{"id":773,"date":"2018-12-13T16:25:28","date_gmt":"2018-12-13T15:25:28","guid":{"rendered":"https:\/\/plouguerneau.net\/?p=773"},"modified":"2018-12-13T16:25:28","modified_gmt":"2018-12-13T15:25:28","slug":"la-capitainerie-de-labreurac-en-1734","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/la-capitainerie-de-labreurac-en-1734\/","title":{"rendered":"LA CAPITAINERIE DE L\u2019ABREURAC EN 1734"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<p><strong>LA CAPITAINERIE DE L\u2019ABREURAC<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les documents (deux cartes ci-dessous et deux textes) m\u2019ont \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9s par Bernard Le Bec de l\u2019association Patrimoine des Abers de Land\u00e9da. Ils proviennent de la Biblioth\u00e8que nationale de France (site Gallica). Les textes, non reproduits ici, permettent d\u2019\u00e9clairer l\u2019interpr\u00e9tation des deux documents.<\/p>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-773 gallery-columns-1 gallery-size-full'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/la-capitainerie-de-labreurac-en-1734\/carte1-2\/'><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"754\" height=\"579\" src=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/carte1.jpg\" class=\"attachment-full size-full\" alt=\"\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le premier est dat\u00e9 d\u2019avril 1734.<\/strong> Il se pr\u00e9sente sous la forme d\u2019un \u00ab projet de carte pour la capitainerie de l\u2019Abrewac, la douzi\u00e8me de la Province de Bretagne \u00bb. Le r\u00e9dacteur s\u2019adresse \u00ab aux personnes intelligentes de la Province (pour) ajouter la position des lieux qu\u2019on a pas trouv\u00e9s dans les cartes : savoir Guinevez ou Plounevez , Languengar, Knouez, Tr\u00e9menech, Brouesnou, Ploun\u00e9our-Tres, Kerlouan, Knilis\u2026 \u00bb. Il semble que le contour de la capitainerie n\u2019est pas d\u00e9finitif et changerait si certains lieux cit\u00e9s \u00ab ne s\u2019y trouvent pas enferm\u00e9s \u00bb. Leur position devra \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e ainsi que les distances entre eux (selon l\u2019\u00e9chelle plac\u00e9e en haut du document par lieues de Bretagne, de France, marine). Effectivement, les emplacements de Saint-Vougay et de Guiquello sont \u00e0 revoir. Il rajoute \u00ab qu\u2019il faudrait marquer le nombre et la situation des corps de garde avec les batteries qui se trouvent le long de la c\u00f4te en distinguant les corps de garde aussi bien que les batteries qui peuvent \u00eatre ruin\u00e9s \u00bb. Pour affiner la localisation des lieux \u00ab il conviendrait d\u2019ajouter les noms des rivi\u00e8res ou des ruisseaux \u00bb. Il demande un soin particulier au trait ou dessin du littoral. Il aimerait qu\u2019on lui communique d\u2019autres cartes existantes sur ce secteur pour compl\u00e9ter ses informations.<br>Les questions relatives au document qui se posent sont les suivantes : quelle fonction exerce le demandeur de pr\u00e9cisions (sans doute une personne de l\u2019Amiraut\u00e9*) et vers quels individus esp\u00e8re-t-il se renseigner (des nobles, le clerg\u00e9 ou des marguillers*).