{"id":768,"date":"2018-01-15T14:50:13","date_gmt":"2018-01-15T13:50:13","guid":{"rendered":"https:\/\/plouguerneau.net\/les-societes-de-menage-autrefois\/"},"modified":"2025-01-27T09:57:17","modified_gmt":"2025-01-27T08:57:17","slug":"les-societes-de-menage-autrefois","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/les-societes-de-menage-autrefois\/","title":{"rendered":"LES SOCI\u00c9T\u00c9S DE M\u00c9NAGE AUTREFOIS"},"content":{"rendered":"<p>LES SOCI\u00c9T\u00c9S DE M\u00c9NAGE AUTREFOIS.<br \/>\nAyant h\u00e9rit\u00e9 de papiers de famille, datant de 1880 \u00e0 1950, concernant mes grands-parents c\u00f4t\u00e9 maternel domicili\u00e9s \u00e0 Sibiril au Rochel-Kerminguy, je fus interpell\u00e9 par certains contrats de soci\u00e9t\u00e9s de m\u00e9nage de mes anc\u00eatres. A ces documents s\u2019ajoutent des baux \u00e9tablis en fermage lesquels compl\u00e8tent notre information sur un sujet tomb\u00e9 dans l\u2019oubli du temps. Ces documents ont valeur d\u2019exemples qui, sans doute, se retrouvent utilis\u00e9s \u00e0 Plouguerneau dans des circonstances identiques.<br \/>\nLa lecture de ces papiers permet de d\u00e9gager deux id\u00e9es principales : un syst\u00e8me qui n\u2019existe plus aujourd\u2019hui, celui de la soci\u00e9t\u00e9 de m\u00e9nage, et la persistance de la propri\u00e9t\u00e9 de la terre dans les mains d\u2019une partie de la noblesse plouguern\u00e9enne.<br \/>\nLa soci\u00e9t\u00e9 de m\u00e9nage en L\u00e9on est en vigueur depuis des si\u00e8cles. Selon Louis El\u00e9go\u00ebt (La vie des paysans du L\u00e9on, 1800-1950), le syst\u00e8me est assez courant \u00e0 Plouider depuis la fin du XVIII\u00e8me et pour environ un quart des \u00ab maisons \u00bb (ou feux) du Grouanec en 1931. Il s\u2019agit de maintenir une partie ou l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de \u00ab l\u2019exploitation familiale \u00bb durablement (si l\u2019on est en faire valoir direct), de p\u00e9renniser l\u2019esprit de famille et ses valeurs et de garder une main d\u2019\u0153uvre n\u00e9cessaire aux travaux agricoles en \u00e9vitant l\u2019exode rural. Ces soci\u00e9t\u00e9s concernent r\u00e9guli\u00e8rement des paysans assez ais\u00e9s qui disposent de terres en faire valoir direct (de 8 \u00e0 15 ha) ou en fermage (de 10 \u00e0 20 ha) avec des possibilit\u00e9s de mixage. Elles permettent aux membres d\u2019assurer les productions inh\u00e9rentes \u00e0 une exploitation agricole. Mais la soci\u00e9t\u00e9 de m\u00e9nage se situe \u00e0 un autre niveau d\u2019implication pour ceux qui y adh\u00e8rent. On est en pr\u00e9sence d\u2019une cohabitation familiale interg\u00e9n\u00e9rationnelle o\u00f9 chacun apporte ses deniers et son travail. Le plus souvent, l\u2019un des enfants d\u2019un couple s\u2019associe \u00e0 ses parents, \u00e0 l\u2019occasion de son mariage, et acquiert selon la convention, le tiers, le quart ou la moiti\u00e9 du \u00ab m\u00e9nage \u00bb (le mobilier sauf exceptions, le b\u00e9tail, les outils, les r\u00e9coltes, l\u2019herbe\u2026) dont la valeur est estim\u00e9e par un expert. La quotit\u00e9 retenue varie selon les possibilit\u00e9s financi\u00e8res des nouveaux associ\u00e9s en sachant que les dots des mari\u00e9s permettent le paiement de partie ou totalit\u00e9 des meubles. Le nouveau couple vit sous le toit des parents en compagnie parfois de fr\u00e8res et s\u0153urs c\u00e9libataires de l\u2019un d\u2019entre eux, et de domestiques. Tous les membres de la famille partagent en m\u00eame temps les repas et dorment souvent dans la m\u00eame pi\u00e8ce dans des lits-clos. Chacun travaille les terres leur appartenant en commun ou \u00e0 un des m\u00e9nagers ou encore celles en location et participe aux d\u00e9penses et b\u00e9n\u00e9fices au prorata de sa part de m\u00e9nage. D\u2019autres soci\u00e9t\u00e9s de m\u00e9nage peuvent exister : les parents s\u2019associent \u00e0 deux de leurs enfants mari\u00e9s ou deux fr\u00e8res ou s\u0153urs mari\u00e9s forment une soci\u00e9t\u00e9 de m\u00e9nage. Ces groupes domestiques \u00e9tendus atteignent, enfants, domestiques compris, parfois la vingtaine d\u2019individus. Les fr\u00e8res ou s\u0153urs non concern\u00e9s par l\u2019association restent c\u00e9libataires dans l\u2019exploitation ou quittent le domicile en \u00e9pousant un conjoint agriculteur ou non.