:\u00a0 Archives de la juridiction de Carman et Fabrice Jeannin (Criminalit\u00e9 dans la cour royale de Lesneven et dans la principaut\u00e9 de L\u00e9on, 1718-49. Ma\u00eetrise UBO).<\/p>\n<p>Sources iconographiques\u00a0: F. Roudaut, A. Croix, F. Broudic, Les chemins du Paradis (Taolennou Ar Baradoz), Le Chasse-Mar\u00e9e, \u00e9ditions de l\u2019Estran, 1988.<\/p>\n<p>Cambry\u00a0: Voyage dans le Finist\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; La femme plouguern\u00e9enne auXVIIIe si\u00e8cle : un rouage \u00e9conomique essentiel, mais en retrait socialement et publiquement. 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