<\/p>\n<div id='gallery-2' class='gallery galleryid-773 gallery-columns-1 gallery-size-full'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/la-capitainerie-de-labreurac-en-1734\/carte2-2\/'><img decoding=\"async\" width=\"769\" height=\"541\" src=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/carte2.jpg\" class=\"attachment-full size-full\" alt=\"\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le second document est plus d\u00e9taill\u00e9. Dat\u00e9 de 1734<\/strong>, il doit faire suite au premier. La correction de certaines erreurs et la r\u00e9alisation d\u2019une carte nettement plus d\u00e9taill\u00e9e aura \u00e9t\u00e9 possible dans un d\u00e9lai bien court eu \u00e9gard aux lenteurs des communications de l\u2019\u00e9poque. Il pr\u00e9sente la capitainerie (moins orient\u00e9e vers le sud, ce qui se comprend car les capitaineries s\u2019inscrivent dans une limite de deux lieues par rapport au littoral) sans doute apr\u00e8s que le demandeur a re\u00e7u diverses informations remontant de notables locaux. Ainsi les lieux non localis\u00e9s dans la premi\u00e8re carte le sont, les cours d\u2019eau apparaissent et la c\u00f4te est plus pr\u00e9cise. Les villes et bourgs sont d\u00e9sign\u00e9s par un petit \u00e9difice surmont\u00e9 d\u2019une croix (\u00e0 la suite du nom on distingue un petit p pour une paroisse, un petit c pour une chapelle), les corps de garde re\u00e7oivent une figure triangulaire (rouge pour ceux qui doivent \u00eatre restaur\u00e9s, en jaune les b\u00e2tis ruin\u00e9s, peu visibles), des petits traits (selon le nombre de canons) travers\u00e9s par un trait plus grand (au Korejou) symbolisent les batteries et un minuscule rond surmont\u00e9 du chiffre 1 les ch\u00e2teaux. Une \u00e9chelle permet d\u2019\u00e9valuer les distances entre les divers lieux. Il para\u00eet que le r\u00e9sultat du travail de l\u2019auteur inconnu r\u00e9sulte de l\u2019addition de documents plus anciens (la carte d\u2019un certain sieur de Fer), les informations de l\u2019\u00e9lite locale et d\u2019observations sur la c\u00f4te et des endroits les plus \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<div id='gallery-3' class='gallery galleryid-773 gallery-columns-1 gallery-size-large'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/la-capitainerie-de-labreurac-en-1734\/carte3\/'><img decoding=\"async\" width=\"1302\" height=\"947\" src=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/carte3.jpg\" class=\"attachment-large size-large\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/carte3.jpg 1302w, https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/carte3-1024x745.jpg 1024w, https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/carte3-768x559.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1302px) 100vw, 1302px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La carte de 1756 fixe les limites de la capitainerie de Lesneven\/l\u2019Abreuwrac et les fl\u00e8ches indiquent les secteurs \u00e0 d\u00e9fendre en priorit\u00e9 pour \u00e9viter la p\u00e9n\u00e9tration ennemie et les menaces sur Brest.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sous l\u2019Ancien R\u00e9gime, la fr\u00e9quence des guerres am\u00e8ne la monarchie \u00e0 tenter de se pr\u00e9munir des d\u00e9barquements ennemis sur le sol fran\u00e7ais et breton. En L\u00e9on, la priorit\u00e9 est la d\u00e9fense de la place-forte de Brest et de la flotte du Ponant. A cet effet, Vauban \u00e0 la fin du XVIIe si\u00e8cle, puis au XVIIIe si\u00e8cle le duc d\u2019Aiguillon et le marquis de Langeron organisent la d\u00e9fense du goulet et des environs de Brest. Le pays Pagan entre dans ce sch\u00e9ma par la protection des abers que l\u2019on consid\u00e8re, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, comme des voies possibles de p\u00e9n\u00e9tration du plateau l\u00e9onard pour atteindre \u00e0 revers la ville fortifi\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les troupes du roi et la Royale doivent contrecarrer ces possibilit\u00e9s de d\u00e9barquement d\u2019un ennemi qui est le plus souvent anglais. Mais la monarchie mobilise \u00e9galement des populations civiles sur le littoral afin d\u2019assurer en partie cette mission, h\u00e9rit\u00e9e des ducs de Bretagne sous l\u2019appellation de guet.