<br \/>\nEn septembre 1906, une telle soci\u00e9t\u00e9 est cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Kerminguy-Rochel entre Herv\u00e9 Loa\u00ebc, \u00e9poux de Philom\u00e8ne N\u00e9d\u00e9lec, Mr Jean Caroff et Marie-Yvonne Faujour, et Jean-Louis Moal (mon grand-p\u00e8re maternel dit Louis) et Marie Caroff (ma grand-m\u00e8re maternelle, fille de Jean Caroff et de Marie-Yvonne Faujour), mari\u00e9s le 22 juillet 1906.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/societe_de_menage.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1221 size-medium\" src=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/societe_de_menage-218x300.jpg\" alt=\"\" width=\"218\" height=\"300\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Un notaire r\u00e9dige l\u2019acte de constitution de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>En fait, une autre soci\u00e9t\u00e9 de m\u00e9nage datant de 1880, compos\u00e9e de Anne N\u00e9d\u00e9lec, veuve de Jean Caroff pour moiti\u00e9, et du couple Jean-Marie Caroff et Marie-Yvonne Fauchour pour l\u2019autre moiti\u00e9, g\u00e9rait l\u2019exploitation familiale, pour un capital engag\u00e9 de 4315 francs. En 1906, l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un nouveau venu : Jean-Louis Moal, et le d\u00e9c\u00e8s sans doute de Anne N\u00e9d\u00e9lec rebattaient les cartes de la soci\u00e9t\u00e9 de m\u00e9nage pass\u00e9e. Voici les grandes lignes de la soci\u00e9t\u00e9 de m\u00e9nage : \u00ab le but de la soci\u00e9t\u00e9 est d\u2019exploiter la ferme de Kerminguy-Rochel durant les baux qui ont \u00e9t\u00e9 consentis et ceux qui pourraient \u00eatre renouvel\u00e9s par la suite. Herv\u00e9 Loa\u00ebc est int\u00e9ress\u00e9 pour moiti\u00e9 indivise et les sieurs Caroff et Moal pour l\u2019autre moiti\u00e9 (un quart chacun). Les b\u00e9n\u00e9fices et les pertes se partagent dans ces proportions. Le fonds capital de la soci\u00e9t\u00e9 est d\u2019une valeur de 9000 francs, fourni par les int\u00e9ress\u00e9s dans la proportion de leurs droits sus indiqu\u00e9s en num\u00e9raires et en meubles meublants et autres objets mobiliers composant une exploitation rurale. Les affaires de la soci\u00e9t\u00e9 seront administr\u00e9es par les associ\u00e9s qui donneront tout leur temps, aucun ne pourra prendre \u00e0 bail d\u2019autres terres que celles qu\u2019ils exploitent actuellement sans le consentement de ses associ\u00e9s qu\u2019il devra int\u00e9resser dans les nouvelles locations dans les m\u00eames proportions que celle qu\u2019ils poss\u00e8dent dans la soci\u00e9t\u00e9. Aucun des associ\u00e9s ne peut c\u00e9der ses droits dans la soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019\u00e0 ses associ\u00e9s si ce n\u2019est pour l\u2019\u00e9tablissement de ses enfants. Les armoires des associ\u00e9s et celles de leur femme sont exclues de la pr\u00e9sente soci\u00e9t\u00e9 en cas de dissolution de cette soci\u00e9t\u00e9. Les enfants n\u00e9s et \u00e0 na\u00eetre seront entretenus \u00e0 frais communs sur la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb. Les litiges entre les membres se r\u00e8glent par des arbitres choisis par les diverses parties ou par un juge de paix. La force de travail n\u2019est pas la m\u00eame pour chaque m\u00e9nage selon sa composition num\u00e9rique. Ce dernier point ne para\u00eet pas alt\u00e9rer la coh\u00e9sion de la soci\u00e9t\u00e9 (selon E. Souvestre en 1836 \u00e0 Plouescat). Au terme de la soci\u00e9t\u00e9 (\u00e0 la fin d\u2019un bail par exemple) chaque membre r\u00e9cup\u00e8re ses biens en propre (terres s\u2019il y en a, b\u00e2timents), ce qui fragilise \u00ab l\u2019exploitation familiale \u00bb qui peut \u00eatre amput\u00e9e d\u2019une part de ses supports indispensables au travail agricole. Mais le sens de la famille fait que la d\u00e9fection d\u2019un membre est souvent l\u2019occasion aux autres parties qui cr\u00e9ent sur une nouvelle soci\u00e9t\u00e9 d\u2019acqu\u00e9rir le capital foncier vacant.