<br><strong>La milice garde-c\u00f4tes<\/strong> (diff\u00e9rente de la milice de terre ou provinciale) qui va s\u2019int\u00e9grer dans le cadre des capitaineries n\u2019est vraiment organis\u00e9e et d\u00e9velopp\u00e9e qu\u2019\u00e0 partir de la c\u00e9l\u00e8bre ordonnance de Colbert en 1681.<br>Par tirage au sort (sans doute par les marguillers, puis par le capitaine garde-c\u00f4tes), dans le cadre administratif des paroisses, les paysans et les marins non soumis aux classes*, de 18 \u00e0 60 ans, sont vers\u00e9s dans des compagnies d\u00e9tach\u00e9es pour les mauvais num\u00e9ros et dans des compagnies de guet pour les bons num\u00e9ros. En principe ces hommes servent sur place et exercent la surveillance et la d\u00e9fense des c\u00f4tes.<br>Mais, si l\u2019on en croit Vauban, cette milice est m\u00e9diocre, manque d\u2019exp\u00e9rience et de motivation. Quant aux petits nobles qui les encadrent, il les d\u00e9crit d\u00e9sargent\u00e9s, mis\u00e9rables, sans monture et n\u2019aspirant qu\u2019\u00e0 regagner rapidement leurs manoirs d\u00e9labr\u00e9s. Bref des troupes sur lesquelles il est bien difficile de compter.<br>Pour rendre ces hommes op\u00e9rationnels, le pouvoir royal multiplie les ordonnances (1701, 1716, 1745, 1756, 1778).<br><strong>Le littoral est divis\u00e9 en capitaineries<\/strong> (1716) dont le nombre varie durant notre p\u00e9riode. Chaque capitainerie dispose d\u2019un personnel hi\u00e9rarchis\u00e9 officiant dans une bande littorale d\u00e9termin\u00e9e. Ces troupes sont soumises \u00e0 recensement et \u00e0 des revues en temps de paix pour v\u00e9rifier leurs aptitudes militaires.<br>Deux r\u00e9formes, celle de 1756 -du Duc d\u2019Aiguillon- et celle de 1778, am\u00e9lioreront l\u2019organisation de la milice garde-c\u00f4tes.<br>Depuis 1756, chaque capitainerie doit fournir dix compagnies de 50 hommes, dites d\u00e9tach\u00e9es et des compagnies de guet. Tous les ans le g\u00e9n\u00e9ral *de la paroisse fournit une liste d\u2019hommes soumis \u00e0 la milice (deux par cordel\u00e9e* ou section ; \u00e0 Plouguerneau il y en a quatre).<br>Les compagnies d\u00e9tach\u00e9es incorporent les c\u00e9libataires de 18 \u00e0 45 ans, d\u2019une taille d\u2019au moins 5 pieds -1,62m- par tirage au sort pour une dur\u00e9e de cinq ans cons\u00e9cutifs, puis ces hommes sont vers\u00e9s dans les compagnies du guet. Elles se composent de 25 fusiliers, et de 25 canonniers. Les compagnies de guet rassemblent des hommes de 16 \u00e0 60 ans qui assurent le guet, seulement en temps de guerre, ainsi que le service du courrier et des signaux.<br>Toute d\u00e9fection est passible des gal\u00e8res puis, par la suite, du bagne.<br>En temps de paix le capitaine des garde-c\u00f4tes organise des revues g\u00e9n\u00e9rales, obligatoires, des effectifs, deux fois par an en mai et novembre, de 3 \u00e0 6 jours, afin de v\u00e9rifier l\u2019instruction des troupes et l\u2019armement. En 1768, le capitaine du guet F. Lescop, de la premi\u00e8re compagnie de Plouguerneau conduit ainsi \u00e0 Lesneven ses 50 miliciens. De plus, des exercices mensuels se d\u00e9roulent le dimanche pour tenter d\u2019instruire des paysans r\u00e9tifs au maniement des armes. Il semble que les d\u00e9fections sont monnaie courante. Aussi amendes et peines de prison tentent d\u2019amener \u00e0 la raison les r\u00e9calcitrants.<br>Les miliciens s\u2019organisent selon une hi\u00e9rarchie militaire : un capitaine g\u00e9n\u00e9ral, assist\u00e9 de majors, d\u2019aide-majors, de lieutenants, de sergents, de caporaux, dirige les miliciens qui se r\u00e9partissent en anspessades, tambours, fusiliers, canonniers.<br>Depuis 1757, les hommes devaient disposer en th\u00e9orie d\u2019uniformes -blancs, collet bleu et boutons de cuivre jaune, chapeau bord\u00e9 de laine blanche- mais le manque de subsides des Etats de Bretagne* et des paroisses laisse les miliciens trop souvent en bragou braz et en chapennou berr -veste courte- donnant le spectacle d\u2019une troupe d\u00e9guenill\u00e9e, mal arm\u00e9e et mal pay\u00e9e. Le milicien de base re\u00e7oit une solde de 5 sols 6 deniers pour les revues g\u00e9n\u00e9rales et 2 \u00e0 3 sols en temps de guerre, mais\u2026 seulement \u00e0 partir du cinqui\u00e8me jour ! De telles conditions financi\u00e8res et mat\u00e9rielles motivent mollement des miliciens dont les seuls avantages r\u00e9sident dans l\u2019exemption de la corv\u00e9e des grands chemins et des fouages (l\u2019\u00e9quivalent de la taille).<br><u><strong>Les capitaineries du L\u00e9on dans la seconde moiti\u00e9 du XVIIIe si\u00e8cle.<\/strong><\/u><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr class=\"row_even\">\n<td>&nbsp;<\/td>\n<td><strong>Brest<\/strong><\/td>\n<td><strong>Lesneven ou Aber-Wrac\u2019h<\/strong><\/td>\n<td><strong>Saint Poll<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr class=\"row_odd\">\n<td>Compagnie<\/td>\n<td>10<\/td>\n<td>10<\/td>\n<td>10<\/td>\n<\/tr>\n<tr class=\"row_even\">\n<td>Hommes<\/td>\n<td>500<\/td>\n<td>500<\/td>\n<td>500<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>En Bretagne le nombre de capitaineries a \u00e9volu\u00e9 dans le temps : elles sont 15 en 1682, 26 en 1701, 31 en 1726-45. Le littoral pagan fait partie selon les deux cartes de la 12\u00e8me capitainerie en 1734. Les paroisses se regroupent au sein de ces capitaineries.<br>L\u2019inventaire de l\u2019Amiraut\u00e9 de L\u00e9on fournit parfois les noms des gentilshommes membres des compagnies d\u00e9tach\u00e9es des milices garde-c\u00f4tes. On y d\u00e9couvre en octobre 1757 :<br>-pour Lesneven : sieur M\u00e9n\u00e9meur fils.<br>-pour Guiss\u00e9ny : sieur du Plessis.<br>-pour Kerlouan : le chevalier du Plessis.<br>-pour Plouguerneau : sieur de Brescanvel. En 1772, Charles Ren\u00e9 de Kervern de Kerzulec est capitaine aide-major de l\u2019infanterie garde-c\u00f4tes de Lesneven.<br>-pour Lannilis : sieur Fran\u00e7ois Corric.<\/p>\n<p>La r\u00e9forme de 1778 apporte quelques changements. Le milicien est remplac\u00e9 par le garde-c\u00f4tes canonnier. Mais les canonniers se regroupent toujours en compagnies de 50 hommes avec un encadrement du m\u00eame ordre qu\u2019en 1756. En 1779, Fran\u00e7ois Cabon, notaire royal de Plouguerneau, est lieutenant de la milice garde-c\u00f4tes du bataillon de Lesneven. Ce qui confirme que les officiers sont toujours des nobles ou des notables et que les fonctions se transmettent de p\u00e8re en fils.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter  wp-image-2011\" src=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/gardecote-e1544631318406-238x300.jpg\" alt=\"\" width=\"290\" height=\"366\"><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Garde-c\u00f4tes canonniers<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les compagnies d\u00e9tach\u00e9es deviennent des compagnies de canonniers et les compagnies de guet des compagnies postiches. Le tirage se fait toujours au sort pour les hommes de 18 \u00e0 60 ans. Revues et exercices pour les hommes d\u2019astreinte animent les r\u00e9quisitions.