<br \/>\nDans les familles nombreuses (mes grands-parents ont eu 11 enfants, m\u00eame si deux n\u2019ont pas v\u00e9cu longtemps) tous les enfants ne pouvaient appartenir \u00e0 la \u00ab soci\u00e9t\u00e9 de m\u00e9nage souche \u00bb. Alors, certains devaient se r\u00e9soudre \u00e0 voguer vers d\u2019autres lieux, vers d\u2019autres soci\u00e9t\u00e9s de m\u00e9nage ou \u00e9pouser un ou une c\u00e9libataire, ou encore entrer en religion. Le d\u00e9c\u00e8s d\u2019un membre appartenant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de m\u00e9nage, comme c\u2019est les cas en 1932 pour la soci\u00e9t\u00e9 de m\u00e9nage cr\u00e9\u00e9e en 1906 dans ma famille, c\u00f4t\u00e9 Moal, en l\u2019occurrence celui de Marie-Yvonne Faujour, veuve de Jean-Marie Caroff remari\u00e9e \u00e0 Jean Caroff, donne lieu au partage pour moiti\u00e9 des quatre chevaux, quatre vaches, du \u00ab revenant bon \u00bb, pour un total de 10 000 francs augment\u00e9s de 2000 francs pour divers mobiliers, lingeries et bois \u00e0 feu.<br \/>\nEn 1906, les propri\u00e9taires de la ferme o\u00f9 r\u00e9sidaient mes grands-parents appartiennent \u00e0 une famille noble de Plouguerneau les de Poulpiquet de Brescanvel, du ch\u00e2teau de Lesmel (Mme Ren\u00e9e- Jos\u00e9phine-Marie de Kerzauson-Kerjean, veuve de Marie-Joseph-Maurice de Poulpiquet de Brescanvel ; en 1939 : la m\u00eame Mme Ren\u00e9e-Jos\u00e9phine-Marie de Kerzauson-Kerjean, Maurice-Guy-Marie de Poulpiquet de Brescanvel, c\u00e9libataire majeur, Mr Antoine Le Borgne de Boissi\u00e8re et Madame Ren\u00e9e-Mathilde-Marie-Jos\u00e8phe de Poulpiquet de Brescanvel son \u00e9pouse, Charles-Antoine-Marie-Jos\u00e8phe-Christian de Ligni\u00e8res, capitaine d\u2019artillerie, et Marie-Th\u00e9r\u00e8se-Camille de Poulpiquet de Brescanvel, son \u00e9pouse, demeurant \u00e0 Lesmel. Le bail en date du 22 avril 1902, d\u2019une dur\u00e9e de 9 ans est fix\u00e9 \u00e0 915 francs par an par Mr Emilien de Poulpiquet, lieutenant-colonel en retraite, Mme Camille du Pin la P\u00e9rini\u00e8re son \u00e9pouse, propri\u00e9taire demeurant au ch\u00e2teau de Lesmel \u00e0 Plouguerneau. Herv\u00e9 Loa\u00ebc signe mais Jean Caroff ne sait pas signer. En 1927, le bail est paraph\u00e9 par mon grand-p\u00e8re Louis Moal et par Jean-Marie Le Bris. En 1938-47, un autre bail secondaire est \u00e9tabli entre Mlle Marie-Th\u00e9r\u00e8se de Poulpiquet de Brescanvel, demeurant \u00e0 Brest, et Jean-Louis Moal pour une dur\u00e9e de trois, six ou neuf ann\u00e9es enti\u00e8res, pour un terroir \u00e0 usage de pr\u00e9 \u00e0 Kerlidou, en Sibiril (Pount ar raden), pour 2 ha 65 ares. Il se doit d\u2019entretenir les foss\u00e9s, ne pas toucher aux arbres. Le fermage annuel de 500 francs doit \u00eatre vers\u00e9 \u00ab en la demeure de la baillesse ou de son fond\u00e9 de pouvoirs \u00bb. En 1939 (le 29 septembre jour de la Saint-Michel), le bail en fermage est de 5000 francs par an (3000 francs avant cette date), plus les charges (droits d\u2019enregistrement, imp\u00f4ts fonciers) \u00e9valu\u00e9es au 10\u00e8me du montant total. Les clauses du bail portent sur la dur\u00e9e du bail de trois, six et neuf ans. Il concerne pour moiti\u00e9 chacun, Jean-Marie Le Bris, cultivateur, \u00e9poux de Fran\u00e7oise Loa\u00ebc (sans doute une parente de Herv\u00e9 Loa\u00ebc), et mon grand-p\u00e8re Louis Moal. La ferme du Rochel-Kerminguy rattach\u00e9e \u00e0 la commune de Sibiril et de Plougoulm, selon l\u2019\u00e9tude du notaire de Plouguerneau J. Hirvoas \u00ab consiste en logements et terres, tant chaudes (les plus fertiles) que froides (les moins fertiles comme les garennes, les landes) et toutes d\u00e9pendances. Au total, un peu plus de 14 ha. Les preneurs ne doivent rien d\u00e9grader, innover ni d\u00e9t\u00e9riorer. Les couvertures sont en gleds (chaume). Ils doivent entretenir et r\u00e9parer les toitures, les fosses et foss\u00e9s, mais ils ne peuvent r\u00e9parer la maison (?) et les \u00e9difices en ruines. Ils nourriront et darbarreront gratuitement les ouvriers que les bailleurs pourraient employer aux r\u00e9parations qu\u2019ils feraient effectuer et feront le charroi des mat\u00e9riaux n\u00e9cessaires \u00e0 ces r\u00e9parations. Ils ne pourront sous-affermer lesdits biens. Ils feront assurer \u00e0 leurs frais contre les risques de l\u2019incendie les \u00e9difices au dit lieu. Le droit de chasse est express\u00e9ment r\u00e9serv\u00e9 sur les lieux lou\u00e9s par les propri\u00e9taires. En cas de vente de la ferme le bail sera r\u00e9sili\u00e9, en pr\u00e9venant les fermiers trois ans d\u2019avance. Toutes les r\u00e9parations locatives sont au compte des preneurs \u00bb.<br \/>\nD\u2019autres baux contract\u00e9s aupr\u00e8s de particuliers ont permis \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de m\u00e9nage d\u2019utiliser des terres labourables, des prairies, des garennes, dans les ann\u00e9es 1920 jusqu\u2019en 1944 ann\u00e9e du d\u00e9c\u00e8s de Jean Caroff. Les fermages sont payables en argent ou \u00ab pour 150 kilogrammes de bl\u00e9 calcul\u00e9 selon le cours moyen de l\u2019ann\u00e9e \u00bb. De plus, la soci\u00e9t\u00e9 ach\u00e8te, en 1921, sous la f\u00e9rule de Louis Moal pour moiti\u00e9 et pour Jean Caroff pour l\u2019autre moiti\u00e9, pour 3000 francs, 68 ares de terres labourables et de prairies. Le fait que Herv\u00e9 Loa\u00ebc ne soit plus mentionn\u00e9 laisse penser qu\u2019il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 et que la soci\u00e9t\u00e9 de m\u00e9nage de 1906 ne repose plus que sur Jean Caroff d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1944 et Louis Moal d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1955, et peut-\u00eatre sur Jean-Marie le Bris.<br \/>\nIl semble que les deux parties : propri\u00e9taires et soci\u00e9t\u00e9s de m\u00e9nage cohabitent dans une certaine bonne entente car les baux sont renouvel\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement. Les cultivateurs disposent d\u2019une stabilit\u00e9 n\u00e9cessaire pour travailler des terres qui ne leurs appartiennent pas et les propri\u00e9taires en fid\u00e9lisant des gens \u00ab bons et vigilants cultivateurs et bons p\u00e8res de familles \u00bb y trouvent leur compte par des revenus r\u00e9guliers qui s\u2019accroissent si l\u2019on suit les montants indiqu\u00e9s des baux annuels.<br \/>\nLes soci\u00e9t\u00e9s de m\u00e9nage demandaient de l\u2019organisation et de l\u2019autorit\u00e9 de la part du patriarche pour la gestion du travail. La volont\u00e9 de paix des m\u00e9nages permettait cette forme de cohabitation. Pourtant, au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, il appara\u00eet que le syst\u00e8me se fissure. L\u2019\u00e9volution des mentalit\u00e9s rend plus d\u00e9licate la vie communautaire de deux ou trois familles sous un m\u00eame toit. Apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, la division des revenus d\u00e9gag\u00e9s par l\u2019exploitation contrarie la bonne marche de l\u2019exploitation tandis que l\u2019autorit\u00e9 des patriarches s\u2019affaiblit lors des conflits de g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 propos de la n\u00e9cessit\u00e9 de moderniser les fermes. Si de nouvelles formes d\u2019association existent aujourd\u2019hui (GAEC) entre les membres d\u2019une m\u00eame famille, chaque couple dispose de sa maison, mais le travail s\u2019effectue en commun.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LES SOCI\u00c9T\u00c9S DE M\u00c9NAGE AUTREFOIS. 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