<br>Le seul changement notable r\u00e9side dans l\u2019obligation de d\u00e9fendre, maintenant, uniquement la bande littorale de la paroisse dans laquelle les miliciens r\u00e9sident. Pourquoi ? La strat\u00e9gie militaire a chang\u00e9 et les strat\u00e8ges de l\u2019\u00e9poque pensent que la guerre future se fera dor\u00e9navant sur mer. L\u2019uniforme est modifi\u00e9 : il est confectionn\u00e9 de drap bleu de roi, \u00e0 parement bleu doubl\u00e9 de blanc ; le revers, la culotte, le gilet prennent la couleur verte de mer ; le chapeau est bord\u00e9 de laine noire.<\/p>\n<p><\/p>\n<p><strong>Pourcentages de fusils recens\u00e9s dans les inventaires apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s \u00e0 Ploun\u00e9our-Trez au XVIIIe si\u00e8cle. <\/strong><\/p>\n\n\n<table class=\"wp-block-table\"><tbody><tr><td>Moins de 300 livres<br><\/td><td>7 %<br><\/td><\/tr><tr><td>de 1000 \u00e0 2000 livres<br><\/td><td>53,3 %<br><\/td><\/tr><tr><td>plus de 2000 livres<br><\/td><td>81,8 %<br><\/td><\/tr><\/tbody><\/table>\n\n\n<p style=\"text-align: justify;\">Les paroissiens de Ploun\u00e9our-Trez disposent,selon D.Pont *, de fusils dans des proportions appr\u00e9ciables. Pourquoi&nbsp;?Selon lui, il faudrait y voir la marque d\u2019un braconnage, de la volont\u00e9 de prot\u00e9ger ses biens et sa fortune &#8211; ce qui est compr\u00e9hensible quand le niveau de fortune s\u2019\u00e9l\u00e8ve- et, enfin, de la n\u00e9cessit\u00e9 pour les miliciens garde-c\u00f4tes, parles ordonnances de 1681 et de 1716, d\u2019\u00eatre pourvu d\u2019un fusil, ou d\u2019un mousquet.A cette arme s\u2019ajoutent une \u00e9p\u00e9e, une ba\u00efonnette, une demi-livre de poudre et deux livres de balles sous peine d\u2019une amende de 100 sous. De nombreux paysans pauvres ne peuvent honorer cette obligation alors la paroisse prend le relai. En fait,depuis 1757, les miliciens doivent remiser leurs armes fournies par le roi dans des magasins, pour rassurer les autorit\u00e9s monarchiques qui craignent les soul\u00e8vements des Bretons depuis la c\u00e9l\u00e8bre r\u00e9volte du Papier Timbr\u00e9 de 1675.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour leurs missions, les hommes de la milice se fixent sur divers points strat\u00e9giques du littoral que pr\u00e9sente la carte ci-dessous (plus facile \u00e0 lire que la seconde carte de 1734).<\/p>\n<figure id=\"attachment_2010\" aria-describedby=\"caption-attachment-2010\" style=\"width: 640px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/amzer-e1544631276347.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2010 size-large\" src=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/amzer-e1544631276347-1024x647.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"404\" srcset=\"https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/amzer-e1544631276347-1024x647.jpg 1024w, https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/amzer-e1544631276347-768x486.jpg 768w, https:\/\/appriou.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/amzer-e1544631276347.jpg 1460w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2010\" class=\"wp-caption-text\"><em><strong>La d\u00e9fense c\u00f4ti\u00e8re en Pays Pagan sous l\u2019Ancien R\u00e9gime (revue Amzer)<\/strong><\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">On y rep\u00e8re le fort C\u00e9zon (environ 40 hommes et jusqu\u2019\u00e0 100 hommes, 5 canons ou plus), des batteries (Korejou, Pontusval, un peu plus de 20 hommes pour chacune et deux \u00e0 trois canons), des maisons de garde. Cependant, comme le confirme les annotations relatives \u00e0 la seconde carte de 1734, tous les ouvrages de d\u00e9fense ne sont pas op\u00e9rationnels. En p\u00e9riode de paix certains se d\u00e9t\u00e9riorent, et, la guerre reprenant, force est de constater les carences du dispositif militaire.Au fil du temps les canons ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9s et demeurent introuvables. Les miliciens re\u00e7oivent parfois l\u2019appui des troupes du roi de Brest et en particulier celui des canonniers de m\u00e9tier. Les communications entre les points fortifi\u00e9s se r\u00e9alisent par pavillons, par feux et par un code de fum\u00e9e. D\u2019o\u00f9 le r\u00f4le important du garde-pavillon lequel doit \u00eatre apte \u00e0 entrer en contact avec ses coll\u00e8gues plac\u00e9s sur le littoral, mais \u00e9galement avec les navires en mer.<\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/plouguerneau.net\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/maisongarde-1024x768.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2009\"\/><figcaption><br><strong>Le corps de garde du Korejou<\/strong><br> <\/figcaption><\/figure>\n\n\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le corps de garde du Korejou<\/strong> fait partie d\u2019un ensemble fortifi\u00e9 comprenant une gu\u00e9rite, un magasin \u00e0 poudre et une batterie de canons. La construction est originale au niveau du toit en pierre recouvrant une voute int\u00e9rieure. Ce type de toiture serait \u00e0 relier au fait que Vauban ou ses successeurs ne disposaient pas de charpentiers sous leurs ordres ou que les couvertures de d\u00e9part de ces \u00e9difices (en bois pour les charpentes et couverts de chaume) \u00e9taient trop souvent pill\u00e9es par les riverains en p\u00e9riode de paix. En fait, des corv\u00e9es soumettaient la population locale \u00e0 certains travaux concernant ces ouvrages. &nbsp;L\u2019int\u00e9rieur qui accueille les miliciens est spartiate&nbsp;: dalles au sol, deux fen\u00eatres orient\u00e9es au nord-ouest pour l\u2019\u00e9clairage et pour surveiller l\u2019horizon, une lourde porte au sud, une chemin\u00e9e pour le chauffage et assurer les repas, des lits collectifs en bois et aux coins des \u00e9tag\u00e8res sur\u00e9lev\u00e9es afin de placer hors de port\u00e9e des nuisibles la nourriture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les capitaineries accueillaient la milice garde-c\u00f4tes que les populations littorales d\u00e9testaient. Le tirage au sort ne concernait pas les domestiques et laquais des privil\u00e9gi\u00e9s, ni les inscrits maritimes, les agents charg\u00e9s du recouvrement des deniers royaux. D\u00e8s lors, la charge incombait trop souvent aux paysans les plus d\u00e9favoris\u00e9s qui y voyaient une injustice de plus dans la masse des autres iniquit\u00e9s. Ce sentiment on le retrouve dans les cahiers de dol\u00e9ances du L\u00e9on. Et si l\u2019on reconna\u00eet qu\u2019elle est <em>\u00ab&nbsp;indispensable \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 publique&nbsp;\u00bb<\/em> -comme \u00e0 Landunvez- on se plaint des <em>\u00ab&nbsp;gardes sans pains ni soldes pendant quatre jours cons\u00e9cutifs et de campagnes d\u00e9sertes, l\u2019agriculture languissait&nbsp;\u00bb <\/em>(Ploumoguer). Les paroissiens proposent que l\u2019on recrute <em>\u00ab&nbsp;des gens de bonne volont\u00e9<\/em> <em>\u00e0 prix d\u2019argent&nbsp;\u00bb<\/em> -\u00e0 Ploudalm\u00e9zeau- sur la base du volontariat. La milice garde-c\u00f4tes fut abolie en 1792.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Lexique :<\/strong><\/span><\/p>\n<p><\/p>\n<p><strong>Amiraut\u00e9&nbsp;:<\/strong> juridiction charg\u00e9e des affaires maritimes durant l\u2019Ancien R\u00e9gime, ici celle de Brest.<\/p>\n<p><strong>Etats de Bretagne&nbsp;:<\/strong> assembl\u00e9e de d\u00e9put\u00e9s de Bretagne des trois ordres de la soci\u00e9t\u00e9. Elle dispose de comp\u00e9tences financi\u00e8re, \u00e9conomique.<\/p>\n<p><strong>Lieue de Bretagne&nbsp;:<\/strong> un peu plus de 4 kilom\u00e8tres.<\/p>\n<p><strong>Marguiller&nbsp;:<\/strong> notable du Tiers-Etat membre du corps politique ou g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p><strong>G\u00e9n\u00e9ral&nbsp;:<\/strong> ou corps politique ensemble des chefs de famille d\u2019une paroisse. Peu \u00e0 peu un corps politique plus restreint de 12 notables administre les affaires religieuses et profanes.<\/p>\n<p><strong>Cordel\u00e9e&nbsp;:<\/strong> ou section. Partie g\u00e9ographique de la paroisse (quatre \u00e0 Plouguerneau) servant au recouvrement des imp\u00f4ts.<\/p>\n<p>Pont D. La vie quotidienne des paroissiens de Ploun\u00e9our-Trez au XVIIIe si\u00e8cle 1988, Ma\u00eetrise UBO.<\/p>\n<p><strong>Classes (service des)&nbsp;:<\/strong> les professionnels li\u00e9s au milieu maritime doivent servir dans la Royale comme marins ou dans des m\u00e9tiers de la construction\/r\u00e9paration navale (arsenaux du roi).<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LA CAPITAINERIE DE L\u2019ABREURAC<\/p>\n<p>Les documents (deux cartes et deux textes) m\u2019ont \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9s par Bernard Le Bec de l\u2019association Patrimoine des Abers de Land\u00e9da. Ils proviennent de la Biblioth\u00e8que nationale de France (site Gallica). Les textes, non reproduits ici, permettent d\u2019\u00e9clairer l\u2019interpr\u00e9tation des deux documents.<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":2010,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"_EventAllDay":false,"_EventTimezone":"","_EventStartDate":"","_EventEndDate":"","_EventStartDateUTC":"","_EventEndDateUTC":"","_EventShowMap":false,"_EventShowMapLink":false,"_EventURL":"","_EventCost":"","_EventCostDescription":"","_EventCurrencySymbol":"","_EventCurrencyCode":"","_EventCurrencyPosition":"","_EventDateTimeSeparator":"","_EventTimeRangeSeparator":"","_EventOrganizerID":[],"_EventVenueID":[],"_OrganizerEmail":"","_OrganizerPhone":"","_OrganizerWebsite":"","_VenueAddress":"","_VenueCity":"","_VenueCountry":"","_VenueProvince":"","_VenueState":"","_VenueZip":"","_VenuePhone":"","_VenueURL":"","_VenueStateProvince":"","_VenueLat":"","_VenueLng":"","_VenueShowMap":false,"_VenueShowMapLink":false,"footnotes":""},"categories":[249,257],"tags":[330,332,46],"class_list":["post-773","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-patrimoine-maritime","category-18-19-plouguerneau-et-la-mer","tag-capitainerie","tag-garde-cote","tag-plouguerneau"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/773","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=773"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/773\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2010"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=773"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=773"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/appriou.bzh\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=773"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}